‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 803 sur 873 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

1. Et post hsec vidi alium angelum descendentem de cselo, habentem potestatem magnam ; et terra illuminata est a gloria ejus.

2. Et exclamavit in f ortitudine, dicens : Cecidit, cecidit Babylon magna, et facta

1. Après cela, je vis un autre ange qui descendait du ciel, ayant un grande puissance ; et la terre fut illuminée par sa splendeur.

2. Et il cria avec force, en disant : Elle est tombée, elle est tombée, la

ô'xXoi, et des foules. Tous ces peuples sont ceux que gouverneront les dix rois. — Quœ... in bestia (vers. 16). Dans le grec : Les dix cornes que tu as vues et la bête haïront... Le pronom hi est au masculin, parce que les cornes figurent les rois d'après le vers. 12. — Odient fornicariam... Celle-ci avait été d'abord l'objet de leur passion (.comp. le vers. 2), et ils éprouveront bientôt un très vif regret de son châtiment terrible (cf. xviii, 9-10); mais ce détail exprime un phénomène psychologique très réel, car la haine succède promptement à l'amour passionné, surtout en de telles circonstances. — Desolatam facient .., et... et... Des images contenues dans cette petite description, les unes s'appliquent directement à la femme, les autres à la ville qu'elle symbolise. Elles marquent l'humiliation et la destruction. — Concremabunt. Suivant l'usage antique. Cf. xviii, 8, 18; Ez. xvi, 41, etc. — Deus enim... (vers. 17). L'ange indique de quelle manière a pu se former une telle entente des dix rois et de la bête contre la femme : Dieu, qui voulait punir celle-ci, les a fait se liguer contre elle ; c'est donc en réalité son propre plan qui a été suivi et accompli : ut faciant quod... Bien d'autres fois encore, les méchants sont devenus, à leur insu, les exécuteurs des volontés divines. La Vulgate n'a pas traduit les mots y.al TiotYicrai fiiav yvcoiXYiv, « et ut faciant unum consilium ». Comp. le vers. 13*. — Donec consummcntur...: jusqu'à ce que les desseins de Dieu aient été entièrement

réalisés. Cf. x, 7*>. — Mulier quam... (vers. 18). L'ange dit rnaintenant en termes plus clairs ce que symbolisait la femme. Comp. les vers. 5 et 9. — Civitas magna. Comme d'ordinaire dans le grec : la ville, la grande. Cf. xiv, 18; xviii, 10, etc. — Quse... regnum super... Ce détail, comme celui des sept collines, convient fort bien à l'ancienne Rome; mais il ne s'agit d'elle ici qu'en tant qu'elle figure la métropole idéale du futur royaume de l'Antéchrist.

2« La chute de Babylone. XVIII, 1-24.

Cette page, justement admirée sous le rapport littéraire, décrit d'une façon tragique la ruine de la grande cité, que plusieurs passages antérieurs ont annoncée. Cf. xiv, 8; xvi, ig*"; xvii, 1, 16-18. Le langage est très poétique; des traits nombreux sont empruntés à l'Ancien Testament, surtout à Isaïe, à Jérémie et à Ézéchiel.

Chap. XVIII. — 1-3. Le prélude : un ange annonce comme un fait accompli la destruction de Babylone, et il en Indique la cause. — Et post hsec... Transition. Voyez iv, 1 et le commentaire. — Alium (autre que celui de xvii, 1, 7, 15)... habentem... Comp. x, 1; xiv, 6; xx, 1, etc. C'est sans doute pour coopérer lui-même à la ruine de la Babylone symbolique que cet ange a reçu de Dieu une puissance extraordinaire. — Terra illuminata... Comme dans Ézéchiel, xLiii, 2''. — Oecidit... (vers. 2). Voyez xiv, 8 et les notes; Is. xxi, 9. — Et facta est... Cette description de l'état de Babylone après sa ruine rappelle Isaïe, xiii, 19, 21-22 et xxxiv, 11-15.

