‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 677 sur 873 · Si enim Deus angelis peccantibus · texte numérisé non relu

Si enim Deus angelis peccantibus

Le verbe TrapetaaÇouaiv a peut-être la slgniflcation d'introduire en cachette. — Sectas (aipé- <Tciç). Le substantif atpéaiç marquait simplement à l'origine une différence d'opinion ; les classiques l'emploient pour désigner une école ou un parti philosophique (voyez Cicéron, Ep. XV, 16, et comp. Act. v, 17 ; xv, 5 ; xxiv, 5 et 14X Sa signification primitive et directe n'impliquait donc pas une doctrine fausse. Mais, lorsque l'unique vérité chrétienne eut fait son apparition, l'hérésie fut une erreur proprement dite. — En ajoutant le mot perditionis , l'auteur signale sommairement d'avance le résultat final auquel aboutira ce faux enseignement. Voyez les vers. 3*", 4 et ss. — Et negant. Autre trait caractéristique des docteurs pervers : ils reniaient Notre-Seigneur Jésus-Christ, soit d'une manière pratique, par leur vie corrompue, soit même en rejetant formellement sa divinité. Cf. Matth. X, 33; Judae, 4, etc. — Dominum. Nous lisons dans le grec : Ô£(TTCoty]V, maître, et non xvpiov, seigneur; or, à becrnôrr^^, correspond ôouXo;, esclave, et les faux docteurs étaient précisément dev'enus les esclaves de Jésus -Christ, en vertu de l'achat qu'il avait fait d'eux au prix de son sang et de sa vie : qui émit... Cf. I Cor. vt, 20 et VII, 23 ; Apec, v, 9 , etc. Saint Pierre signale ce fait comme une circonstance aggravante. — Superducentes sibi... Le sort terrible qui est réscivé à ces misérables est annoncé pour la seconde fois dans ce verset. — Et mnlti... (vers. 2). Triste conséquence de leurs agissements : ils feront de nombreuses victimes. — Earum luxurias. Ce détail stigmatise leur conduite morale , de même que les mots « introducent sectas. . . , et. . . negant » les caractérisent EOU3 le rapport dogmatique. Leurs mœurs étaient extrêmement dépravées. Comp. les vers. 10 et ss.; I Pecr. IV, 3; Judae, 7 et 10''. — Per quos. Ce pionom se rapporte aux « multi » qui se laisseront séduire par les hérétiques, et non à ces derniers. A cause de ces nombreux disciples de l'erreur et de leurs infamies, la via veritatis, c.-à-d., la vraie religion, la religion du Christ, était blasphémée ou tournée en dérision par les païens. Cf. Rom. ii, 24; I Tim. vi, 1, etc. Au livre des Actes, la religion chrétienne est parfols simplement nommée une voie (ix, 2; xxii, 4 et XXIV, 14); parfois elle porte le nom de voie

Comment. — VIII,

du salut (xvi, 17) ou de voie du Seigneur (xviii, 25). — Et in avaritia... (vers. 3). La description revient aux docteurs hérétiques, pour signaler leur avarice éhontée. Ils soutiraleiu beaucoup d'argent à leurs prosélytes : de vobis negotiabuntur (Us feront du profit avec vous, à votre sujet). Enseigner l'hérésie était pour eux un profit lucratif. Comp. le vers. 14 ; I Tlm. vi, 5; Tit. i, 11. — Fictis verbis. Allusion aux paroles mensongères par lesquelles ils s'efforçaient de persuader leurs auditeurs. Cf. i, 16». — Quibus judicium... L'auteur prédit pour la troisième fois leur châtiment en un langage très énergique. Leur sentence, dit- il (xptfjia), a été prononcée depuis longtemps (;am olim),k l'occasion d'autres grands coupables. Et ce verdict n'tst pas une lettre morte (non cessât; d'après le grec : il n'est pas inactif, paresseux), qui sommeille pour ainsi dire (dormitat), sans s'accomplir jamais . il sera pleinement exécuté, lorsque le moment sera venu.

