Je connais tes œuvres, et ton tra
is et ss. Le corps des épîtres se compose d'une description et d'une exhortation qui varient naturellement, selon l'état et les besoins spirituels des diverses Églises ou de leurs anges. Une promesse relative à la bienheureuse éternité leur sert de conclusion. Dans la plupart d'entre elles, le blâme est mêlé à l'éloge; la seconde (ii, 8 et ss.) et la sixième (m, 8 et ss.) ne contiennent que des éloges; il n'y a que du blâme dans la septième (m, 16 et ss.), — Quoique réellement
presser les détails de l'application, sous peine de tomber dans l'arbitraire.
lo Lettre à l'ange d'Éphèse. II, 1-7.
Chap. il — 1. La double formule d'Introduction. — En premier lieu, l'ordre d'écrire : Angelo... scribe. — Ephesi. Sur cette cité célèbre et sur la chrétienté florissante qui s'y était formée de très bonne heure, voyez la p. 323. — C'est Timothée, suivant les uns, Onésime (cf. Philem. 10), suivant les autres, qui en aurait
Le temple de Diane, à Éphèse. ( Essai de rèconstructiuu.)
destinées à sept chrétientés s^péciales, ces lettres conviennent en un sens à l'Église entière, comme on l'a depuis longtemps reconnu (voyez saint Augustin , Epist. xlix et Exposit. epist. ad Gai., xni; saint Grégoire le Grand, Moral, in Job, Praef., c. 8). En effet, les situations décrites ici se reproduiront jusqu'à la fin des temps dans l'Église universelle : toujours elle devra subir des persécutions, des hérésies; toujours il y aura dans son sein le mal et l'imperfection à côté du bien. Mais il importe de ne pas vouloir trop
été alors l'ange ou l'évêque. On ne sait rien de certain sur ce point. — Qui tenet (xp-xxwv, qui tient fortement) sepfem... Voyez r, 16^ et 20. — Qui ambulat... Cf. i, 13» et 20. L'idée exprimée est celle d'un maître qui va et vient sur son propre domaine.
2-6. Le corps de la lettre. — Scio. Nous retrouverons ce début dans toutes les épîtres. Comp. les vers. 9, 13, 19; m, l*", 8, 15. — Opéra tua. C.-hû., ta conduite conîme pasteur spirituel, ainsi qu'il ressort du contexte. Cette
Apoc. II, 3-7.
vail, et ta patience; et je sais que tu ne peux pas supporter les méchants , et que tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres , et ne le sont pas , et que tu les as trouvés menteurs ;
3. et que tu as de la patience, et que tu as souffert pour mon nom, et que tu ne t'es point lassé.
4. Mais j'ai contre toi que tu as abandonné ton premier amour.
6. Souviens-toi donc d'où tu es déchu, et fais pénitence, et pratique tes premières œuvres. Sinon, je viens à toi, et j'ôterai ton chandelier de sa place, si tu ne fais pénitence.
6. Cependant, tu as ceci, que tu hais les œuvres des Nicolaïtes, que moi aussi je hais.
7. Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises : Au vainqueur je donnerai à manger de l'arbre de la vie, qui est dans le paradis de mon Dieu.
tientiam tuam, et quia non potes sustinere malos ; et tentasti eos qui se dicunt apostolos esse, et non sunt, et invenisti eos mendaces ;
3. et patientiam habes, et sustinuisti propter nomen meum, et non defecisti.
4. Sed habeo adversum te , quod caritatem tuam primam reliquisti.
5. Memor esto itaque unde excidcris, et âge pœnitentiam, et prima opéra fac. Sin autem, venio tibi, et movebo candelabrum tuum de loco suo, nisi pœnitentiam egeris.
6. Sed hoc habes, quia odisti facta Nicolaitarum, quae et ego odi.
7. Qui habet aurem, audiat quid Spiritus dicat ecclesiis : Vincenti dabo edere de ligno vitae, quod est in para- (iiso Dei mei.
conduite est décrite en détail , d'abord avec éloges, vers. 2 et 3, puis avec quelque blâme, vers. 4. — Laborem, xotiov : un travail pénible, assidu, au service de Dieu et des âmes. — Patientiam, u7i0(j.0VTf^v : la constance, la persévérance, malgré les tribulations de divers genres. Cf, I Thess. I, 3». — Non... sustinere. A la lettre dans le grec : Tu ne peux pas porter... Les méchants, c.-à-d. les mauvais chrétiens, éta'ent un fardeau intolérable pour l'ange d'Éphèse. — Tentasti, Avec le sens de mettre à l'épreuve, pour voir si telles ou telles prétentions étaient fondées. — Eos qui se... Cf. II Cor. xi, 13. Les faux apôtres d'Éphèse ne différaient probablement pas des Nicolaïtes mentionnés au vers. 6.
