Dices ergo : Fracti sunt rami ut ego inserar
20. Bene, propter incredulitatem fracti sunt ; tu autem fide stas. Noli altum sapere, sed time.
2f. Si enim Deus naturalibus ramis non pepercit, ne forte nec tibi parcat.
22. Vide ergo bonitatem et severitatem Dei : in eos quidem qui ceciderunt, severitatem ; in te autem bonitatem Dei, si permanseris in bonitate; alioquin et tu excideris.
23. Sed et illi, si non permanserint in incredulitate, inserentur : potens est enim Deus iterum inserere illos.
24. Nam si tu ex naturali excisus es oleastro, et contra naturam insertus es in bonam olivam, quanto magis ii qui secundum naturam, inserentur suse olivse!
demeurées sur le tronc ; c.-à-d., parmi les Juifs convertis au christianisme. — Radicis et pinguedinis. L'huile est ici l'emblème des grâces et des béûédictions abondantes que recevaient tous ceux qui faisaient partie de l'arbre théocratique. — Noli gloriari... (vers. 18). Cette recommandation suppose qu'un certain nombre de chrétiens issus du paganisme se permettaient de dédaigner les Juifs, surtout ceux qui é*;aient demeurés incrédules. L'apôtre les blâme avec une juste sévérité, en leur rappelant leur place très secondaire dans l'ordre du salut : Non tu radicsm..., sed... C.-à-d. : « ce sont les Juifs qui sont le canal des bénédictions divines à l'égard des Gentils, et non pas l'inverse. » Les païens ne devenaient membres du peuple de Dîeu qu'à la condition d'être greffés sur l'olivier juif. Les choses étant ainsi, se glorifier vainement et mépriser les Juifs aurait été aussi absurde qvie dangeï'eux. — Dices... (vers. 19). Le chrétien d'origine païenne est censé justifier son orgueil, en s'appuyant sur les paroles mêmes de saint ■ Paul : Des branches ont été retranchées par Dieu, pour me faire place à moi-même sur l'arbre ; c'est donc que j'avais plus de valeur qu'elles. — Eéponse de l'apôtre, vers. 20-21. Elle est précédée d'uu Beï},e approbateur : la constatation était vraie en soL Comp. les vers. 11 et ss. Paul établit ensuite plus complètement l'état réel des faits. Les Juifs ont été retranchés de l'arbre propter incredulitatem. Les Gentils y ont été
insérés à cause de leu foi, flde slas ; mais cette foi a été un don gratuit de Dieu. Qu'ils prennent donc garde d'être présomptueux et arrogants. — Si enim... (vers. 21). Motif de cette crainte salutaire. — Nec tibi : à toi qui ne fais partie de l'arbre que d'une manière accidentelle. — Vide ergo... Deuxième leçon, vers. 22-24 : Ne pas perdre de vue deux aspects divers de la conduite de Lieu , telle qu'elle se manifeste envers les païens et envers les Juifs : bonitatem et severitatem. — Si permanseris... Restriction grosse de menaces. Demeurer dans la bonté de Dieu, c'est y adhérer et la mériter toujours ; or on ne peut la mériter qu'en persévérant dans la fol. — Et tu. Avec beaucoup d'emphase ; Toi aussi, comme les Juifs, tu pourras être retranché de l'arbre symbolique. — Sed et illi... (vers. 2.3). Après avoir éprouvé les effets terribles de la sévérité de Dieu, les Juifs à leur tour, comme les païens, pourront jouir de nouveau de sa bonté, à condition de devenir croyants : potens est enim... Cette pensée est développée au vers. 24, qui résume tout ce que nous avons lu à partir du vers. 17. — Suse olivœ. Dans le grec : sur leur propre olivier.
3« La conversion future d'Israël, xi, 25-36.
Ce fait, dont l'apôtre n'a parlé, dans les lignes précédentes, que comme d'une espérance et d'une convenance, est annoncé maintenant en termes clairs et solennels, non sans l'indication deft motifs pour lesquels il aura Heu.
Rom. XI, 25-28.
25. Nolo enira vos ignorare, fratres, mj'cterium hoc (ut non sitis vobis ipsis sapientes), quia cœcitas ex parte contigit in Israël, donec pleuitudo gentium intraret ,
26. et sic omnis Israël salvus iieret, sicut scriptum est : Veniet ex Sion qui eripiat, et avertat impietatem a Jacob;
27. et hoc illis a me testamentum, cum abstulero peccata eorum.
28. Secundum evangeliura quidem, inimici propter vos ; secundum electio-
25. Car je ne veux pas, mes frères, que vous ignoriez ce mystère (afin que vous ne soyez point sages à vos propres 3^eux) : c'est qu'une partie d'Israël est tombée dans l'aveuglement, jusqu'à ce que la plénitude des païens soit entrée,
26. et qu'ainsi tout Israël soit sauvé, selon qu'il est écrit : De Sion viendra un libérateur, et il éloignera l'impiété de Jacob ;
27. et c'est là l'alliance que je ferai avec eux, lorsque j'enlèverai leurs péchés.
