Ne vous étonnez pas, frères, si le monde vous hait
en vertu môme du principe vital qui les anime, c.-à-d., par suite de leur filiation divine. — Peccatum non.,., quoniam... Le premier fait, et son motif. Le germe (crTcéptjLa, Vulg. semen) de la vie nouvelle que Dieu a mis dans Fes fils d'adoption demeure en eux, se développe et produit des fruits, tout d'abord la haine du péché. — Et non potest..., çwoniam.. Impossibilité morale de p'cher, aussi longtemps qu'on est vraiment fils de Dieu. Il est évident que la réflexion de l'apôtre ne concerne pas les fautes de surprise et de fragilité, qu'il a déclarées plus haut (cf. I, 8-10; ir, 1-2) nécessaires en quelque sorte; elle concerne les péchés volontaires et l'habitude du péché.
10-12. Ce qui caractérise extérieurement les enfants de Dieu d'une manière positive, c'est d'un côté la justice, et de l'autre l'amour fraterneL — In hoc : dans les deux circonstances qui vont être indiquées. — Manifesti sunt... Le? chrétiens, ces vrais flls de Dieu, portent dans l'ensemble et dans les détails de leur conduite des marques caractéristiques, qui révèlent leur nature à tous les yeux. Il en est de môme des fiUi âiaboli , désignés équivalemment au vers. 8 par l'expression « ex diabolo est ». — Qui non estjustus. 11 faut lire, d'après ia meilleure leçon du grec : Quiconque ne fait pas la justice. Voj'ez le vers. 7 et ii, 29. — Non est ex Deo. Cette conclusion découle nécessairement de la petife exposition contenue dans les vers. 7-9. -- Et qvi non diUgit... C'est la seconde marque. Comp. Il, 10 et 11, où il a été dit que haïr son frère, c'est marcher dans une sphère ténébreuse, où l'on vit entièrement séparé de Dieu. D'ailleurs, saint Jean donne ici môme une autre preuve de son assertion : quoniim hœc est... (vers. 11). Le précepte distinctif du clirlttlani8m3 est celui de
l'amour fraternel (voyez ii, 7 et le commentaire) ; en l'accomplissant, on montre que l'on est en communion avec Dieu et son Fils, qu'on est soi -môme enfant de Dieu. — Anvnritiatio ; àyycXîa , le me-sage. Cf. i, 5. — Non sicut... (vers. 12). La construction est elliptique et irrégulière. Après avoir cité le principal idéal do l'évangile, saint Jean remonte, par mode d'antithèse, au premier péché grave qui ait été signa'é dans la Bible après la chute d'Adam. Cf. Gen. IV, 1 et ss. Ce fut un crime horrible, directement opposé à l'amour fraternel. Il y est également fait allusion Hebr. xi , 4 ; xii , 24 ; Judse, 11. — Les mots qui ex maligno (-.y. toO itovr,poO).., rnmènent l'attentat à sa véritable cause : Caïn était en relation intime avec le démon. Comp. le vers. 8. — Et profiter quid...? l'ar cette question abrupte, l'apôtre veut .ittirer l'att*ntion des lecteurs sur ce fait, que le fratricide de Caïn eut en réalité pour cause la haine do la sainteté qu'il voyait briller dans les œuvres d'Abel. — Occidit. Le verbe grec i'aça- ^£v signifie à la lettre: il égoi-gea. — Quoniam opéra... Le récit de la Genèse, iv, 5 et ss., suppose i\ne diflférence essentielle entre la conduite de Caïn et celle d'Abel, puisque Dieu agréa les sacrifices de celui-ci et rejeta ceux de son frère.
2° La haine du monde envers les chrétiens, et l'amour fraternel. III, 13-24.
13- 15. L'amour et la halne.^ — Nolite mirari. Cette formule revient plusieurs fois dans le quatrième évangile. Cf. Joan. m, 7; v, 28. — L'apostrophe fratres n'est pas employée ailleurs dans l'épître; elle a été suggérée par le iujet, puisqu'il s'agit de l'amour des frères. — Si odit vos. . La haine de Caïn pour A bel rappelle à l'apôtre que le monde est animé d'une Iiaine très vive à l'égard des chrétiens (comp. le vers. 1*»:
14. Nous, nous savons que nous sommes passés de la mort ù, la vie, parce que nous aimons nos frères. Celui qui n'aime pas demeure dans la mort.
