‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 713 sur 873 · Car l'amour pour Dieu consiste en · texte numérisé non relu

Car l'amour pour Dieu consiste en

ce que nous gardions ses commandements ; et ses commandements ne sont pas pénibles.

4. Car tout ce qui est né de Dieu est vainqueur du monde; et ce qui remporte la victoire sur le monde, c'est notre foi.

5. Quel est celui qui est vainqueur du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?

6. C'est lui qui est venu par l'eau et par le sang, Jésus -Christ; non par

enfants. — Autre aspect de la question : In hoc ognoscimus... (vers. 2). L'amour pour les enfants n'est réel qu'à la condition d'avoir pour base l'affection pour le Père. C'est l'inverse de ce qui a été dit ci-dessus, iv, 20. Les deux affirmations sont d'une rigoureuse exactitude, car l'amour pour Dieu ne va pas sans la charité fraternelle, et réciproquement. — Natos Dei (là tI/.vxtoO ©2o0):les enfants de Dieu ; c.-à-d., les chrétiens, nos frères. — Et mandata ejus... Ce trait complète la pensée, puisque l'obéissance aux ordres divins est la pierre de touche de notre amour pour Dieu. Cf. ii, 3-4; m, 21-22. Ces trois concepts, l'amour de Dieu, l'obéissance à ses ordres et l'amour du prochain, s'appellent et se complètent l'un l'autre. — Hsec est enim... (vers. 3). C.-à-d. : En ceci consiste notre amour pour Dieu, ut mandata... Ce sentiment se manifeste par des efforts réitérés pour accomplir la volonté de notre Père. — Mandata... gravia non... Réflexion très encourageante : les préceptes divins ne sont point tels, par leur nature, qu'ils puissent nous écraser comme un pesant fardeau. Comparez la parole de Notre-Seigneur, « Jugum... meum suave est, et onus meum levé » (Matth. XI, 30), dont ces mots sont peut-être un écho.

4-5. La foi nous aide à vaincre le monde. — Quoniam... Raison pour laquelle l'accomplissement intégral des ordres de Dieu, quoique souvent difficile en lui-même (cf. Joan.xvi, 33; Act. XIV, 22, etc.), est relativement aisé pour le chrétien. C'est le monde, avec ses tendances mauvaises (cf. II, 16), qui rend l'obéissance pénible; mais la vie nouvelle qu'a reçue le chrétien lui communique une vigueur éton- Danle, par laquelle il triomphe du monde. — Omne quod natum... A l'abstrait, parce que l'auteur veut exposer un principe général : ce n'est

La victoire écrivant sur un bouclter.

(D'après une pierre gravée.)

pas tel ou tel homme qui remporte la victoire, mais l'élément divin qui a été itjf usé en lui. — Vincit mundum. L'indicatif présent exprime un fait qui se reproduit sans cesse. Le monde figure encore ici une puissance constamment hostile à Dieu et aux chrétiens. — Et hœc est... Le ton est encore plus solennel et plus triomphant que dans la première moitié du verset, - Au lieu de quœ vincit , le grec emploie l'aoriste : (la victoire) qui a vaincu. Le triomphe a été remporté une fois pour toutes. — Fides nostra. Tel est en réalité le glorieux vainqueur. Ces mots, renvoyés à la fin du verset, produisent un effet saisissant. — Au vers. 5, l'apôtre précise la nature de cette foi. Elle a pour objet Notre - Seigneur Jésus- Christ, vrai Fils de Dieu : Quis est qui... nii-t...? L'accent est de plus en plus triomphal.

2» Le divin témoignage qui garantit notre foi. V, 6-12.

Saint Jean a insisté sur la nécessité de croire en Jésus, Messie et Fils de Dieu; il allègue maintenant, en termes brefs et énergiques, les preuves de la foi du chrétien sur ce point essentiel.

