Et audivi tanquam vocem in medio
De même dans les vers. 3, 5 et 7. Cet ordre s'adressait , selon toute vraisemblance , au cavalier qui va se présenter immédiatement. — Equus alïms ( vers, 2 ). Cette couleur symbolise la victoire, qui est d'ailleurs clairement annoncée par les détails suivants. — Qui sedebat... Quelques interprètes ont supposé, d'après xix, 11, que ce guerrier était le Verbe de Dieu, le Christ, Mais la ressemblance entre les deux récits n'est qu'apparente : puisque la rupture des autres sceaux va produire des fléaux terribles, qui doivent précéder le retour de Jésus-Ciirist, il doit en être de même au sujet du premier. Ce guerrier personnifie l'ambition et l'esprit de conquête, qui occasionnent tant de souffrances, — Arcum. C'est là son premier attribut ; le second consistait dans la couronne de la victoire, qu'il reçut comme un gage de son succès assuré (et data est...). — L'expression vincens ut... est très emphatique,
3-4, Le second sceau, — Stcundum... Le taureau, d'après iv, 7, — Equus rvfus (vers. 4). La couleur du feu, ou du sang : emblcnie de la guerre, du carnage. — Ut suineret pacem. Le premier cavalier avait été un conquérant pacifique, qui s'était borné à soumettre les peuples à sa domination ; celui-ci est un conquérant violent et sanglant, l'ange de la guerre. — Conséquence de cette disparition de la paix : et ut invicem. . . — Gladius magnus: pour exécuter son mandat sanguinaire. Le grec mentionne la fxâyaipa (voyez i, 16 et les notes) ; mais cette épée était exceptionnellement grande,
5-6. Le troisième sceau, — Tertium : l'homme, d'après iv, 7, — Equus niger. La couleur du deuil, de la tristesse, — Stateram. Le pain deviendra si rare, qu'on devra peser les rations, comme on fait dans une ville assiégée. Cf. Lev. 3CXVI, 26 ; Ez. IV, 16. — Audivi ( tanquam est
omis dans le texte grec) vocem... (vers. 6). Celui auquel appartenait cette voix n'est pas désigné : fait qui se renouvelle assez fréquemment dans
Balance romaine trouvée à Poinpéi.
ce livre. C'est la cherté des vivres qui est prédite ici. — Bilibris. Dans le grec : un X''-'^'^'?» c-à-d,, 1 litre 079, D'après Hérodote, vu, 231, ce qu'il faut de blé pour rassasier un homme. — Denario. C-à-d. pour 78 centimes. Prix considérable, si l'on se rappelle que cette même somme servait alors à payer la journée de travail d'un ouvrier (cf. Matth. xx, 2), et qu'elle
Apoc. VI, 7-11.
qaatuor animalium dicentium : Bilibris tritici denario, et très bilibres hordei denario ; et vinum et oleum ne Iseseris.
7. Et cum aperuisset sigillum quartnm, audivi vocem quarti animalis dicentis : Veni, et vide.
8. Et ecce equus pallidus ; et qui sedebat super eura nomen illi Mors , et infernus sequebatur eum ; et data est illi potestas super quatuor partes terrse interficere gladio, famé, et morte, et bestiis terrae.
9. Et cum aperuisset sigillum quintum, vidi subtus altare animas interfectorum propter verbum Dei, et propter testimonium quod habebant.
10. Et clamabant voce magna, dicentes : Usquequo, Domine (sanctus et venis), non judicas, et non vindicas sanguinem nostram de iis qui habitant in terra ?
11. Et datae sunt illis singulse stolae albîB ; et dictum est illis ut requiesce-
milieu des quatre animaux, qui disait:
Le litre de blé pour un denier ; et trois litres d'orge pour un denier ; mais ne fais pas de mal au vin ni à l'huile.
7. Et lorsqu'il eut ouvert le quatrième sceau, j'entendis la voix du quatrième animal qui disait : Viens, et vois.
8. Et voici que parut un cheval pâle , et celui qui le montait s'appelait la Mort, et l'enfer le suivait ; et le pouvoir lui fut donné sur le quart de la terre, pour tuer par l'épée, par la famine, par la mortalité, et par les bêtes sauvages.
9. Et lorsqu'il eut ouvert le cinquième sceau, je vis sous l'autel les âmes de ceux qui avaient été tués pour la parole de Dieu, et pour le témoignage qu'ils avaient rendu,.
