‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 639 sur 873 · Majorem autem dat gratiam. Pro · texte numérisé non relu

Majorem autem dat gratiam. Pro

avait ane iranière très simple et très légitime d'obtenir les biens temporels : elle consistait dans la prière , à condition, c'est évident, qu'on ne demau'lât pas à Dieu cette sorte de biens pour satisfaire ses passions, mais pour en faire un saint usage. — - C'est pour n'avoir pas rempli cette condition qu( - plusieurs n'étaient pas exaucés : Petitis, et non..,, eo quod... (vers. 3). — Maie: avec de mauvaises intentions. — Insuinatis. Le verbe ôaTravàv, dépenser, fait image. Il se rapporte aux folles prodigalités auxquelles on se livre sous l'empire de la passion.

4-6. Condamnation févère de cet état de choses. — Premier motif de condamnation, emprunté au dict:imen de la conscience : Nescitis quia...? L'épithète indignée adulteri doit se prendre dans le sens spécial qu'elle a çà et là dans les saints Livres : Hommes infidèles à Dieu. Cf. Ps. Lxxn, 27; Jer. ix, 2; Matth. XII, 39, etc. D'après la leçon la mieux accréditée du grec, il faut lire [xot/aXt'oeç au fémitiin, « adultéras », car, dans l'union mystique à laquelle l'apôtre fait allusion, c'est Dieu qui est répoux, et les âmes sont les épouses.— Amicitia... mundi. Le monde représente tous les faux biens terrestres dont il vient d'être question, par opposition à Dieu, le seul bien véritable. L'amitié du monde est donc l'attache immodérée aux biens de la terre, et 11 va do sol qu'elle éloigne et sépare de Dieu ceux en qui elle existe : inimica est... Cf. Rom. viii, 7. — Qnicumque ergo... Conclusion évidente. — An putatis...? Deuxième motif de condamnation, tiré de l'Écriture sainte, vers, 5-6. — Quia... Scriptura dicat. Formule de citation à la suite de laquelle on s'attend à trouver un texte sacré. Et pourtant, la phrase qui suit. Ad invidiam... in vobis, n'existe nulle part ailleurs dans les saints Livres. C'est là une première difficulté, sur laquelle nous reviendrons plus bas. Il en est une seconde, plus grande encore : elle consiste à bien déterminer le sens du passage qui ressemble à une citation. Les mots Tzpoç çôôvov, placés en avant avec beaucoup d'emphase, peuvent se traduire par « ad invidiam usque », jusqu'à la jalousie. Le verbe èTîtTioOîî, concupiscit, exprime d'ar-

dents désirs, inspirés par une vive affection. Si, comme cela est probable. Il faut lire xaTwxio-cv, il a fait habiter, et non xaxtoxrjaev, habitat (ou plutôt : « habltavit », il a établi sa demeure), le substantif uveOixa, esprit, serait à l'accusatif, et c'est Dieu, mentionné au vers. 4, qui serait le sujet, de ce verbe. Il faudrait donc traduire : Il désire (il aime) jusqu'à la jalousie l'esprit qu'il a fait habiter en nous, c.-à-d. notre âme. Cette pensée se rattache assez bien au vers. 4, car l'apôtre veut précisément démontrer qu'un chrétien n'aimerait pas Dieu réellement, s'il était encore attaché au monde, malgré l'ardente affection que son Créateur lui porte. Dans ce cas, 11 s'agirait de jalousie dans le sens strict, puisque l'union du Créateur avec les âmes vient d'être comparée à un manage mystique. Si l'on adopte la variante xaxaSxr,- «rev, Il habite, le substantif TiveOfxa devient le sujet des deux verbes et désigne dans ce cas l'Esprlt-Saint : L'Esprit qui habite en vous désire (aime) jusqu'à la jalousie. La différence n'est pas très grande entre ces deux interprétations; mais nous préférons la première. La Vulgate se ramène aisément à la seconde. Quoi qu'il en soit, l'apôtre n'a pas voulu citer un texte déterminé, mais une pensée qui est exprimée dans les divers passages de l'Ancien Testament où 11 est dit, en termes figurés, que Dieu aime les hommes jusqu'à la jalousie. Cf. Ex. xx, 5 ; Dent. V, 9 ; Jer. m, 1 et ss. ; Ez. viii, 3 ; Os. u, 3, etc. Dans saint Matih., ii, 23, et dans saint Jean, vu, 38, 42, on rencontre des citations générales analogues à celle-ci. — Majorem autem... (vers. 6) S'il est vrai que Dieu nous aime d'un amour ardent et jaloux, il ne l'est pas moins qu'il accorde sa grâce à ceux qui s'abandonnent humblement à lui (comp. le vers. 7), f t qui se séparent du monde afin de lui plaire d'une manière exclusive. Douce cerapensatii n de l€ur renoncement. Ces riroles ne font point partie de la citation, mais elles en complètent la pensée. — Propter quod... Preuve de l'assertion « Majorem... dat... ». Après le verbe « dicit », il faut sous- entendre a Scriptura ». — Deus I fvpciUs... Ce texte est extrait du livre des Pro-

Jac. IV, 7-11.

pter qnod dicit : Deus snperbis resistit, humilibus autem dat gratiam.

7. Subditi ergo estote Deo ; resistite autem diabolo, et fugiet a vobis.

8. Appropinquate Deo, et appropinquabit vobis. Emuiidate manus, peccatores; et purificate corda, duplices animo.

9. Miseri estote, et lugete, et plorate ; risiis vester in liictum convertatur, et gaudium in mœrorem.

Page 1