6-8. Le triple témoignage. — Eic est... Le pronom est très accentué, de môme que les mots Jésus Christus, renvoyés h la fin de la phrase: Ce Jésus, dont il vient d'être affirmé qu'il est le Fils de Dieu, est celui qui... — -Qui venit. A l'aoriste dans le grec : Qui est venu. Expression solennelle, qui rappelle la formule o £p"/ô- (xevos des évangiles, et qui a la même signiflcation : venu comme Messie. Cf. Joan. i, 11; ni, 31; V, 43, etc. — Per aquam et sanguinem (ôi' uSato; xa\ aT^J-axoç, sans artide; quelques anciens manuscrits grecs ajoutent à tort: xat Tiveûixatoç , « et spiritual »). Ces mots indiquent de quelle manière Jésus -Christ est venu, c.-à-d., comment il a manifesté aux hommes sa dignité : c'est au moyen (8ià, a: per ») de deux actes extérieurs, de deux faits historiques, assez importants et assez signilicatifs en eux - mômes pour démontrer qu'il est vraiment le Chrii^t, le Fils de Dieu. Le premier fait, que rc^réi-icnte le trait « per aquam», correspond

l'eau seulement, mais par l'eau et par le sang. Et c'est l'Esprit qui rend témoignage que le Christ est la vérité.

7. Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel : le Père, le Verbe et le Saint-Esprit; et ces trois sont un.

8. Et il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre : l'esprit, l'eau, et le sang; et ces trois sont un.

solum, sed in aqua et ganguine. Et Spiritus est qui testilicatur quoniam Christus est Veritas.

7. Quoniam très sunt qui testimonium dant in coelo : Pater, Verbum, et Spiritus sanctus ; et hi très unum sunt.

8. Et très sunt qui testimonium dant in terra: spiritus, et aqua, et sanguis ; et hi très unum sunt.

au baptême mystérieux que Jésus reçut dans le Jourdain, des mains du précurseur, et h la suite duquel la voix céleste le proclama hautement Fils de Dieu. Cf. Matth. m, 13 et ss. ; Jean, i, et ss., etc. Le second, que désignent les mots « et sanguinem », ne diffère pas de sa mort sanglante et héroïque sur la croix (cf. ii", 2 et IV, 10), qui arracha aux ass-istants ce cri : Celui-ci est vraiment le Fils de Dieu. Cf. Matth. XXVII, 54r. Telle nous paraît être la meilleure interprétation de ce passage difficile ; c'était déjù celle de TertuUien. Il n'est guère possible d'y voir, à la suite de divers commentsfteurs, une allusion directe à l'institution des sacrements de baptême et d'eucharistie ; car le second serait imparfaitement représenté par les mots « et sanguioem », sans compter qu'il s'agit ici de faits qui concernent personnellement le Sauveur. En écrivant cette phrase, l'apôtre aura -t- il pensé au phénomène extraordinaire qu'il raconte dans son évangile (Joan. xix , 34 : « Unus militum lancea latus ejus aperuit, et continue exivit sanguis et aqua »)? C'est possible; mais il n'y a pas de relation directe entre les deux passages, et d'ailleurs les mots les plus importants n'y sont point placés dans le même ordre. — Non in... solum, sed in... La préposition n'est plus la même (èv, « in », au lieu de ôiâ, « per » ) ; mais ce n'est qu'une nuance dans la pensée. En ajoutant cette réflexion, l'auteur a en vue les hérétiques qui niaient la réalité de la nature humaine du Christ, et par conséquent la réalité de sa mort. Voyez ii, 22 et le commentaire. C'est pour cela qu'il dit : Pas au moyen de l'eau seule, c.-à-d. du baptême; mais tout à la fois au moyen de l'eau et du sang, du baptême et de la mort. L'eau du baptême de Jésus-Christ et son sang versé sur la croix marquent le commencement officiel et la fin de son ministère proprement dit. — Et Spiritus est...: to •nveOfj.a, l'Esprit- Saint lui-même. C'est le troisième témoin du Christ. L'emploi du temps présent, qui testificatur (jxapTupoOv), dénote la permanence de son témoignage. — Quoniam Christus... Veritas. Au lieu de « Christus », il faut lire : « Spiritus », car le grec répète to uveOjxa, l'Esprit. Ce n'est donc pas l'objet du témoignage de l'Esprit -Saint qui est mentionné ici (à savoir, comme dit la Vulgate, que le Christ est la vérité), mais sa raison d'être et sa certitude : l'Esprit rend témoignage, parce que l'Esprit est la vérité. L'Esprit- Saint est donc parfaitement autorisé à témoigner en faveur du Chri&t, et

