‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 598 sur 873 · quem enim diligit Dominus casti · texte numérisé non relu

quem enim diligit Dominus casti

le grec : àp//]ybv... xai T£>,eta)Tr,v, le guide et le consommateur de la toi. Sur le premier de ces substantifs, voyez ii, 10 et les notes. L'apôtre ne veut pas dire que Notre-Seigneur a été pour nous un modèle de foi, car Jésus, qui jouissait eans cesse de la vision béatiflque, n'n pas eu la foi dans le sens strict. C'est de notre foi à nous, et non de la sienne, qu'il est question. Sous ce rapport, grâce à sa patience inaltérable, il est devenu comme « notre capitaine et notre porteéterdud sur le champ de la foi ». Il nous conduir aussi au terme de la foi, au salut. Cf. I Petr. I, 9. — Qui proposito... Avec une petite nuance daus le grec : Qui, en échange de la Joie placée devant lui, a supporté la croix. Il est probable qu'il y avait autrefois dans notre texte latin : <i Fro proposito sibi... »; les copistes ont laissé tomber par erreur la préposition. L'auteur explique maintenant en quoi consiste l'exemple de Jésus - Christ , si propre à nous encourager. Au Verbe incarné, Dieu proposa la croix, avec toutes ses humiliations et ses souffrances (« crudelissimo teterrimoque supplicie », Cicéron , in Verr. , v, 64 ) ; mais il lui offrit en même temps, comme récompense de son acceptation héroïque, une joie ineffable, ceile de siéger à jamais à sa droite, ainsi qu'il est dit Phil. II, 8-11. — Covfusione contempta: la dédaignant, n'en tenant aucun compte. Formule très énergique. — Issue glorieuse de la croix pour le Christ : atque in dextera... C'est pour la cinquième fois a a moins que ce fait est signalé dans l'épître. Cf. i, 3, 13; viii, 1 et x, 12. — Sedet. Le changement de temps est à remarquer. « Sustinuit » : la souffrance a pris fin, la couronne demeure à tout jamais. — Recogitate... (vers.?). Le grec àvaXoYt(ra<T6eest très classique. Considérez encore et encore, détail par détail. — Talem... contradictionem. Cf. Luc. n, 34. L'adjectif est fortement accentué : une contradiction, une opposition en comparaison de laquelle nos souffrances sont peu de chose. — A jp^ccataribus. Ce so&t leg Juifs déicides qui sont

désignés par ce nom. Cf. Matth. xxvi, 45. — Ne faligemini. C'était là le grand péril des chrétiens de Jérusalem; ils étaient en voie de se décourager, et le découragement produit souvent la chute. — Déficientes: àywXuô[j.£vot, dissous, débilités.

4-13. La souffrance est une partie essentielle de l'éducation des chrétiens. — Nondum enim,.. Rapprochant les souffrances des Hébreux de celles du Christ, l'apôtre commence par dire que celles-là sont relativement légères. — Usque ad sanguinem. C.-à-d., jv, iqu'à la persécution sanglante, jusqu'à la mort; ce qui avait été le cas pour Jésus - Christ. — - Répugnantes (àvrayo)vii^6[JL£voi ). L'image de l'arène et du combat est encore à la pensée de l'écrivain sacré; mais actuellement il est question du pugilat, non de la course. — Et oWiti... (vers. 5). De nombreux interprètes donnent un tour interrogatif à cette proposition : Avez - vous oublié. . . ? Le reproche est ainsi moins direct, moins sévère. Mais on peut fort bien suivre la leçon de la Vulgate; le fait signalé n'était que trop réel. — Consolationis quse vobis... Le langage est elliptique : L'exhortation (tel est le sens du grec) par laquelle Dieu vous parle... — Tanquam filiis. Trait délicat. C'est à ses enfants bien -aimés, dont il veut le bonheur et la sainteté, que le Seigneur s'adresse. — Dicens : Fili... Texte emprunté à Prov. m, 11-12, d'après les LXX , avec quelques modiflcations très légères. — Noli negligere. C.-à-d. : Ne traite pas comme une chose de peu d'impoftance. — Disciplinam. Le mot grec Tionoziy. désigne l'éducation morale, avec la correction qui lui est nécessairement associée (« per molestias eruditio », saint Aug.). — Argueris rend bien le sens de èXsYX^o'^^ci : recevoir, goit en paroles, soit en actes, des reproches qui excitent en nous la conscience de nos fautes et nous perlent à nous corriger. — Qnem enim.,. (vers. 6). Excellente raison qui doit nous rendre calmes et patients, lorsque Dieu fait ainsi notre éducation par l'adversité. Les souffrances sont.

Hebr. XII, 7-10.

gat, flagellât autem omnem filiura quem recipit.

7. In disciplina perseverate. Tanquam filiis vobis offert se Deus ; quis enim filius quem non corripit pater ?

8. Quod si extra disciplinam estis, cujus participes facti siint omnes, ergo adulteri, et non filii estis.

9. Deinde patres quidem carnis nostrae eruditores habuimus, et reverebamur eos ; non multo magis obtemperabiraus Patri spirituum, et vivemus?

