CHAPITRE II
1. Fratres mei, nolite in personarum acceptione habere fidem Doraini nostri Jesu Christi glorise.
2. Etenim si introierit in conventum vestrum vir aureum annulum habens in veste candida, introierit autem et pauper in sordido habitu,
1. Mes frères, n'associez aucune acception de personnes k la foi en Notre- Seigneur Jésus -Christ glorifié.
2. Car s'il entre dans votre assemblée un homme ayant un anneau d'or et un vêtement magnifique, et qu'il y entre aussi un pauvre avec un habit sordide,
gion qui est vraie et parfaite d'aprè-, le jugement de Dieu. — Deum et Patrem. Dieu, qui est en même temps le Père de tous les hommes, et surtout des chrétiens. — Hœc est. L'auteur signale deux traits essentiels de la religion réelle et sincère, par contraste avec la fausse religiosité, qui demeure inactive et stérile. — Premier trait, d'un caractère positif, et concernant le prochain : visUare pupillos et... Ces mots résument toutes les œuvres de miséricorde. Les orphelins et les veuves sont cités comme étant tout particulièrement dignes de pitié. Ils sont souvent associés dans les saints Livrer, comme les types proverbiaux d'une affliction extrême. — Second ti-ait, d'un caractère négatif et personnel : immaculatum se custodire...; se tenir si bien en garde contre le monde ( ab hoc sseculo en mauvaise part ) et sa corruption, qu'on n'en soit souillé en aucune manière. Cf. I Joan. v, 19, etc.
2» Comment les chrétiens doivent éviter toute partialité dans leurs rapports mutuels. II, 1-13. Dans tout ce passage, qui est étroitement lié au précédent, saint Jacques continue de prouver que la vraie religion consiste en partie dans la pratique de la charité fraternelle.
Chap. II. — 1. Introduction : le thème à traiter. — Praires... Apostrophe affectueuse et pressante, servant de transition. — In personarum acceptione. C'est l'idée principale ; voilà pourquoi elle esr, mise en avant. Au pluriel dans le grec (èv T.ç.oaiùT.o\r\[i.^ioi.i(;), pour désigner les diverses manifestations du défaut signalé. Cette expression équivaut à notre substantif «partialité».— -Habere fidem... Christi... Il faut conserver à ces mots leur sens naturel : avoir la foi en Jésus -Christ. Ce que l'apôtre Interdit, c'est de croire au Sauveur et de s'abandonner en même temps au grave défaut de la partialité, dont la foi chrétienne est la condamnation implicite. La pensée revient à celle - ci : N'associez point la partialité à la foi en Jésus- Christ. Les ennemis de Notre - Seigneur recon- Daissaient eux-mêmes (cf. Matth. xxu, 16) qu'il
avait toujours donné l'exemple de l'impartialité ; se conduire autrement que lui aurait donc été « une inconséquence honteuse » de la part de ses adhérents. — Domini. . . glorise. Très beau titre donné à Jésus -Christ. Cf. I Cor. ix, 8. Il est le Seigneur de la gloire, parce qu'il est entré à tout jamais dans sa gloire céleste. Cf. Joan. XVII, 5.
2-4. Triste exemple de l'acception des personnes. Le tableau est peint sur le vif, comme tous ceux que nous trouvons dans cette épitre. Cf. I, 6, 10-11, 14-15, 23-24, etc. — In convenium... A la lettre dans le grec : dans votre synagogue. L'ancien nom technique des assemblées religieuses du judaïsme servait encore parfois, à l'origine de l'Église, à désigner les réunions chrétiennes, surtout lorsqu'il s'agissait de Juifs convertis, comme c'est ici le cas. — Vir. Un chrétien riche, dont la situation de fortune est caractéricée par deux détails spé-
Aniieau clirétien ded premiers sièclea
ciaux : aureum annulum habens et in veste candida (XajJiTipa, un vêtement brillant, quelle qu'en soit la couleur; voyez Luc. xxiii, 11 et les notes ). Tel était alors , en effet , d'après les auteurs classiques, le double signe distinctlf des riches eu Grèce, à Rome et dans l'Orient. — Pauper in sordido... Contraste avec les ornements magnifiques du riche. — Et iatendatis... ( vers. 3 ). Après avoir décrit les deux person-
Jac. II, 3-6.
3. et que, tournant vos regards sur celui qui porte le vêtement magnifique, vous lui disiez : Toi, assieds -toi à cette place d'honneur ; et que vous disiez au pauvre : Toi, tiens- toi là debout, ou : Assieds-toi au-dessous de mon marchepied;
4. ne faites -vous pas en vous-mêmes des différences, et n'êtes -vous pas des juges animés de pensées injustes?