son témoignage est irréfragable. — Estveritas: f, àXrjOsta, avec l'article; la vérité même. Comp. Joan. xiv, 17 et xv, 26, où Jésus dit de l'Esprit -Saint qu'il est l'E-prit de vérité. — Quoniam très... (vers. 7). Sur la controverse relative à l'authenticité de ce passage, voyez l'Introd., p. 718-720. Les mots in cœlo... dant in terra sont très probablement une glose insérée dans le texte. Il faut donc lire, d'après le grec, les versions autres que la Vulgate, et la plupart des Pères : Car il y en a trois qui rendent témoignage : l'Esprit, et l'eau, et le sang, et ces trois sont d'accord. L'apôtre, après avoir cité, au vers. 6 , comme témoins du Christ, d'abord l'eau et le sang, puis l'Esprit -Saint, récapitule à sa manière, et réunit ces trois témoins dans une seule et même assertion. — Très sunt (xpsîç au masculin). L'eau et le sang sont personnifiés et regardés comme des témoins concrets. — Qui... dant : o\ [j.apTupoOvTeç, lesquels (sont) témoignant. Cette construction donne plus de vigueur à la pensée. C'est devant l'Église et devant le monde que ce triple témoignage est à tout instant rendu à Jésus -Christ. — Sînritiis , to 7:ve0[j.a. Au vers. 6, il avait été mentionné en troisième lieu ; il occupe maintenant le premic r rang. Sur son témolj^nage perpétuel, voyez Act. v, 32. — Et aqua, et... Dans le même sens que ci -dessus : le baptême et la mort de Jésus. — Et... très. Le pronom M de la Vulgate correspond à l'article ot du grec : Et les trois. — Unum sunt. Plutôt : « in unum sunt » (ôîç to ev elatv). A la lettre : ils sont pour la chose unique. Manière de dire que les trois témoins sont absolument d'accord pour établir la vérité en question , h savoir, que Jésus es^t le Christ, le Fils de Dieu; c'est vers ce point que convergent toutes leurs assertions. Peut-être saint Jean fait -il allusion à la loi juive qui exigeait deux témoins pour garantir un fait : Jésus n'en a pas seulement deux, mais trois. Cf. Deut. XVII, 26 et XIX, 15. — D'après notre texte latin, c'est ici -bas, in terra, que les trois témoins qu'a signalés le vers. G parlent en faveur de la divinité du Christ : l'Bsprit-Saint, par les miracles soit physiques, soit moraux, qui accompagnent la prédication de l'Évangile, et aussi par les révélations intimes qu'il communique aux chrétiens (cf. ii, 20, 27; m, 24»>; iv, 13); l'eau et le sang, à la manière indiquée plus haut. Mais il y a aussi, in cseJo, trois autres témoins irrécusables : ce sont les trois personnes de la sainte Trinité, qui, unies en nature et en subs-

9. Si testimonium hominum accipiniiis, testimonium Dei majus est; quoniam hoc est testimonium Dei quod majus est, quoniam testificatus est de Filio suo.

10. Qui crédit in Filium Dei, habet testimonium Dei in se. Qui non crédit Filio, mendacem facit eum, quia non crédit in testimonium quod testificatus est Deus de Filio suo.

11. Et hoc est testimonium, quoniam vitam seternara dédit nobis Deus; et hsec vita in Filio ejus est.

12. Qui habet Filium, habet vitam; qui non habet Filium, vitam non habet.

9. Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand ; or, ce témoignage de Dieu qui est plus grand, est celui qu'il a rendu au sujet de son Fils.

10. Celui qui croit au Fils de Dieu a le témoignage de Dieu en lui-même.

Celui qui ne croit pas au Fils fait Dieu menteur, parce qu'il ne croit pas au témoignage que Dieu a rendu à l'égard àe son Fils.

11. Et voici ce témoignage : c'est que Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils.

12. Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n'a pas le Fils n'a pas la vie.

tance («nwm sunt), « conspirent à nous assurer de la même vérité. » Du haut du ciel , elles affirment, ensemble et individuellement, que

Al)raliain et les trois personnes divines. (D'après une mosaïaue de Ravenne.)

Jésus est le Fils de Dieu, et elles mettent ainsi le sceau au triple témoignage qui lui est rendu sur la terre.

