‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 7 sur 873 · in quibus estis et vos vocati Jesu Christi · texte numérisé non relu

in quibus estis et vos vocati Jesu Christi

7. omnibus qui sunt Romse, dilectis Dei, vocatis sanctis. Gratia vobis et pax

4. qui a été prédestiné comme Fils de Dieu avec puissance, selon l'esprit de sainteté, par sa résurrection d'entre les morts; Jésus -Christ notre Seigneur,

5. par qui nous avons reçu la grâce et l'apostolat, pour faire obéir à la foi toutes les nations, en son nom;

6. au rang desquelles vous êtes aussi, ayant été appelés par Jésus- Christ :

7. à tous ceux qui sont à Rome, bien aimés de Dieu, appelés saints. Que la

débute l'évangile (cf. Matth. i, 1) et qui est démontrée officiellement par la généalogie du, Christ (Matth. i, 2-17; Luc. m, 23 et ss.). D'après l'Ancien Testament, le Messie devait être flls de David : cf. II Reg. vu, Ô et ss. ; Ps. cxxxii, 11; Jer. xxiii, 5, etc. — Qui factus est. Dans le grec : tou yevo[JL£vou, qui est devenu. Le pronom ei a été ajouté par la Vulgate.

— D'autre part, selon sa nature supérieure, il était vraiment Filius Dei (vers. 4), comme la voix céleste l'avait clairement affirmé (cf. Matth. III, 17; XV, 5), comme sa vie entière l'avait démontré , et comme le prouvent tous les livres du Nouveau Testament. — Prsedestinatus. La signification du grec (xoû opicrôévxoç) est plutôt : qui a été déterminé , marqué par des signes certains; par conséquent, démontré (saint Hilaire : « destinatus » ). Selon d'autres : établi, constitué. Jésus -Christ est le Fils de Dieu d'une manière indéniable. — In virtute (èv b\>vâ\ieO : avec puissance, par un acte éclatant de puissance. Co trait met aussi en relief la parfaite certitude des preuves qui démontrent la divinité du Sauveur. Cf. II Cor. xiii, 4. Au lieu de rattacher les mots « in virtute » au verbe « prsedestinatus est », comme nous venons de le faire à la suite de la plupart des interprètes, on peut les joindre directement à « Filius Dei », à la suite de divers commentateurs ; dans ce cas, ils équivaudraient à l'adjectif « potens » : Jésus -Christ a été établi Fils de Dieu toutpuissant. La locution secundum spiritum sanctiflcationis (plus exactement, d'après le grec : selon l'esprit de sainteté) est évidemment opposée à « secundum carnem » du vers. 3. Puisque cette dernière expression désignait la nature humaine du Christ, par les mots « secundum spiritum... » il faut entendi'e sa nature divine. L'esprit de sainteté n'est donc pas ici la troisième personne de la sainte Trinité; mais la divinité de Jésus, en tant qu'elle se confond avec l'infinie sainteté. Cette locution revient donc à dire : selon la divinité. Comp. I Tim. m, 16, où le mot 7rveu(xa, esprit, désigne pareillement la divinité de Notre- Seigneur. Voyez aussi Hebr. ix , 14; I Petr. m, 18. C'est donc à tort, croyons -nous, que plusieurs commentateurs anciens et modernes traduisent comme s'il y avait : Ainsi que l'Esprit -Saint l'avait prédit.

— Ex resurrectione. La préposition il signifie en cet endroit : en conséquence de, comme un résultat de. Le sens général est donc que le

