Simili ter et Rahab meretrix, nonne
rlque ne suffirait pas à lui seul. — En effet, et dœmiines credunt. Les démons aussi sont monothéistes ; mais leur foi, bien loin de leur procurer la paix et le salut, ne fait qu'accroître leurs tourments, car ils redoutent ce Dieu infiniment juste et puissant (cordreviiscunt; très fortement dans le grec : çpiiraoucriv, ils frémissent d'effroi ).
20-26. Démonstration de la thè?e par l'Ancien Testament. Il sera surtout question ici de l'inefficacité de la foi sans les œuvres. — Vis... scire...? Autre formule d'introduction, proférée avec un accent de triomphe, à cause de la force particulière des preuves empruntées à l'Écriture sainte.
— 0 homo manis. A la lettre dans le grec : O homme videl Apostrophe justement sévère, pour stigmatiser les chrétiens qui osaient prétendre que la foi seule suffit sans les œuvres.
— Mortua. Les manuscrits grecs flottent entre les kçons àpyr, , oisive, et y^v-pi, morte. — Abraham. . . Premier exemple, tiré de l'histoire des patriarches, vers. 21-24. — Pater noster. Les destinataires de l'épître étant tous, ou presque tous, des convertis du judaïsme (Introd., p. 628), ce terme convenait pour eux dans le sens strict; mais l'apôtre l'emploie surtout dans un sens idéal , en tant qu'Abraham était aussi le père des chrétiens. Cf. Rom. iv, 1, 11, 16; Gai. ni, 7.
— Justifiratus est ( loixatcoÔY) ). Saint Jacques emploie ce verbe dans. le même sens que saint Paul : être placé par Dieu dans un état de justification très réelle. — Si notre auteur affirme que la justification d'Abraham a été produite €x operibus, il ne contredit nullement l'apôtre des Gentils, qui proteste qu'elle avait eu lieu en vertu de la foi, et n'>n pas en vertu des œuvres du grand patriarche. Cf. Rom. iv, 2, etc. Les deux écrivains sacrés se placent à des points de vue divers, et de même que saint Paul exige que la foi soit complétée par les œuvres, de même saint Jacques suppose expressément que les œuvres iont précédées et accompagnées de la fol. —
Offerens. A l'aoriste dans le grec : ayant offert. Parmi les actes nombreux que la foi inspira au père des croyants, saint Jacques en cite un seul ; mais c'est le plus mémorable et le plus méritoire de tous. Cf. Gen. xxii, 9 ; Sap. x , 5 ; Eccli. XLiv, 21; I Mach. ii, 52; Hebr. xi, 17-18. — Vides quoniam... (vers. 22). Il est peut-être mieux de regarder la phrase comme simplement affirmative, et de supprimer l'interrogation qu'on lit dans la Vulgate. — Fides cooperabatur... L'écrivain sacré insiste sur ce fait, qui va droit à la confirmation de sa thèse : pas de fol réelle et vivante sans les œuvres. En ce qui concerne Abraham, la fol et les œuvres allai-^nt donc de pair, coopérant ensemble à sa justification. Bien plus, sa foi n'arriva à la perfection iconsummata est) que par son union avec les œuvres. — Et suppleta est. Dans le grec : ircly). Po>6y). La Vulgate aurait dû traduire, comme d'ordinaire ; « Impleta est », Et (alors) fut accomplie l'Écriture qui dit... — Le passage cité, Credidit..., provient de Gen. xv, 6, d'après la version des LXX. L'auteur veut dire qu'au moment où Abraham se montra, dans l'élan de sa fol, prêt à immoler son fils unique, le texte en question trouva sa réalisation complète. — Et amicus Dei... Ces mots ne font plus partie de la citation biblique. Ils mentionnent un autre résultat très heureux de la foi d'Abraham. Sur ce titre donné au salut patriarche, voyez II Par. XX, 7; Judith, vni, 22; Is. xli, 8. Phllon, les rabbins et les mahométans l'emploient volontiers aussi. — Videtis quoniam.. . (vers. 24)^ Interpellant directement tous ses lecteurs, saint Jacques tire cette conclusion très légitime de l'exemple d'Abraham. — Ex operibus : par les œuvres associées à la foi. — Similiier... (vers. 26). Second exemple, plus surprenant en un sens, puisqu'il est emprunté à l'histoire d'une femme païenne et de mauvaise vie. Saint Paul mentionne aussi ce fait comme un grand acte de fol (Hebr. 1,6; voyez les notes). Cf. Jos. n, 1
Jac. II, 26
ex operibus justificata est, suscipiens nuntios , et alia via ejiciens ?
26. Sicut enim corpus sine spiritu mortuum est, ita et fides sine operibus raortua est.
de mauvaise vie, ne fut-elle pas justifiée par les œuvres, recevant les messagers, et les renvoyant par un autre chemin?
26. De même, en effet, que le corps sans âme est mort, ainsi la foi sans les œuvres est morte.