Carissimi, nolite peregrinari in
par « ferventcm », car il exprime l'intensité. ~ L'exhortation est motivée : quia caritas operit... Emprunt à Prov. x, 12, où on lit, d'après le texte hébreu : L'affection couvre (c.-àd., cache, empêche de paraître) la transgression. Le verbe couvrir a ici la signifleatioa d'effacer. Cf. Ps. XXXI, 1; Jac. V, 20, etc. Ainsi donc , quiconque est charitable envers ses frères efface par là même ses propres péchés. — Hospitales invicem... Première manifestation de l'amour fraternel. Sur l'obligation spéciale de l'hospitalité aux premiers temps du christianisme, voyez Rom. XII, 13; I Tim.iii, 2; Tit. i, 8; Hebr. xiii, 2, etc.
— Sine Tïiurmuratione : car l'hospitalité est souvent une charge matérielle et morale ; elle occasionne des dépenses et des fatigues. — Deuxième manifestation de la charité : unusquisque, sicut... (vers. 10). L'apôtre invite maintenant ses lecteurs à utiliser ix)ur le plus grand avantage de leurs frères les dons spirituels qu'ils ont reçus de Dieu. L'équivalent grec de gratiavi est '/^y.pi(T[ioi. , le mot qui, dans les écrits de Paint Paul , désigne les « gratiae gratis datœ » ou dons st)éciaux de l'Esprit-Saint, tels que les dons des langues, de prophétie, des guérisons miraculeuses, etc. Cf. Rom. xii, 6-8 et I Cor. xii, 4-10. Ici, saint Pierre donne une extension plus grande à ce terme, de manière à lui faire représenter non seulement les dons miraculeux et extraordinaires, mais toutes sortes de faveurs surnaturelles, puisqu'il suppose que chacun de ses lecteurs possèle quelqu'une de ces grâces ((( unusquisque...»). — In alterutrum... Personne n'a le droit de garder pour soi les dons divins ; mais on doit les metti'e au service de tous. Cf. Rom. XTi, 6 et sa.; I Cor. xii, 7; xiv, 4 et 12.
— Dispensatores ( otxovô[xot ). Expression significative. Nous ne sommes pas les propriétaires irresponsables des dons célestes, mais de simples administrateurs ou intendants, obligés de les
t faire valoir. — Multiformis gratise. Cette fois, il y a ■/î'p'; dans le grec: la grâce proprement dite, dont les yà.çt\.a\t.a.xc(. sont des manifestations Yariéeri, multiples, qui attestent la richesse infinie du divin trésor. — Si quis... (vers. 11). Au mojea de deux exemples, l'auteur fait l'appli-
cation de la règle générale qu'il vient d'établir. Tous les dons spirituels sont ramenés à deux chefs principaux : parler et agir. — Loquitur : comme prophète, comme prédicateur, comme doué du don des langues, comme interprète, etc. Cf. Rom. xiT, 6 et ss. — Quasi... La phrase est elliptique, pour: « Loquatur quasi...». Au lieu de sermones, le grec emploie le mot Xoyia, qui désigne des oracles divins. Cf. Rom. m, 2; Hebr. v, 12. Le sens est donc : Que le langage de- celui qui prend la parole dans les assemblées religieuses sous l'inspiration divine n'ait rien d'humain, mais que ce soit celui de Dieu même. — Si... ministrat : pour prendre soin des malades, des pauvres, des étrangers ; pour visiter les affligés, etc. — Tanquam ex virtute...: en vertu do la force de Dieu, et non d'une activité purement naturelle. — Quam administrât... Le grec a ici le verbe xopr]y€iy : dorner largement. Cf. II Cor. IX, 10; Gai. m, 5, — Ut... honorificetur... Inten-. tion dernière qu'un chrétien doit se proposer dans toutes ses paroles et tous ses actes. — Per Jesum... En effet, c'est surtout par l'intermédiaire du Christ qne Dieu est glorifié. Cf. Rom. XVI, 27, etc. — Cui... gloria... Petite doxologie pour conclure. Cf. v, 11. Elles sont fréquentes dans les épîtres de saint Paul (voyez Rom. XI, 36 ; Gai. i, 5 ; Eph. m, 21, etc.). Les commentateurs rapportent celle-ci tantôt à Dieu le Père , qui est le sujet principal de ce verset, et tantôt à Jésus -Christ, sur le nom duquel le pronom semble tomber directement.