Apoo. XVIII, 3-8.

grande Babylone ; et elle est devenue la demeure des démous, et le repaire de tout esprit immonde, et le repaire de tout oiseau immonde et haïssable ;

3. car toutes les nations ont bu du vin de la colère de sa prostitution, et les rois de la terre se sont souillés avec elle, et les marchands de la terre se sont enrichis par l'excès de son luxe.

4. Puis j'entendis une autre voix venant du ciel, qui disait : Sortez du milieu d'elle, mon peuple, afin de ne point participer à ses péchés, et de ne pas avoir une part à ses plaies.

0. Car ses péchés sont parvenus jusqu'au ciel, et le Seigneur s'est souvenu de ses iniquités.

6. Traitez -la comme elle vous a traités elle-même, et rendez -lui au double selon ses œuvres ; dans la coupe où elle vous a versé à boire, versez -lui deux fois autant.

7. Autant elle s'est glorifiée et livrée aux délices, autant donnez -lui de tourments et de deuil , parce qu'elle dit dans son cœur : Je trône en reine, et je ne suis pas veuve, et je ne verrai pas le deuil.

8. C'est pour cela que ses plaies viendront en un seul jour, et la mort, et le deuil, et la famine, et elle périra par le feu, car il est puissant, le Dieu qui la condamnera.

est habitatio dajmoniorum, et custodia omnis spiritus- immundi, et custodia omnis volucris immundse et odibilis :

3. quia de vino irae fornicationis ejus biberunt omnes gentes, et reges terras cum illa fornicati sunt, et mercatores terrae de virtute deliciarum ejus divites facti sunt.

4. Et audivi aliam vocem de cœlo, dicentem : Exite de illa, populus meus, ut ne participes sitis delictorum ejus, et de plagis ejus non accipiatis.

5. Quoniam pervenerunt peccata ejus usque ad caelani, et recordatus est Dominus iniquitatum ejus.

6. Reddite illi sicut et ipsa reddidit vobis ; et duplicate duplicia secundum opéra ejus ; in poculo quo miscuit, miscete illi duplum.

7. Quantum glorificavit se et in deiiciis fuit, tantum date illi tormentum et luctum, quia in corde suo dicit : Sedeo regina , et vidua non sum , et luctum non videbo.

8. Ideo in una die venient plagae ejus, mors, et luctus, et famés ; et igné comburetur, quia fortis est Deus, qui judicabit illam.

Voyez aussi Jer. l, 39 et u, 37; Soph. ii, IS**. — Habitatio dœmoniorum , et..., et... Les esprits immondes ne diffèrent pas des démons (cf. XVI, 13). D'après les croyances juives, le désert et les ruines leur servent de résidence, ainsi qu'aux animaux impurs. — Quia de... (vers. 3). L'ange justifie ce châtiment sévère. Sur le trait vino irse..., voyez xiv, 8; xvii, 2; Jer. u, 7, 35, etc. — Beges terrse cum illa... Cf. xvii, 2. Le détail suivant, et mercatores..., est ajouté pour préparer les vera. 11 et ss. — De virtute deliciarujn... Plutôt, d'après le grec : Ils se sont enrichis de la force de son luxe. Ceux qui adoptent la traduction de la Vulgate en donnent cette interprétation : par . la grandeur de sa mollesse et par son amour des plaisirs, qui nécessitaient toute sorte d'objets luxueux.