4-9. Preuve que le jugement divin atteindra infailliblement les faux docteurs. Elle consiste dans trois exemples terribles, empruntés à l'Ancien Testament. — Exemple des mauvais anges, vers. 4 : Si enim... Comp. Judas, 6. La phrase qui commence ici est loin d'être strictement grammaticale; cependant on peut dire qu'elle s'achève d'une certaine manière au vers. 10 : Si Dieu n'a pas épargné telles et telles catégories de coupables, vers. 4-8, il saura de même châtier les faux docteurs, vers. 9-10. — Angelis peccantibus. Avec une petite nuance dans le grec : Les anges, après qu'ils eurent péché. L'auteur ne détermine pas la nature de leur culpabilité; nous dirons plus bas ce qu'il faut en penser. — Rudentibus. Dans les plus anciens manuscrits grecs, on lit : cretpoTç ou (Tipot;. Ce mot représentait h l'origine de grands vases dans lesquels on conservait les céréales; plus tard, ce fut le nom des «Kcavations souterrainas qui servaient et qui servent encore de greniers dans certaines régions méridionales. Nous le retrouvons avec ce même sens sous la forme provençale de silo. Si cette leçon est authentique, l'apôtre aura voulu parler des souterrains ténébreux de l'enfer, dans lesquels les mauvais anges ont été plongés. Le mot grec î^oçou (Vulg., infcrni) a tout d'abord

II Petr. Il, 5-6.

non pepercit, sed rudentibiis inferni detractos in tartarura tradidit cruciandos, in judicium reservari ;

5. et ori^inali miindo non pepercit, sed octavuin Noe justitise prseconem custodivit, diluvium mundo impiorum indiicens ;

6. et civitates Sodoraorum et Gomorrhseoruni in cinerem redigens, eversione damnavit, exemplum eorum qui impie acturi simt ponens ;

anges qui avaient péché, mais les a précipités dans le tartare et les a livrés aux liens des ténèbres, pour être tourmentés et réservés jusqu'au jugement ;

5. et s'il n'a point épargné l'ancien monde, mais n'a sauvé que Noé, lui huitième, ce prédicateur de la justice, lorsqu'il fit venir le déluge sur le monde impie ;

6. et si, réduisant en cendres les villes de Sodome et de Gomorrhe, il les a condamnées à la destruction, pour les faire servir d'exemple à ceux qui vivraient dans l'impiété,

la signification de ténèbres, puis celle d' « orcua », l'enfer des écrivains classiques. De nombreux manuscrits, les Pères grecs et plusieurs ver- Bions ont lu, comme notre traduction latine : ffsipaU, chaînes, cordes. Tel doit être le véritable sens, d'après le passage parallèle de saint Jade : oscrtj.ot; àïStoiç , des liens éternels. Cette locution, des liens ou des chaînes de ténèbres, signifie : des liens qui appartiennent aux ténèbres, qui enchaînent dans un lieu ténébreux. — Detrttctos i??, tartarum. Il n'y a qu'un seul mot dans le grec : ta pxaptoaaç, ayant mis dans le tartare. Expression très rare, qui n'est pas usitée ailleurs dans la Bible grecque. Elle est empruntée au langage mythologique des Grecs. Le tartare était un lieu souterrain, destiné au supplice des grands criminels, tels que les Titans; c'est donc l'équivalent de l'enfer chrétien.—Tradidit... reservari. D'après la meilleure leçon, le participe cruciandos manque dans le texte primitif, où on lit : « tradidit... reservatos. » Dès maintenant les mauvais anges sont condamnés à tout Jamais; lis le seront d'une manière encore plus solennelle au jugement dernier. — Au livre apocryphe d'Hénoch, chap. VI -XVI, CYi, etc., il est raconté, d'après plusieurs légendes juives qui se i-attachent à Gen. VI , 2 , qu'un certain nombre d'anges , séduits par la beauté des filles des hommes, auraient quitté leur séjour céleste pour s'unir à ces femmes, dont ils auraient eu des fils d'une taille gigantesque; Dieu aurait châtié leur crime en les enchaînant dans les abîaies de l'enfer. Divers commentateurs protestants et rationalistes affirment que saint Pierre fait allusion ici à cette étrange légende. D'après eux, il en serait de même de saint Jude, qui mentionne également la captivité des anges (voyez Judae, 6, et le commentaire). Mais le .soi-di-ant emprunt est Impossible, puisque cotte interprétation de Gen. vi, 2, est une fable évidente, de purs esprits étant incapables de contracter une union semblable (cf. Matth. xxit, 30). L'allusion des deux apôtres porte simplement sur la chute primitive d'un nombre considérable d'anges, fait que supposent tous les passages de l'Ancien et du Nouveau Testament où il est parlé de Satau et des autres esprits mauvais. Voyez

