‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 676 sur 873 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

l. Fuerunt vero et pseudoprophetse in populo, sicut et in vobis erunt magistri mendaces, qui introducent sectas perdi-

1. Il y eut cependant aussi de faux prophètes parmi le peuple, et il y aura de même parmi vous des docteurs de

nant ce droit d'interprétation. Si l'on s'était toujours conformé à ce principe, on aurait évité des erreurs et des hérésies nombreuses. Non que l'ÉgUse ait voulu ou veuille tout définir dans le détail; du moins, nous connaissons ses Intentions, ses tendances, dont il serait dangereux de s'écarter. Lor.-qu'on oublie cela , on cesse d'avoir l'esprit catholique , et môme l'esprit chré-

Ptrsonnnge tenant deux torches. (Monnaie anfque.)

tien. Comme le dit le concile de Trente, Sess. iv, « nemo suae prudcntiae innixus. In rébus ûdei et morum... S. Scripturam ad suos sensus conlorquens, contra eum sensum quem tenuit et tcnet sancta mater Ecclesia... interpretari audeat. » C'est d'une manière arlsltraire que quelques commentateurs appliquent l'adjectif propria aux prophètes eux-mêmes et aux prophéties. — Non enim... (vers. 21). Motif pour lequel l'Interprétation des saintes Écritures, et en particulier des prophéties, n'est pas une affaire privée, tout humaine, comme serait l'explication d'un livre ordinaire. La Bible et ses oracles ne proviennent pas des hommes; d'où il suit que ces derniers sont incapables de les expliquer. Dieu, qui en est l'auteur véritable, peut seul en fournir l'interprétation authentique, au moyeu d'organes choisis par lui. Cf. Gen. xL, 8; XLi, 16, etc. Voyez aussi le Man. bibl., t. I, n. 173. — Aliquando : ttotÉ, autrefois, dans les temps anciens. — Spiritu... inspirati. Ce participe" correspond au grec 9epd[ji.£vûi, qui signifie: portés, conduits (comme un vaisseau par le vent). — Locuti sunt. Les écrivains sacrés ont parlé, non pas d'eux-mêmes, mais Inspirés par l'Esprit de Dieu. — Sancti Dei hommes, La leçon primitive du grec est incertaine. On lit, d'après quelques manuscrits et versions : « a

Deo homines », les hommes (ont parlé) de la part de Dieu. D'après d'autres témoins : « a Deo sancti homines ». D'autres ont la variante de la Vulgate. Le sens demeure le même dans tous les cas. — Ce passage est évidemment très important pour démontrer le dogme de l'inspiration des saintes Écritures. Comp. II Tim. m, 16 et le commentaire.

§ II. — Contre les /aux docteurs. II, 1-22.

Trois pensées principales sont développées d ins ce chapitre. L'auteur commence par annoncer en termes vigoureux le châtiment réservé aux docteurs hérétiques, vers. 1 -9 ; Il décrit ensuite leur conduite criminelle et leur orgueil étrange, vers 10-19; enfin II expose le péril et l'ignominie du crime d'apostasie, vers. 20-22.

10 Les faux docteurs et la certitude de leur châtiment. II, 1-9.

Chap. II. — 1 - 3. Introduction : de même que l'Ancien Testament a eu ses faux prophètes, la religion chrétienne aura aussi ses docteurs de mensonge, qui entraîneront de nombreux fidèles dans le mal, mais que Dieu punira sévèrement. — Fuerunt vero... Transition, L'apôtre vient de parler des saints prophètes d'Israël et de leur rô'e admirable. Malheureusement II y en eut aussi (el) de mauvais, de mensongers. Cf. III Reg. XX ir, 12; Jer. xiv, 14 et xxvir, 10; Zach. xiii, 4, etc. — In populo (Àao)): le peuple par excellence , la nation Juive. — Sicut et... D'après l'analogie de l'histoire juive, il y aura de même de faux docteurs dans l'Église du Christ (magistri mendaces : le nom composé (|/STj6oô'.ôà(Ty.a)>o; est propre à saint Pierre). — Erunt. Ces hommes néfastes sont d'abord présentés comme appartenant à l'avenir. Plws loin, saint Pierre parle d'eux au passé et au présent (comp. les vers. 15, 17 et ss.). Nous avons remarqué un fait semblable II Tim. ni, 1-6. L'apôtre savait que les séducteurs existaient déjà et qu'ils travaillaient depuis quelque temps à leur œuvre pernicieuse; il prévoyait en outre qu'ils ne tarderaient pas à faire de nombreux adeptes dans les chrétientés auxquelles il écrivait. — Il justifie brièvement le nom de maîtres mensongers, qu'il vient de leur donner : qui iniroducent-.

II Petb. II, 2-4.

mensonge, qui introduiront des hérésies

f)ernicieuses, et qui, reniant le Maître qui es a rachetés, attireront sur eux une ruine soudaine.

2. Beaucoup les suivront dans leurs débauches, et la voie de la vérité sera calomniée à cause d'eux ;

3. et, par cupidité, ils trafiqueront de vous au mo3''en de paroles artificieuses, eux que la condamnation menace depuis longtemps, et dont la ruine ne sommeille pas.

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