‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 612 sur 873 · Gratia cum omnibus vobis. Amen · texte numérisé non relu

Gratia cum omnibus vobis. Amen

24-25. Salutations et bénédiction finale. — L'apôtre charge d'abord les Hébreux de saluer en son nom tous leurs pasteurs {omnes prgepositos), puis de se saluer entre eux (et... sanctos). Au lieu de salutate, le grec porte : àaTiàcraaôe, baisez. Il s'agit du baiser fraternel, mentionné en de nombreuses épîtres apostoliques. Cf. Rom. XVI, 3 et ss.; I Cor. xvi, 19 et ss. ; II Cor. xiii, 12 ; Phil. IV, 21 ; Col. iv, 18 ; II Tim. iv, 19, 21 ; Tlt. m, 15; I Petr. v, 13-14; II Joan. 13, etc. — La seconde salutation (salutant, àaTrà^ov- Tat dans le grec) est envoyée par les chrétiens d'Italie à ceux de Jérusalem. La formule o\ ùno T^; 'IxaXcaç (qui de Italia; le mot fratrt? a été ajouté par la Vulgate pour

compléter le sens) peut désigner grammaticalement aussi bien des personnes habitant alors l'Italie et adressant de là, leurs compliments fraternels, que des chrétiens italiens, actuellement auprès de l'auteur de la lettre , loin de leur pays. Mais la première interprétation est de beaucoup la plus natui'elle. C'est celle qu'adoptent les Pères et les autres anciens commentateurs, et elle cadre fort bien avec toutes les autres circonstances relatives à la composition de l'épître. — Gratia cum... Bénédiction affectueuse , analogue à celle qui termine les autres écrits de saint Paul. Elle est formulée identiquement comme dans Tit. ni, 15. — L'amen final n'est probablement pas authentique-

LES

ÉPITRES GATÎ-IOLIOIJES

i° Leur nom et leur nombre. — On appelle ainsi ^ les sept lettres du IVouveau Testament qui n'ont pas été composées par saint Paul : à savoir, l'épître de saint Jacques , les deux épîtres de saint Pierre , les trois de saint Jean et ftelle ide saint Jude. Origène ^ employait déjà cette expression pour désigner la première épître de saint Pierre, la première de saint Jean et l'épître de saint Jude. Elle ne tarda point à passer aussi aux quatre autres, et à devenir d'un usage général ^.

Il est assez difficile d'en préciser la signification d'une manière certaine. D'après quelques auteurs, dans ce nom, l'épithète « catholiques » serait synonyme de « canoniques ». Mais on ne saurait admettre leur interprétation. Il est vrai que, parfois, nos sept lettres furent nommées Épîtres canoniques dans l'antiquité^; mais non pas à l'origine, et déjà on les appelait catholiques à une époque où l'accord était loin de s'être fait au sujet de leur canonicité ^.

Clément d'Alexandrie ^ nous met sur la voie d'une explication beaucoup plus vraisemblable, lorsqu'il dit que le décret du concile de Jérusalem' était une épître catholique. Œcumenius, dans ses Proîegomena in epist. Jacohi emploie l'adjectif xaOoAtxo; dans le sens d'encyclique, parce que nos sept épîtres n'étaieni pas destinées, comme celles de saint Paul, à des Églises ou à des personnes particulières, mais à des groupes d'églises et à une grande partie de la chrétienté. Il est vrai (jue cette explication ne saurait convenir aux deux dernières épîtres de saint Jean; mais, ici comme en beaucoup d'autres circonstances, on doit avoir égard au principe « A potiori fit denominatio ». En fait, les épîtres de saint Pierre, de saint Jacques, de saint Jude et la première de saint Jean s'adressent à un très grand nombre de lecteurs chrétiens.

En toute hypothèse, les épîtres dites catholiques forment très réellement, comme les épîtres pastorales, un groupe à part, malgré les différences d'auteurs, de sujets, de style, etc.

^ 'ETTta-ToXal xxôoXtxai.

2 In Matth., t. xvii , n. d ; in Joan., t. i , n. 23. Voyez aussi Eusèbe, Hist. eccl., vi, 25.

^ Eusèbe, Hist. eccl., n, 23, parle expressément dos « sept épîtres catholiques ». Voyez aussi saint Jérôme, de Vir. iii., ii, 4,

^ Nolamment par Cassiodore, Instit. div. litt., 8, par le Vén. Bède, etc.

^ Voyez Origène, c. Cels., i, 63 ; Eusèbe, Ilist.

ceci., VI, 14.

^ Strom., IV, 15.

"^ Act. XV, 23-29,

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