— Résultat de l'examen : invenisti... mendaces.
— El patientiam... (vers. 3). Le Christ insiste sur la constance courageuse de son ministre. — Sustinuisti. De nouveau : Tu as porté. L'évêque d'Éphèse, qui ne pouvait porter les méchants, portait au contraire joyeusement la croix du Christ. — Propter nomen... C.-à-d., à cause de la foi et de l'amour ins^piré par ce nom béni. — Sed habeo... (vers. 4). Une période de relâchement avait suivi ces jours de saint zèle. Par caritatem... primam, Il faut entendre l'amour plus intense et plus généreux des premiers temps. Cf. Jer. ii, 2; Os. ii, 15. — Grave avertissement, Memor esto... (vers. 5), suivi d'une exhortation pressante, et âge..., et prima... — Sin autem... (vers. 6). Menace sévère pour le cas où le relâchement ne cesserait pas bientôt. — Venio tibi. Le « dativus Incommodi » : pour le châtier. Le grec ajoute : promptement. — Et movebo... Manière de dire que l'Église d'Éphèse, figurée par ce chandelier (cf. i, 20*»), serait rejetée par le Christ, effacée du nombre des chrétientés. — Sed hoc... (vers. 6). Le Seigneur re-
COMMENT. VIII
vient à la louange, pour ne pas produire une impression de découragement. Tu as : c.-à-d., tu as à ton actif ce point digne d'éloge et de récompense. — Nicolaitarum. Dans le Nouveau Testament, ces hérétiques ne sont nommés qu'ici et au vers. 16. D'après les Pères (voyez en particulier saint Irénée, adv. Hœr., i, 6 et III, 11; TertuUIen, de Pudic, xix, 6; Clément d'Alex., Strom., ii, 20; les Constit. opost., vi, 6, etc.) , ils enseignaient que les péchés de la chair et l'Idolâtrie sont dn choses indifférentes, auxquelles on peut se livrer librement ; ils auraient en outre adhéré à plusieurs erreurs des Gnostiques et nié la divinité de Jésus- Christ. Plusieurs de ces écrivains anciens rattacheitt leur origine au diacre Nicolas (cf. Act. vi, 5), qui aurait été lui-même apostat et hérétique. Mais ce dernier point est loin d'êti'e certain, car il est fort possible, comme le dit saint Vlctorin de Pettau, h. l., que les Nicolaïtes se soient attribué eux-mêmes cette origine pour accroître leur autorité, ou qu'ils aient eu pour premier chef un Nicolas distinct du diacre en question. La tradition est douteuse sur ce fait spécial. Voyez Cassien, Cullat., xviii, 7, etc.
7. Conclusion. Elle se compose d'une formule d'introduction, que nous lisons en termes identiques dans les sept lettres (comp. les vers. 11 , 17, 29; III, 6, 13, 22), et d'une promesse, qui varie chaque fois dans l'expression, mais qui s'applique toujours h la possession du bonheur éternel. — Qui habet.. , audiat... Jééus- Christ avait prononcé plusieurs fois cfs mots durant sa vie mortelle. Cf. Matth. xi, 15, etc. Ils ont pour but d'attirer l'attention sur la promesse. — Spiritus : l'Esprit- Saint, l'Esprit prophétique. — Vincenti. Le vainqueur, c'est le chrétien qui persévérera jusqu'au bout dans la fol
Apoc. II, 8-10.
8. Et angelo Smyrnse ecclesise scribe : Hsec dicit primi.o et novissimus, qui fuit mortuus, et vivit :
9. Scio tribulationem tuani, et paupertatem tuam, sed dives es; et biasphemaris ab his qui se dicunt Judaeos esse, et non sunt, sed sunt synagoga Satanse.
10. Niliil hoTura timeas quœ passurus es, Ecce missurus est diabolus aliquos ex vobis in carcerem, ut tentemini, et habebitis tribulationem diebus decem.
Esto fidelis usque ad mortem, et dabo tibi coronanî vit se.
8. Écris aussi à l'ange de l'Église de Srayrne : Voici ce que dit le premier et le dernier, qui a été mort et qui est vivant :
9. Je connais ta tribuîation et ta pauvreté (mais tu es riche) ; et que tu (9 calomnié par ceux qui se disent Jui S et ne le sont pas, mais qui sont me synagogue de Satan.