15. Quiconque hait son frère est un homicide ; et vous savez qu'aucun homicide n'a la vie éternelle demeurant en lui.
16. A ceci nous avons connu l'amour de Dieu : c'est qu'il a donné sa vie pour nous ; et nous devons aussi donner notre vie pour nos frères.
17. Si quelqu'un possède les biens de ce monde, et que, voyant son frère dans *
14. Nos scimus quoniam translati sumus de morte ad vitam, quoniam diligimus fratres. Qui non diligit, manet in morte.
15. Oninis qui odit fratrem suum, homicida est ; et scitis quoniam omnis homicida non habet vitam seternara in semetipso manentem.
16. In hoc cognovimus caritatem Dei, quoniam ille animam suam pro nobis ])osuit ; et nos debemus pro f ratribus animas ponere.
17. Q;ii habuerit substantiam hujus mundi, et viJcrit 'fratrem suum neces-
la pensée est en progrès Ici) , et il leur présente ce fait comme une chose toute naturelle. — En face de cette haine il contemple avec joie, dans les rangs des chrétiens, le saint amour fraternel , qui est le signe de la vie nouvelle qu'ils ont reçue de Dieu : Nos (pronom emphatique : Nous en tant que nous contrastons avec le monde) scimus,.. (vers. 14). Les fidèles savent, grâce à la lumière de la fol, qu'ils possèdent la vraie vie, après avoir été plongés dans la mort morale.
— L'expression translati... de morte ad... est remarquable. Cf. Joan. v, 24. La vie et la mort sont envisagées comme deux domaines opposés l'un à l'autre , qui se disputent la pos?ession des hommes. Par les mérites de Jésus- Christ, les chrétiens ont eu le bonheur de quitter le royaume de la mort, pour passer dans celui de la vie, puisque d'enfants du diable ils sont devenus les enfants de Dieu. — Quoniam diligimus... Ce second « quoniam » ( oti ) est subordonné au premier : Nous savons que... parce que... La pratique de la charité fraternelle démontre d'une manière Infaillible au disciple du Christ qu'il a été transpoité dans la sphère de la vie. — Qui non diligit (les mots tov àSeXçbv aÙToO , son frère, ajoutés par quelques manuscrits, ne sont pas authentiques), manet... Contraste. L'apôtre ne dit pas qu'un tel chrétien passe de la vie à la mort, mais qu'il demeure dans la mort; celle-ci est pour lui un état naturel. — Qui odit... (vers. 15). Malheureusement, ce cas peut se présenter même entre chrétiens. Cf. ii, 9 et 11. — Homicida est. Comp. Joan. viii, 44, où C3 nom est donné aussi au démon. C'est encore l'exemple de Caïn qui Inspire cette réflexion à l'écrivain sacré. Celui qui hait son frère peut être considéré comme un homicide, en ce sens que ses pensées et sr-s désirs le portent à souhaiter la mort du prochain, et qu'il suffirait d'un moment de passion, d'une occasion, pour consommer l'acto extérieur. Comparez le mot de Sénèque : « Latro es, antequam Inquines uianum, » et cette parole de ?aiut Jérôme, Episl. 62: « Quem odit quis, periisse cupit. » Voyez aussi Mattb. V, 21 et ss., 27-28, où Jésus Christ traire certains actes intérieurs (la colère, la convoitise mauvaise) comme des faits réalisés au dehors.
— Et scitis quoniam .. C'est, en effet, une chose
évidente pour toute conscience humaine que le meurtre est un péché d'une gravité exceptionnelle : or, quiconque enlève à son frère la vie physique, qui est le plus grand des biens terrestres, perd le droit de posséder la vie éternelle. Cf. Rom. I, 29 etss.; Gai. v, 21 ; Apoc. xxi, 8. Les mots vitam seternam ne se rapportent pas en cet endroit au bonheur du ciel, puisque saint Jean parle d'un bien dont on peut jouir dèa Ici-bas (non habet... manentem) ; ils représentent la vie de la grâce, qui nous fait enfants de Dieu, et que l'on peut perdre en commettant des fautes graves. Cf. Joan. v, 24.