4-8. Une voix du ciel presse les bons de s'éloigner d'elle, à cause de l'imminence de sa ruine, et ordonne aux exécuteurs des vengeances divines de la châtier rudement, h cause de ses crimes et de son orgueil. Ici encore, nous trouvons de nombreuses réminiscences des prophètes, et en particulier des chap. l et li de Jérémic, qui concernent la chute de la Babylone historique. — Aliam vocem... Elle retentira

jusqu'à la fin du vers. 8. — Exite de... Les chrétiens sont invités ù quitter au plus tôt cette ville souillée, pour ne point avoir part soit à ses fautes, soit à son sort (ne participes...). Comp. Matth. XXIV, 16 et ss., et aussi Is. xlviii, 20 et LU, 11 ; Jer. L, 8 et li, 6, 9, 45. — Quoniam... (vers. 5). Emore le motif du châtiment. Cf. Jer. li, Q**. La traduction littérale du grec serait : Parce que ses péchés se sont élevés jusqu'au ciel. — Recordatus est... Comme ci-dessus, xvi, 19. — Reddite illi. . (vers. 6). Continuant de s'adresser à ceux que Babylone a si cruellement persécutés, la voix céleste leur recommande de « s'associer, au moins en esprit, à la vengeance rémunératrice qui va la frapper. » Cf. Ps. cxxxvi, 8 ; Jer. l, IS'' et 29''. — La même pensée est répétée une seconde fois, duplicate illi..., (cf. Is. XL, 2^; Jer. xvi, 18), une troisième (in poculo... miscete...; cf. xiv, 10), et même une quatrième, quantum glorificavit... (vers. 7). Ces derniers mots font allusion à l'orgueil effréné de Babylone; orgueil dont l'ange donne la preuve, en citant une parole altière de la cité : Sedeo regina, et... Écho d'Isaïe, xlvii, 7-8. — Ideo ( vers. 8 ) : à cause des crimes de la Babylone mystique. La formule in una die a ici le sens

Apoo. XVIII, 9-13.

9. Et flebunt, et plangent se super illam reges terrse qui eu m iila fornicati sunt, et in deliciis vixerunt, cum viderint fumum incendii ejus ;

10. longe stantes propter timorem tormentorum ejus, dicentes : Vae, vse civitas illa magna Babylon , civitas illa fortis, quoniam una hora venit judicium tuum!

11. Et negotiatores terrée flebunt, et lugebunt super illam, quoniam merces eorum nemo émet amplius :

12. merces auri, et argenti, et lapidis pretiosi, et margaritae, et byssi, et purpuras, et serici, et cocci (et omne lignum thyinum , et omnia vasa eboris, et omnia vasa de lapide pretioso, et aeramento, et ferro, et marmore,

13. et cinnamomum) , et odoramentorum, et unguenti, et tliuris, et vini, et olei, et similse, et tritici, et jumentorum,

9. Et les rois de la terre qm se sont souillés et ont vécu dans les délices avec elle, pleureront sur elle et se frapperont la poitrine, lorsqu'ils verront la fumée de son embrasement.

10. Se tenant à distance dans la crainte de ses tourments, ils diront: Malheur!

malheur ! Babylone , la grande ville , la ville puissante, en une heure ta condamnation est venue.

11. Et les marchands de la terre pleureront et se lamenteront sur elle, parce que personne n'achètera plus leurs marchandises :

12. marchandises d'or et d'argent, de pierres précieuses et de perles, d'étolïes de lin , de pourpre , de soie et d'écarlate, de bois odoriférant de tout genre, de toute espèce d'objets en ivoire, et de toute espèce d'objets en pierres précieuses, en airain, en fer et en marbre,

13. de cinnamome, de senteurs, de parfums, d'encens, de vin, d'huile, de fleur de farine, de blé, de bêtes de

de soudain, rapidement. — Quia fortis qui... Réflexion très menaçante. La grande coupable ne saurait donc échapper au sort qu'elle mérite. 9-10. A. la sentence de condamnation prononcée par le ciel se joignent, sur la terre, des chants élégiaques, vers. 9-19, dans lesquels les rois amis de Babylone, puis les marchands et les navigateurs dont elle avait fait la fortune, se lamentent à son sujet. Nous entendons d'abord celui des rois. Comparez l'élégie semblable des

Scèae de deuil. (D'après un bas-relief romain.)

princes sur la ruine de Tyr. Ez. xxvi, 16-18.— Flebunt et plangent se. Deux signes de deuil : ils pleurent et se frappent la poitrine {Atl. arch., pi. XXVI, flg. 7). — Reges qvA... Comp. le vers. 2**;

xvn, 2, etc. — Cum viderint... Deux fois déjà il a été parlé de l'incendie de la ville. Voyez le vers. 8 et xvii, 16. — Longe stantes... (vers. 10). Détail dramatique et psychologique touu ensemble. — Le chant se compose de deux simples notes : un mot de sympathie (vse, vse...), et une parole d'étonnement {quia una hora...; ce trait surenchérit sur « una die » du vers. 8).