en particulier le livre de Job, i, 6 et ss., ainsi que les passages Luc. x, 18; Joan. vin, 44 et Apoc. XII , 7. Les Pères mentionnent souvent aussi ce même fait , dont lis cherchent à déterminer la cause, mais sans pouvoir tomber complètement d'accord. La chute des anges aurait été occasionnée, d'après saint Irénée, TertuUien, saint Cyprien, etc., par un violent mouvement de jalousie eoit contre les premiers hommes, que le Créateur avait si admirablement doués , soit même, d'après Lactance, contre le Fils de Dieu; suivant Origine, saint Athanase, saint Augustin, etc., par un péché d'orgueil et de révolte directe contre Dieu. Cette dernière opinion est adoptée par le plus grand nombre des théologiens. Voyez saint Thomas , Summa theol., I, q. 63, art. 3; Petau, de Angelis, iir, 4, etc. — Exemple du monde primitif, à l'époque du déluge, vers. 5 : Et originali mundo... Dans le grec : au monde ancien. — Sed... Noe... Saint Pierre signale aussi en passant l'exercice de la miséricorde divine envers les justes. Comp. les vers. 7-9». — L'adjectif octavum signifie, d'après I Petr. iir, 20, que Noé fut sauvé, lui huitième; c.-à-d., avec les sept autres membres de sa famille. — Le trait prseconem justitiœ est emprunté h la tradition juive. Voyez Josèphe, Ant., i, 3, 1. D'ailleurs, quoique la Genèse ne la mentionne pas expressément, la prédication de Noé n'a rien d'incompatible avec son récit, qui la supposerait 'plutôt. Cf. Hebr. XI, 7. — Et civitates... (vers. 6). C'est le troisième exemple , qui se rapporte à la destruction des cités coupables des rives de la mer Morte. Voyez Gen. xix , 1 et ss., et comp. Judn?, 7. Jésus associe de même cet exemple à celui du déluge, comme des types terribles du jugement diviu (cf. Luc. xvii, 26-29). — Sodomam et... Les deux villes principales. Il y en avait cinq d'après Gen. xiv, 2. Cf. Deut. xxix, 23, etc. — Eversione damnavit. Dans le grec : Il les condamna à une entière destruction (xataT- Tpocp^). — Exemplum eorum... Terrible exemple, en effet, qui produisit une vive et durable impression, comme l'atteste maint passage de la littérature sacrée. Cf. Neh. n, 9; Ps. cvi, 34; Is. i, 9 et XIII, 19; Jer. xltx, 18 jt L, 34; Am. IV, 11: Soph. ii, 9: Rom. ix, 29, etc. —

II Petr. Il, 7-11.

7. et s'il a délivré le juste Lot, vivement attristé par les ouirages et la conduite déréglée de ces hommes abominables

8. (car, par ce qu'il voyait et entendait, ce juste, qui demeurait parmi eux, avait chaque jour son âme juste tourmentée par leurs actions criminelles),

9. c'est que le Seigneur sait délivrer de l'épreuve les hommes pieux, et réserver les impies pour être châtiés au jour du jugement;

10. mais surtout ceux qui vont après la chair, dans d'impures convoitises, et qui méprisent la souveraineté. Audacieux, se plaisant à eux-mêmes, ils ne craignent pas d'introduire des sectes, en blaH[)hémant,

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