et testamenti novi mediatorem
Deut. V, 22-27, etc. — Non enim portabant. . . (vers. 20). C.-à-d. : ils ne pouvaient pas supporter. Au lieu de quod dicehatur, le grec porte : ce qui était ordonné. — L'ordre en question est contenu dans les mots suivants : Et si bestia... Il avait très vivement impressionné les Hébreux, car il manifestait en Dieu une éminente sainteté. Cf. Ex. xix, 12-13. — Ita terribile... (vers. 21). Non seulement le peuple fut effrayé, mais Moïse lui-même, le médiateur de ralliance, qui avait souvent déjà entendu le Seigneur et parlé avec lui, fut saisi d'une terreur irrésistible. Il faudrait une simple virgule après le verbe videhatur, car les deux propositions sont inséparables. — Exterritus sum, et... L'Exode ne cite pas cette parole de Moïse ; le Deutéronome, ix, 19, en mentionne la première partie à l'occasion du veau d'or. II est probable qu'elle a été proférée dans ces deux circonstances distinctes, et que notre auteur a puisé ce trait dans la tradition juive (Estius, etc.). — Sed accessistis... Second tableau, vers. 22-24, qui contraste d'une façon saisissante avec le précédent : autant la première alliance était terrible", autant la seconde est aimable et attrayante. Fait surprenant : dans le grec, on ne *rouve aucun article, si ce n'est devant le nom d'Abel, à la fin du vers. 24. « Les pensées sont présentées sous leur forme la plus abstraite. » L'apôtre signale successivement le théâtre de la nouvelle alliance, vers. 2-i^, et les promesses qu'elle apporte aux hommes, versets 22 -24. — Ad Sion... et... Jérusalem. Ce n'est plus le Sinaï avec ses terreurs, mais le ciel même, figuré par la douce colline de Sion, et par la ville de Jérusalem, où se dressait le palais de Jéhovah. Ce centre de l'antique théocratie était la figure du royaume fondé par Jésus-Christ et de sa consommation dans le ciel. Sur les promesses glorieuses rattachées à Sion et à Jérusalem, voyez Ps. n, 6; xlvii, 2; Lxxvii, 68-69 ; cxxiv, 1 ; Is. lti, 1 ; Mich. iv, 7; Gai. IV, 26 ; Apoc. xxi, 2, 10, etc. — Et multorum.,. Les personnes avec lesquelles les chrétiens ont été mis en relation d'une manière spéciale par l'institution de la nouvelle alliance sont les anges, les Saints du ciel et
ceux de la terre. Dieu et son Christ, vers. 22'*-24. On voit par cette énumération combien une telle association est glorieuse pour nous. — Multorum millium... Des myriades d'anges, dit le grec. Ces esprits célestes assistaient en grand nombre à l'inauguration de l'ancienne alliance (cf. Deut. xxxii, 2, etc.); ici, ils ne sont plus « des messagers d'effroi, mais de joie ». En effet, l'équivalent grec de frequentiam, TravYiyûpei, désigne une joyeuse assemblée de fête. — Et ecclesiam... (vers. 23). La foule des chrétiens fidèles, à côté de celle des anges. Nous regardons, en effet, comme plus probable le sentiment d'après lequel il ne s'agit pas ici des chrétiens déjà morts et reçus dans le ciel ( pensée qui ne viendra qu'à la ligne suivante), mais des chrétiens de l'Église militante. Ils sont groupés, eux aussi, et leur réunion est appelée a l'Église des premiers-nés » (uptoTOTÔxwvjVulg., primitivorum). Dans '"ne famille ordinaire, il n'y a qu'un seul aîné, qui jouit de privilèges particuliers ; dans la famille chrétienne, tous les enfants sont des premiers-nés, parce qu'ils participent tous aux mêmes avantages, la royauté et le sacerdoce mystiques. Cf. I Petr. ii , 9 ; Apoc. I, 6, etc. Comme Jacob, les chrétiens ont obtenu ce droit d'aînesse, que les Juifs ont perdu par 1-^ur faute, comme Esaii. — De ces premiers-nés, l'auteur dit qu'ils sont conscripti... in cselis : inscrits sur le livre des élus , citoyens du ciel par anticipation. Métaphore fréquente dans la Bible. Cf. Ex. xxxii, 32-33 ; Ps. Lxvni , 28-29 et Lxxxvi, 4 et ss. ; Is. iv, 3 ; Luc. x, 20 ; Rom. VIII, 16, 19, etc. — Et judicem... Les chrétiens ont contracté des relations étroites avec Dieu lui-même. Il est vrai que Dieu est envisagé ici comme le juge suprême et toutpuissant ; mais il est infiniment juste , et il sera un jour, à ce titre même, le rémunérateur des bons. — Et spiritus justorum... Ce sont les Saints déjà enti'és dans la gloire du ciel, et formant l'Église triomphante, qui sont ainsi désignés. Cf. Apoc. vn, 14-17. Ils sont actuellement des esprits, leurs âmes n'étant pas encore réunies à leurs corps. Ils ont été rendus parfaits (tste- Xeuojxlvwv, per/ectorum) , en ce sens qu'ils ont atteint le but pour lequel Dieu les avait créée
Hebr. XII, 25-27.
Jesum , et sanguinis aspersionem melius loquentera quam Abel.
25. Videte ne recusetis loquentem ; si enim illi non eiïugerunt, récusantes eum qui super terrara loquebatur, multo magis nos, qui de cœlis loquentem nobis avertimus.