20 La participation aux souffrances du Christ. IV, 12-19.
L'apôtre revient aux épreuves endurées par les chrétiens, pour en indiquer soit la nécessité, soit l'importance et les avantages. Cf. i, 6 et ss.; II, 19 et ss. ; m, 14 et ss.
12-13. Un chrétien ne doit pas s'étonner, n)ais se réjouir, lorsqu'il est atteint par la souffrance. — Carissimi. Apostrophe affectueuse et sympathique, à la pensée des épreuves endurées par les lecteurs. Cf. ii, 11. — Nolite peregrinari. Saint Cyprien et le vénérable Bède donnent une meilleure traduction du grec : « Nolite mirari »i Ne soyez pas trop étonnés. Cf. iv, 4». — In
I Petr. IV, 13-15.
fervore qui ad tentationem vobis fit, quasi novi aliquid vobis contingat ;
13. sed communicantes Christi passionibus gaudete, ut et in revelatione gloriae ejus gaudeatis exultantes.
14. Si exprobramini in noraîne Christi , beati eritis ; quoniam quod est honoris, gloriae, et virtutis Dei, et qui est ejus Spiritus, super vos requiescit.
15. Nemo autem vestrum patiatur ut homicida, aut fur, aut maledicus, aut alienorum appetitor.
du feu ardent qui sert à vous éprouver, comme s'il vous arrivait quelque chose d'étrange ;
13. mais, parce que vous participez aux souffrances du Christ, réjouissezvous, afin que, lorsque sa gloire sera manifestée, vous soyez aussi dans la joie et l'allégresse.
14. Si vous recevez des injures pour le nom du Christ, vous êtes bienheureux, parce que l'honneur, la gloire, et la puissance de Dieu, ainsi que l'Esprit de Dieu, reposent sur vous.
15. Mais qu'aucun de vous ne souffre comme homicide, ou comme voleur, ou comme malfaiteur, ou comme s'ingérant dans les affaires d 'autrui.
farvore. Le substantif txÛowti; (de la racine Tiupôo), je brûle) sert ici à désigner symboliquement la souffrance, en tant qu'elle fait passer l'homme par le feu, pour le purifier. — Qui ad tentationem... But de l'adversité dans la pensée de Dieu : elle est destinée à éprouver ceux qu'il aime. — Novi aliquid. Dans le grec : une chose étrange (^évo-j). La souffrance n'a pas ce caractère, puisqu'elle ett naturelle et nécessaire. Cf. II, 21; Act. XIV, 22; II Tim. m, 12, etc. — Sed communicantes... Petite nuance dans le grec : Selon que ( dans la proportion où ) vous êtes associés aux souffrances. Saint Pierre présente les afflictions de tout genre sous leur véritable aspect pour les chrétiens : puisqu'il existe une union étroite entre eux et le Christ, elles sont en réalité une participation aux souffrances du Sauveur ; de là le conseil gaudete. — Ut et... Heureuse conséquence de l'épreuve bien supportée : 11 y aura une relation directe entre les souffrances d'ici -bas et la gloire de l'autre vie. — In revelatione glorise... : à l'avènement glorieux de Jésus - Christ. — Gaudeatis exultantes. S!\r cette terre, c'est la Joie simple (« gaudete »); dans le ciel, ce sera une allégresse Indicible. Cf. I, 6-9.
