C'est ce qnil fait dans toutes les
tôt , d'après le grec : a accélérantes » )... : Lâter l'avènement du grand jour, soit par de ferventes prières , soit par une conduite tout à fait sainte. De la sorte, en effet, le nombre des élus, tel que Dieu l'a fixé dans ses desseins éternels, sera plus promptement complet. — Per quem (dans le grec : a propter quem », à cause et en vue duquel jour),., solventur : ainsi qu'il a été dit dans les vers. 7 et 10. — Tabescent : se fondront , comme du métal dans une fournaise. — Novos... secundum promissa... (vers. 13). Comp. Is. Lxv, 17 et Lxvi, 22. Voyez aussi Act. m, 21 et Apoc XXI, 1. — In quibus justitia... Dans ce monde transfiguré, la justice, c.-à-d. la sainteté, établira sa demeure perpétuelle (cf. Rom. vni, 19 et ss.), tandis que le monde actuel est souvent le séjour de l'iniquité (voyez ii , 5 ; Jac. ni, 6 , etc.).
14. Nouvelle exhortation à mener une vie sainte, en vue de la fin du monde. — Immaculati et inviolati : aantXot xa\ à[Xtij[xy)Toc.Comp. n, 13 et I Petr. i, 19, où l'auteur réunit des expressions presque semblables. — In pace : dans une paix bienheureuse et éternelle. Cette paix symbolise, à la façon ^ébraïque, le bonheur le plus parfait.
15-16. Que chacun profite, pour assurer son salut, du temps que lui accorde la longanimité divine, comme saint Paul aussi l'a recommandé. — Domini nostri. Notre- Seigneur Jésus-Christ, comme on le voit par le vers. 18. — Longanim.itatem, salutem...: conformément à la belle pensée du vers. 9. La patience du souverain juge n'est pas de la lenteur; c'est de la miséricorde, qui a notre salut pour but. — Sicut et... Paulus. Saint Pierre confirme son exhortation par le témoignage de saint Paul. Ce souvenir accordé à l'apôtre des Gentils par le chef du collège apostolique est plein d'affection {carissimus frater...) et de respect (secundum datam...; l'auteur regarde son frère dans l'apostolat comme admirablement doué). — Des mots scripsit vohis , il faut conclure que Paul avait écrit, lui aussi, aux chrétientés asiatiques pour lesquelles fut composée la présente lettre; mais il est dif-
ficile de dire à laquelle desépîtres de son illustrv ami saint Pierre fait allusion. Celles aux Éphésiens et aux Colossiens conviennent plus particulièrement, puisqu'elles avaient pour destiua-
La sainte Vierge entre saint Pierre et saint Paal. ( D'après un fond de verre, i
taires directs des chrétiens d'Asie Mineure. Voyez les passages Eph. i, 5-14; iv, 30; v, 5-6, où saint Paul recommande aux fidèles une conduite toute sainte, pour qu'ils se préparent au jugement dernier. On a parfois conjecturé, mais sans raison suffisante, que l'allusion porte sur une épître perdue. — Sicut et in omnibus... (vers. 16). Apre» avoir mentionné une épître spéciale de saint Paul, saint Pierre généralise et signale aussi toutes les autres. Il les connaissait donc, au moins pour la plupart, et 11 les supposait connu s des lecteur:?. Il n'y a rien de surprenant dans ce double fait, car, dans l'empire romain, les communications épistolaires étaient très bien organisées et relativement rapides, et d'autre part, on conçoit que les diverses Églises aient été saintement avides de lire les écrits apostoliques,
II Petr. III, 17-18.
lettres, où il parle de ces choses ; lettres dans lesquelles il y a certains passages difficiles à comprendre, dont les hommes ignorants et mal affermis tordent le sens, comme ils le font des autres Ecritures, pour leur propre ruine,
17. Vous donc, frères, étant prévenus, soyez sur vos gardes, de peur qu'entraînés par l'erreur de ces insensés, vous ne veniez à déchoir de votre fermeté.
18. Mais croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. A lui la gloire, et maintenant, et jusqu'au jour de l'éternité. Amen.
quens in eis de his, in quibus sunt quaedam difficilia intellectu, quœ indocti et instabiles dépravant, sicut et ceteras Scripturas, ad suam ipsorum perditionera,
17. Vos igitui, fratres, prsescientes custodite, ne insipientium errore traducti, excidatis a propria firmitate.
18. Crescite vero m ^^ratia, et in cognitione Domini nostri et salvatoris Jesii Christi. Ipsi gloria, et nunc, et in diem seteruitatis. Amen.
donc elles se faisaient passer mutuellement des copies. — Loquens de his. C.-à-d., du second avènement de Jésus-Christ et de la nécessité où sont les chrétiens de s'y préparer, pour être trouvés alors sans tache. — In quibus ( « epistolis î, d'après la leçon la plus autorisée du grec, tv alç)... Saint Pierre va signaler deux faits distincts , en ce qui concerne les lettres de saint Paul. Premier fait : sunt qusedam difficilia... Il est incontestable que divers passages des écrits de Paul présentent de sérieuses difficultés à l'interprète , et sont demeurés obscurs jusqu'à nous. On ne saurait déterminer avec certitude quels sont ceux auxquels saint Pierre pensait plus spécialement lorsqu'il écrivait cette ligne : peut-être à ceux où il est question du second avènement du Christ; du moins, en général, d'après le trait qui suit, à ceux qui pouvaient se prêter davantage à de fausses interprétations. — Deuxième fait: quse indocti... dépravant (à la lettre dans le grec : ils tordent). Ces hommes ignorants et sans stabilité ne diffèrent pas des hérétiques qui ont été décrits au chap. ii. Ils détournaient violemment de leur véritable sens divere passages des écrits de saint Paul , afin d'en faire un point d'appui pour leurs théories perverses. — Sicut et... Saint Pierre généralise davantage encore, pour dire que les docteurs de mensonge se conduisaient à l'égard du recueil entier des Écritures comme envers les épîtres de Paul. — Des mots et ceteras Scripturas, il résulte que le prince des apôtres mettait les lettres de
saint Paul sur le même pied que les livres de l'Ancien Testament. — Ad suam... perâiti^vm. Juste châtiment de cette conduite crimiuw.n;. Comp. le vers. 7*>; n, 1, 3, 4 (t ss.
