CHAPITRE V
1. Je vis ensuite, dans la droite de celui qui était assis sur le trône, un livre écrit en dedans et en dehors, scellé de sept sceaux.
2. Et je vis un ange puissant, qui criait d'une voix forte : Qui est digne (l'ouvrir le livre et d'en rompre les sceaux ?
3. Et personne, ni dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, ne pouvait ouvrir le livre, ni le regarder.
1. Et vidi in dextera sedentis supra thronum, librum scriptum intus et foris, signatum sigillis septem.
2. Et vidi angelum fôrteni, prœdicantein voce magna : Quis est dignus aperire librum, et solvere signacula ejus?
3. Et nemo poterat, neque in cœlo, neque in terra, neque subtus terram, aperire librum, neque respicere illum.
Le devoir qui incombe à toutes les créatures d'offrir à Dieu de perpétuelles louanges est ainsi rattaché à l'acte créateur et à la volouté créatrice. En effet, la création a été le commencement et la cause de toutes les autres manifestations de la bonté divine envers les hommes. — Erant, et crtata... C.-à-d. : (Toutes choses) entrèrent dans l'existence et furent créées.
§ II. -— L'Agneau et le livre aux sept sceaux.
L'Agneau, c.-à-d., Jésus-Christ immolé et ressuscité, apparaît maintenant sur la scène. C'est à lui que Dieu confiera l'exécution de ses desseins relatifs aux événements de la fin des temps. Ce tableau est l'un des plus beaux du livre.
1° Personne ne peut ouvrir le livre qui renferme les décrets divins au sujet des derniers jours du monde. V, 1-3.
Chap. V. — 1. Le rouleau mystérieux. — In dextera. Plutôt d'après le grec : Sur la (main) droite. Celle-ci était ouverte, et le livre placé sur elle, pour être remis à quiconque voudrait essayer de l'ouvrir. Comp. le vers. 7. — Librum, pt'êXiov. Non pas un livre formé de cahiers atta-hés ensemble, quoiqu'il en existât déjà de cette espèce, mais, d'après la signification habituelle de ce mot chez les anciens, un rouleau de parchemin ou de papier.
Cf. VI, 14", etc. (AtL arch., pi. lxvi, flg. 8; pi. Lxviii, fig. 1, 2, etc.). — Scriptum intus et... De même dans Ezéchiel , II , 10. Ce trait montre que le plan divin était développé tout au lorg dans ce livre. En effet, d'ordinaire on n'écrivait que sur le recto des feuilles, et l'on ne re)i)plissait que par exception les deux surfaces. Voyez Pli)ie
l'Ancien, ITist. nat., m, 5 ; Juvénal, i, 6 ; Martial, viii, 22, etc. Les manuscrits du génie do celui-ci portaient le nom d' « opistographes », c.-â-d., écrits par den-ière. — Signatum. Cf. Is. XXIX, 11 ; Dan. xii, 4. Dans le grec, avec un verbe composé, qui accentue la pensée : xaT£çpayi(T{j,£vov. Le contenu du rouleau était donc encore Inconnu, et, i our le découvrir, il f.i liait nécessairement rompre les sceaux. — Sigillis septem. Encore le chiffre symbolique, qui revient si souvent dans l'Apocalypse. Cf. i, 4, 12, 16, etc.
2-3, Personne n'est trouvé digne d'ouvrir le rouleau sacré. — Angelum fortem. Sans article dans le grec : un ange robuste. Cf. x, 1 et XVIII, 21. — Prsedicantem : xyip-Jacovra, proclamant à la façon d'un héraut. — Voce magna: afin d'être entendu au loin. — Quis... dignus...? L'expression est remarquable : il faut être saint, en relations étroites avec Dieu, pour mériter de connaît''e ses secrets. — Aperire librum : en le déroulant, après avoir brisé les sceaux ( et solvere ...). L'opération signalée en second lieu devait être chronologiquement la pre-uière. —
Bouleau muni de iKuidclettcs sur lesquelles étHient fixés les sceaux. (D'après les monuments chrétiens.)
Nemo poterat ... ( vers 3 ) : parce que personne n'était digne. Ce trait suppose que personne n'osa s'approcher du trône pour prendre le rouleau. — In cselo,... in terra,... subtns... C.-à d., parmi les anges et les saints du ciel, parmi les
Apoc. V, 4-8.
4. Et ego flebam multum , quoniam nemodignus inventas est aperire librum, nec videra eum.