10. Et illi quidem in terapore paucorum dierum, secundum voluntatem suam

aime, et il frappé de verges tout fils qu'il reconnaît comme sien.

7. Ne vous découragez pas dans le châtiment. Dieu vous traite comme des fils ; car quel est le fils que son père ne châtie point ?

8. Et si vous êtes exempts du châtiment, auquel tous les autres ont part, c'est que vous êtes illégitimes, et non de vrais fils.

9. Et puis, si nos pères selon la chair nous ont châtiés et si nous les avons respectés, ne devons-nous pas à plus forte raison être soumis au Père des esprits , pour avoir la vie?

10. Car ceux-là nous châtiaient pour peu de jours, comme il leur plaisait;

pour le chrétiep, une preuve de l'amitié divine. — Quem recipit. C.-à-d. , celui qu'il reconnaît comme son fils. — In disciplina... (vers, 7). A partir d'ici jusqu'à la fin du vers. 11, l'auteur commente et développe le texte qu'il vient de citer. Il affirme d'abord, vers. 7 et 8, que le châtiment est le mode d'éducation dont Dieu use d'ordinaire envers ?es fils. — Perseverate : {)7ro[j.évcTc, supportez avec patience. Mais il est mieux peut - être de traduire par le présent : C'est pour l'éducation (sî; TraiSeîav, « in disciplinam ») que vous supportez patiemment.

C.-à-d. : Votre patience dans l'épreuve produit comme résultat votre éducation morale. — Tanquam filiis... Répétition de la pensée du vers, 6.

Enfant on esclave fouetté. (Bronze de Pompai.)

D'après le grec : Dieu agit avec vous comme avec des fils. — Quis enim...? Preuve qu'il ne faut pas interpréter autrement cette conduite Ju Seigneur. Il n'y a pas de père qui ne châtie Bon flls ; la correction est une loi essentielle de l'éducation humaine, et au,%si de l'éducation divine. — Quod &i extra... (vers. 9). Tilite con-

clusion qu'il faudrait; par conséquent tirer, si l'on était exempt de fouflrances. Comme le dit fort bien saint Jean Chrysostome, « tous ceux qui sont châtiés par Dieu ne sont pas ses fils; mais tous ceux qui sont ses fils sont châtiés. »

— Ergo adulteri. L'apôtre ne craint pas d'employer cette expression hardie. Un père n'a guère à cœur l'éducation d'un fils de cette sorte, qui n'héritera ni de son nom, ni de sa fortune; il l'abandonne donc souvent à luimême. D'où il suit que c'est un mauvais signe, si l'on n'a aucune part à la correction divine.

— Deinde. . . ( vers. 9 ). Continuant de se mouvoir dans le même cercle de pensées, l'apôtre dit maintenant aux Hébreux, vers. 9-11, que, si nous ne cessons pas de respecter et d'aimer nos parents, quoiqu'ils nous aient élevés en noua châtiant, à plus forte raison devons-nous accepter patiemment les châtiments de Dieu, qui nous sont infligés en vertu d'une haute autorité et d'une grande sagesse. — Patres... carnis... Les pères de notre être physique et corporel, par contraste avec le Pater spirituum, c.-à-d., le Créateur suprême de notre être spirituel et de tous les autres esprits. Cf. Num. XVI, 22 et xxvii, 16. Ces noms indiquent, à eux seuls, que nous avons avec Dieu des relations beaucoup plus Intimes qu'avec nos pères selon la chair, et qu'il possède lui-même sur nous des droits plus complets. — Ei'uditores, Ttatôeùxaç, Dans le sens marqué plus haut : éducateurs par le châtiment. — Et vivemus. Ce trait exprime l'heureux effet de notre entière soumission (obtemperabimus, Û7iOTaY"l<rô(JL£0a) au Père des esprits lorsqu'il nous châtie : la vraie vie, la vie supérieure sera produite en nous. — Et illi quidem... (vers. 10). Développement de l'antithèse à un autre point de vue. L'éducation que nous recevons de nos parents dure peu de temps (in tempore paucorvm,...; d'après le grec: pour peu de jours, c.-à-d., seulement pour la vie présente, qui est si courte), et elle a lieu selon leur bon plaisir, qui n'est pas toujours exempt de caprice, d'égoïsme, etc. isccunditm voluntatem. . . ; dans le grec : selon ce qui leur semble

Hebr. XII, 11-15.

lui, il le fait pour notre bien, afin que nous participions à sa sainteté.

1 1 . Tout châtiment, il est vrai, ne paraît pas être au premier moment un sujet de joie, mais de tristesse; toutefois, il prodtiit ensuite un fruit paisible de justice pour ceux qui ont été ainsi exercé:^.

12. Relevez donc vos mains languissantes et vos genoux qui fléchissent,

13. et faites à vos pieds des chemins droits, afin que celui qui est boiteux ne s'égare pas , mais plutôt qu'il soit guéri.

14. Recherchez la paix avec tous, et la sainteté, sans laquelle personne ne verra Dieu ;

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