CHAPITRE XIV
1. Je regardai, et voici, l'Agneau se tenait sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille 2yerson7ies , qui avaient son nom et le nom de son Père écrit sur leur front.
2. Et j'entendis une voix qui venait du ciel, semblable au bruit de grandes eaux, et semblable au bruit d'un grand tonnerre; et la voix que j'entendis était comme celle de harpistes qui jouent de leurs harpes.
3. Ils chantaient comme un cantique nouveau devant le trône, et devant les quatre animaux et les vieillards ; et personne ne pouvait chanter ce cantique,
1. Et vidi, et ecce Agnus stabat supra raontem Sion, et cum eo centum quadraginta quatuor millia, habentes nomen ejus, et nomen Patris ejus scriptura in frontibus suis.
2. Et audivi vocem de cselo, tanquam vocem aquarum multarum, et tanquam vocem tonitrui magni ; et vocem , quam audivi, sicut citharœdorum citharizantium in citharis suis.
3. Et cantabant quasi canticum novum ante sedem, et ante quatuor animalia et seniores ; et nemo poterat dicere canticum, nisi illa centum qua-
d'nne part, en effet, l'hébreu était la langue maternelle de l'auteur de ce livre, et c'est dans cet idiome surtout qu'étaient faites les supputations dont nous avons parlé ; d'autre part , le grec est la langue de l'Apocalypse et de ses premiers lecteurs. Par là même sont annulés les calculs de Bo?suet ( DIoCLes aVgVstVs ) et d'autres, qui ont pris le latin pour point de départ. En grec, les mots Aatsivoç (Latin, c. - à - d. Romain ; l'empire romain ) et TeÏTav (Titan) étaient les solutions favorites de saint Irénée, de gaint Hlppolyte (de Antichr., 50), d'André de Césarée, etc. On a aussi trouvé, dans cette langue, 'Auoo-TCCTyiç (Apostat, c.-à-d. Julien l'Apostat), B£V£6tx.T0(; (Béni: par antiphrase, c.-à-d. maudit), etc. En hébreu, les solutions les plus ingénieuses sont n>>DT^ (Romît, 8.-ent. malhût ; l'empire romain), "iDp T113 (Néron Qésar ; c.-à-d. Néron César). Mais la plupart de ces solution'^ nous ramènent au passé, tandis que c'est à l'avenir qu'appartient l'Antéchrist. Nous ne parlons pas de celles qui ont obtenu comme résultat les noms de Genséric, de Mahomet, de Luther, de Calvin, de Louis XIV, de Napoléon, et même, sous la plume d'exégètes protestants, de tel ou tel pape. On volt, par ces exemples qu'il serait aisé de multiplier, combien tout cela est incertain. Aussi dirons-nous avec Bellarmin : « Veri«sima igitur sententia est eorum qui ignorantlam suam confltentur. » Voyez les grands commentaires, et F. Vigouroux, les Livres saints et la critique rationaliste , t. V, p. 580 et ss. de la 5« édition, Paris, 1902. Du moins, lorsque l'Antéchrist viendra, les chrétiens d'alors pourront eans doute l'identifier d'après ce signe ; c'est pour eux surtout qu'il a été donné, comme le disaient déjà les anciens commentateurs André de Césarée et Arétas,
§ III. — Prédiction du triomphe des bonfi et du châtiment des méchants. XIV, 1-20.
Elle est présentée sous la forme de trois tableaux très consolants, destinés à « fortifier les croyants, que pourraient ébranler les terribles perspectives » décrites dans les chap. xii et xni. Les encouragements de ce genre ne manquent jamais dans notre livre, à la suite des prédictions les plus sombres.
1° L'Agneau entouré de nombreux élus. XIV, 1-5.
Chap. XIV.— 1. Il apparaît ave' eux sur la colline de Sion. — Stabat. Non plus « tanquam occi<us y> (cf. V, 6), mais comme un roi glorieux , au milieu de sa cour toute resplendissante. — Supra montem... Il fut aisé au voyant de reconnaître cette colline célèbre , qu'il avait
! vue si souvent de ses yeux corporels. Elle est ici un symbole de l'Église, figurée sous les traits
î d'une citadelle Imprenable. — Centum quadra-
j ginta... D'après de nombreux auteurs, les mêmes
I 144 000 qu'au chap. vu, vers. 4 (voyez les notes).
