contemplantes ne quis desit gi*a
bon); au contraire, l'éducation que Dieu nous donne a toujours lieu pour notre plus grand bien : ad quod utile... Ce trait est aussitôt spécifié : in. recipievdo Cd'après le grec : pour recevoir) sanctificationem...; nous arrivons à participer à la sainteté même de Dieu, c.-à-d., à ce qu'il y a de plus parfait en lui. Cf. II Petr. 1, 4. — Omnis autem... (vers. 11). Eestriction toute naturelle : ce n'est pas Immédiatement, ni sans souffrances, que l'on recueille les fruits do ce genre d'éducation. — Le verbe videtur exprime une pensée délicate : en réalité, d'après son essence même, l'éducation par le châtiment est une chose qui devrait réjouir; mai.^, au moment où la correction est subie, la nature ne peut s'empêcher de la trouver rude et pénible (non gaudii, sed. ..). — Postea autem. . . Plus tard , lorsque le châtiment a pris fin et que le résultat voulu par Dieu est produit, on goûte les fruits de cette excellente méthode ; fructum... reddet (au temps présent dans le grec : « reddit »)• — Pacatissimum. Le grec n'a pas le suparlatlf : elpT^vixov. Le fruit pacifique de la justice; c.-à-d., un fruit pacifique qui consiste dans la Justice (dans la sainteté). La paix et la sainteté sont donc les résultats de la correction divine. — Exercitatis (y3yu[j,vxcaÉvritç). Encore une allusion aux combats. — Propter quod... Dans les vers. 12 et 13, l'auteur tire, pour le.s Hébreux si éprouves, la conséquence pratique des développements qui précèdent : Puii-que l'éducation par la souffrance est une chose à la fols nécessaire et salutaire, faites en sorte que personne parmi vous n'en perd»^ les fruits. Dans un langage très imagé, les Hébreux chrétiens sont invités d'abord à réconforter ceux de leurs frères qu'ils verraient plongés dans le découragement, par suite d'épreuves prolongées. — Remissas manus, soluta... Deux expressions empruniées h Isaïe, XXXV, 3. Cf. Eccli. XXV, 23. C.-à-d., des mains qu'on laisse retomber le long du corps, par
manque d'énergie, et des genoux qui fléchissent, incapables de marcher. — Et gressus... (vers. 13). D'après le grec : des voies droites. Chacun doit
Vaincus aux ra<ains défaillantes.
(D'après une peintaie de Pompéi.)
veiller sur sa propre voie, de manière à en faire disparaître tous les obstacles. Emprunt à Prov. IV, 26. — Ut non claudicans... Nuance dans le grec : Afin que ce qui est boiteux ne dévie pas (suivant une autre interprétation : ne soit pas disloqué).
2° Nécessité de la paix et de la sainteté. XII, 14-17.
14-17. Pacem... et sanclimoniam ( àyiaa[;.6v, la sainteté en général ) : deux vertus essentielles aux chrétiens dans leurs rapports avec le monde. Sequimini ne rend pas toute la force du grec Siwxsxe, poursuivez. Cf. I Petr. lit, 11, etc. — Les mots sine qua nemo... se rapportent directement à la sainteté. Ce trait rappelle une parole de Jésus, Matth. v, 8, dont ils sont peut-être une réminiscence. — Au lieu de Deum, on lit dans le grec : xbv xûptov, le Seigneur. — Contemplantes (vers. 15). Le grec ETricr/OTroOvTeç dénote une vigilance extrême. — Ne quis..., ne qua... Deux fois tJ.r) xiç dans le texte primitif, et nous retrouverons cette même formule au début du vers. 16. — Desit gratiœ. La locution {xTTepsiv aTid... marque
Hebr. XII, lG-19.
tise Dei, ne qua radix amaritudinis sursum germinans impediat, et per illam inquinentur multi.
16. Ne quis fornicator, aut profanus ut Esau, qui propter unam escam vendidit primitiva sua.
17. Scitote enim quoniam et postea cupiens hereditare benedictionem, reprobatus est ; non enim invenit pœnitentiae locum, quanquam cum lacrymis inquieisset eam.
18. Non enim accessistis ad tractabilem montem, et accensibilem ignem, et turbinem, et caliginem, et procellam,
19. et tubae sonura, et vocem verborum, quam qui audierunt excusaverunt se, ne eis fieret verbum.
manque à la grâce de Dieu, à ce qu'aucune racine d'amertume, poussant des rejetons, n'empêche la bonne semence.
et que beaucoup n'en soient souillés.
16. Que personne ne soit impur ou profane comme Esaii, qui pour un mets vendit son droit d'aînesse.
17. Car sachez qu'ensuite, voulant obtenir la bénédiction de son père, il fut repoussé ; car il ne put le faire changer de résolution, quoiqu'il le demandât avec larmes.