17-18. Conclusion : saint Pierre presse se? lecteurs de ne se laisser entraîner à aucune hérésie, mais de croître sans cesse dans la connaissance de Jésus-Christ. Nous avons dit dans rintrod., p. 693, n. 1 , que ces deux verset s exposent nettement le but de l'épitre. — Prsescientes : connaissant d'avance, avertis d'avance. — Custodite np... Recommandation négative. La seconde, au vei-s. 18, aura un caractère positif. — Insipientium : à.bi<s\i.iû\ , des hommes sans loi. Voyez ii, 7 et les notes. — Propria firmitate. Cette fermeté dans la foi et dans la morale chrétiennes contraste avec l'instabilité des faux docteurs. Comp. le vers, le*. — Crescite vero... (vers. 18). Par cette invitation, nous sommes ramenés au souhait par lequel s'ouvre la lettre, 1, 2 : flc Gratia vobis... in cognitione... », — Ipsi gloria... Pieuse doxologie. Cf. I Petr. iv, 11 et V, 11. Dans le grec : r] ôô^a , avec l'article; la gloire par excellence, celle qui ne convient qu'à Dieu, — La formule in diem œternitatis (elç fjuépav a'iwvoç) n'apparaît qu'en cet endroit du Nouveau Testament. On la trouve anssi dans le texte grec de l'Ecclésiastlq., xviii, 10, Elle nous présente l'éternité sous la figure d'un jour sans nuit et sans fin. — L'Amen final paraît être' suffisamment accrédité, bien qu'il sort très souvent apocryphe à la fin des épîtres.
PREMIÈRE ÉPITRE
DE SAINT JEAN
INTRODUCTION
1o On démontre son authenticité par des preuves « particulièrement fortes ». Il y a d'abord la preuve historique, qui consiste dans les témoignages des anciens auteurs. L'épître à Diognète^ et la Didaché^ paraissent vraiment contenir plusieurs citations indirectes de notre lettre. Le doute n'est pas possible avec saint Polycarpe, disciple de saint Jean, qui cite à peu près littéralement I Joan. IV, 3'^, non plus qu'avec Papias, cet autre disciple célèbre de l'apôtre, dont Eusèbe affirme^ qu'il « s'est servi de témoignages empruntés à la première épître de Jean ». Saint Irénée, qui avait été lui-même disciple de saint Polycarpe, cite plusieurs fois cet écrit ^, qu'il attribue en propres termes à « Jean, disciple du Seigneur, qui a aussi composé l'évangile '^ ». L'ancienne version syriaque et l'Itala, qui datent l'une et l'autre du second siècle, le renferment tel que nous le possédons aujourd'hui. Vers la même date, la canon de Muratori le mentionne comme l'œuvre de saint Jean Tévangélisle. Clément d'Alexandrie**, Origène^ et son disciple Denys *^, Tertullien •*, saint Cyprien '^, etc., lui font des emprunts et l'attribuent formellement à l'apôtre bien-aimé. La tradition ne pouvait pas être plus explicite, ni plus unanime *^.
La preuve intrinsèque, tirée de l'écrit lui-même, n'est pas moins frappante. Elle consiste surtout dans la parenté qui existe entre notre épître et lequatriènie
^ Pour les commentaires catholiques, voyez la p. 630. Nous n'avons à ajouter, comme ouvrage spécial, que G. K. Mayer, Eommentar uber die Brie/e des Apostels Johannes, Vienne, 1851.
2 X , 2 ; corap. I Joan. iv, 9.
^ Comp. X, &et I Joan. iv, 18 ; x , 6 et I Joan. Il, 17; XI, 11 ot I Joan. iv, 1.
^ Ad Phil, 7.
s Hist. eccl., m, 39.
^ Notamment les passages I Joan. ii, 18 et ss., et IV, 1-3.
7 Adv. Eser., m, 16, 3; comp. Eusèbe, Elst. eccl., V, 8.
® Strom., Il, 15 et m, 4-5; Psedag., m, 11.
9 In Joan. xiii, 21, etc.
^*^ Dans Eusèbe, Hist. eccl., vu, 25.
^^ Scorp., 12; adv. Marc, v, 16. Il cite l'éiître près de cinquante fois.
*2 Ep. xxiii, 2.
*^ « Ab universls ecclesiasticis eruditls vlris probatur, » dit saint Jérôme, de Vir. iU., 9.
PREMIÈRE ÉPÎTRE DE S. JEAN
évangile, sous le rapport du fond et de la forme; parenté si extraordinaire, qu'on est moralement obligé d'en conclure, après l'avoir constatée, que les deux compositions proviennent d'un seul et même auteur.
Le tableau suivant, qu'il serait facile de développer ', prouvera d'abord le fait d'une manière générale ^.
I Joan
Joan.
I Joan
Joan
xvii, 21.
XVI, 2i.
VI, 69 et