‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 700 sur 873 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

1. Vo^'^ez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appe-

1. Videte qualem caritatem dédit nobis Pater, ut filii Dei nominemur et

VI, 45 ; Hebr. viii, 11. Saint Augustin commente a Imirablement ce passage : « Sonus verborum nostrorum aures percutit ; magister intus est, nolite putare quemquam hominem aliquld discere ab homine. Admonere possumus per strepitum vocis nostrse; si non sit Intus qui doceat, inanis fit strepitus noster. .. Magisteria forinsecus adjutoria quaedam sunt et admonitiones ; cathedram in caelo habet qui corda docet. » Voyez aussi Jer. xxxi, 34 et le commentaire. — Unctio ejus docet... L'Esprit divin communique à tout instant aux fidèles de nouvelles lumières intérieurcB, pour compléter leur instruction chrétienne et les préserver de l'erreur. — Et verum... et non... Assertion tour à tour positive et négatlv'e, à la manière de notre auteur. Voyez i, 5, etc. — Et sicat docuit... Cet enseignement de l'Esprit de Dieu est mentionné c omme un fait tout ensemble présent et passé; il est donc perpétuel. — Manete in eo. C.-à-d. : Demeurez dans ce que vous a appris la divine onction. MIchx peut-être, d'après le vers. 28« : Demeurez en Jésus-Christ. — Et nunc... (vers. 28). L'apôtre insiste sur son exhortation pratique. — Cum apparuerit. Plus haut, i, 2'', ce verbe désignait le premier avènement du Sauveur (cf. ni, 5, S»», etc.); il s'agit ici du second, à la fin du monde. — Fiduciam : TirappYjatav, de l'assurance pour « tout dire », selon la force entière du mot grec. Nous serons alors en face de noti'e souverain juge, auquel nous devrons rendre compte de nos œuvres. Cf. iv, 17; Rom. xiv, 12, etc. — Non confundamur... : comme des coupables qui ne peuvent trouver aucune excuse. Cf. II Thess. 1,9. — In adventu... Saint Jean n'emploie qu'en cet endroit le substantif izapo'jaia., présence, qui désigne si souvent ailleurs dans le Nouveau Testament le second avènement du Christ. Cf. Matth. XXIV, 3, 27, 37, 39; I Cor. xv, 23; I Thess. II, 19 ; m, 13, etc. — Si scitis (vers. 29). C.-à-d. : Puisque vous savez. — Quoniam justus...

Comment. — VIII.

Cette assertion de l'apôtre peut se rapporter aussi bien à Jésus-Christ qu'à Diru le Père, et les exégètes se partagent entre les deux opinions. Saint Augustin les adopte simultanément. Le Vén. Bède est pour la première, qui est peutêtre la meilleure, puisqu'il est directement question de Jésus -Christ dans la phrase qui précède. Il est vrai que le trait « ex ipso natus est », à la fin du verset, surtout si on le rapproche de III, 1, semblerait plutôt désigner le Père. — Scitote. Dans le grec, avec une nuance : Si vous savez (èàv elôriTs)..., connaissiez (ytvco- (TXETs)... Il y a deux expressions différentes. On sait d'une science absolue que Dieu (ou Jésus- Christ) est juste; pai ^ant de là, on arrive à connaître, au moyen de l'observation et de l'expérience, l'autre fait indiqué par l'apôtre : omnis qui facit..., ex ipso-.. Dès lors qu'on voit quelqu'un pratiquer habituellement la justice , on peut être sûr qu'il est né de Dieu ou du Christ, car, en dehors de Dieu, il n'y a pas de sainteté. — Natus est : yeyévvriTat, Il a été engendré. De même plus bas", iii, 9^; iv, 7; v, i, etc.

Section IL — Dieu est amour. IIT, 1-V, 12.

Telle est vraiment la note dominante de cette autre partie de l'épitre, où le mot amour est employé seize fols, le verbe aimer vingt -cinq fois et l'adjectif aimé six fois.

§ I, — Les enfants de Dieu et leurs marques distinctives. III, 1-24.

Ce qui les rend reconnaissables aux yeux de tous, c'est d'une part la sainteté, de l'autre la charité fraternelle.

l" Les enfants de Dieu et les enfants du diable. III, 1-12.

Chap. III. — 1-3. Ce qu'enseigne le beau titre de fils de Dieu dans le présent et dans l'avenir,

simus. Propter hoc mimdus non novit nos, quia non novit eiim.

2. Carissimi, nunc filii Dei sumus ; et nondum apparuit quid eriraus, Scimus quoniam cum apparuerit, similes ei erimus, quoniam videbimus eum sicuti est.

3. Et omnis qui habet hanc spem in eo, sanctilicat se, sicut et ille sanctus est.

lés enfants de Dieu et que nous le soyons m effet. Si le monde ne nous connaît point, c'est parce qu'il ne l'a pas connu.

2. Bien -aimés, nous sommes dès maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n'a pas encore été manifesté. Nous savons que, lorsque ce sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est.

3, Et quiconque a cette espérance en lui, se sanctifie, comme il est saint lui* même.

