‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 693 sur 873 · quod vidimus et audiviraus annun · texte numérisé non relu

quod vidimus et audiviraus annun

Plus bas, II, 1, 7, etc., 11 se sert du singulier. C'est de la bouche même de Jésus -Christ que les premiers disciples avaient entendu les paroles de la vie éternelle. — Qtiod vidimus (ltopâxa{JL£v). La vue fournit un témoignage plus fort que celui de l'ouïe, qui peut n'avoir pas été immédiat. Les mots oculis nostris mettent la pensée en relief. — Quod perspeximus (zOeaaàpiEÔa). Saint Jean insiste encore sur ce même fait. Le verbe ôeàaOai marque une contemplation attentive, intentionnelle, prolongée. — Manus contrectaverunt. Autre témoignage, qui dépasse à son tour celui de la vue. Chaque jour, durant la longue péi'iode de leur formation, les apôtres avaient pu toucher Notre-Seigneur, tant leurs rapports avec lui étaient intimes et familiers. Il est probable que ce passage fait allusion au trait raconté par saint Luc, xxiv, 39. Voyez aussi Joan. XX, 27. — De verbo (Ttepi toù Xdyou). Quelçues commentateurs donnent ici au mot Xoyoç Ga slgniflf-ation ordinaire de parole, et ils lui font représenter le message que Dieu a communiqué aux hommes par ses prophètes, puis t-urtout par son Fils et par les apôtres. Cf. Hebr. i, 1-2. Il s'agirait donc de l'évangile en général, et la formule « la parole de vie » se rapporterait à la révélation évangéllque, en tant que celle-ci proclame la vraie vie et la présente à l'humanité. Mais la suite de la phrase et la relation manifeste qui existe entre ce texte et Joan. i, 1, montrent jusqu'à l'évidence que le substantif X^yoç ne peut désigner en cet endroit que le Verbe personnel, le Fils éternel du Père, nommé « le Verbe de vie » parce qu'il possède la plénitude de la vie et qu'il la transmet à ceux qui vont la puiser en lui. Cf. Joan. I, 4. Tel est à bon droit le sentiment de la plupart des interprètes. Sur l'origine et le sens spécial de ce mot, voyez notre commentaire de Joan. I, 1. L'apôtre, ne se proposant pas, dans cet écrit, de donner un aperçu complet du Verbe, emploie à dessein la formule « quod... de vei'bo... », au lieu de dire : (Nous vous annonçons) le Verbe de vie, qui était dès le commencement, que nous avons entendu... — Et vita... (vers. 2). Tout ce verset forme une parenthèse, comme il a été dit plus haut. Selon sa fréquente coutume, saint Jean s'interrompt un instant, pour insérer une petite explication. Après avoir mentionné le Verbe de vie, il ajoute avec l'accent du triomphe que ce Verbe étemel, caché en Dieu durant toute l'éternité, s'est manifesté naguère aux hommes. — Vita , f| ^tdi^ : la vie par excellence , non pas à l'abstrait, mais au concret : le Verbe qui est personnellement et substantiellement la vie. Cf. v, 11, 12, 20. — Manifestata est (Içaveptoôrj, une des e?cpr€Ssions favorites de

saint Jean). Cette vie est devenue visible lorsque le Verbe s'est fait chair et a habité parmi nous (Joan. I, 14), dans la personne de Jésus de Nazareth. — Et vidimus, et.. , et... Trois petites propositions rapides, animées d'une joyeuse émotion. — Testamur (autre terme cher à saint Jean). Non contents de voir le Verbe de vie pour leur propre compte, les apôtres se sont faits ses courageux témoins; et par là même ses hérauts : et... annuntiamus.,. Quand on atteste une chose,

Prédicateurs chrétiens, (Fresque de Saint-Callixte.>

on pense surtout à sa vérité; lorsqu'on l'annonce, on a en vue l'intérêt des auditeurs. — Vitam seternam. Cet accusatif dépend des trois verbes qui précèdent. L'auteur revient sur les mots « vita manifestata est », pour les développer brièvement. La vie dont il a parlé, c'est la vie éternelle, c.-à-d. le Logos éternel. Elle est vraiment éternelle, puisqu'elle était {erat : autre imparfait expressif, qui dénote une durée sans fln) de toute éternité apud Patrem (Trpb; xov Tiarépa). Comp. Joan. i, 1-2, où le même fait est affirmé au sujet du Verbe divin. La conjonction Tipoç ne marque pas une simple juxtaposition , mais des rapports intimes. « Le Père », c'est le nom donné à Dieu lorsqu'il est considéré dans ses relations soit avec les hommes et avec le monde, soit surtout avec ton Fils. Saint Jean emploie souvent ce titre dans son évangile et dans ses épîtres. Voyez en particulier I Joan. I, 3; II, 1, 13, 15, 18; m, 1 ; iv, 14, etc.; II Joan. 3, 4, 9. — Apparuit... Le grec a de nouveau le verbe èqpavepcoQr), que la Vulgate a traduit au commencement du verset par « manifestata est ». — NoUs : à l'auteur, à ses collègues dans l'apostolat et aux premiers disciples.

tiamus vobis, ut et vos societatem habeatis nobiscura, et societas nostra sit cum Pâtre, et cum Fiiio ejus Jesu Christo.

4. Et hsec scribimiis vobis ut gaudeatis, et gaudiura vestrum sit plénum.

5. Et haec est annuntiatio quam audivimus ab eo, et annuntiarnus vobis :

Quoniara Deus lux est, et tenebrse in eo non sunt ullœ.

nous vous l'annonçons, afin que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous, et que notre communion soit avec le Père, et avec son Fils Jésus - Christ.