grand prodige delà résurrection de Jésus-Christ accompli avec tant d'éclat et si parfaitement démontré, était une preuve irrécusable de sa divinité. — Jesu Christi, Domini... D'après le grec, ces noms devraient être à l'ablatif (« de Jesu Christo, Domino... »), car ils sont une apposition à « Filio suo » du vers. 3». — Accepimus (vers. 5). D'après le sentiment le plus probable, il ne s'agit que de saint Paul, malgré l'emploi du pluriel. — Gratiam et apostolatum. C- à - d., les hautes fonctions confiées par Dieu à ses apôtres et les grâces nécessaires pour les bien accomplir. On affaiblit la pensée, lorsqu'on traduit : la grâce de l'apostolat ; ou bien : l'apostolat envisagé comme un don gratuit. — Ad obediendum. Tel est le résultat du ministère apostolique : faire naître dans les coeurs la foi et l'obéissance réclamée par la foi. Cf. x, S; I Petr. I, 12. — In... gentibus. En effet, en vertu de ses anciennes promesses. Dieu appelait tous les peuples à la fol, et déjà saint Paul avait contribué pour sa grande part à la réalisation de ce plan divin. Cf. xv, 19'', etc. — Pro nomine... Ce qui revient à dii'e, d'après l'usage biblique : pour lui (le Christ), pour sa gloire. Le but final de l'apostolat est de faire connaître et aimer Jésus - Christ. — In quibus (parmi lesquels peuples, vers. 6). Après ces considérations générales, l'écrivain sacré arrive à ses lecteurs. — Vocati Jesu Christi : et par suite, appartenant au divin Maître. L'appel en question ne consiste pas seulement à avoir entendu la prédication évangélique, mais à avoir effectivement correspondu aux grâces divines dont elle était accompagnée. — Omnibus qui„., dilectis... (vers. 7). On peut traduire aussi : A tous les bien -aimés de Dieu qui sont h Rome. — Sanctis. Sur ce nom donné aux premiers chrétiens , voyez - Act. ix , 13; xxvi, 9, etc. — Gratia... et pax ("/apiç xa\ elp-/iVY)). Cette même formule se retrouve au début des épîtres suivantes : I Cor., II Cor., Gai., Eph., Phil., Col., I Thess., II Thess. et Philem. Elle combine de la façon la plus intéressante la salutation grecque ;^afp£iv, qui souhaite la joie, et celle des Hébreux, salôm, qui souhaite la paix. Le mot « grâce » représente ici toutes les faveurs divines réservées aux chrétiens; la paix, c.-à-d. la parfaite sécurité de l'âme, est le résultat de la grâce. — A Dca... et Domino... Ces deux précieuses bénédictions nous viennent simultanément de ,Dieu le Père et de son Fils Jésus-

Rom. I, 8-12.

grâce et la paix vous soient données par Dieu, notre Père, et par le Seigneur Jésus - Christ !

8. Eu premier lieu , je rends grâces à mon Dieu par Jésus -Christ pour vous tous , de ce que votre foi est renommée dans le monde entier.

9. Car le Dieu que je sers en mon esprit dans l'évangile de son Fils m'est témoin que je fais sans cesse mention de vous

10. dans mes prières, demandant continuellement que je puisse avoir enfin, par sa volonté, quelque voie favorable pour aller vers vous.

11. Car je désire vous voir, pour vous communiquer quelque grâce spirituelle, afin de vous affermir ;

12. c'est-à-dire afin que, chez vous, nous recevions une consolation mutuelle par la foi qui nous est commune, à vous et à moi.

a Deo, Pâtre nostro, et Domino Jesu Chris to.

8. Primum quidem gratias ago Deo meo per Jesum Christum pro omnibus vobis, quia fides vestra annuntiatur in universo mundo.

9. Testis enim mihi est Deus, cui servie in spiritu meo in evangelio Filii ejus, quod sine intermissione memoriam vestri facio

10. semper in orationibus meis obsecrans, si quo modo tandem aliquando prosperum iter habeam in voluntate Dei veniendi ad vos.

11. Desidero enim videre vos, ut aliquid impertiar vobis gratiae spiritualis, ad confirmandos vos ;

12. id est, simul consolari in vobis, per eam quae invicem est, fidem vestram atque meam.

Christ. Comme le remarquent quelques anciens docteurs grecs , la manière dont Notre - Seigneur est associé au Père dans cette formule et en d'autres semblables (cf. I Cor. i, 3 ; II Cor. i, 2 ; Eph. 1,2; Phil. i, 2, etc.) démontre à elle seule sa divinité.

2« Intérêt très vif que porte saint Paul à l'évangéllsation de plus en plus complète de l'Église de Rome. I, 8-15.

