Si quis habet aurem, audiat
10. Qui in captivitatem duxerit, in captivitatem vadet ; qui in gladio occiderit, oportet eum gladio occidi. Hic est patientia et fides sanctorum.
11. Et vidi aliam bestiam ascendentem de terra , et habebat cornua duo similia agni, et loquebatur sicut draco.
12. Et potestatem prioris bestige omnem faciebat in conspectu ejus ; et fecit terram, et habitantes in ea, adorare bestiam primam, cujus curata est plaga mortis.
13. Et fecit signa magna, ut etiam ignem faceret de cselo descendere in terram in conspectu hominum.
14. Et seduxit habitantes in terra, propter signa quse data sunt illi facere
avec I Petr. i, 19-20 (voyez le commentaire). Cependant, en rapprochant ce passage de xvii, 8, divers interprètes pensent qu'il vaut mieux rattacher les mots « ab origine mundi » au verbe « sunt scripta »; dans ce cas, c'est le salut individuel des hommes, et non l'immolation de l'Agneau, qui aurait été dévoilé dès avant l'origine du monde.
9-10. Avertissement solennel. — Il est introduit par la formule si quis... aurem... Voyez ii, 7 et les notes. — Qui in..., qui in gladio. . . (vers. 10). Telle que nous la lisons dans la Vulgate et dans un assez grand nombre de manuscrits grecs, cette parole rappelle la réflexion analogue que Jésus adressa à Pieri'e dans le jardin de Gethsémani (cf. Matth, xxvi, 52). Le sens serait donc : Chrétiens persécutés, prenez patience ; vos ennemis et vos bourreaux auront leur tour, car «il y a une juste rémunération ». Mais, du moins pour la première partie, la leçon la mieux accréditée du texte original est la suivante : Si quelqu'un en captivité (sous-ent. : doit aller), en captivité il va. Par conséquent : Que celui qui est destiné à la captivité aille en captivité ; que celui qui est destiné à être tué par le glaive soit tué par le glaive. C. -à-d., acceptez la sort qui vous est destiné par la Providence. Cf. Jer. xv, 2 et xliii, 11. Cette interprétation est favorisée par la phrase suivante : Hic est... C'est en cela, c. -à-d., dans l'acceptation généreuse de la captivité, de la mort, que consistent et que doivent se manifester la- patience et la foi des amis de Dieu.
2° La bête qui vient de la terre. XIII, 11-18.
11. Elle est brièvement décrite ; l'auteur insistera de préférence sur son caractère moral,
dans les vers. 12 et ss. Plus bas (xvi, 13 ; xix, 20 et XX, 10) elle reçoit le nom de faux prophète. — De terra. L'autre bête était soriie « de mari » ( comp, le vers. 1 ) , des vagues orageuses; celle-ci provient d'un élément plus calme. — Cornua duo. Deux seulement, au lieu de dix (comp. le vers. 1 et xii, 3) ; indice d'une puissance beaucoup moins grande, et aussi d'une nature moins violente, quoique aussi perfide au fond. C'est surtout par la séduction que le faux prophète arrivera à ses fins. — Similia agni. Sans article dans le grec : Semblables à un agneau ; c.-à-d., aux cornes d'un agneau. II n'est pas vraisemblable qu'il y ait ici la moindre allusion à l'Agneau divin. — Loquebatur sicut... La seconde bête n'avait donc que les apparences de la douceur ; en réalité , ses dispositions étaient identiques à celles du dragon et de l'Antéchrist.
12-18. Sa puissance et ses succès impies. — Potestatem prioris... Voyez les verp. 5-7. C'est sans doute aussi du dragon qu'elle tenait ce pouvoir. — In conspectu ejus. D'où il suit qu'elle était au service de l'autre bête , de l'Antechi'ist. — Elle lui procura des partisans et des adorateurs nombreux : fecit... adorare... Sur le trait cujus curata est..., voyez le vers. 3 et les notes. — Fecit signa... (vers. 13). Fait prédit par Jésus-Christ pour la fin des temps. Cf. Matth. XXIV, 24; Marc, xui, 22. — Uû exemple de ces prodiges est signalé : ut etiam ignem... Voyez xi, 6 ; III Reg. xviii, 38. — Et seduxit... (vers. 14) : au moyen de ces signes trompeurs, qui agistent vivement sur l'imagination des hommes. — Autre détail spécial, pour montrer jusqu'où alla l'audace de la bêtç
Apoc. XIII, 15-18.
in coiispectu bestiaRjdicens habitaiitibus in terrant faciant imaginem bestiee, quae kabet plagam gladii, et vixit.
15. Et datura est illi ut daret spiritum imagini bestise, et ut loquatur imago bestise, et faciat ut quicumque non ado-
rerint imaginem bestise, occidantur.