16- 18. De quelle manière se maniieste l'amour fraternel. L'apôtre cite tour à tour un exemple divin ù imiter, vei's. 16, et un exemple humain à éviter, vers. 17; puis, vers. 18, il recommande la pratique d'une charité active et sincère. — Cognovimus ( lyvcoxafjLsv ) : nous sommes parvenus à la connaissance, d'une manière expérimenta'e. — Caritatem Dei. Dans le grec, on lit seulement : (Nous connaissons) l'amour, Tr,v àyauriv : c.-à-d., la nature du véritable amour. — Quoniam ille (èxsîvoç) : Jésus-Christ, « l'archétype de l'amour qui s'immole, comme Caïn est l'archétype de la haine qui est cause que l'on tue son frère. » — Animam... posait. Locution propre à saint Jean. Cf. Joan. x, 11, 15, 17 etss.; xiii, 37 et es.; xv, 33 (dans le texte grec). Elle relève le caiactèro spontané du sacrifice de Jésus, qui, de lui-même, a livré s.i vie comme une rançon pour notre salut (pro notiis). Cf. Il, 2; Rom. v, 8, etc. — Et vos debemus... Conséquence pratique que nous devons tirer de ce généreux exemple du Christ. L'amour fraternel exige parfois ce sacrifice suprême. — Qui habuerit... (vers. n). De l'exemple héroïque du Sauveur, saint Jean passe à un genre de faits plus ordinaires, plus abordables â tous, et dont on peut dire qu'ils sont la pierre de touche habituelle de l'amour entre chrétiens. « SI nondum idoneus es mori pro fratre, jam Idoneus esto dare de tuls facultatibus. » (saint Aug.). — Subs'antiam... mundi. Dans le grec: TOV ptov Toû xocfxoO , « facultatcs mundi, » comme traduit fort bien sdnt Augustin : les moyen? de subsistance, les biens qui nous aident à soutenir notre vie en ce monde. Voyez ii, 16
sitatem habere, et clauserit viscera sua ab eo, quomodo caritas Dei manet in eo?
18. Filioli mei, non diligaraus verbo, neque lingua, sed opère et veritate.
19. In hoc cognoscimus quoniam ex veritate sumus, et in conspectu ejus suadebimus corda nostra.
20. Quoniam si reprehenderit nos cor nostrum, major est Deus corde nostro, et novit omnia.
le besoin, il lui ferme ses entrailles, comment l'amour de Dieu demeure-t-il en lui ?
18. Mes petits enfants, n'aimons pas en paroles ni avec la langue, mais par les actes et en vérité.
19. Par là nous connaîtrons que nous sommes de la vérité, et rassurerons nos cœurs en sa présence ;
20. car, si notre cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses.
et le cominentaire. — Et viderit. Le vcrbo Oewp'/j suppose une contemplation attentive, prolongée. Il s'agit donc d'un besoin bien constaté. — Neccssitatem habere : être dans la nécessité ; « esurientera, cgentera » (saint Aug.). — Et olaïAserit viscera. . Locution énergique. Dans la
Dn pauvre deiuamlant l'aumône.
( D'après une pierre gravée.)