— Vidite. L'apôtre a signalé une vérité consolante : Quiconque pratique la justice est engendré de Dieu (ii, 29''). Il invite ses lecteurs à la contempler un instant avec lui dans le détail. — Qualem caritatem. L'adjectif TiotanY[V (de quelle sorte) suppose toujours quelque chose d'étonnant. — L'expression dédit 7iobis est remarquable. Non content de manifester son amour aux chrétiens, Dieu le leur donne comme un bien propre; et cet amour est celui d'un père i Pater; à Trar/jp, avec l'article: le Père par antonomase). — Ut (i'va, afin que, dans l'intention que) fllii... Résultat merveilleux de l'amour de Dieu pour nous ; il fait de nous des enfants d'adoption. Saint Jean aurait pu dire : « ut filii ejus... »; en disant fllii Dei, il met davantage en relief la noblesse du titre d'enfants de Dieu. — Nominemur et simus. Il y a gradation dans l'expression. Ce beau nom donné aux chrétiens correspond entièrement h la réalité. « Ec nous le sommes *, affirme le grec avec plus d'énergie encore. — Propter hoc... Après avoir parlé du monde comme d'une puissance tout à fait hostile à Dieu et avec laquelle le vrai chrétienne doit entretenir aucun rapport, saint Jean montre à ses lecteurs quelle est l'attitude du monde pervers à leur égard : il ne les connaît même pas, 11 ne comprend ni leur caractère, ni leurs principes : non novit... Cela n'est pas étonnant, puisque le monde ignore Dieu lui-même, à la nature duquel les croyants participent : qiiia non novit... On conçoit que la conduite des chrétiens soit une énigme pour ceux qui ne se rendent pas compte de leur filiation divine et des principes surnaturels qui les dirigent. — Nunc... sumus (vers. 2). L'adverbe est accentué : Oui , dès à présent nous sommes enfants de Dieu, et maintenant même Dieu a pour nous l'amour d'un père. — Toutefois, les conditions actuelles de notre existence ne pei*mettent pas h notre filiation divine de paraître au grand jour; c'est pourquoi l'apôtre ajoute: et nondum apparuit (mieux : « manifestatum est»)... — Quid erimus: ce que nous serons dans le ciel, dans notre futur état de gloire, en tant que fils de Dieu. — Saint Jean s'arrête un instant sur cette « perspective réjouissante » d'avenir: Scimus quoniam... Nous savons cela, grâce à la connaissance que nous avons de notre glorieux privilège. — Cum apparuerit (« mani-

festatum fnerit ») : à savoir, ce que nous serons. Quelques commentateurs supposent que le sujet du verbe serait ici le Christ, comme plus haut à deux reprises (cf. i, 2 et ii, 28). Mais cela n'est pas vraisemblable ; il faudrait faire violence au texte pour donner au même verbe deux sujets différents dans la même ligne. — Similes ei... Semblables h Dieu notre père, autant que le permettra la distance qui le sépare de nous. Dès la création. Dieu a fait l'homme à son image (cf. Gen. i, 26-27); mais cette ressemblance est peu de chose , à côté de celle que nous posséderons avec lui dans le ciel. — Qxtoniam videbimus... L'expression est légèrement ambiguë, car elle peut signifier que notre ressemblance avec Dieu sera ou la conséquence, ou la condition nécessaire de la vision béatittque. Nous verrons Dieu, et en le contemplant nous deviendi'ons semblables à lui ; ou bien : Nous verrons Dieu, et pour cela nous devons lui être semblables. Les deux pensées sont vraies en même temps, et peut-être l'apôtre ne les a-t-il pas séparées l'une de l'autre. La première interprétation est probablement la meilleure : « ex aspectu similitudo, » Les Pères grecs, parlant de cette transformation merveilleuse du chrétien dans l'autre vie, ne craignent pas d'employer l'expression ôsouoteïaôxt , être déifié (saint Athanase, de Inc. Verb., iv, 22, etc.). — Videbiinus... sicuti est : parce que nous le contemplerons dans son essence même. Cf. Ps. xv, 11 et XVI, 15; Matth. V, 8; I Cor. xiir, 12; Apoc. xxiT, 4, etc., et aussi saint Thomas d'Aquin , Summa theol, 5'wppL, q. xcii, a. 1. — Et omnis... (vers. 4). Conclusion pratique de la grande et noble espérance qui vient d'être donnée aux lecteurs : quiconque a la confiance de devenir semblable à Dieu doit s'efforcer de réaliser cette ressemblance dès ici -bas. — Spem in eo (en Dieu). C'est le seul endroit où saint Jean pat le de la vertu d'espérance. — Sanctiflcat se : cifvi^ei éavx6v,iï se purifie. L'idée est peut-être empruntée aux purifications traditionnelles do l'ancienne alliance. — Sicut et ille... Comme Dieu lui-même ; ou, comme le Christ, que notre auteur désigne plusieurs fois dans cette épître par le pronom èxeîvoç (voyez ii, 6 et le commentaire). 4-9. Le vrai caractère des enfants de Dieu consiste négativement à éviter le péché. L'apôtre insiste sur cette pensée, qui se rattache à celle

4. Quiconque commet le péché, commet aussi une violation de la loi ; le péché est la violation de la loi.

5. Vous savez que Jésus a paru pour enlever nos péchés, et qu'il n'y a point de péché en lui.

6. Quiconque demeure en lui ne pèche pas ; et quiconque pèche ne l'a pas vu et ne l'a pas connu.

7. Mes petits enfants, que personne ne vous séduise. Celui qui pratique la justice est juste, comme lui-même est juste.

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