Et vidi unum de capitibus suis
— Les mots cum reliquis de se mi ne... font évidemment allusion à Gen. m, 15 ; ils désignent ici tous les chrétiens fidèles. — Qui custodiunt... Locution fréquente dans les écrits de saint Jean. Voyez en particulier I Joan. ii, 3 ; m , 22 , 24 , etc. — Et habent... Autre marque de fidélité. Cf. VI, 9 ; XIV, 12, etc. C.-à-d. : ceux qui adhèrent fortement à l'évangile. — Et stetit... (vers. 17). C'est la leçon la mieux garantie. On lit dans plusieurs manuscrits grecs : Et je me tins sur le sable de la mer. Si cette variante était authentique, le théâtre de la vision aurait tout à coup changé pour le voyant. Mais c'est du dragon qu'il s'agit, et il est dit qu'il se tint supra arenam maris, parce que l'Antéchrist, son principal suppôt dans la guerre contre les chrétiens, va bientôt sortir du sein de la mer (cf. xiii, 1).
§ II. — La bête qui vient de la mer et celle qui vierit de la terre. XIII, 1-18.
Elles prendront l'une et l'autre une part prépondérante à la lutte contre le Christ et son Église, aux derniers jours du monde.
1° La bête qui vient de la mer. XIII, 1-10.
Chap. XIII. — 1-2. Description de cet être malfaisant. — De mari. C'est de la mer aussi (au figuré : de l'océan toujours agité des peuples) que sortirent, d'après Daniel , vu, 3, les quatre bêtes qui figuraient les quatre grands empires du monde. — Bestiain. L'emploi de cette expression (^Yjptov) montre que, dans l'être en question, le caractère bestial devait dominer, à la place des sentiments humains. — Capita... et cornua,,, La bête ressemblait eu cela au dragon
(cf. xii, 3''). Fait très naturel, puisqu'elle tenait de lui sou pouvoir (comp. les vers. 2, 4 et 5), et qu'elle devait être son agent principal dans sa lutte contre l'Église. — Decem diademata. Autant de diadèmes que de cornes. Le dragon n'en avait que sept, car 11 les portait sur chacune de ses têtes. - Super capita... nomina... Cf. xvii, 3 et Dan. vu , 7^ La bête se présentait ainsi dès l'abord comme étant oppposée à Dieu en principe. — Similis erat... (vers. 2). EUe était donc elle-même un être monstrueux , qui avait des éléments communs avec plusieurs animaux féroces. Le corps était celui d'un léopard ; les pieds, ceux d'un ours ; la gueule (sans doute la tête aussi), celle d'un lion. Elle était donc comme une combinaison des trois animaux que Daniel avait contemplés dans sa vision (Dan. vu, 4-6). — Dédit illi... Au lieu de virtutem suam , le grec porte : ( Il lui donna ) son trône. On ne peut guère douter que cette bête, munie de toute la puissance de Satan et siégeant sur son trône , ne soit la figure de l'Antéchrist. Tel a été le sentiment commun des commentateurs chrétiens, depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours (voyez Cornélius a Lap., h. L); en outre, le rôle joué par elle est entièrement conforme au portrait célèbre que saint Paul a tracé de l'Antéchrist. (II Thess, II, 3-11).
3-4. Ses succès auprès des habitants de la terre. — La formule et vidi manque dans le grec ; elle a été insérée dans notre version latine pour rendre le sens plus clair. — Unum de capitibus... quasi... Le narrateur attache une importance réelle à ce détail, car il y
Apoo. XIII, 4-8.
quasi occisum in mortem ; et plaga mortis ejus curata est, et adniirata est universa terra post bestiam.
4. Et adoraverunt draconem, qui dedit potestatem bestise ; et adoraverunt bestiam, dicentes : Quis similis bestise ? et quis poterit pugnare cum ea?
5. Et datum est ei os loquens magna et blasphemias ; et data est ei potestas facere menses quadraginta duos.
6. Et aperuit os suum in blasphemias ad Deum, blasphemare nomenejus, et tabernaculum ejus, et eos qui in caelo habitant.
7. Et est datum illi bellum facere cum sanctis , et vincere eos ; et data est illi potestas in omnem tribum , et populum et linguam, et gentem.
8. Et adoraverunt eam omnes qui inhabitant terram, quorum non sunt scripta
blessée à mort ; mais cette blessure mortelle fut guérie, et la terre entière fut dans Tadmiration, à la suite de la bête.
4. Et ils adorèrent le dragon, qui avait donné la puissance à la bête ; et ils adorèrent la bête, en disant : Qui est semblable à la bête ? et qui pourra combattre contre elle?
5. Et il lui fut donné une bouche qui proférait des paroles orgueilleuses et des blasphèmes ; et le pouvoir lui fut donné d'agir pendant quarante- deux mois.
6. Et elle ouvrit la bouche pour blasphémer contre Dieu, pour blasphémer son nom, et son tabernacle, et ceux qui habitent dans le ciel.
7. Il lui fut aussi donné le pouvoir de faire la guerre aux saints, et de les vaincre ; et la puissance lui fut donnée sur toute tribu, sur tout peuple, sur toute langue et toute nation.
8. Et tous les habitants de la terre l'adorèrent, ceux dont les noms n'ont
reviendi-a plus bas jusqu'à trois fols (cotnp. les vers. 12'', 14*» et xvii, 11). La blessure provenait d'un coup de glaive , d'après le vers. 14. — Le trait a)ç i(y(çiot.y\}.é'jr\v (quasi occisum) a été mentionné ci-dessus, v, 6, à propos de l'Agneau.
— Plaga mortis. C.-à-d., une blessure mortelle par elle-même, et devant aboutir fatalement à la mort, si elle n'était guérie par un miracle.
— Curata est. Vraisemblablement par le dragon.
— Admirata... terra. Cf. xvii, 8. Cet éclatant prodige excita l'admiration de la terre entière, devenue impie, bostile à Dieu, et amena la plupart des bommes aux pieds soit du dragon, soit de la bête : adoraverunt... et... (vers. 4). — Une de leurs acclamations en l'honneur de la