8. Excellente renommée dont jouissaient partout les chrétiens de Rome. — Gratias ago. . . De nombreuses épîtres de saint Paul débutent par cette action de grâces à Dieu. Cf. I Cor. i, 4 ; Eph. I, 16; Phil. i, 3; Col. i, 3; I Thess. i, 2, etc. L'apôtre des Gentils emploie volontiers aussi l'expression « mon Dieu » ( Deo meo ) : le Dieu dont 11 avait reçu tant de bienfaits et auquel il s'était entièrement consacré. Cf. I Cor. 1, 4; II Cor. xii, 21; Phil. i, 3 et rv, 19, etc.

— Per Jesum. C'est par ce tout -puissant médiateur (« velut per pontiflcem magnum »,Origèno) que Paul voulait faire parvenir à Dieu son action de grâces et sa prière. Cf. viii, ;i4.

— Motif de cette action de grâces : quia fides vestra... Leur foi soit théorique, soit pratique, était partout proclamée, vantée, « comme une chose de notoriété publique ». — In universo... : dans tout l'empire romain. Cf. Act. xi, 28; xvii, 6; Col. I, 6, etc. L'Église de Rome était alors très florissante.

9 - 15.' Saint Paul désire ardemment les visiter, pour leur faire part à eux aussi des grâces célestes. — Testis... mihi... Il fait souvent appel au témoignage divin dans ses écrits. Cf. II Cor. I, fS; XI, 31; xii, 19; Gai. i, 20; Phil. i, 8, etc. Peut-être avait-il contracté cette habitude à cause des calomnies fréquentes dont il était l'objet de la part de ses adversaires. — Cui servio. . . Le grec Xarpejo) signifie : J'adore. — In spiritu meo. Ccà«d., de tonte mou ûme, par toutes mes fa-

cultés intérieures. — In evangelio Filii... L'évangile que Jésus -Christ avait apporté au monde et dont il est lui-même le centre était en quelque sorte le théâtre et l'activité des efforts réitérés de saint Paul. — Sine intermissione memoriam... Les détails du chap. xvi nous montreront à quel point ce trait était exact. — Obsecrans si... (vers. 10). Point spécial sur lequel l'apôtre insistait dans ses prières. Il y a là un compliment très délicat pour les chrétiens de Rome. Le livre des Actes, xix, 21, nous apprend l'ardent désir que saint Paul éprouvait depuis longtemps d'aller à Rome. — Prosperum lier. En écrivant ces mots, il ne se doutait guère des terribles obstacles qu'il aurait à traverser avant de pénétrer dans la capitale de l'empire. Cf. Act. xxi, 17-xxviir, 31. — In voluntate Dei. Restriction tout apostolique : le désir de Paul était entièrement soumis à la volonté divine. — Ut... impertiar... (vers. 11). Motif pour lequel il souhaitait si ardemment d'aller à Rome. — Aliquid... gratiœ spiritualis (tt ^àpta-[j.x •7rv£U[xaTcx6v ). Le substantif Xaptcj[xa n'est pas pris ici dans le sens spécial qu'il a dans la première épître aux Corinthiens, où 11 représente des dons miraculeux, tels que la prophétie, le don des langues, etc.; il désigne d'une manière générale a un accroissement de foi, d'amour et de vie chrétienne ». Paul espérait être pour les Romains une source abondante de bénédictions spirituelles : ad confirmandos... — Id est, simul... (vers. 12). Autre trait d'une grande délicatesse et d'un tact parfait. L'apôtre se reprend, comme s'il avait parlé trop avantageusement de lui-même. Se mettant en quelque sorte au niveau de ses lecteurs, il affirme qu'il aura lui aussi beaucoup à gagner de ses relations avec l'Église de Rome. — Per eam quse invicem... C.-à-d., par les manifestations réciproques de notre foi. — Nolo... vos

Rom. I, 13-17.

1 3. Nolo autem vos ignorare , f ratres , quia ssepe proposai veiiire ad vos, et prohibitus sum usque adhuc, ut aliquem fructum iiabeam et in vobis, sicut et in ceteris gentibus.

14. Grœcis ac Barbaris, sapientibus et insipientibus debitor sum.

15. Ita, quod in me, promptum est et vobis, qui Romse estis, evangelizare.

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