Bible, les entrailles sont souvent regardées comme l'organe de l'affection, de la pitié. Cf. III RcR. III, 26; Jer. xxxi, 20; Phil. i, 8 et II, 1; Pliilem. 7, 12, etc. Les fermer, c'est « interposer une barrière entre celui qui soLffre et les sentiments de' tendresse » qu'on devrait éprouver pour lui. Cf. Ps. lxxvi, 10^ — Quomodo...? Le tour interrogatif met la pensée en relief. Conp. le vers. 12. — Caritas Dei. G. à-d., l'amour pour Dieu. Au lieu de ces mots nous attendions plutôt : L'amour des frères. Mais lec deux expressions s'équivalent ici, puisqu'on ne saurait- aimer Dieu sans aimer également ses frères. Cf. iv, 12'', 20, etc. — Manet in eo : comme un principe toujours actif. — Filioli (vers. 18). L'apôtre Interpelle affectueusement SCS lecteurs, toutes les fois qu'il veut rendre son exhortation plus pressante. — Non... verbo, neque lingua. C.-à-d., pas seulement en théorie et en paroles. Les deux expressions sont synonymes : par la parole et par son organe. — Sed opère : par oppo.^itlon aux simples paroles. Et veritate: par opposition aux fausses protestationc d'amitié. Cf. Jac. II, 16, etc.
19-24. L'amour sincère et actif produit dans l'âme la confiance et la sérénité devant Dieu.
— In hoc. Ici, cette formule nous ramène en arrière, au lieu de nous porter en avant; elle représente donc la pratique du véritable amour fraternel. — Cognoscimus. Ce verbe est au futur dans le grec, d'après les plus anciens manuscrits : la connaissance en question ne sera acquise que si la condition indiquée est remplie.
— Quoniam ex veritate... Être de la vérité, c'est tirer d'elle le principe de notre vie spirituelle. Comme la vérité par excellence (il y a l'article dans le grec) se confond avec Dieu, en cet endroit cette formule est synonyme de « ex Deo esse ». Cf. n, 16^ — In conspectu ejus (c.-à-d., en présence de Dieu) svAidebimv.s... Le verbe Tretadp-ev doit être pris dans sa signification normale de persuader ; il n'a pas directetement celle de rassurer, tranquilliser, que préféreraient ici quelques interprètes. — Corda nostra. Le coeur dé>igne la conscience dans tout ce passage. Cf. Rom. it, 15; Eph. i, 18. Le point que l'on met à la fin du vers. 19 dans nos éditions de la Vulg. est tout à fait inutile , et plutôt gênant pour l'interprétation. Il ne faudrait aucune ponctuation , car le vers. 20 se rattache d'une manière très immédiate à « suadebimus »: Nous persuaderons à nos cœurs que, si notre cœur no'JS fait des reproches, Dieu est plus grand que notre cœur. Ou bien, si nous lisons 0 Ti en deux mots, au lieu de ôxt (quoniam) : Nous persuaderons à nos cœurs, en quelque chose que notre cœur nous fasse des reproches, que Dieu est plus grand... Les mots « en présence de Dieu », placés en avant pour accentuer la pensée, montrent qu'il s'agit d'une persuasion loyale et légitime, puisqu'elle a lieu sous le divin regard. — Si reprehenderit... Le gi'ec xaTayiv{o(7'/.a) a plutôt le sens de condamner. L'auteur veut parler d'un jug ment sevèie porté par notre conscience, à propos de l'ensemble de notre conduite. — Major... Deus corde... Cela revient à dire que Dieu est un ]uge beaucoup plus parfait que notre cœur, que ses jugements ont une valeur infiniment supérieure à ceux de notre conscience. Il peut donc contrôler celle-ci, lorsqu'elle nous accuse, et la suite du texte suppose que ce contrôle est fait avec indulgence, de telle sorte qu'il calme nos doutes et nos craintes au sujet de notre culpabilité. — Le trait et novit omnia complète la pensée. Dieu
I JoAN. m, 21-24.
21. Bien -aimés, si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de l'assurance devant Dieu ;
22. et quoi que nous demandions, nous ]e recevrons dé lui, parce que nous gardons ses commandements, et que nous faisons ce qui lui est agréable.
23. Et voici son commandement : que nous croyions au nom de son Fils Jésus- Christ, et que nous i?<»us aimions les uns les autres, comnT 1 nous l'a commandé.
24. Celui qui garde ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui ; et nous connaissons qu'il demeure en aous, par l'Esprit qu'il nous a donné.
21. Carissimi, si cor nostrum non reprelienderit nos,liduciam habemus ad Deum ;
22. et quidquid petierimus. accipieraus ab eo, quoniam mandata ejus custodimus, et ea quse sunt placita coram eo facimus.