! D'après ce sentiment, les 144 000 seraient pour ainsi dii'e un noyau symbolique, figurant tous
î les élus. Mais, Joit à cause du manque de l'article dans le grec (en disant : Et avec lui 144 000..., et non : les 144000, l'auteur ne semble
I pas parler d'eux comme de personnes déjà connues de ses lecteurs), soit parce que les versets 3-5 paraissent désigner une élite parmi les rachetés et non pas l'Église tout entière, d'autres commentateurs supposent, peut-être à ju.'te titre , qu'il ne s'agit pas absolument des mêmes hommes. — Nomen ejus et... Patris. L'Agneau continue d'être traité comme l'égal du Père.
2-3. Le cantique nouveau. — Tanquam..., tanquam... et, sicut... I-es deux premières expicssions signifient que les sons entendus étaient
Apoc. XIV, 4-6.
draginta quatuor millla , qui empti sunt de terra.
4. Hi sunt qui cum mulieribus non sunt coinquinati, virgines enim sunt. Hi sequuntur Agnum quocumque ierit. Hi empti sunt ex hominibus primitise Deo et Agno ;
6. et in ore eorum non est inventum mendacium, sine macula enim sunt ante thronum Dei.
6. Et vidi alterum angelum volantem per médium cseli, habentem evangelium
si ce n'est ces cent quarante - quatre mille qui ont été rachetés de la terre.
4. Ceux-là ne se sont pas souillés avec des femmes, car ils sont vierges.
Ceux-là suivent l'Agneau partout où il va. Ceux-là ont été rachetés d'entre les hommes comme prémices pour Dieu et pour l'Agneau,
5. et dans leur bouche il ne s'eat pas trouvé de mensonge, car ils sont sans tâche devant le trône de Dieu.
6. Je vis ensuite un autre ange, qui ^ volait par le milieu du ciel, portant
très retentissants ; la troisième, qu'ils formaient un concert mélodieux. — Quasi (ce mot manque dans un certain nombre de manuscrits grecs)... novum. Comme plus haut, v, 9 (voyez les notes). — Ante sedem, et. . . Cf. iv, 2 et ss. C'est donc
Joueus'^s de harpe et de cithare. (D'après les monuments grecs)
dans les parvis célestes que le cantique se fit entendre tout d'abord. Mais les 144 000 élus se mirent aussi à le chanter. — Et nemo poterat...: de même que personne, excepté l'Agneau, n'avait été capable d'ouvrir le rouleau sacré. Cf. V, 3. — Qui empti. . . Rachetés par Jésus-Christ, au prix de son sang. Cf. v, 9^.
4-5. Éloge des 144 000, et raison pour laquelle ils sont les privilégiés de l'Agneau. — Hi sunt... Le pronom outot est répété trois fois de suite, avec une insistance significative : ceux-ci, et eux seulement. Les trois phrases qu'il ouvre sont parallèles : la première vante la chasteté des 144 000; la seconde marque l'intimité de leurs relations avec l'Agneau ; la troisième relève leur esprit de vérité et de sainteté. — C7im mulieribus non... « Les passages Matth. XIX, 12 et I Cor. vu, 1 et ss. prouvent, lorsqu'on les interprète loyalement, qu'un célibat inspiré par la piété et dénué d'égoïsme fournit des moyens particuliers pour servir Dieu. Le saint état du mariage n'est nullement déprécié ici ; mais le mariage a été abaissé, par la chute, des hauteurs où Dieu avait voulu le i»lacer (cf. Gen.
III, 16), et ainsi, comme d'autres choses que Dieu avait créées très bonnes, il a ses propres misères et ses périls. » Nous empruntons volontiers cette excellente réflexion à un exégète protestant contemporain. Elle rend fort bien compte de la parole de l'apôtre. — Virgines enim. . . C'est la répétition de la même pensée, sous une forme positive. Si les 144000 compagnons de l'Agneau représentent, comme nous le croyons, l'élite des chrétiens de la fin des temps, il n'y a aucune raison de restreindre la signification du mot « vierges » , comme s'il était opposé à la débaui-he et désignait simplement une vie chaste en général, qu'on ait été marié ou non. S'il symbolisait l'Église entière, il est évident qu'il ne s'agirait pas de la virginité dans le sens strict. En tout cas, il n'est certainement pas loisible de prendre ce mot au figuré, comme s'il marquait l'abstention de toute participation à l'idolâtrie. — Sequuntur... quocumque... Cette élite virginale forme donc sans cesse la cour de l'Agneau. — Empti ex... Cette locution est plus précise que « empti de terra» (comp. le vers. S*"). — Primitise, à'Ka.py-f\ : comme un don consacré à Dieu d'une façon toute spéciale ; comme a une portion choisie et distinguée ». Ce trait semble bien montrer qu'il est question d'une élite dans ce passage. — In ore eoo-um... (vers. 5). Écho du Psaume xxxi, 2. Cf. Soph. III, 13 ; Mal. ii, 6, etc. — Sine macula... Les mots enim et ante thronum Dei ne sont probablement pas authentiques. « Ils sont sans tache » : cette petite phrase vigoureuse paraît avoir été la leçon primitive.