18. Car vous ne vous êtes pas approchés d'une montagne qu'on pût toucher, ni du feu ardent , ni de l'obscurité , et des ténèbres , et de la tempête ;
19. ni du son de la trompette, ni du bruit des paroles, bruit tel que ceux qui l'entendirent demandèrent qu'on ne leur parlât plus.
un mouvement en arrière par rapport à la grâce, et par là mon e une séparation d'avec elle, — Ne... radix,.. impediat (plutôt: ne trouble)... Ces mots sont un écho de Deut. xxix, 17-18, d'après la traduction des LXX. Une racine d'amertume est une racine dont le produit ou le fruit est l'amertume, et par amertume l'auteur entend les sentiments opposés à la paix et à la charité (selon d'autres, à la sainteté, à cause du verbe inquinentur). — Et per illam : par l'influence vénéneuse de cette racine. — Ne. .. fornicator, aut... (vers. 16). Si la Bible n'accuse pas directement ÉM^aii d'avoir été impudique, la tradition juive lui adresse fortement ce reproche. Il n'est donc pas nécessaire de prendre le mot « fornicitor » dans un sens métaphorique, comme s'il désignait la pratique de l'idolâtrie. — Profanus. On donne ce nom à un homme pour lequel il n'y a rien de sacré, qui ne voit rien au-dessus des choses de la terre. Or, Esaii est le type des hommes profanes, comme le montra son* ignoble trafic : qui propter unam... Pour un mets vulgaire et pour un plaisir giossier, il vendit son droit d'aînesse, c.-à-d., une haute prérogative, à laquelle étaient rattach(:e3 de grandes bénédictions spirituelles et temporelles. Cf. Gen. xxv, 33-34. — Scitote enim... (vers. 17). Les conséquences de la frivolité d'Esaii furent irréparables : que les lecteurs réfléchissent donc sur son terrible exemple, et qu'ils prennent garde de limiter, eux qui sont, comme chrétiens , les aînés de la grande famille humaine. Comp. le vers. 23. — Reprobatus est. Esaii fut rejeté par son père lui-même, qui confirma sciemmint la bénédiction donnée d'abord par lui à Jacob d'une manière inconsciente. Cf. Gen. xxvri, 33. — Non invenit... locum. En ce sens qu'il fut Impossible à Esaii de rien changer au fait accompli. Ses regrets, ses efforts et ses larmes (quanquam cum...; cf. Gen. xxvii, 38) ne purent pas lui rendre ses avantages perdus.
L'apôtre n'a nullement en vue ici la question du pardon de la faute morale d'Esaii, laquelle demeure tout à fait hors de cause. — Inquisisset. . . Le pronom eam désigne la bénédiction d'Esaii et non le repentir.
3» Le caractère de la nouvelle alliance et les obligations qu'elle impose. XII, 18-29.
Passage remarquable, qui s'harmonise fort bien avec la pensée dominante de toute l'épître. Il présente d'abord une antithèse grandiose entre la situation des anciens Israélites et celle des chrétiens, relativement à l'alliance divine, vers. 18-24; puis il indique l'immense responsabilité qui résulte, pour ces derniers, de leurs grands privilèges, vers. 25-29.
18-24. Différence profonde qui exista entre l'institution des deux alliances : d'un côté, c'est l'tffroi, vers. 18-21 ; de l'autre, c'est la grâce et l'amour, vers. 22-24. — Non enim... Transition : Soyez saints, qu'il n'y ait rien de profane dans votre conduite, car vous appartenez à un système religieux beaucoup plus parfait que celui du SInaï. Pour mieux marquer le caractère de l'ancienne alliance, on nous fait remonter jusqu'aux origines de la théocratie mosaïque, où il se dessina tout entier dès l'abord. Cette descrij>tion est vivante et vigoureuse. — Ad tractahilem. . . Le substantif montem manque dans la plupart des manuscrits grecs et des vei'sions. La meilleure leçon nous parait être : (Vous ne vous êtes pas approchés ) près du feu palpable et ardent. Cf. Ex. XIX, 18 ; Deut. iv, 11. — Turbinem, et..., et... Autres manifestations effrayantes, qui accompagnaient la divine théophanie sur le Sinaï. Cf. Deut. iv, 11 et v, 12. — Tubœ sonum (vers. 19). Voyez Ex. xix, 16 et xx, 18. La voix retentissante qui proférait de temps à autre au sommet de la montagne des paroles articulées (vocem verborum) remplit, elle aussi, les Israélites de terreur, de sorte qu'ils exprimèrent le désir de ne plus l'entendre. Cf. Ex. xx, 19;
Hebr. XII, 20-24.
20. Car ils ne pouvaient supporter cette injonction : Si même une bête touche la montagne, elle sera lapidée.
21. Et ce qu'on voyait était si terrible, que Moïse dit : Je buis effrayé et tout tremblant.
22. Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion, de la cité du Dieu vivant, de la Jérusalem céleste, d'une troupe de nombreux milliers d'anges,
23. et de l'église des premiers -nés, qui sont inscrits dans le ciel, de Dieu juge de tous, des esprits des justes parvenus à la perfection