CHAPITRE V
1. Quiconque croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu ; et quiconque aime celui qui a engendré, aime aussi celui qui est né de lui.
1. Omnis qui crédit quoniam Jésus est Christus, ex Deo natus est ; et omnis qui diligit eum qui genuit, diligit et eum qui natus est ex eo.
ailleurs. — Diligamus. D'après l'analogie du vers. 7«, àya7i:cï)[j£v doit être regardé comme un subjonctif; la Vulgate a donc bien ti'aduit. — Ije substantif Deum pouriait bien n'être pas authentique, car il est omis par d'importants témoins. La pensée serait alors générale, comme au vers. 17» (voyez les notes) : Nous donc, aimons ! — Quoniam Deus (mieux peut-être:
« ipse », aùvôç) prior... Sur cette pensée, voyez le vers. 10, et aussi Rom. v, 5 et ss. ; xf , 35, etc.
20-21. On ne peut pas aimer Dieu sans aimer auss^i t^es frères. Deux preuves sont données de ce fait : la première est tirée de la nature de Dieu , et la seconde de sa volonté. — Si... dixerit. Formule souvent employée au début de cet écrit. Cf. I, 6, 8, 10, etc. — Quoniam diligo... Le langage direct. Voyez il, 4 et les notes. — Mendax est. Cf. ii, 4*». Prétendre qu'on aime Dieu et ne pas aimer ses frères implique le mensonge , la fausseté. — Qui enim... L'auteur justifie son assertion. Il suppose, ce qui est très exact, qu'il e.st beaucoup plus facile d'aimer ce que l'on voit, que ce qu'on ne saurait se représenter sous une forme définie; plus facile, par conséquent, d'aimer son frère que d'aimer Dieu. Selon le mot de saint Grégoire le Grand, nom. ix m Evnng., <k oculi punt in amore duces. » — Quem videt..., non videt. Les deux verbes sont au parfait dans le grec. Le premier marque un fait accouip'l, dont l'effort, persévère : « quera videt et assidue videt », dit fort bien Cornélius a Lapide. — Quomodo potest...? Divers manuscrits grecs qui font autorité emploient la forme négative : « Non potest... » L'interrogation rend la pen-ée plus vivante. — Sur le trait quem non. .., voyez le vers. 12 et Joan. i, 18. — Et hoc mandatum... (vers. 21). L'amour du prochain est aussi l'objet d'un commandement spécial du Seigneur. Cf. n, 7 et ss.; m, 11, 23^ —
A Deo (a ab ipso » , d'après la meilleure leçon). En fait, l'ordre a été donné par Jésus -Christ; mais sa source divine est en Dieu. — Ut qui... Deum... et...: puisque ces deux amours sont inséparables l'un de l'autre.
§ III. — La foi en Jésus- Christ et ses précituoi résultats. V, 1-12.
1° Les victoires de la fol. V, 1-5.
Chap. V. — 1-3. La foi, animée par la charité , nous donne la force nécessaire pour observer les commandements divins. — Omnis qui..., ex Deo... Comp. iv, 2» et 15, où une pensée semblable a été exprimée; mais alors il s'agissait de confesser publiquement la fol, tandis qu'ici il est question des croyances intimes du chrétien. — Quoniam Jésus est... Quelques lignes plus bas, vers. 6, nous lisons : Celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu. Les deux passages se complètent mutuellement. Cf. ii, 22-23. Ces deax propositions résument toute la foi chrétienne. — Ex Léo natus... Il y a de nouveau dans le grec : a été engendré de Dieu. Cf. II, 29b et III, 9. C'est la fol en Jésus-Christ qui établit cette relation entre Dieu et le croyant: — Ce trait sert de transition au suivant : Et ' qui diligit... Saint Augustin a une parole célèbre pour montrer que la foi et l'amour sont inséparables : « Cum dilectione, fldes Christi; sine dilectione, fides daemonls. » Cf. Jac. ii, 19. — Eum qui genuit: Dieu lui-même, d'après les mots qui précèdent. — Par eum qui natus... ex eo , il ne faut pas entendre le Christ, mais les chrétiens , individualisés. En effet, dans ce passage il n'est pas question d'une génération stricte, mais d'une filiation spirituelle. — La conclusion tirée par l'apôtre , diligit lum qui..., est tout à fait naturelle. On ne saurait aimer véritablement le Père sans aimer aussi ses autres
2. la hoc cognoscimiis quoniam diligimus natos Dei, cum Deum diligamus, et mandata ejus faciamus.
3. Heec est enim caritas Dei, ut mandata ejus custodiaraus ; et mandata ejus gravia non sunt.
4. Quoniam omne quod natum est ex Deo, vincit mundum; et hœc est Victoria quae vincit mundum, fides nostra.
5. Quis est qui vincit mundum , nisi qui crédit quoniam Jésus est Filius Dei?
6. Hic est, qui venit per aquam et sanguinem, Jésus Christus ; non in aqua
2. A ceci nous connaissons que nous aimons les enfants de Dieu : c'est -juand nous aimons Dieu, et que nous gardons ses commandements.