PROLOGUE. I
Ce préambule solennel, plein de chaleur, « correspond d'une manière remarquable » à celui du quatrième évangile, Jean, i, 1-18, comme l'avait déjà remarqué Denys d'Alexandrie, disciple d'Origène (voyez Eusèbe, Hist. eccl., TU, 25, 14-15). De part et d'autre, le Verbe de vie, qui forme le sujet principal des deux compositions, est d'abord rapidement décrit (Joan.i, 1-5; I Joan. i, 1); ensuite, il est parlé tour à tour de sa manifestation liistorique (Joan. 1 , 6 -13 ; I Joan. i , 2) et de l'appropriation personnelle qu'en peuvent faire les chrétiens (Joan. I, 14-18; I Joan. i, 3-4).
1° Le sujet de la lettre. I, 1-2.
Chap, I. — 1-2. L'auteur parlera du Christ, en tnHt qu'il est le Verbe éternel, le Verbe de vie, qui s'est incarné pour le salut des hommes et manifesté ouvertement à ses apôtres. — Quod fuit..., quod... Phrase toute majestueuse, qui est suspendue à la fin du vers. 1, le vers. 2 formant une parenthèse; la construction est reprise au vers. 3. Le pronom quod (o), répété quatre fois d'une manière emphatique, est complété par les mots de verbo vitse. Le Verbe de vie, qui existait d« toute éternité, tel est donc le thème grandiose sur lequel saint Jean a eu des révélations spéciales, qu'il voudrait communiquer aux chrétiens d'Asie. Les cinq petites propositions parallèles du début, accumulées pour ainsi
dire l'une sur l'autre , vont du concept le plus abstrait, « ce qui a été dès le commencement », jusqu'au fait le plus matériel, « nos mains ont touché ». II y a gradation sous le rapport de l'expérience personnelle, devenue tout h fait complète et indiscutable : l'auteur propose son témoignage et celui des autres apôtres comme présentant les garanties les plus sérieuses. — Au lieu du prétérit, fait, il faudrait l'imparfait d'après le grec : o r^v, ce qui était, — Ab initio (à7r'ip)(Y)Ç, sans article, comme dans le passage parallèle Joan. i, 1 : èv àp"/r)). Dès le commencement du monde, bien avant l'Incarnation, le Verbe de vie existait donc déjà; de toute éternité il était auprès du Père, comme il sera dit au vers. 2''. Cf. ii, 13. On a dit très justement que la formule aTr'àp*/^;, moins précise que ev àp'/ji, ne désigne point par elle-même l'éternité; c'est le contexte qui détermine sa signification exacte. Plus bas, ii, 7 et m, 8, elle représente simplement le début de la vie chrétienne pour les lecteurs, et le commencement de l'existence du démon. Ici et au passage parallèle'ii, 13, il est vraiment question d'une duiée éternelle. — Quod audivimvs. De l'éternité, l'écrivain sacré nous ramène dans le temps, sur la scène du monde, après l'Incarnation du Verbe. Dans tout ce passage il emploie le pluriel, parce qu'il prend la parole au nom de tous les témoins oculaires du Christ , et spécialement des apôtres, dont il était le dernier survivant.
2. (car la vie a été manifestée, et nous l'avons vue, et nous en rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui nous est apparue) ;