28. Il est vrai qu'en ce qui concerne l'évangile, ils sont ennemis à cause de
25 - 32. L'annonce et la démonstration de ce grand mystère. Le vers. 25 contient la prédiction. — La formule d'introduction Nolo enim... fait présager une communication importante. Cf. i, 13 ; I Cor. x, 1 et xii, 1 ; II Cor. i, 8, etc. — Mysterium hoc. Chez les païens, le mot [xyaTYiptov désignait toujours une chose cachée; dans les écrits de saint Paul, il représente une chose d'abord secrète, puis révélée. Cf. I Cor. ii, 7 et XV, 61; Eph. m, 3-6; I Tim. m, 16, etc. — Ut non sitis... L'apôtre va dévoiler aux païens convertis de Rome le mystère en question, pour les empêcher d'être sages à leurs propres yeux, c.-à-d., de s'enorgueillir, de supposer que c'était par leurs mérites personnels qu'ils étaient devenus membres de l'Église. — Cœcitas. D'après le grec : l'endurcissement (utopwCTiç). Voyez les notes du vers. ?*•. — Ex parte. L'incrédulité des Juifs a été seulement partielle ; la masse entière du peuple n'a pas rejeté le Messie. Comp. les vers. 1-10 et 17. — Donec... Cet endurcissement n'est au3!«i que temporaire. Ses limites, sous le rapport de la durée, sont fixées par les mots . donec plenitudo... La p'énitude des Gentils, c'est leur nombre complet, c'est la totalité du monde païen. Comp. le vers. 12, où le même substantif a désigné la totalité de la nation juive. — Jntraret : dans l'Église du Christ, dans le royaume messianique. L'expression est technique en ce sens. Cf. Matth. vu, 13, 21; xviii, 8; xxiir, 13, etc. Ainsi donc, une partie d'Israël s'est déjà convertie à la foi ; l'incrédulité de la plus grande portion du peuple juif a occasionné, d'après le plan divin, la conversion des nations païennes, qui se rangent successivement sous l'étendard du Christ. Lorsque les Gentils seront pour la plupart devenus chrétiens , et que « les temps des païens » (ainsi que Jésus -Christ nomme, Luc. xxi , 24, les siècles destinés à leur conversion) auront pris fin, alors l'heure sonnera pour les Juifs d'entrer en masse dans l'Église. — Et sic (vei s. 26). Avec emphase : par la conversion de tout le monde païen. — Omnis Israël. Le peuple juif considéré dans son cneemble, comme nation. Évidemment, il ne s'agit pas ici do tous les Individus. — Salvus fleret. n aura part à la rédemption messianique,
moyennant la foi en Jésus - Christ. — Sicut scriptum... Dans Isaïe, Lix, 20, suivant les LXX, à part de légers changements. Les derniers mots, cum abstulero... (vers. 27^), sont empruntés h Is. xxin, 9. Saint Paul a donc de nouveau combiné deux textes séparés ; mais 11 le fait légitimement , puisqu'il ne change rien au sens, soit pour les détails, soit pour l'ensemble de la prédiction. En effet, dans ces deux endroits de son livre, Isaïe parle des derniers temps du monde et des heureux effets qu'opérera le Messie au milieu d'Israël. — Ex Sion. Dans l'hébreu : à Sion; ce qui rend la pensée plus nette encore.
— Qui eripiat. Dans le grec: ô pu6(xevoç, le libérateur. Excellente traduction de l'hébreu go'el. — Et avertat... Ce sera la première œuvre du Messie rédempteur. Le mot Jacob représente toute la nation juive. — Et hoc... testamentum (vers. 27). Ce sera la seconde œuvre du Christ. Grâce à lui Dieu établira avec les Juifs une alliance nouvelle, celle qui a été prédite depuis longtemps par les prophètes. Cf. Jer. i, 31-34, etc.
— Secundum... Les vers. 28 et 29 démontreut d'une autre manière la vérité de l'assertion que contient le vers. 25. Voici le sens de cet argument : Pendant quelque temps Dieu traitera les Juifs comme des ennemis, pour les punir de leur incrédulité ; mais la destination qu'il leur a assignée dans ses décrets éternels n'en n'est pas moins irrévocable. Ils se convertiront donc un jour, et il leur rendra ses faveurs. — Secunduju evangelium. C- à - d,, par rapport à l'évangile. En d'autres termes : les Juifs envisagés tels qu'ils étaient alors, et en tant qu'ils rejetaient l'évangile que Dieu leur offrait comme un moyen de salut. — Inimici. Avec cette signiûcation : haïs de Dieu, traités par lui comme des ennemis et exclus par là même de la rédemption messianique. — Propter vos : à l'avantage des Gentils, puisque ceux-ci, comme il a été dit plus haut (voyez les vers. 11, 12 et 15 ). ont été admis dans l'Église par .suite de l'exclusion des Juifs. — Secundum electionem : en tant que les Juifs étaient le peuple choisi de Dieu. — Carisslmi. Ils étaient donc tout à la fois haïs et aimés de Dieu , suivant le point de vue auquel on se plaçait. — Propter patres : à cause dea
Rom. XI, 29-33.
vous; mais, en ce qui concerne rélcction, ils sont aimés à cause de leurs pères.