Finis enim legis, Christus, ad justitiam omni credenti
5. Moyses enim scripsit quoniam justitiam quœ ex lege est, qui fecerit homo, vivet in ea.
6. Quœ autem ex fide est justitia, sic dicit • Ne dixeris in corde tuo : Quis
leur « Jalousie » pour Dieu, pour la loi, le temple, les saints Livres, etc. Cf. Matth. xxiii, 15. Leur haine à l'égard de Notre -Seigneur Jésus 'Christ et des chrétiens était du zèle aux yeux de ces malheureux égarés. Zèle tout à fait faux, évidemment : non secundum scientiam. 3-4. L'aveuglement des Juifs les a portés à établir leur propre justice à la place de celle que Dieu leur offrait en Jésus-Christ. — Ignorantes enim... Preuve qu'ils ne possédaient pas la vraie science. — Justitiam Dei. C.-à-d., le système de justification que le Seigueur avait institué naguère, et que l'apôtre a longuement d(cr.t dans la première partie de ?a lettre. A cette vraie justice, Paul en oppose une autre, entièrement trompeuse, celle des Juifs : suam, TYjv îôiav. Cette « propre justice » consistait uniquement, comme il vient d'être dit (cf. ix, 32» ) , dans la pratique des oeuvres de la loi , en des efforts et des mérites personnels. Dieu n'y entrait en quelque sorte pour rien. — Quœrentes statuere. Tentative pleine d'orgueil, qui a abouti à une révolte ouverte et au rejet de la justification offerte par le Seigneur : justitise... non... subjecti. Comp. i, 5 et vi, 17, où la foi est regardée comme un acte d'obéissance. — Finis enim... (vers. 4). L'entreprise des Juifs ( « quaerentes » ) a été aussi vaine qu'in- Bensée, puisque leur loi avait cessé d'être un moyen de justification. Le mot grec xéXoç, doit d'abord être pris ici dans son acception habituelle de fin, de terme. En réalité, le Christ avait mis fin au régime légal, « comme la mort met fin à la vie ». Mais on ne doit pas négliger l'autre signification de xéXoç , celle de but, accomplissement, qui convient très bien aussi dans ce passage. Jésus-Christ était le but perpétuel de la loi juive, qui, dans toutes ses parties , tendait à lui , le montrait du doigt et conduisait à lui. Cf. Gai. m, 24. L'aveuglement des Juifs était donc encore plus grand sous cet autre aspect : ils prétendaient se justifier uniquemeat par l'observation de la loi, et ils ne voyaient pas que cette loi trouvait précisément en Jésus -Christ sa pleine réalisation. — Oirini cndenti. Deux mots accentués. La foi au Sauveur est la condition absolue de la justification, comme il a été déjà dit à plusieurs reprises, et
ainsi que l'apôtre va le prouver encore dans les vers. 5-13.
5-10. Preuve que la justification n'est accordée qu'à la foi. — Moyses enim... C'est ce grand l'gislateur lui-même qui démontrera aux Juifs que désormais la vraie justice ne dépend pas des œuvres, de l'observance de la loi, mais de Ici foi. — Scripsit. Au temps présent dans le grec : Moïse écrit. Ses livres ont une valeur perpétuelle. — Justitiam... ex lege : la justice que l'on obtient en pratiquant tous les préceptes de la loi mosaïque, par opposition à la « justitia Dei » (cf. vers. 3), qui est accordée par la foi. — Qui fecerit... Ici commence la citation. Elle est empruntée à Lev. xvxii , 5 , et faite à peu près littéralement d'après les LXX. Comp. Gai. m, 12, où ce même texte est allégué par l'apôtre. Le Seign iur, parlant à Moïse, lui prescrivit de dire aux Hébreux : Vous observerez mes lois et mes ordonnances; l'homme qui les mettra en pratique vivra par elles. Les mots essentiels sont : qui fecerit homo. Pour obtenir la vie dans le sens le plus relevé, le plus complet, soit sur cette terre, soit surtout dans l'autre monde (vivet in ea; c.-à-d., vivra par la loi ) , il fallait observer la loi , toute la loi. Les manuscrits du texte grec présentent quelques variantes pour ce verset; la Vulgate a suivi la version qui paraît la meilleure. — Quse autem... (vers 6). Après s'être placé au point de vue de l'Ancien Testament dans le verset qui précède, saint Paul eo place maintenant au point de vue de la Nouvelle Alliance, et ici encore 11 laisse la parole à Moïse. — Sic dicit. La justice chrétienne, personnifiée, est censée elle-même adresser la parole aux Juifs incrédules, pour leur montrer que la foi en Jésus-Christ est à leur portée avec les heureux effets qu'elle produit, qu'ils sont par conséquent très blâmables de ne pas se l'approprier. — Ne dixeris... Ce texte est tiré du Deutéronome, XXX, 11-14; mais saint Paul ne le cite ni complètement ni littéralement. Il n'en prend que certains passages, dont il se sert pour décrire les caractères de la justification par la foi, et il en indique, chemin faisant, le sens allégorique par de petites explications rapides. On le voit, à la suite des anciens interprètes grecs
Rom. X, 7-10.
ascendet in caelum? id est, Christum deducere;