11-17» La lamentation des marchands. Comp. le poème semblable d'Ézéchiel, xxvii, 1 et ss., au sujet de Tyr. Les vers. 11-15 forment une longue introduction à l'élégie proprement dite. Ils énumèrent les principales marchandises que les négociants de tout l'univers apportaient à Babylone; ceux-ci font donc pour ainsi dii'e « l'inventaire de leur désastre ». — Quoniam merces... nemo... Ils gémissent autant sur euxmêmes que sur la ville. — Byssi (vers. 12): le fin lin. Cf. Luc. xvi, 19. — Lignutn thyinum. Le bois très fin du conifère nommé « Thuia ai-ticulata »; on s'en servait pour faire des meubles de luxe. — Vasa eboris. Hébraïsme : des ustensiles d'ivoire. — Au lieu de lapide pretioso, le grec porte : de bois très précieux. — Cinnamomum (vers. 13). Substance aromatique fournie par l'écorce intérieure de la plante du même nom. Cf. Ex. xxx, 23; Prov. vu, 17, etc. {Atl. d'hist. nat., pi. xxiii, flg. 6). — Odoramentorum. Dans le grec : a(j.w[XOV ; produit d'une autre plante aromatique de l'Inde, qui servait à composer un baume très apprécié, et qu'on employait aussi en guise de parfum (Pline, Hist. nat., xii, 28; Martial, viii, 17, etc.). — Vini... et tritici. L'énumération passe aux principaux produits alimentaires, objet d'un commerce considérable, et mentionne ensuite ies animaux agricoles grands et petits {jumentorum

Apoc. XVIII, 14-19.

somme, de brebis, de chevaux, de chars, d'escUives, et de pei'sonnes humaines.

14. Les fruits que ton âme désirait se sont éloignés de toi ; tontes les choses délicates et magnifiques sont perdues pour toi , et on ne les trouvera plus désormais.

15. Les marchands de ces choses, qui se sont enrichis avec elle, se tiendront à distance, dans la crainte de ses tourments, pleurant et se lamentant,

16. et disant: Malheur! malheur! la grande ville qui était vêtue de lin, de pourpre et d'écarlate , et parée d'or, de pierres précieuses et de perles ;

17. en une heure tant de richesses ont disparu. Et tous les pilotes et tous ceux qui naviguent sur mer, les matelots et ceux qui trafiquent sur mer, se sont tenus à distance,

18. et ont poussé des cris en voyant la place de son embrasement : Quelle ville, disaient -ils, était semblable à cette grande ville?

19. Ils ont jeté de la poussière sur leurs têtes, et ils ont crié en pleurant et se tourmentant, et ils disaient : Malheur ! malheur ! la grande ville , qui a enrichi de son opulence tous ceux qui avaient des vaisseaux sur la mer, a été ruinée en une seule heure.

et ovium, et equorum, et rhedarum, et mancipiorum, et animarum horainum.

14. Et poma desiderii animse tuœ discesserunt a te ; et omnia pinguia et prseclara perierunt a te, et amplius illa, jam non invenient.

15. Mercatores horum, qui di vîtes facti sunt, ab ea longe stabunt propter timorem tormentorum ejus, fientes ac lugentes,

16. et dicentes : Vœ, vae civitas illa magna, quae amicta erat bysso, et purpura, et cocco, et deaurata erat auro, et lapide pretioso, et margaritis ;

17. quoniam una hora destitutae sunt tantae divitise ! Et omnis gubernator, et omnis qui in lacum navigat, et nautae, et qui in mari operantur, longe steterunt,

18. et clamaverunt vi dentés locum incendii ejus, dicentes : Quse similis civitati huic magnas ?

