Nolito itaque errare, fratres mei dilectissimi
17. Orane datura optimum et omne donum perfcctum desursum est, descendens a Pâtre luminum, apud quem non est transrautatio, nec vicissitudinis obumbratio.
18. Voluntarie enim genuit nos verbo veritatis, ut simus initium aliquod creatiirae ejus.
gcnerat... Le péché aussi s'unit h la volouté, pour obtenir d'être complètement commis, et le fruit de cette union monstrueuse est la mort. On l'a dit très justement, « si saint Jacques ne parle de mort qu'à l'occasion du péché consommé par un acte extérieur, ce n'est pas qu'à ses yeux le consentement intérieur ne constitue jamais un péché mortel. Sans considérer ce côté de la question et poursuivant son image, il ^'attache à rapprocher l'un de l'autre, d'une part, le terme final atteint par la concupiscence, et d'autre part, la conséquence finale du péché, la mort spirituelle de l'âme, qui fait, pour ainsi dire, alors seulement son apparition au dehors. » L'apôtre, en prêtant à la concupiscence un rôle si considérable dans la tentation, n'oubliait point la part du démon, comme nous le verrons plus bas, iv 7.
16-18. La perfection des dons de Dieu. Saint Jacques se propose encore de démontrer que les tentations mauvaises ne peuvent pas venir du Seigneur. Il en donne une seconde preuve, toute positive, en établissant le caractère parfait et toujours salutaire des dons divins. — Nolite... errare... Cet avertissement indique combien le eujet en question paraissait grave à l'auteur. — Datum (SoGt;). .. et... donum (6(j)fir|ij,a). Selon quelques interprètes, le premier de ces substantifs représenterait les dons naturels; le second, les dons de la grâce. Il est plus conforme à l'étymologle de dire que ooctk; désigne l'acte même de donner, et ôcopYjfjia le don concret et proprement dit. — Au lieu du superlatif optimum, le grec a seulement àyaÔiQ , « bonum ». L'éplthète perfectum précise cette idée de bonté, en y ajoutant le concept de la perfection morale. — Desurstim est. C.-à-d. : vient du ciel. Cf. Joan. VI, 32-33 ; Act. xiv, 17, etc. C'est des régions célestes, du divin séjour, que descendent les dons parfaits. Tel est le cas pour la vraie sagesse (cf. m, 15, 17). — Pâtre lundnum. Ce titre n'est donné à Dieu nulle part ailleurs. Par les lumières, 11 faut simplement entendre les astres qui brillent au firmament. Le Seigneur est leur père, en tant qu'il les a créés et qu'il leur conserve l'existence. Telle est aujourd'hui l'opinion à peu près commune ; c'est aussi la plus naturelle. Il «8t peu probable (jue ce mot désigne Us anges,
ou les chrétiens illuminés par les splendeurs de l'Esprit -Saint, ou la vérité, la sainteté, la grâce, etc. — Apud quem non... Les astres les plus brillants ont leurs vicissitudes. Rien de semblable n'existe en Dieu ; sa lumière est sans mélange d'aucune ombre. Manière très heureuse de dire qu'il est immuable, et que l'éclat bienfaisant de ses dons ne cesse pas un instant de luire sur les hommes. — Vicissitudinis olumbratio. La locution grecque xpOTiriç àTCOaxiaofxa marque un obscurcissement causé par un mouvement tournant ; elle s'applique donc très bien aux corps célestes. — Voluntarie... (vers. 18). Dernier argument pour attester que Dieu ne saurait être l'auteur des tentations mauvaises : non seulement il est l'auteur de tout don parfait, mais il nous a accordé la grâce par excellence, celle du salut. Le participe pcuXY^Ôsrç, « volens », placé en avant de la phrase, est très accentué : c'est par un dessein direct et éternel de sa volonté que Dieu nous a faits chrétiens pour nous sauvei. — Genuit nos. Image de la régénération chrétienne. Cf. Joan. i, 13 ; I Joan. m, 9 ; I Petr. i , 3, 23. — Verbo veritatis. C.-à-d., par l'évangile, qui contient et qui révèle les paroles de l'éternelle vérité. Tel est en quelque sorte l'organe de notre régénération et de notre sanctification. — Son but est ensuite indiqué :ut simus... Le substantif à.Tza,p-/ri serait plus exactement traduit par prémices que par initium. C'est une métaphore empruntée au culte juif : on nommait ainsi les premiers fruits des arbres ou des céréales, qui devaient être offerts à Dieu. Cf. Lev. xxiii, 10 ; Deut. XXVI, 2. Cette expression a donc ici une signification religieuse : Afin que nous soyons comme des prémices consacrées au Seigneur. — Creaturse. . . Il y a le pluriel dans le grec : de ses créatures; c.-à-d., de tous les êtres créés. La pensée de l'apôtre est maintenant complète. Les fidèles auxquels il s'adressait étaient, en vertu de leur régénération par la grâce, les prémices du monde entier, puisqu'ils avaient été appelés des premiers à la foi ; ils présageaient par là même la récolte abondante que le monde devait plus tard produire pour Dieu, en devenant chi'étien. Cf. Rom. xi, 16 et xvx, 5; I Cor. XVI, 15.
Jac. I, 19-23.
19. Scitis, fratres mei dilectissimi. Sit autem omnis homo veloxad audiendum, tardus autem ad loquendum, et tard us ad iram ;