14-16. A quelle condition la souffrance est avantageuse pour le chrétien. — Si exprobramini. Il est h noter que l'apôtre ne parle pas d'emprisonnement, ni de mort, mais simplement d'injures. Cf. ii, 12 ; m, 16. Il ne s'agit donf. pas d'une persécution violente et sanglante. Voyez rintrod., p. 662. — In nomine Christi. C.à-d., parce que vous confessez son nom, que vous êtes chrétiens. Cf. Matth. xix , 23; Act. v, 41; IX, 16; XXI, 13, etc.— Beati. Cette autre béatitude (cf. m, 14) a beaucoup de ressemblance avec celle que nous lI>ons Matth. v, 11-12. Au lieu de eritis, l'Itala porte « estls » ; il n'y a pas de verbe dans le grec. — Quoniam... Motif pour lequel on doit proclamer bienheureux ceux qui sont outragés à cause du Christ. — Quod est honoris..., et..., et qui... Simplement, d'après la meilleure leçon du grec : xb xri; 66Çr)ç xal xo xoO 6£oO TîveO[xa, l'Esprit de gloire et r(Es-
prit) de Dieu. C.-à-d., l'Ksprlt de gloire, qui est aussi l'Esprit de Dieu, repose sur vous. On lit dans quelques manuscrits : L'Esprit de gloire et de puissance qui est aussi... Ce passage est visiblement emprunté à Is. xi, 2, d'après les LXX : L'Esprit de Dieu repose sur lui (le Messie). Saint Pierre en fait l'application aux chrétiens qui souffrent avec patience : l'Ksprit-Salnt, qui prépare pour eux la gloire future, habite en eux afin de les encourager et de les consoler. Quelques manuscrits grecs ajoutent ici : Chez eux (les païens) il (le nom du Christ) est blasphémé ; mais chez vous il est honoré. Ce passage est omis par les témoins les plus anciens. — Nemo autem... (vers. 15). Genres de souffrances qui ne produisent pas le résultat mentionné ci -dessus. — Ut homicida aut fur. Ces deux premières expressions signalent des crimes de droit commun. Les deux suivantes sont générales. Au lieu de maledicus, on Ut dans le grec : xaxoTroio;, malfaiteur. Cf. ii, 12, etc. — L'expression alienorum appetitor correspond au mot composé àÀXoTpi£7ctTX07ioç, qu'ou ne trouve nulle part ailleurs et qu'on croit avoir été composé par saint Pierre. La signification exacte est incertaine. On peut le traduire en gros par cette périphrase : celui qui s'occupe de choses étrangères. La traduction de la Vulgate est adoptée par divers commentateurs; mais eTitaxouo; signifie difflcUement « appetitor ». On lit dans l'Itala : « alionl speculator » ; c.-à-d. , celui qui se mêle des affaires des autres. Si l'on admet cette interprétation, l'apôtre aura voulu parler des chrétiens au zèle Indiscret, qui, sans motif spécial, protestaient publiquement contre les usages païens, au risque de provoquer la persécution contre l'Église. Selon d'autres, l'expression aurait une signification politique (« novarum rerum molitor »), et saint Pierre se serait proposé de prémunir les fidèles contre les séditions et la rébellion. Enfin, il est possible aussi de donner à âXXÔTpto; le sens de « id quod ad rem non pertlnet», et dans ce cas, l'auteur mettrait simplement les fidèles en garde contre certaines manières de faire ou de dire qui ne
i Petr. IV, IG - V, 1.
16. Mais s'il sovfre comme chrétien, qu'il n'en ait point de honte, mais qu'il glorifie Dieu de porter ce nom -là.
17. Car le moment est venu où le jugement va commencer par la maison de Dieu; et s'il commence par nous, quelle sera la fin de ceux qui ne croient pas à l'évangile de Dieu?
18. Et si le juste n'est sauvé qu'avec peine, que deviendront l'impie et le pécheur?
19. Que ceux donc qui souffrent selon la volonté de Dieu recommandent leurs âmes au créateur fidèle, en faisant ce qui est bien.
16. Si autem ut christianus, non erubescat, glorificet autem Deum in isto nomine.
17. Quoniam tempus est ut incipi.-it judicium a domo Dei. Si autem primum a nobis, quis finis eorum qui non credunt Dei evangelio ?
18. Et si justus vix salvabitur, impius et peccator ubi parebunt ?
19. Itaque et hi qui patiuntur secundura voluntatem Dei, fideli creatori commeudent animas suas in benefactis.