4. Et nous vous écrivons ces choses pour que vous soyez dans la joie, et que votre joie soit parfaite.

5. Or, le message que nous avons appris de lui, et que nous vous annonçons, est que Dieu est lumière, et qu'il n'y a point en lui de ténèbres.

2« But de la bonne nouvelle annoncée par saint Jean. I, 3-4.

3-4. L'apôtre se propose d'établir une communion étroite entre Dieu et ses lecteurs, de toile sorte que ceux-ci soient tout à fait et saintement heureux, — Quod vidimus... L'écrivain sacré reprend sa plirase momentanément interrompue. Il redit pour la troisième fois qu'il a vu ce qu'il annonce, et pour la seconde foie, qu'il l'a entendu. — Annuntiamus voUs. D'après la meilleure leçon du grec : Nous annonçons à vous aussi (xal ûjxïv); c.-à-d., à vous qui n'avez pas été témoins oculaires comme nous. D'après l'opinion qui a été signalée dans rintrod., p. 721 , cet « annuntiamus A^obis » se rapporterait beaucoup moins au contenu de l'épître qu'à celui du quatrième évangile, qu'elle accompagnait en guise de préface. — Ut et vos... Jean désire que, grâce à la possession de plus en plus complète de la foi, ses lecteurs soient unis par des liens très étroits avec les apôtres (nobismm), qui avaient formé la première communauté chrétienne, et avec lesquels il est nécessaire d'être en communion, n l'on veut faire partie du bercail du Christ. Cf. Eph.ii, 20 ;iv, 11-12, etc. — Et societas nostra : la société ainsi formée par les apôtres et les fidèles. — Cum Pâtre, et cum... Chaque chrétien est uni au Fils par l'intermédiaire de l'Église, et au Père par l'intermédiaire du Fils. — En ajoutant les mots Jesu Christo, l'auteur affirme solennellement que Jésus ne diffère pas du Verbe de vie, qui était de toute éternité auprès du Père. — Et hsec... (vers. 4). D'après la meilleure leçon du grec: « Et hsec scribimus nos » (au lieu de scribimus vobis). Le pronom riaetç serait dans ce cas très emphatique : Nous qui avons une autorité et une expérience incontestables pour vous écrire. — Ut... Ce sera le résultat final. La joie des chrétiens sera entière lorsqu'ils seront en communion parfaite, d'un côté avec Dieu et son Fils, de l'autre avec leurs frères. Le vrai bonheur ne saurait exister en d'autres conditions. Cf. Joan. XVII , 13, — Les mots gaudeatis et sont omis dans le grec et par de nombreux manuscrits de la Vulgate. — Gaudium vestrum. Au lieu de vjfJt-iov, de nombreux documents anciens ont ûawv, a nostrum ». Les deux leçons donnent un excellent sens. — Sit plénum (TieTiXripwfxsvr, ), L'expression « une joie remplie » (accomplie, parfaite) est propre à saint

Jean, Cf, Joan. m, 29; xv, 11 ; xvi, 24 ; xvii, 13; II Joan. 12.

Section I, — Dieu est lumièrb, I, 5 -II, 29.

§ I. — Puisque Dieu, est lumière, tout chrétien doit s'efforcer de vivre aussi en pleine lumière. I, 5- II, 11.

1» La thèse et deux de ses conséquences im« médiates, 1 , 5 - II , 2.

a Dès l'abord, la tendance de l'épître se caractérise comme étant essentiellement pratique. Après avoir offert en perspective h ses lecteurs le bonheur éternel dans la communion avec le Père et le Fils, l'auteur expose que cette communion implique... l'absence du péché. »

5. Le thème : Dieu est la lumière parfaite, sans mélange. — Et hsec est... C'est là une des formules favorites de saint Jean, Cf. m, 11, 23 ; v, 3, 11, 14 ; Joan. i, 19 ; m, 19; xv, 17; xvii, 3 ; II Joan, 6, L'apôtre reprend sa pensée du vers. 3, pour la développer : Nous vous annonçons ce que nous avons vu et entendu , pour vous unir étroitement à Dieu et à son Fils, et pour vous procurer un bonheur parfait ; or, voici le message spécial qui peut effectuer ce double résultat, — Annuntiatio, ayyeXta (ici seulement et III, 11). Telle est la vraie leçon, au lieu de èizocy^ekioi. , promesse, qu'on lit dans quelques manuscrits, — Quam audivimus. Ce que saint Jean va dire au sujet de la nature divine n'est p(«int le fait d'une découverte provenant des hommes; c'est une révélation venue du ciel. — Ab eo : de Jésus-Christ, le Fils du Père, qui a été le thème principal des lignes précédentes, et duquel les apôtres avaient reçu le message qu'ils devaient porter au monde. — Quoniam Deus lux est. Voilà l'abrégé du message en question. Parole profonde, dont nous pouvons rapprocher les deux suivantes, que nous tenons également de saint Jean : Dieu est amour (rv, 8, 16); Dieu est esprit (Joan. iv, 24). La forme de l'expression est à remarquer. L'apôtre ne dit pas : Dieu est la lumière (par excellence, to çwç); ou : Dieu est une lumière (entre mille autres); mais: Dieu et^t lumière. Il montre par là que la lumière n'est pas un attribut de Dieu, comme la justice, la miséricortie , etc, ; mais qu'elle forme son essence. Cf, Joan, i, 4, 5 et viii, 12, où la même image est employée à pro-

6. Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons , et nous ne pratiquons pas la vérité.

7. Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus -Christ son Fils nous purifie de tout péché.

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