10. Et ils criaient d'une voix forte, en disant : Jusques à quand, Seigneur saint et véritable, différerez - vous de juger et de venger notre sang sur les habitants de la terre?
11. Et il leur fut donné à chacun une robe blanche, et il leur fut dit de de-
était la solde ordinaire des i-oidats. A ce prix, l'heciolitre revenait à environ 80 fr. — Très hilihres. Par conséquent, 3 lit, 237. — Hordei. L'orge, à cette époque, avait la moitié delà valeur du blé ; c'était la nourriture des pauvres.
— Vinain et oUum ne... Ces deux produits sont moins indispensables ; aussi furent-ils épargnés. D'ailleurs, la famine prédite n'est point absolument rigoureuse ; elle permettra de vivre, quoique péniblement.
7-8. Le quatrième sceau. — Quartum... C.à-d. l'aigle. Cf. IV, 7. — Pallidus (vers. 8). Emblème de la mort. — Nomen illi Alors. C'est le seul des quatre cavaliers qui soit dliectement nommé et identifié. — Infernus... L3 séjour des tnorts personnifié. Voyez iv, 3 et 13 ; xx, 13-14.
11 accompagae la mort, pour saisir ceux qu'elle aura frappés. — Super quattior... La traduction n'est pas exacte. Dans le grec : Sur la quatrième partie delà terre. — Gladio, /ame, et..., et... Quatre exterminateurs terribles. Cf. Lev. xxvi, 22 ; Ez. xiv, 21. La mort représente sans doute la peste en cet endrolr.
2° L'Agneau brise le cinquième et le sixième sceau. VII, 9-17.
9-11. I/C cinquième sceau. Scène d'un autre genre, mais pareillement « d'un grand effet».
— Sabt.us altare. Ce détail rappelle la vision d'Isaïe, VI, 1 et ss., qui nous montre aussi dans le ciel un autel .'•ymbolique , par analogie avec le mobilier sacré du tabernacle et du temple de Jérusalem. Peut-être s'agit-il en cet endroit de l'autel de bronze ou des holocaustes, puisqu'il abritait les martyrs du Christ. Comp. Ex. xxix,
12 et Lev. iv, 7, où nous voyons que le sang <ies victimes était versé au pied de cet autel.
Plus loin, VIII, 3, il sera question de l'autel d'or, ou de l'encensement. — Interfectorum (£(7çaY(x£va)v) : de ceux qui ont été égorgés. Voyez V, 9, 12 et les notes. — Propter verbum... et... C.-à-d. pour l'évangile. Comp. i, 9 et le commentaire ; XX, 4, etc. Allusion aux martyrs chrétiens dont le sang avait été versé dans les premières persécutions. Leur mort est envisagée comme un sacrifice offert généreusement à Dieu. Cf. Phil. ii, 17 ; II Tim. iv, 6 ; saint Ignace, ad Rom., ii, 4, etc. — Clamabant (vers. 10). A limparfait de la durée, qui est encore accentué par les mots voce magna. — Usquequo...? Ils demandent justice au souverain juge, comme avait fait le sang d'Abel. Cf. Gen. IV, 10. — Sanctus et vents. Deux épithètes louangeuses adressées au Seigneur. Le Fils de l'homme se les est attribuées plus haut, m, 7. — Non î irt dicas... La prière d'S saints martyrs n'émane pas d'un sentiment de vengeance personnelle ; entrant d'une manière générale dans les désirs et les desseins de Dieu, iis demandent la victoire de la justice sur l'iniquité. — 'Ils reçoivent deux réponses successives ; la première, dans le langage des faits :<i dalse saut... (vers. 11). Comme ci -dessus (cf. ni, 4. 5 ; iv, 4), les vêtements blancs symbolisent le triomphe. Dès maintenant, les martyrs jouissent de la gloire du ciel, en attendant une récompense plus grande encore après la résurrection. — Dictum est... Autre nponse à leurs cris de supplication : ut requicscercnt... Dieu leur demande à son tour de demeurer calmes dans leur" état actuel. — Tempus modicum. Et cependant, dix- huit siècles et au delà se sont écoulés depuis que cette parole a été proférée ; d'où il suit,
Arou. VI, 12-15.
menrer encore un peu de temps en repos, jusqu'à ce que fîit complété le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères qui devaient être mis h mort comme eux.