9-12. La valeur de ce témoignage rendu à Jésus - Christ. L'auteur la fait ressortir soit en termes généi-aux, soit par divers détails. 11 commence par dire, au vers. 9, que c'est le témoignage de Dieu même, et il fait à ce sujet un argument « a minori ad majus » : Si te^-timoniurrt ^"/linum... Personne n'iiésite, en effet, à accepter comme valide et convaincant un témoignage humain , lorsqu'il est accompagné des garanties nécessaires ; à plus forte raison doiton croi'e le témoignage de Dieu, qui est « plus grand » (majus est) sous le rapport de l'autorité, de la force probante. — Testimonium Dei : Y) fxapTUpta, avec l'article ; le triple témoignage qu'ont signalé les vers. 6 et 8 (celui de l'Esprit- Saint, celui de l'eau et celui du sang). — Quoniam hoc est... Expliquant sa pensée, l'apôtre ajoute que le témoignage en question consiste précisément dans l'attestation dont Jésus-Christ

a été l'objet en tant que Fils de Dieu (quoniam... de Filio...). — Qui crédit... (vers. 10). Ce témoignage de Dieu n'est pas seulement extérieur; accepté par la foi, il devient aussitôt un témoignage intérieur dans l'âme du croyant, et crée en elle une complète certitude : habet... in se. Ce qui n'est qu'objectif pour les autres devient ainsi une chose d'expérience pour le chrétien fidèle. — Qui non crédit... L'antithèse accoutumée. La formule varie légèrement (Filio, au lieu in Filium). La leçon primitive n'est d'ailleurs pas certaine : on lit tantôt TÔ) ©ew , « Deo »; tantôt tw y tô) , « Filio »; tantôt t^j u'.ô) aÙToû , « Filio ejus ». La leçon xô) 0câ> paraît la mieux garantie; d'ailleurs, le contexte la favorise, puisque les mots mendacem facit eum ne peuvent se rapporter qu'à Dieu, dont on rejette le témoignage d'une manière sacrilège, dans le cas indiqué. L'expression « faire de Dieu un menteur» a déjà été employée plus haut, I, 10. Dans le grec, au lieu de facit et de non crédit in..., il y a le parfait à deux reprises : Il a fait Dieu menteur, parce qu'il n'a pas cru au témoignage... Ces deux parfaits « rattachent la position actuelle de l'Incrédule (« qui non crédit... », 0 fjLTj Tciaxeutov) à un acte passé ». Lorsqu'il fallait se décider, on a refusé d'accepter le témoignage divin, on a fait de Dieu un menteur, et le funeste résultat de la décision demeure. — Et hoc est... (vers. 11). Transition: Le témoignage de Dieu (yj |j.apTupta) consiste en ceci... La pensée va toujours en avant : le témoignage extérieur de Dieu, lorsque les croyants l'acceptent sans hésiter, et se l'approprient en quelque sorte intérieurement, produit pour eux, comme heureuse conséquence, la vie éternelle (gMomam intam...); .c.-à-d. la vie de la grâce, la vie surnaturelle Voyez Jii, 15 et les notes. — Et haec vita in... Détail important pour caractériser cette vie : elle a sa source et son centre dans le Fils de Dieu, qui est le prince et l'auteur de la vie (Act. m, 15); elle devient donc l'apanage de quiconque adhère à Jésus-Christ par la foi et l'amour. — Qui habet... (vers. 12). Déduction tout évidente de ce qui précède : puisque le Fils possède la vie en lui-

13. Je vous écris ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éter- Delle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu.

14. Et c'est là l'assurance que nous avons envers lui : quoi que nous lui demandions selon sa volonté, il nous exauce.

15. Et nous savons qu'il nous exauce, quoi que nous lui demandions; nous le savons, parce que nous obtenons les choses que nous lui demandons.

13. Hœc scribo vobis, ut sciatis quoniam vitam habetis aeternam, qui creditis in nomine Filii Dei.

14. Et hœc est fiducia quam habemus ad eum, quia quodcumque petierimus secundum voluntatem ejus, audit nos.

15. Et scimus quia audit nos quidquid petierimus; scimus quoniam habemus petitiones quas postulamus ab eo.

môme, quiconque lui e^t uni participe à cette vie; au contraire, on est privé de la vraie vie, quand on n'a pas le Fils, car ils sont inséparables l'un de l'autre. — Qui non... Filium. Lisez, d'îiprès le grec : « Filium Dei », le titre complet.

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