10. Ne crain% rien de ce que tu v.'S souffrir. Voici : le diable jettera quelquesuns d'entre vous en prison, afin que vo s soyez éprouvés ; et vous aurez une tribuîation de dix jours. Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de la vie.
et le devoir, malgré les séflnciions, les persécutions et les auti-es difficultés de la vie. — Edere de ligno... Cf. xxii, 2, 14, 19. Image empruntée à la Genèse, ii, 9. — Paradiso. Sur ce mot, voyez Gen. ii, 2 ; Luc. xxiii, 43; I Cor. xiï, 4, etc. Il représente ici le ciel, qui tst vraiment un jardin de délices.
20 Lettre à l'ange de Smyrne. II, 8-11. 8. Les deux introductions. — Angelo Smyrnce. De nombreux auteurs (Nicolas de Lyre, Alcazar. Corn, a Lapide, etc.) supposent que l'ange de Smyrne était alors saint Polycarpe, disciple ■de saint Jean ; mais on ne saurait dire avec certitude s'il occupait déjà ce siège lursque l'Apocalypse fat composée. Smyrne était située à environ deux jours de marche au nord d'Éphèse, sur le bord de la mer (AU. géogr., pi. xvii). Les origines chrétiennes de cette antique cité, si florl- santé encore aujourd'hui (elle compte 250000 habitants), nous sont inconnues. — Primus et..., qui fuit... et... Sur ces deux titres, voyez I, 17-18 et les notes. — Vivit. A l'aoriste dans le grec : i'^-qaev. C.-à-d. , il est revenu à la vie. De même plus loin, xiii, 14''.
9-10. Le corps de l'épître. — -Scio. Cette fois, « aucun reproche,.., aucune menace, mais un témoignage rendu à la fidélité qui est le caractère général de la commnnauté et de son pasteur ». Les mots « tes œuvres », ajoutés ici et au vers, 16* par quelques manuscrits, manquent dans les meilleurs documents. — TribuWwnem...: des souffrances provenant sans d"Ute de la persécution. — Paupertaiem...^Comp. Hebr. X, 34, où il est dit que l'on confisquait parfois les biens des premiers chrétien-. Il est possible cependant que ce détail ait une portée générale,* et qu'il désigne purement et simplement la pauvreté. — Sed divec... Riche en mérites et aux yeux de la foi. Cf. Jac, n, 5. — Le verbe hlasphemai-is doit être pris dans un sens large, pour marquer des calomnies, des outrages en paroles. Cf. Act. xiii, 45; xvin, 6, etc. — Qui se dieu -4 (comme au vers. 2"),,, Judœos. Ces insulteurs étaient en réalité des Juifs sous le rapport de la naissance et de la religion ; mais Jéaufl veut dire qu'ils étaient indignes de ce
nom, employé ici dans un sens très honorable, pour repi'ésenter des membres de la nation théocratique, longtemps aimée de Dieu, Cf, Rom. ii, 17, 28-29; m, 1, etc. — Synagoga Satanse. Titre justement sévère, opposé au nom de Juifs, c.-à-d. de descendants de Juda. Par contraste, comparez Num. xvi, 3 et xx, 14, où les Hébreux sont appelés la congrégation de Jéhovah, — Nihil horum... quœ... (vers. 10), Allusion aux tribulations et aux persécutions plus grandes encore qui étaient réservées à l'Église de Smyrne et à son pasteur. — Le Christ en signale un trait particulier: Ecoe missurus... Le démon est traité comme l'instigateur de ces souffrances ; ce qui lui convient parfaitement , en tant qu'il est l'ennemi du Christ et de l'Église. Cf. XII, 17 et ss.; I Petr. v, 8, etc. — Diebus decem. D'après quelques interprètes, ce serait là un chiffre rond, pour marquer une courte période de temps ; mais on peut fort bien aussi laisser à ce nombre sa signification stricte. —
Titus couronné par la Victoire.
(Arc de triomphe de TituB.)
Es 'o^deZîS... Encouragement, suivi d'une ainiabL-\ promesse : et dabo tibi... — Usque ad mortem. C.-à-d,, jusqu'à subir la mort, s'il le faut, pour prouver ta fidélité, Cf, xii, 11; Act. xxii, 4: Hebr. xii, 4, etc, — Coronam vitx. Avec deux articles dans le grec : la couronne de la vie. C-à-d., la vie éternelle en guise de couronne. Cf. I Tim. IV, 8; Jac. i, 12, etc.
Apoc. II, 11-16.
11. Qui habet aurera, audiat qnid Spiritus dicat ecclesiis : Qui viceiit, non lœdetur a morte secunda.