CHAPITRE III
1. Voici, mes bien -aimés, la seconde lettre que je vous écris ; dans toutes les deux, je tâche de réveiller vos bons sentiments en faisant appel à votre mémoire,
2. afin que vous vous souveniez des paroles des saints prophètes, dont j'ai déjà parlé, et des préceptes du Seigneur et Sauveur, transmis par vos apôtres.
3. Sachez, avant toutes choses, qu'aux derniers jours il viendra des imposteurs et des moqueurs, marchant selon leurs propres convoitises,
4. qui diront : Où est la promesse de son avènement ? Car depuis que nos
1. Ilanc ecce vobis, carissimi, secundam scribo epistolam , in qiiibus vestram excite in commonitione sinceram mentem,
2. ut memores sitis eorum quœ prsedixi verborum a sanctis prophetis , et apostolorum vestrorum, praeceptorum Domini et salvatoris.
3. Hoc primum scientes, quod venient in noviesirais diebus in deceptione illusores, juxta proprias concupiscentias ambulantes ,
4. dicentes : Ubi est promissio aut adventus ejus? Ex quo enim patres dor-
§ lil. — Le second avknement de Jésus- Christ et la fin du monde. III, 1-18.
Saint Pierre cite une objection des faux docteurs , vers. 1 - 4 , et la réfute avec énergie , vers. 5-10; il conclut ensuite sa lettre par une recommandation pressante, vei*s. 11-18.
10 Réfutation des docteurs hérétiques en ce qui concerne le retour du Christ et la fin des temps. III, 1-10.
Chàp. III. — 12. Introduction : saint Pierre tient à rappeler à ses lecteurs l'enseignement qu'ils ont reçu des apôtres. — Hanc ecce... secundirn... D'après le grec: Cette lettre déjà comme seconde. La première n'est autre que I Petr. Quelques critiques contemporains le nient sans motif suffisant. — In quibus. Le pronom se rapporte aux deux épitres. — Sur la locution eoccito in commonitione , ou plus exactement, « J'éveille dans votre mémoire, » voyez I, 13. — Sinceram, mentem. Éloge délicat : votre raison intègre et droite, que rien n'a encore fait dévier de la vérité. — Ut memores... (vers. 2). L'auteur revient sur le but qu'il se proposait en écrivant cette seconde lettre. Cf. i, 16-21. De nouveau il mentionne ces deux Imposantes catégories de témoins, les prophètes et les apôtres, qui ont attesté la puissance et l'avènement de Jésus-Christ. Plus haut il a démontré qu'iîs ont eu raison sur le premier point; il donne maintenant une preuve semblable au sujet du second. — Eorum quae prsedixi... La traduction n'est pas très exacte. Il faudrait : (Pour que vous vous souveniez) des choses dites d'avance par les saints prophètes. — Les mots suivants, et apostolorum..., prseceptorum ...,nesont pas moins embarrassants dans le grec que dans le latin BOUS le rapport grammatical. Il y a dans le texte grec une grande complication de génitifs : xr^ç T<iv àKocToXcùv vy.cov (c'est la meilleure leçon,
au lieu de Yiixâiv, « nostrorum ») èvtoXrjç xou xupcou xa"i (70)Tfipo;. On peut traduire : (Pour que vous vous souveniez) du commandement du Seigneur et Sauveur, (transmis) par vos apôtres. 3-4. Assertion très fausse des docteurs hérétiques, qui, de ce que le monde matériel n'a pas changé depuis la création, en concluaient que rien ne changera non plus dans l'avenir, et qu'il n'y aura pas de second avènement du Christ, ni de fin des temps. — Eoc primum scientes. Cf. i, 20 (c'est identiquement la même formule dans le grec). L'apôtre veut attirer l'attention de ses lecteurs. —FÊnieT? t.. . Comp. Judae, 18, où le même fait est signalé. Sur l't mploi du futur, voyez ii, 1 et le commentaire. Il n'est pas question ici, comme le pensent quelques interprètes, d'une catégorie de personnes distincte de celle que nous a présentées le chap. ii. — In novissimis... Cf. I Petr. I, 20; Hebr. i, 1, etc. Durant la période qui doit s'écouler avant la fin du monde. — In deceptione illusores. Littéral, dans le grec: des moqueurs (pleins) de moquerie. Hébraïsme analogue à celui de n , 12. Il s'agit de ces hommes f ri voles qui tournent en ridicule les croyances les plus sacrées. — J^ixta... concupiscentias... Ce trait résume la partie du chap. ii qui a décrit l'immoralité des faux docteurs. — Dicentes (vers. 4). Saint Pierre va citer textuellement, pour la mieux réfutei', une erreur doctrinale très grave de ces docteurs corrompus, erreur qui était précisément à la base de « leurs extravagances morales ». — Ubi... promissio... aut... ? D'après le grec : Où est la promesse de son avènement (Trapouaiaç)? La question suppose très évidemment une réponse négative : Cette promesse n'existe pas en réalité, quoi qu'on vous dise; si elle existe, elle ne se réalisera pas. — Ejus. Par dédain, ils ne prononcent pas même le nom du Christ. — Preuve que Jésus ne reviendra pas : Ex quo enim patres... Ces pères, morts depuis
Il Petr. III, 5-9.
mierunt , orania sic persévérant ab initio creàturae.
5. Latet enira eos hoc volontés, quod caeli erant prius, et terra de aqua et per aquam consistens Dei verbo ;