JUD
la nécessité de le faire, afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été une fois pour toutes transmise aux saints. 4. Car il s'est glissé parmi vous certains hommes, depuis longtemps désignés pour la condamnation, des impies qui changent la grâce de notre Dieu en dissolution, et qui renient notre seul maître et Seigneur Jésus -Christ.
deprecans supercertari sanctis fidei.
semel traditœ
4. Subintroierunt enim quidam homilies (qui olim prîEScripti sunt in hoc judicium) impii, Dei nostri gratiam transferentes in luxuriam , et solum dominatorem et Dominum nostrum Jesum Christura negantes.
tlclpe marque ici un but ; d'après le grec : pour vous exhorter. Saint Jude avait pensé à un écrit doctrinal et pratique ; les circonstances mo-
Tablettes et styles.
D'après les anciens monuments.)
difièrent son plan et lui firent composer une lettre d'exhortation. — Supercertari, èuaYwvî- ÇecOat : combattre avec une extrême vigueur.
— Traditse... fidei : en faveur de la foi transmise aux lecteurs par l'enseignement oral. L'expression est technique dans ce sens. Cf. Act. XVI, 4 ; I Cor. xi, 2 et xv, 3 ; II Petr. ii, 21, etc.
— Semel : une fois pour toutes. Cet adverbe insiste sur le caractère immuable de la foi chrétienne, c.-à-d. du « depositum fidei »,qui doit demeurer intact et invariablement le même entre les mains des fidèles. Cf^ I Tim. vi , 2 ; II Tim. I, 12, etc. « Le langage de saint Jude au sujet de la foi est très dogmatique, très zélé... Des hommes qui s'exprimaient ainsi à propos d'un symbole y croyaient avec passion. » — Sanctis est une autre appellation des chrétiens, souvent employée dans le Nouveau Testament.
Cf. Act. IX, 13, o2; Rom. xii, 13; Hebr. vr, 10.
— Ce dépôt sacré était attaqué par des hommes pervers; il fallait donc le défendre avec courage : subintroierunt... (vers. 4). Comme l'indique la particule enim, l'écrivain sacré va faire connaître la circonstance imprévue qui venait de modifier son premier dessein épistolaire ; il avait appris, ou remarqué par lui-même, l'apparition des docteurs hérétiques. Le verbe Trapeio-iôuaav exprime fort bien le caractère furtif et illégitime de cette apparition. Cf. Gai. ii , 4 ; II Tim. m , 6 ; I Petr. ii , !»>. Ces hommes impies, comme ils sont appelés à bon droit, n'osaient pas se montrer franchement et publiquement; ils se glissaient sournoisement, ayant conscience de leur infamie. Cf. Joan. x, 1 et ss. — Le pronom quidam a ici quelque chose de très dédaigneux. Cf. II Cor. m, 1 et x, 2; Gai. i, 7; I Tim. 1,3, etc. — De même que saint Pierre dans une circonstance analogue (cf. II Petr. II , l") , notre auteur se hâte de signaler d'une manière préliminaire le sort justement terrible qui attend ces misérables : qui... in hoc... Depuis longtemps (TràXat, olim) leur condamnation a été pour ainsi dire écrite d'avance (upoyeypafi.- [jivoc, prsescripti...). Cf. I Petr. ii, 3". L'apôtre fait allusion aux jug3ments divins, exécutés autrefois contre de grands coupables et décrits par Iji dans les vers. 5-7. C'est pour cela qu'il dit : in hoc judicium, en accentuant fortement le pronom : ce Jugement que je vais développer.
— L'épithète impii est justifiée par deux détails significatifs, dont le premier stigmatise les faux docteurs sous le rapport de la conduite, et le second sois celui de la doctrine. — Premier fait: Dei... gratiam... Cette grâce n'est autre ici que l'évangile. Elle offre aux chrétiens la vraie liberté en ce qui concerne la loi juive et le péché (cf. Rom. VI et vu); mais les faux docteurs abusaient d'elle et la transformaient en licence , en une honteuse immoralité, soUs prétexte que tout est permis aux fidèles. Voyez II Petr. ii, 19 et le commentaire. — La locution transferentes in luxuriam est d'une remarquable vigueur. — Le pronom nostri après Dei est très accentué : le Dieu que nous servons , le Dieu qui est le nôtre, mais point le leur, puisqu'ils l'outragent. - Second fait : Solum dominatorem... negantes. Le mot ©eôv (« Deuna »), ajouté par divers manuscrits après ôeo-TtoxYiv (« dominatorem »), ne paraît pas être authentique. C'est vraisemblablement à Jésus -Christ seul que se rapportent ici les deux titres Maître et Seigneur, qui dépendent dans le grec d'un
JuD^, 6-6.
5. Commonere autera vos volo, scientes .semel omnia , quoniam Jesus populum de terra ^gypti salvans, secundo eos qui non crediderunt perdidit ;
6. angelos vero qui non servaverunt suum principatum, sed dereliquerunt suum domicilium, in judicium magni
6. Je veux vous rappeler, quoique vous sachiez fort bien toutes choses , que Jésus, ayant délivré le peuple du pays d'Egypte, fit ensuite périr ceux qui furent incrédules ;
6. et que les anges qui n'ont pas conservé leur dignité, mais qui ont abandonné leur propre demeure, ont été
seul et même article. Quelques interprètes ne lui appliquent, bien à tort, que le second, affirmant que le premier ne convient en cet endroit qu'à Dieu le Père. — Negantes : tout ensemble en théorie et en pratique. A ce vers. 4 il est bon de comparer II Petr. ii. 1-3. La coïncidence des pensées et des expressions est frappante ; mais saint Jude est beaucoup plus concis: « le prince des apôtres l'a en quelque sorte commenté. »