12. Je regardai, lorsqu'il ouvrit le sixième sceau, et voici qu'il y eut un grand tremblement de terre, et le soleil devint noir comme un sac de crin, et la lune entière devint comme du sang ;
13. et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre, comme un figuier laisse tomber ses figues vertes lorsqu'il est agité par un grand vent.
14. Et le ciel se retira comme un livre que l'on roule, et toutes les montagnes et les îles furent ôtées de leur place ;
15. et les rois de la terre, et les grands, et les capitaines, et les riches, et les puissants, et tous les esclaves et les iiommes libres se cachèrent dans les cavernes et duns les rochers des montagnes ;
rentadhuc tempus modicura, donec com pleantur conservi eonmi et fratres eorum, qui interficiendi sunt sicut et illi.
12. Et vidi cum aperuisset sigillum sextum ; et ecce terr^iemotus magnus factus est, et sol factus est niger tanquam saccus cilicinus, et luna tota facta est sicut sanguis,
13. et stellœ de caelo ceciderunt super terram, sicut ficus emittit grossos suos cum a vento magno movetur.
14. Et cselum recessit sicut liber involutus ; et omnis mons, et insulse de locis suis mot» sunt ;
15. et leges terrge, et principes, et tribuni, et divites, et fortes, et omnis servus, et liber, absconderunt se in speluncis, et in pétris montium ;
comme il a été dit plus haut (notes de i, 1), qn'il ne faut pas trop presser le « Venio cito » du Christ. Comparé h l'éternité, le temps qui devait s'écouler jusqu'à la fin du monde est peu
La slola. (D'ai'res uue statue romaine.}
de chose. Cf. II Petr. m, 8-9. — Donec compleantur...: jusqu'à ce que le nombre des martyrs soit complet ; par' conséquent, jusqu'à
la résurrection générale.— Conservi : leurs compagnons au service de Jésus- Christ.
12-17. Le sixième sceau. Des cataclysmes épouvantables ont lieu dans la nature, prodromes de la grande révolution finale. — Terrsemotus... Comp. Matth. xxiv, 7, où Jésus -Christ donne ce irait comme un signe de son second avènement, — Et sol... et luna... De même dans saint Matth., XXIV, 24, et dans saint Luc, xx, 25, etc. — Niger tanquam. On trouve une image semblable dans I^aïe, l, 3. — Saccus: un vêtement d étoffe grossière, en forme de sac. Ciliciniis : parce qu'alors on fabriquait en Cl licier des étoffes de ce genre et de couleur sombre, avec des poils de chèvre et d'autres animaux. — Sicut sanguis. Comp. Jcël , ii, 31. — SteUse... ceci'lrrurit... (vers. 13). Voyez encore Matth. XXIV, 29 et Marc, xiii, 24. — La comparaison qui suit, ficut ficus..., existe aussi dans Is. XXXIV, 4" (cf. Nah. m, 12). Le mot grec oXûv- Oour, comme le latin grossos, désigne les figues qui se sont formées trop tard pour mûrir en automne ; elles demeurent pendant l'hiver sur l'arbre, d'où elles sont souvent arrachées par les rafales. — Cœlu-n recessit (ver.«. 14). D'après le grec : (Le ciel) se sépara ; c.-à-d. se replia. — Sicut liber invo^utus. Plutôt : comme un livre que l'on roule. Voyez v, 1 et le commentaire, et, pour l'image, Is. xxxiv, i^. — Omnis mons, et... Comp. xvi, 20 et xx, 11, où l'on nous fait assister à des cataclysmes de la nature plus terribles encore. — Effet produit par ces phénomènes : Et reges..., et..., et... (vers 15). C.-à-d., tous les hommes sans exception. L'écrivain sacré mentionne surtout, comme particulièrement effrayés, les personnages qui tiennent une place plus importante dans la société , par leur situation, leur fortune, etc. T/cquivalent gre(
Apoc, VI, 16 — VII, 3.
16. et dicunt montibus et pétris : Cadite super nos, et abscondite nos a facie sedentis super thronum, et ab ira Agni ;
17. quoniam venit dies magnus irse ipsorum , et quis poterit stare ?
16. et ils dirent aux montagnes et aux rochers : Tombez sur nous, et cacheznous de devant la face de celui qui est assis sur le trône, «t devant la colère de l'Agneau ;
17. car le grand jour de leur colère est arrivé, et qui pourra rester debout?