19. Et miserunt pulverem super capita sua, et clamaverunt fientes et lugentes, dicentes : Vse, vœ civitas illa magna, in qua divites facti sunt omnes qui habebant naves in mari, de pretiis ejus; quoniam una hora desolata est !

et ovium), les chevaux, les chars h quatre roues irhedarum). — La liste est close par les esclaves, que désignent deux expressions distinctes : mancipiorum (à la lettre dans le grec : des corps) et animarum... La seconde est empruntée à Ez. XXVII, 13, d'après l'hébreu et les LXX. Elles sont classiques l'une et l'autre dans ce sens. — Et poma... (vers. 14). C.-à-d., les fruits (les mets délicats) que désirait vivement ton âme. La construction change ici tout à coup. — Omnia pinguia : les friandises. C'est la continuation de la même pensée. — Perierunt a te. Cf. Ps. cxiJ, 15. Cette perte sera perpétuelle : et amplixis illa... — Mercatores... (vers. 15). Le pronom horum représente tous les objets qui viennent d'être mentionnés. — Qui divites... Comme au vers. 9^ Au lieu du futur stabunt, le grec emploie l'aoriste ; au vers. 10, nous Usions le futur : la description alterne entre la vision et la prophétie. — Ab ea longe... propter... Comme auparavant les rois, vers. 10». Le grec coupe autrement la phrase : Ceux qui sont devenus riches par elle (par la ville) se sont tenus au loin... — Qux amicta... (vers. 16). Emprunt partiel au portrait de la femme qui symbolisait Babylone, xvii, 4. — Destitutse sunt (vers. 17). Littéralement dans le grec : Une si grande richesse a été rendue déserte. En ce sens que les marchandises ont cessé de s'écouler, et qu'elles

COMMEXT.

demeurent entassées, rbandonnées dans les magasins.

17''-19. Lamentation des navigateurs et des marins. Ils unissent leurs plaintes à celles des marchands, qui étalent comme « leurs alliés naturels ». — Gubernator représente les capitaines de vaisseau; nautx, les matelots ordinaires. La périphrase omnis qui... navigat désigne peut-être les négociants qui s'embarquent avec leurs marchandises, pour aller les vendre au loin. Au lieu de in lacum, le grec dit : « in locum »: Quiconque navigue vers un lieu (déterminé ). La locution qui in mari... est la plus générale des quatre. — Clamaverunt (vers. 18). Ce détail n'avait pas été signalé à propos des deux élégies précédentes. — Locum incendii... Dans le grec ; la fumée de son incendie. Comp. le vers. 9\ -- Qvse similis...? Exclamation analogue à celle de xiii, 4. Cf. Ez. xxvii, 32. — Miserunt pulverem... (vers. 19) : en signe de deuil. Comme dans Ézéchiel, xxvii, 30 (voyez aussi VAtl. arch., pi. xxvi, fig. 8; pi. xxviii, flg. 7). — In qua divites... Eux aussi (comp. le vers. 11), ils se désolent en pensant à la perte que leur cause la destruction de l'opulente cité. — Desolata est. C.-à-d.: Elle est devenue déserte. Voyez le vers. 17", d'après le texte grec.

20. Le ciel et les saints sont invités à se réjouir de ce très juste châtiment. C'est comme

Apoc. XVIII, 20-24.

20. Exulta super eam, caelura, et sancti apostoli, et prophetse, quoniam judicabit Deus judicium vestrum de illa.

21. Et sustulit unus angélus fortis lapidem quasi molarem magnum, et misit in mare, dicens : Hoc impetu mittetur Babjdon, civitas illa magna, et ultra jam non invenietur.