26. Cujus vox movit terram tune, nunc autem repromittit, dicens : Adhuc semel, et ego movebo non solum terram, sed et caelum.
27. Quod autem Adhuc semel dicit, déclarât mobilium translationem, tanquam factornm, ut maneant ea quœ sunt immobilia.
alliance, Jésus, et du sang de l'aspersion, qui parle mieux que celui d'Abel.
25. Prenez garde de refuser d'entendre celui qui parle ; car si ceux qui ont refusé d'entendre celui qui parlait sur la terre n'ont pas échappé, à plus forte raison n'échapperons -nous pas, si nous nous détournons de celui qui nous parle du ciel ;
26. lui dont la voix ébranla alors la terre, et qui maintenant fait cette promesse, en disant : Encore une fois j'ébranlerai non seulement la terre, mais aussi le ciel,
27. Or, en disant Encore une fois, il indique le changement des choses ébranlées, comme étant faites pour un temps, afin que celles qui n'ont pas été ébranlées subsistent.
et l'heureuse consotnaiation du ciel. — Et... Jesum. La noble série de ces personnages évangéliques, humains et célestes, est close par le nom du Sauveur Jésus, dont l'apôtre résume en quelques mots l'oeuvre rédemptrice. — Novi. . . mediatorem : de même que Moïse avait été le médiateur de l'Ancien Testament. Cf. m, 1 et ss. ; VIII, 6 et ix, 15. — Sanguinis aspersionem. C'est par son sacrifice sanglant que Jésus- Christ a institué la nouvelle alliance et mérité le salut des chrétiens. Cf. ix , 11-x, 18. — Melius loquentem quam... Allusion à Gen. iv, 10 (voyez au-si Hebr. xi , 4 et le commentaire ). Si le sang d'Abel a eu tant de puissance auprès de Dieu, quelle n'est pas la force de celui du Christ! 25-29. Obligations que la nouvelle alliance impose aux chrétiens. Elles se résument dans les grands devoirs de la fidélité et de l'obéissance, par opposition à l'apostasie. Les vers. 25- 27 les mettent très bien en relief; après quoi, dans les vers. 28-29, l'apôtre fait un appel pratique à ses lecteurs. — Videte ne... Avertissement très grave. La voix de Dieu (car c'est d'elle qu'il est question d'après la suite du verset, et non pas de celle du Christ) retentit aux oreilles des chrétiens, leur rappelant qu'ils doivent être saints et fidèles; qu'ils prennent garde de la rejeter. — «Si eniyn... Argument « a fortiori », tiré de la conduite coupable des anciens Hébreux (illi) et de leur châtiment. — Récusant fi i. . . Allns'on au fait qu'a raconté le vers. 19\ — Qui... loquebatur. D'après le grec : Qui rendait des oracles. — Nos qui... avertimus. Nous chrétiens, dans le cas où nous repousserions Dieu lor-qu'il s'adresse à nous pour nous donner des ordres. Le trait de cselis est opposé à super terram. Pour les Israélites, la voix divine avait seulement retenti sur la terre, du sommet de la montagne; pour les chrétiens, elle se fait entendre du haut du ciel, et cette circonstance aggraverait leur apostasie. — Cujus vox... (vers. 26). L'antithèse continue:
au caractère transitoire de l'Ancien Testament l'auteur oppose l'immutabilité du Nouveau ; caractère qui exige aussi une fidélité plus entière.,
— Movit. En effet, l'inauguration de la théocratie mosaïque fut accompagnée d'un violent tremblement de terre. Cf. Ex. xix, 18; Jud. v, 4-5 ; Ps. Lxvii, 9. — Repromittit {«. repromisit » d'après le grec). Le même Dieu dont la voix terrible s'était fait entendre au sommet d Sinaï a promis de grandes choses aux chrétiCBS.'
— Dicens : par la bouche du prophète Aggée, n, 6 et ss. (voyez les notes). — Adhuc semel , et... L'apôtre ne cite que la première partie de l'oracle, avec assez de liberté, d'après les LXX. Cette prophétie annonçait l'avènement du Christ pour une époque relativement rapprochée, puisqu'elle prédit que le temple, qui venait d'être reconstruit après la fin de la captivité de Babylone, aurait l'honneur de recevoir le Messie dans son enceinte. — Non solum... sed et... Trait important pour l'application de la prophétie. Ce nouvel ébranlement fut plus violent et plus général que celui du Sinaï, parce qu'il devait produire des effets beaucoup plus considérables. — Quod autem... (vers. 27). Notre auteur commente brièvement la partie de l'oracle qu'il a citée , et il en conclut que la seconde alliance théocratique est définitive et perpétuelle. Lorsque fut inaugurée l'ancienne loi, tout le massif du Sinaï avait été ébranlé, comme l'ont rappelé les premiers mots de ce verset ; or, en faisant prédire par Aggée qu'il ferait trembler encore une fois le monde {adhuc semel , une fois et pas davantage ) , le Seigneur nous a avertis que cet autre ébranlement sera le dernier de tous, par conséquent qu'il n'y aura pas de nom'elle alliance entre lui et l'humanité après l'alliance chrétienne. — Mobilium. Mieux , d'après le grec : des choses ébranlées. L'auteur désigne par ce nom le système religieux institué au Sinaï, la théocratie Israélite. Il représente ensuite par immobilia (dans le
Hebr. XII, 28-29.
28. Ainsi donc, puisque nous avons reçu un royaume inébranlable, conservons la grâce, et par elle rendons à Dieu un culte qui lui soit agréable, avec crainte et avec respect.