I. Préambule, Vers
1-2. La salutation, — L'auteur, après avoir mentiooué son nom (Judas), se fait connaître encore par deux titres. Il se présente d'abord comme Jesu... servus (voyez Jac. i, 1 ; II Petr. 1, 1 et les notes) ; ensuite comme f rater... Jacobi ; c.-à-d,, comme le frère célèbre d'un personnage plus célèbre encore. Voyez l'Introd., p. 769. — His qui... Les destinataires sont désignés en termes très généraux, puisque les expressions in... Pâtre dilectis... conservatis et vocatis conviennent à tous les chrétiens sans exception. Dans le texte grec, le mot xXrjTOÏç (« vocatis») est pris substantivement, et c'est sur lui que^ retombe d'une manière directe l'article toÏ; , placé en avant de cette partie de la phi'ase : Aux appelés, qui sont aimés,., et conservés,,. Sur ce nom d'appelés, pour représenter les fidèles, voyez Rom. I, 6; I Cor. i, 24, etc. — La locution in Deo... dilectis ne signifie pas : aimés par moi en Dieu le Père; mais : aimés par Dieu. Les chrétiens sont très spécialement chéris de Dieu, qui a envoyé son Fils unique pour les sauver. La leçon Y)Ytaa(/,évotç, sanctifiés, au lieu de -^lyaTty]- (j,évotç, est une correction des copistes, — Christo... conservatis. C'est-à-dire, conservés pour Jésus-Christ, Au milieu des dangers qui menacent leur foi, la grâce divine préserve les chrétiens, poxir qu'ils ne cessent point d'appartenir à .Jésus et de lui être fidèles. Cf. I Petr. I, 5, etc. En tenant ce langage à ses lecteurs, oaint Jude a déjà en vue les hommes funestes qui étaient pour eux une cause de péril. Quoique
générale dans sa forme, cette adresse ne suppose nullement que la lettre était destinée à toute l'Église; elle fut composée spécialement pour un groupe de chrétiens ou de chrétientés qui excitaient l'intérêt de l'auteur d'une façon particulière. — Misericordia... adimpleatur (vers. 2). Le verbe irXyiôuvOetY) a plutôt le sens de « multiplicetur ». Cette formule de salutation rappelle d'assez près I Petr. i , 2 et II Petr. i , 2, Seulement, saint Pierre souhaite à ses lecteurs « la grâce et la paix », comme le fait habituellement saint Paul ; au lieu de la paix , saint Jude mentionne la miséricorde, à la manière de l'apôtre des Gentils au début de ses deux lettres à Timothée (voyez aussi II Joan. 3), La mention de la charité (àyaTiiq) dans un souhait de ce genre lui est entièrement propre. Il rattache sans doute ce mot à « dilectis » : Vous êtes aimés de Dieu ; puissiez - vous l'être toujours davantage !
3-4. Occasion et but de l'épître, — Omnem sollicitndine-n : tout l'empressement possible. Voyez I Petr. i, 5, — Scribendi... C'est sur ce point spécial que portait le zèle de saint Jude : il songeait sérieusement à écrire à ses lecteurs actuels, lorsqu'une raison urgente le mit dans la nécessité de le faire, — De communi (Il faut lire « nostra » au lieu de vestra, d'après la meilleure leçon du grec) salute. Tel était le thème que l'apôtre se proposait tout d'abord de traiter par écrit : le salut que Jésus-Christ a mérité à tous les chrétiens, les moyens de se l'approprier, etc, — Soudain, le désir se changea en nécessité : necesse habui. — Deprecans. Ce par-