22. Et vox citharœdorum, et musicorum, et tibia canentium, et tuba, non audietur in te amplius, et omnis artifex omnis artis non invenietur in te amplius, et vox molae non audietur in te amplius ,

23. et lux lucernse non lueebit in te amplius, et vox sponsi et sponsse non audietur adhuc in te ; quia mercatores tui erant principes terrse, quia in veneficiis tuis erraverunt omnes gentes.

24. Et in ea sanguis propbetarum et sanctorum inventus est, et omnium qui interfecti sunt in terra.

20. Réjouis- toi sur elle, ô ciel ; et et vous aussi, saints apôtres et prophètes, parce que Dieu a vengé votre cause sur elle. .

21. Alors un ange puissant souleva une pierre semblable à une grande meule, et la jeta dans la mer, en disant : C'est avec cette vitesse que sera précipitée Babylone, la grande ville, et oa ne la trouvera plus jamais.

22. Et la voix des joueurs de harpe^ et des musiciens, et des joueurs de flûte et de trompette, ne sera plus jamais entendue chez toi ; et aucun artisan , de quelque art que ce soit, ne s'y trouvera plus ; et le bruit de la meule ne sera plus jamais entendu en toi ;

23. et la lumière de la lampe ne brillera plus jamais chez toi, et la voix de l'époux et de l'épouse ne sera plus entendue chez toi, parce que tes marchands étaient les princes de la terre, et que par tes enchantements toutes les nations ont été séduites.

24. Et en elle a été trouvé le sang des prophètes et des saints, et de tous ceux qui ont été mis à mort sur la terre.

un cri de triomphe qui retentit soudain après la ruine de Babylone. Cf. Jer. xii, 22^; lt, 48.

— Exulta. Cette invitation provenait sans doute aussi de la voix qu'a mentionnée le vers. 4; selon d'autres, du voyant lui-même. — Et sancti apostoli, et... Lisez plutôt : Et les saints, et les apôtres , et les prophètes. La première expression est générale , et s'applique à tous les chrétiens ; les deux autres sont plus spéciales. — Judicabit. Au prétérit dans le gi'ec : (Dieu) a jugé votre jugement... C.-à-d.: Il vous a vengés en châtiant la coupable,

21-2*. Une action symbolique annonce le caractèi'e définitif de la ruine de Babylone, — Qi^asi molarem... : une meule à moudre le blé. Il y en avait de diverses tailles, selon qu'elles étaient tournées par les bras humains ou par des animaux. Voyez VAtl. arch., pi. xxi , flg. 1-3 ; pi. XLiii, fig. 3). — Misit in mare. Comparez un acte semblable de Jérémie, i,i, 63-64, également à propos de Babylone. Celui-ci signifie que la ville détruite ne sera jamais rétablie ; sa mine est irréparable. — Hoc impetu : avec cette violence, cette rapidité. — Et ultra jam... Même formule sinistre qu'au vers. 14*'; cf. Deut.xiii, 16.

— Et vox... non... (vers. 22). Cf. Is. xxiv, 8 et Ez. xxvx, 13. L'ange prédit que tout signe de joie et de vie heureuse a disparu à Jamais de Babylone. — Le trait final du vers. 22, et vox moïse,.., et ceux de la première moitié du ver-

set 23 sont des échos de Jer. vu, 34; xvr , 9 et XXV, 10. — Mercatores... principes... (vers. 23''). Comme dans Isaïe, xxiii, 8. — In veneflciis tuis... Même pensée que dans Nahum , m, 4^ La Babylone mystique aura séduit les peuples à la

Joueuse de flûte.

(D'après les monuments groof5,>

manière d'une enchanteuse. or, Is. xr.ix, 9, 12. — In ea sanguis... ( vers. 24 ). C'était le crime par excellence de la grande cité, celui que Dieu avait surtout à cœur de venger : elle avait fait couler à flots le sang des chrétiens. Cf. vi. 10-1 1 >

XVII, 6a

Apoc. XIX, 1-6.

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