23. Et hoc est raandatnm ejus, ut credamus in nomine Filii ejus Jesu Christi,et diligamus alterutrum, sicut dédit mandatum nobis.
24. Et qui servat mandata ejus, in illo manet, et ipse in eo ; et in hoc scimus quoniam manet in nobis de Spiritu quem dédit nobis.
sait tout, et c'est précisément à cause de sa science parfaite qu'il est, à la manière qui vient el'être indiquée , « plus grand que notre cœur. » Il connaît exactement l'étendue de nos fautes, comme aussi la réalité de notre repentir, et tout spécialement la sincérité de notre amour pour nos frères, qui le remplira d'indulgence à notre éf'ird. — Carissimi... Argument « à fortiori » (v^ . 21 et 22). Si nous avons parfois le droit de rassurer notre conscience lorsqu'elle nous adresse des reproches légitimes, à plus forte raison pouvons -nous être pleins de confiance devant Dieu lorsqu'elle ne nous en fait aucun. La condition implicite est toujours la même ; pour cela, il faut que l'on soit fidèle au précepte de la charité fraternelle. Comp. le vers. 23. — Fiduciam habemus. A la lettre, d'après le grec: Nous avons l'assurance de tout dire (Ttappvjcrt'av). Voyez II, 28^ et les notes. Dans nos prières, rien n'arrête l'exposé de nos besoins; nous sommes libres avec Dieu comme des enfants avec leur père, nous sentant parfaitement en règle avec lui. — Le pronom quidquid petierimus, accLpiemus... (au présent dans le gi'ec : Nous recevons) est absolu, comme dans les passages analogues Matth. vu, 7; Joan. xiv, 13-14, etc. — Quoniam mandata.... Raison pour laquelle nos prières sont toujours exaucées : Dieu récompense volontiers notre loyale fidélité. Cf. Prov. XV, 29; Joan. ix, 31, etc. Quoique l'expression soit générale, saint Jean a encore spécialement en vue la pratique de la charité fraternelle. — La proposition et ea quse... placita... (peut-être un écho de Joan. vui, 29) ajoute quelque chose à la précédente , car elle exprime un motif spécial, très relevé, qui nous pousse à obéir : on désire avant
tout plaire à Dieu, et on lui obéit avec amour. — Et hoc est... (vers. 2?). De nouveau (conip. II, 6 et ss.), l'apôtre donne un abrégé des commandements divins : il les ramène h un précepte unique (mandatum : -i] èvxoX-/^ , le cotumandement par excellence) qui se dédouble aussitôt : ut credamus... et diligamus .. Croire en Jésus- Christ et aimer ses frères, voilà donc tout le christianisme. — In nomine... L'expression croire au nom de Jésus signifie : regarder comme vrai tout ce que la prédication évangélique atteste au sujet de ce nom sacré. Comme on l'a dit, le nom complet Filii ejus Jesu... est ici « un Credo abrégé ». — Sicut dédit... Voyez le vers. 11 et II, 7. — Et qui servat... (vers. 21). Le résultat auquel aboutit la parfaite obéissance à la loi divine, c'est l'union étroite et perpétuelle de Dieu et du chrétien, du Père et de l'enfant : in illo manet, et ipse... Cf. ii, 24, etc. « Sit ergo tlbi domus Deus, et esto domus Dei ; mane in Deo, ut maneat in te Deus » (Vén. Bcde, h. h). — Et in hoc..., de Spiritu. . Nous avons un moyen certain de nous assurer de cette divine présence: il consiste dans l'Esprit -Siiitit, que Dieu donne à tous les chrétiens comme un gage de leur vie nouvelle. Cf. Rom. viii, 9, 11, 16; II Cor. i, 22. En (fCt't, le Saint-Esprit produit en nous tout ce que nous avons de bon, et en particulier l'amour fraternel ; si donc nous sentons que nous aimons nos frères , c'est un signe que nous somme-* guidés par lui , et aussi que Dieu daigne nous demeurer uni (quoniam manet...). Les trois personnes de la Trinité soi c mentionnées ensemble dans ce passage de la manière la plus explicite.