2" Trois anges annoncent la prochaine exécution des jugements divins. XIV, 6-13,
6-7. L'ange de l'évangile éternel. — Alterum...: un ange distinct de tous ceux qui nous ont été présentés jusqu'ici. — Per médium... Au zénith, comme plus haut (cf. viii, 13). — Eravgelium seternum. Expression remarquable, pour désigner, d'après le contexte, « l'éternelle vérité qu'il n'y a de salut que dans la crainte et dans l'adoration du seul vrai Dieu. » Comme celui du Christ, cet évangile est immuable, irrévocable. — Les mots super omnem..., et... et...
Apoc. XIV, 7-12.
l'évangile éternel, pour l'annoncer à ceux qui habitent sur la terre, et k toute nation, tribu, langue et peuple.
7. Il disait d'une voix forte : Craignez le Seigneur, et rendez -lui gloire, car l'heure de son jugement est venue ; et adorez celui qui a fait le ciel et la terre, la mer et les sources des eaux.
8. Un autre ange le suivit, en disant: Elle est tombée, elle est tombée, cette grande Babylone, qui a fait boire à toutes les nations le vin de la colère de son impudicité.
9. Et un troisième ange les suivit, disant d'une voix forte : Si quelqu'un adore la bête et son image, et s'il en reçoit la marque sur son front ou dans sa main,
10. lui aussi boira du vin de la colère de Dieu, qui a été versé dans la coupe de sa colère, et il sera tourmenté dans le feu et le soufre, en présence des saints anges et en présence de l'Agneau ;
11. et la fumée de leurs tourments montera dans les siècles des siècles, et il n'y aura de repos ni jour ni nuit pour ceux qui auront adoré la bête et son image, et qui auront reçu la marque de son nom.
12. C'est ici qu'est la patience des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus.
aeternum, ut evangelizaret sedentibus super terram, et super omnem gentem, et tribum, et linguam, et populum ;
7. dicens magna voce : Timete Dominum, et date illi honorera, quia venit hora judicii ejus ; et adorate eum qui fecit cselum et terram, mare et fontes aquarum.
8. Et alius angélus secutus est, dicens : Cecidit, cecidit Babyloa illa magna, quae a vino irae fornicationis suae potavit omnes gentes.
9. Et tertius angélus secutus est illos, dicens voce magna : Si quis adoraverit bestiam et imaginera ejus, et acceperit characterem in fronte sua, aut in manu sua,
10. et hic bibet de vino irse Dei, quod mistum est mero in calice ir83 ipsius, et cruciabitur igné et sulphure in conspectu angelorum sanctorum,^ et ante conspectura Agni ;
11. et fumus tormentorum eorura ascendet in saecula sseculorura, nec habent requiera die ac nocte qui adoraverunt bestiam et imaginera ejus, et si quis acceperit characterem nominis ejus.
12. Hic patientia sanctorum est, qui custodiunt mandata Dei et fidera- Jesu.
dépendent aussi du verbe evangelizaret et servent de développement à sedentibus... Le inonde entier devait entendre la nouvelle en question. — Dicens... : Timete.,. (vers. 7). Avant la catastrophe finale, il faut que tous les peuples s'associeat au culte de l'unique vrai Dieu, juge souverain des hommes (quia venit...) et créateur de tout ce qui existe (qui fecit...).
