Fide et de futuris benedixit Isaac Jacob et Esau
21. Fide Jacob, moriens, singulos filiorura Joseph benedixit, et adora vit fastigium virgae.ejus.
22. Fide Joseph, moriens, de profectione filiorum Israël memoratus est, et de ossibus suis manda vit.
23. Fide Moyses, natus, occiiltatus est mensibus tribus a parentibus suis, eo quod vidisseut elegantem infantem, et non timuerunt régis edictum.
24. Fide Moyses grandis factus negavit se esse filium filiae Pharaonis,
25. magis eligens affligi cum populo Dei. quam temporalis peccati habere jucunditatem;
26. majores divitias sestimans thesauro ^gyptiorum improperiumChristi :
aspiciebat enim in remunerationem.
20. C'est par la foi qu'Isaac bénit Jacob et Esaii en vue des choses à venir.
21. C'est par la foi que Jacob mourant bénit chacun des fils de Joseph, et qu'il s'inclina profondément devant le sommet de son bâton.
22. C'est par la foi que Joseph mourant parla de la sortie des enfants d'Israël, et donna des ordres au sujet de ses ossements.
23. C'est par la foi que Moïse, à sa naissance, fut caché durant trois mois par ses parents, parce qu'ils virent que cet enfant était beau, et ils ne redoutèrent point redit du roi.
24. C'est par la foi que Moïse, devenu grand, renonça au nom de fils de la fille de Pharaon,
25. aimant mieux être affligé avec le peuple de Dieu, que de retirer du péché une jouissance passagère,
26. regardant l'opprobre du Chiist comme une richesse plus grande que les trésors de l'Egypte ; car il envisageait la récompense.
foi de ces deax patriarches. De part et d'autre il s'agit d'une bénédiction solennelle (bewec/ixit), donnée en opposition avec les lois ordinaires de la nature ec avec les coutumes humaines, uniquement d'après les vues suggérées par la foi. — De futuris : au sujet des biens que Dieu avait promis à la race choisie. — Jacob et Esau. La foi d'Isaac consista, dans cette occasion, à se ranger sans hésiter du côté de la volonté divine, dès qu'il en eut reconnu la manifestation. Cf. Gen. XXVII, 33 ; Mal. i, 2-3 ; Rom. ix, 13, etc. — Fide Jacob... (vers. 21). Voj^ez Gen. XLViii, 15 et es. — Singulos ^HHorum...: Éphraïm et Manassé. Comme Isaac, mais d'une manière consciente et spontanée, Jacob, dans une bénédiction prophétique, donna la préséance au plus jeune des deux frères. Il le fit en vertu des lumières que lui suggérait la foi. — Et adoravit... D'après le grec : Et il adora sur (c.-à-d., Incliné sur) le sommet de son bâton. Ce détail est empninté, d'après les LXX, à Gen. xlvii, 31 ; il fait ressortir l'énergie de la foi du patriarche , qui, affaibli par l'âge, se mettait en adoration devant Dieu du mieux qu'il pouvait. L'hébreu actuel porte : Il adora sur le sommet de son lit {mittah; les LXX ont lu matieTi, verge, bâton). — Fide Joseph... (vers. 22). Lui aussi, 11 fit un admirable acte de foi au moment de sa mort. Voyez Gen. l, 23-24. Il n'avait donc pas oublié, parmi les honneurs et les richesses dont l'avaient comblé les Égyptiens, les promesses faites à ses pères, et il ne doutait pas de leur accomplissement intégral.
40 Les héros de la fol dans Israël, depuis Moïse jusqu'à l'entrée des ÎTébrenx dans la terre promise. XI, 23 -SL
AprèJ avoir parcouru toute la Genèse pour y trouver ses modèles, l'apôtre abt)rde maintenant les livres de l'Exode et de Josué.
23-28. La foi de Moïse, le grand libérateur du peuple de Dieu. L'auteur en mentionne quatre manifestations successives. — LcV première, fide... occultatus. . . (vers. 23), est f-implemcnt préliminaire, et se rapporte à la foi excitée dans l'âme des parents de Moïse par la beauté exceptionnelle de leur enfant. Cf. Ex. 11, 1 et ss. ; Act. VII, 20. — Fide Moyses... Seconde manifestation, vers. 24: -26 : il s'agit de la fol personnelle de Moïse, à une époque où il n'était encore qu'un simple particulier. — Negavit. . . e.s.se Jilium... Cf. Ex. 11, 10. Se conduire ainsi, c'était renoncer aux plus belles espérances terrestres, puisque Moïse, adopté par la fille du Ijharaon, aurait joui du rang et des privilèges d'un prince égyptien. — Magis eligens... Los vers. 25 et 26 exaltent la générosité de cet acte de foi, au moyen d'un saisissant contraste. — Affligi cum populo... En effet, le rôle que lui offrit le Seigneur lui réservait des souffrances sans nombre. — Temporalis peccapi. . . Choisi pour délivrer Israël, il ne pouvait récuser la mission venue d'en haut, sans se rendre gravement coupable. Mais, en apôstàsiant, il ne pouvait avoir, comme dit le grec avec une nuance, qu'une brève jouissance du péché. — Majorer divitias... (vers. 26). Motif qui dirigea son choix. Le langage de l'auteur est noble, saisissant. Par improperium Christi, il entend les reproches et les outrages réservés à celui qui devait être par excellence l'envoyé de Dieu et le libérateur du monde coupable, c.-à-d. au Messie rédempteur. Jésus-Christ les a endurés avec une
Hebb. XI, 27-32.
27. C'est par la foi qu'il quitta l'Egypte, sans craindre la fureur du roi ; car il demeura ferme, comme s'il eût vu celui qui est invisible.
28. C'est par la foi qu'il célébra la pAque et l'aspersion du sang, afin que l'exterminateur des premiers-néa ne toucliât point aux Israélites.
29. C'est par la foi qu'ils traversèrent la mer Rouge comme un lieu sec ; ce que les Égyptiens ayant voulu tenter, ils furent engloutis.
30. C'est par la foi que les murailles de Jéricho tombèrent, après qu'on en eut fait le tour pendant sept jours.
31. C'est par la foi que Rahab, la femme de mauvaise vie, ne périt pas avec les incrédules, parce qu'elle avait reçu les espions avec bonté.
32. Et que dirai- je encore? Car le temps me manquerait, si je parlais
27. Fide reliquit ^gyptum, non veritus animositatem régis; invisibilem enim tanquara videns sustinuit.
28. Fide celebravit Pascha et sanguinis eiïusionem, ne qui vastabat priraitiva tangeret eos.
29. Fide transierunt mare Rubrum tanquam per aridam terram ; quod experti ^gyptii, devorati sunt.