Ensuite, lorsque la concupiscence
site, comme il vient d'être dit). — Accipiet coronam... Magnifique et étemelle récompense. L'image de la couronne est empruntée aux jeux des anciens. Cf. I Cor. ix, 25 ; II Tim. ii, 5 , etc. L'expression « couronne de la vie » revient à celle-ci : la couronne qui consiste dans la vie (la vie par excellence, la vie sans fin du ciel ). Comparez les locutions analogues : la couronne de justice, II Tim. iv, 8 ; la couronne de gloire, I Petr. v, 4. — Quam repromisit. .. Manière de dire que la récompense est absolument certaine, puisque les promesses de Dieu sont iûfaillibles. — DiligeiUibus se. Condition essentielle, car, sans amour pour Dieu, il n'y a ni mérite proprement dit, ni possibilité de supporter surnaturellement l'épreuve. Ci. I Cor. xm, 1 et ss.
13-15. La tentation et son histoire. Dieu ne nous envoie pas les souffrances pour nousfaire tomber dans le péché; l'excitation au mal qui accompagne parfois l'adversité provient uniquement de la concupiscence. Ce passage est important pour ce qu'on peut appeler la théologie des tentations ; en effet, c'est d'elles aussi, dans le sens strict de l'expression, que l'apôtre va maintenant parler. Il démontrera qu'en aucun cas il n'est permis de dire : Dieu m'a placé en telles et telles circonstances ; il est donc la cause du péché que ces circonstances ont occasionné. Cf. Eccli. XV, 11. — Cum tentatur. Lorsqu'on est porté au mal par suite de la souffrance. Tel est évidemment le sens , d'après ce qui suit. — Quoniam a Deo. . . Le grec emploie le langage direct : (Que personne... ne dise) : C'est par Dieu que je suis tenté. Il y a en outre une nuance à noter dans le texte original : l'expression àiib ôeoO ne signifie pas précisément a par Dieu », car il y aurait dans ce cas •jTto 6îoO , mais « de la part de Dieu, du côté de Dieu », qui aurait fourni l'occasion. La première formule serait trop directement blasphématoire. — Deus enim... Saint Jacques se hâte de contre lira et de réfuter l'accusation ainsi lancée contre Dieu. — Intentator malorum.. La Yulgate a donné à l'adjectif à-îipa'TTo; une signification active : Dieu n'est pas un tentateur pour le mal. Mais cela produit une tautologie, puisque la proposition suivante ne dit pas autre chose. Il faut donc traduire par le passif : Dieu ne saurait être tenté de mal. En effet, sa sainteté infinie ne permet pas qu'il
puisse éprouver la moindre excitation au péché , ce qui constitue l'essence de la tentation proprement dite. Cela étant, il n'est donc pas possible qu'il puisse lui -même vraiment tenter les hommes, c.-à-d., les porter directement au péché : ipse... nem,inem... — Unusquisque vero... (vers. 14). Saint Jacques indique, en un langage très pittoresque et très exact, comment les choses se passent pour nous dans la tentation. Le point de départ de cette dernière, c'est la concupiscence (a concupiscentia..., \iTio ttjç tota; è7ri9-j;j.ia;), triste reste du péché originel. Cf. Rom. VI et vu. Remarquez le changement de préposition dans le texte grec ; il y a cette fois ÛTto , qui marque une cause efficiente directe. L'adjectif 'lôia; (« propria ») est très accentué ; il a pour but de montrer que la convoitise mauvaise ne vient pas plus de Dieu que la tentation, mais qu'elle est une chose naturelle et personnelle à l'homme. — Abstractus et illectus. Les deux mots grecs èUXxoaîvo; et S£Àôa^ô(jL£vo; étaient primitivement employés à propos de la chasse et de la pêche : le premier est plus général et désigne l'action d'attirer les animaux hors de leur retraite; le second, l'appât dont on se sert pour les attirer. Dans un sens dérivé, ils représentaient les moyens auxquels recourent les femmes de mauvaise vie pour entraîner leurs victimes : c'est surtout cette seconde signification que notre auteur a en vue dans ce passage, comme le montre la suite de sa description hardie. — Deinde... (verset 15). Jus4u'ici, la concupiscence a seule joué un rôle dans la tentation, et l'homme tenté est demeuré indemne de péché grave. Mais la triste histoire se poursuit : à la simple excitation au mal succède le consentement de la volonté ; puis le péché ne tarde pas à être commis extérieurement d'une manière complète. Ici, saint Jacques ne parle pas seulement des péchés de la chair, mais de toutes les fautes auxquelles noua sommes portés par la concupiscence. — Cum conceperit. Continuation de l'image commencée au vers. 14. La concupiscence, que représente la femme mauvaise, a atteint son but. Par son union illicite avec la volonté, elle a en quelque sorte conçu le péché ; elle est censée l'enfanter iparit), lorsque celui-ci passe du dedans, de la conscience, dans le domaine des faits. — L'allégorie se termine par un dernier trait, qui rappelle fortement Rom. v, 12 : peccatum.,»
Jac. T, 16-18.
3 conçu, elle enfante le péché; et le péché, étant consommé, engendre la mort.
16 Ne vous y trompez pas, mes frères bien -aimés.
17. Toute grâce excellente et tout don parfait vient d'en haut, et descend du Père des lumières, chez qui il n'y a pas de variation, ni d'ombre, ni de changement.
18. De sa propre volonté il nous a engendrés par la parole de vérité, afin que nous soyons comme les prémices de ses créatures.
ceperit, parit peccatura ; peccatum vero cum consummatum fuerit, générât mortem,