8. Le second ange prédit la ruine de la grande cité hostile à Dieu et à l'Église. — Et alius... Avec emphase dans le grec : Un autre ange, un second. Il succéda au second dans les sphères supérieures du ciel (secutus est...). — Cecidit... Babylon. Écho d'Isaïe, xxi, 9. L'emploi du temps passé et la répétition du verbe marquent la certitude et la proximité relative du fait prédit. Comp. XVIII, 2. Le message du premier ange avait été plus général ; celui - ci est très déterminé, et annonce la chute de la Babylone mystique, dont nous aurons bientôt une description complète. Cf. xvii, 1 et ss. L'épithète illa magna ( y) [xeyâXr] ) est fortement accentuée. — Quae a vino... Même métaphore que dans Isaïe, xviii , 6 et dans Jérémie, li, 7. Deux images sont réunies dans cette formule : Babylone a fait boire les peuples à sa coupe hideuse (cf. xvii, 2); avec eux elle devra vider la coupe de la colère divine (comp. le vers. 10 et xvi, 19).
9 - 12. Le troisième ange. Lui aussi , il proclame un message très spécial, dirigé contre les adorateurs de la bête. — Adoraverit... et... Allusion aux faits décrits plus haut, xiii, 4*> et 14- 17. — Et hic (vers. 10 : lui aussi, comme Babylone ) liibet de. . . Voyez encore le Psaume Lxxiv, 9; Is. LT, 17 et 22; Jer. xxv, 15 et ss. — Quod mistvm est... La colère divine est compar rée à un vin pur, dont aucun mélange n'a altéré la force. — Cruciabitur igné et... D'après d'excellents manuscrits grecs : dans le feu, dans le soufre; c.-à-d. dans un feu alimenté par du soufre. Cf. xix, 20 et xxi, 8''. — In conspectu... et ante... L'Agneau et les esprits célestes, témoins de ce châtiment terrible, donnent un plein acquiescement à la parfaite justice du Seigneur. — Et fumus tormentorum... (vers. 11). C.-à-d., la fumée du feu dans lequel les damnés seront plongés. — Ascendet in ssecula... L'éternité des peines de l'enfer ne pouvait pas être affirmée plus clairement. — Nec requiem.. Dans ce triste séjour, les souffrances sont continuelles , en même temps que pans fin. — Le crime principal des grands coupables des derniers jours est cité de nouveau : qui adoraverunt. . . et si quis... — Hic patientia... (vers. 12). Voyez xiii, 10''. C'est le voyant lui-même qui prend tout à coup la parole, pour redire aux chrétiens
Apoc. XIV, 13-15.
13. Et audivi vocem de cœlo, dicentem raihi : Scribe : Beati mortui qui in Doraino moriuntur. Amodo jam dicit Spiritus ut requiescant a laboribus suis ; opéra enim illorum sequuntur illos.
14. Et vidi, et ecce nubem candidam, et super nubem sedentem similem Filio hominis, habentem in capite suo coronam auream, et in manu sua falcem acutam.
15. Et alius angélus exivit de teraplo, Cl amans voce magna ad sedentem super nubem : Mitte falcem tuam et mete, quia venit hora ut metatur, quoniam aruit messis terrse.
13. Alors j'entendis une voix venant du ciel, qui me disait : Ecris : Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur. Dès maintenant, dit l'Esprit, ils se reposeront de leurs travaux , car leurs œuvres les suivent.
14. Je regardai, et voici, une nuée blanche, et sur cette nuée quelqu'un assis, qui ressemblait au Fils de l'homme; il avait sur sa tête une couronne d'or, et dans sa main une faucille tranchante.
15. Et un autre ange sortit du temple, criant d'une voix forte à celui qui était assis sur la nuée : Lance ta faucille, et moissonne ; car le temps de moissonner est venu, parce que la moisson de la terre est mftre.
qu'ils doivent à tout prix demeurer fidèles. — Qui custodiunt. . . Par contraste avec les enne- ' mis de Dieu. Cf. xii, 11^. — Fidem Jesu : la foi en Jésus -Christ.
