PROLOGUE. I
Chap. I. — 1 - 2. La salutation. Elle se compose des trois éléments accoutumés : le nom de l'auteur, l'indication des destinataires, un souhait pieux et affectueux. — L'auteur : Petrus. De même que l'apôtre des Gentils, dans ses épîtres, n'employait plus que son nom de Paul et semblait oublier qu'il avait porté celui de Saul, de même le prince des apôtres se désigne Ici par le nom symbolique que lui avait donné Jésus, et point par celui de Simon Bar- Jona (cf. Matth. xvi, 17). — Apostolus... A son nom personnel il joint, lui aussi, son titre officiel d'envoyé et de représentant de Jésus- Christ. — Les destinataires : electis advenis dispersionis. Le dernier de ces substantifs (Siaauopaç) désignait couramment alors ceux des Juifs qui vivaient dispersés h travers l'Asie et l'Europe. Cf. II Mach. i, 27; Joan. vu, 35; Jac. I, 1. Mais il est employé ici d'une manière figurée, et s'applique à tous les chrétiens, fans distinction d'origine. — L'équivalent grec de advenis ( 7rap£7tiôr,[XOiç) représente des hommes qui habitent dans un pa3's étranger. Ce mot reviendra plus bas, ii, 11 (cf. i, 17), comme une réminiscence de Gen. xxiii, 3, passage où Abraham dit être lui même un « advena » en Palestine. Le chrétien est de même un étranger sur cette terre d'exil, et il doit
se rappeler constamment la céleste patrie. Cf. Hebr. xi, 9. Telle est l'Idée que saint Pierre veut exprimer par cette expression, prise dans un sens mystique. — L'épithète <( electis » est employée, de même que dans les écrits de saint Paul et ailleurs (cf. IITim. ii, 10; Tit. i, 1, etc.), comme synonyme de chrétiens : ceux qui ont été l'objet du choix éternel de Dieu, en vue du salut opéré par le Christ. Comp. ii , 9. — Ponti, Galatise... Sur ces cinq provinces et sur leur évangélisation , voyez l'Introl., p. 661. Elles sont citées comme au hasard , non d'après l'ordre géographique. — liQSvaot?, secundum prœscientiam... (vers. 2) retombent sur le participe « electis », qu'ils servent à déterminer, de concert avec les expressions parallèles « in sanctiticatlonem..., in obedientiam et... ». Il est à remarquer que chacune de ces trois clauses est rattachée à une des personnes de la sainte Trinité et à une opération qui leur est propre. La prescience divine est la condition nécessaire de notre élection et la base de notre palut. — Dei Patris. Le choix a donc été fait de la manière la plus équitable, puisqu'il provient de Dieu, qui est Père en même temps. — In sanc- Hficationem... D'après le grec , il faudrait l'ablatif : « In sanctifioatione ». L'Esprit -Saint met en nous, par ses opérations mystérieuses, l'attribut essentiellement divin de la sainteté, nous consacrant ainsi à Dieu comme des êtres
I Petr. I, 3-4.
l'Esprit, pour obéir à la foi et avoir part à l'aspersion du sang de Jésus- Christ. Que la grâce et la paix vous soient multipliées!
3. Béni soit le Dieu et le Père de Noire- Seigneur Jésus - Christ, qui , selon sa grande miséricorde, nous a régénérés pour une espérance vivante par la résurrection de Jésus -Christ d'entre les morts,