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16. Et faciet omnes, pusillos et magnos, et divites et pauperes, et liberos et serves, habere characterem in dextera manu sua, aut in frontibus suis,
17. et ne quis possit emere aut vendere, nisi qui habet characterem. aut nomen bestiae, aut numerum nominis ejus,
18. Hic sapientia est. Qui habet intellectum, computet numerum bestiae ; numerus enim hominis est, et numerus ejus sexcenti sexaginta sex.
a été donné de faire en présence de la bête, en disant aux habitants de la terre de faire une image à la bête, qui a la blessure de l'épée et qui a repris vie.
15. Et il lui fut donné de mettre le soufQe vital dans l'image de la bête, afin que l'image de la bête pût parler, et faire que tous ceux qui n'adoreraient pas l'image de la bête fussent mis à mort.
16. Elle fera encore que tous, petits et grands, rfches et pauvres, libres et esclaves, reçoivent une marque sur leur main droite ou sur leur front,
17. et que personne ne puisse acheter ni vendre ; s'il n'a la marque ou le nom de la bête, ou le chiffre de son nom.
18. C'est ici qu'est la sagesse. Que celui qui a de l'intelligence calcule le nombre de la bête ; car c'est un nombre d'homme, et son nombre est six cent soixante -six.
symbolique : 'Hrens... ut faciunt... Ce trait rappelle la statue gigantesque de Nabuchodonosor (Dan. III, 5 et ss.), qu'on devait pareillement adorer sous peine de mort. — Ut daret spiritum... (vers. 15) : le souffle vital, la respiration; c.-à-d. la vie. — Et ut loquatur... Conséquence naturelle du fait qui précède. — Une pratiqua idolâtrique d'un genre spécial était enjointe, vers. 16 : faciet omves (tous sans exception, comme l'indique l'énumération pusillos et... et...) hahere characterem... Le mot grec xoLpa.'{\}.OL (delà racine •/apàacyo), je grave) désigne une marque semblable à celle qu'on gravait, au moyen d'un fer brûlant, sur la chair des esclaves. Los païens se faisaient parfois marquer ainsi du signe de leur dieu favori, pour indiquer qu'ils lui appartenaient corps et âme.
Comp. VII, 3 ec ss., où le sceau de Dieu a été imprimé sur le front de ses fidèles serviteurs. — In dextera... aut... : sur les parties les plus visibles du corps. — La mesure e.st poussée à son comble au vers. 17 :
ne quis possit... Les chrétiens seiont ainsi mis en demeure d'apostasier ou de se révéler euxmêmes. — Characterem, aut..., aut... On voit par là que le '/^^P^'Y!-'* était probablement un signe symbolique, puisqu'on le distingue soit du nom, soit du chiffre de la bête. — Bestiae. Non pas la seconde, mais la première, l'Antéchrist, comme il est dit formellement plus bas, xix, 20. — Rie safieutia... (vers. 18). C.-à-d.: C'est ici une affaire de sagesse ; compter le chiffre de la bêto appartient aux sages et aux habiles. —
Marque iUolairique
portée au front.
(Orient moderne.)
Qui hbU... 11 y a comme un défi dans cette parole ; d'où il suit que le problème proposé n'est pas absolument insoluble, quoiqu'il rencontre d'énormes difficultés pour nous. — La locution numerus... hominis est paraît signifier, d'après xxi, 1 7^ : On arrive à trouver ce nombre par la méthode ordinaire que les hommes emploient pour calculer. — Le chiffre de la bête est indiqué: sexcenti... D'après une très ancienne variante, dont saint Irénée parlait déjà (adv. Eser., v, 30) pour la rejeter, on lit 616 au lieu de 666. Bile n'a pour elle, actuellement encore, qu'un nombre très minime de témoins. — Quelle est la signification de ce nombre ? On a étonnamment écrit sur ce point, et, il faut bien le reconnaître en face des opinions multiples et contradictoires qui se sont formées dès l'origine, sans arriver à un résultat sérieux. Voici du moins le point de départ vraisemblable de ce nombre mystérieux. Chez les anciens, et particulièrement chez les Hébreux, les Grecs et les Latins, on se servait des lettres de l'alphabet en guise de chiffres ; ce qui suggéra à maint auteur juif la pensée de chercher (et l'on trouve toujours, quand on cherche de la sorte, avec une idée préconçue) des nombres mystiques dans les saints Livres, d'après le procédé appelé par les rabbins f/emotria, c.-à-d., géométrie ou mathématiques. En additionnant la valeur numérique des lettres eTiployées dans tel passage, on obtenait un chiffre, et avec les lettres qui représentaient le total, on trouvait un nom. Il est probable que saint Jean fait allusion ici à un procédé de ce genre, et c'est en ce sens qu'ont eu lieu, depuis les premiers siècles, les calculs de nombreux commeritateurs pour trouver le nom de l'Antéchrist. On est généralement d'accord aujourd'hui pour reconnaître qu'on ne doit pas faire en dehors de l'hébreu et du grec les recherches en question :
Apoc. XIV, 1-3,