13. Félicitations adressées à ceux qui sont morts en état de sainteté. Elle forme une belle antithèse : après le tableau des tourments subis par les damnés, nous contemplons le bonheur dont jouissent les chrétiens morts dans la foi. — Scribe : afin que cette douce et Importante parole soit à jamais préservée. — Beati qui... Mourir in Domino, c'est mourir dans une communion-étroite avec Jésus-Christ, c.-à-d., en état de grâce. Cf. I Cor. xv, 18 et I Thess. iv, 13. De ceux qui meurent ainsi, on peut dire à toutes les époques qu'ils sont bienheureux ; mais on le dira encore avec plus de raison à l'époque de la fin des temps, parce qu'il y aura alors tant de périls pour la fol et pour la vertu, qu'une sainte mort sera considérée comme la meilleure (les délivrances. — L'adverbe amodo (àTiâptO devrait être rattaché à moriuntur, et non à dicit: Bienheureux ceux qui meurent... à partir de maintenant, désormais (pour le motif qui yient d'être indiqué). — Jam... Spiritus. Diaprés le grec : Oui(vat), dit l'Esprit. L'Esprit -Saint corrobore, par sa divine affirmation, la vérité de la parole proférée par la voix céleste dans la première moitié du verset. Oui, ces morts i?ont bienheureux. — Ut requiescant... C.-A-d. : ils meurent afin de se reposer de leurs travaux (xÔTtwv marque comme d'ordinaire un travail très rude). Le ciel sera, en effet, un lieu d'éternel repos. — Opéra enim... Leurs œuvres, les mérites acquis p^r ces oeuvres, accompagnent les justes dans le ciel, pour témoigner en leur faveur devant le souverain juge.
3° La moisson et la vendange, emblèmes des effroyables jugements de Dieu. XIV, 14-20.
Pour encourager et faciliter « la patience des saints » (comp. le vers. 12), Dieu fait entrevoir à Jean, et par lui aux fidèles, le tableau anticipé des châtiments qu'il réserve aux impies. Les images sont dramatiques et grandioses; on cRrait un commentaire de Joël, ni, 13.
14-16. La moisson mystique. Quelques interprètes ont pen!>:é , sans raison suffisante, qu'elle symbolise la récolte du bon grain spirituel et la récompense des justes ; il n'y a pas de différence entre la signification des deux images. — Nubem candidam : comme celle de la transfiguration de Jésus. Cf. Matth. xvii , 5 , etc. — Sedentem. Quelqu'un d'assis. Cf. iv, 2 , etc. — Similem Filio... Comme plus haut, i, 13 (voyez les notes). Il est difficile de douter que ce personnage ne représente le Fils de l'homme tel qu'il reviendra un jour, d'après sa propre prédiction, avec sa gloire et sa puissance de juge souverain. Cf. Matth. xxîv, 30 et xxvi, 64. C'est bien à tort que quelques commentateurs ne
Faucille antiaue. (Peinture égyptienne.')
volent ici qu'un ange ordinaire. — In capite.., coronam... : la marque de sa dignité royale. — Falcem acutam : pour moissonner les méchants, comparés à un gigantesque champ de blé. Cf. Joël, m, 13», et aussi Matth. xiii, 39. — Alius angélus (vers. 15). « Autre » par rapport à ceux qui ont joué un rôle dans les vers. G, 8 et i), mais non par rapport au personnage assis sur la nuée. On n'est donc pas en droit de conclure de ce trait que ce personnage était lui-même
Apoc. XIV, 16 — XV, 1.
16. Et celui qui était assis sur la nuée laiu;a .sa faucille sur la terre, et la terre fut moissouuée.
17. Et un autre ange sortit du temple qui e.st dans le ciel , ayant lui aussi une faucille tranchante.
18. Et un autre ange sortit de l'autel ; il avait pouvoir sur le feu, et il cria d'une voix forte h celui qui avait la faucille tranchante : Lance ta faucille tranchante, et vendange les grappes de la vigne de la terre , car ses raisins sont mûrs.
19. Et l'ange lança sa faucille tranchante sur la terre et vendangea la vigne de la terre, et il jeta les raisins dans la grande cuve de la colère de Dieu.
20. Et la cuve fut foulée hors de la ville, et le sang sortit de la cuve jusqu'à la hauteur des mors des chevaux , sur une étendue de mille six cents stades.
IG. Et misit qui sedcbat super nubem falceni suam in terram, et demossa est terra,
17. Et alius angélus exivit de templo quod est in cyelo, habens et ipse falcem acutam.
18. Et alius angélus exivit de altari, qui habebat potestatem supra ignem ; et claraavit voce magna ad eum qui habebat falcem acutam, dicens : Mitte falcem tuam acutam , et vindemia botros vinese terrae, quoniam maturae sunt uvse ejus.
19. Et misit angélus falcem suam acutam in terram, et vindemiavit vineam terrae, et misit in lacum irse Dei magnum.
20. Et calcatus est lacus extra civitatem, et exivit sanguis de lacu usque ad frenos equorum, per stadia mille sexcenta.