Dico enim per gratiam quse data
13, etc. Les mots « vos corps » ne sont donc pas simplement synonymes de « n'^ous - mêmes , vos personnes ». — Hostiam vivant. Dans le culte juif, les victimes étaient mises à mort, et c'est surtout dans cet acte que consistait le sacrifice. Il faut que le chrétien soit une victime toujours vivante, puisqu'il a été régénéré par le baptême et qu'il a commencé alors une existence nouvelle, entièrement opposée à l'état de mort où le péclié l'avait placé. — Sanctam : sainte et sans tache. Cf. I Petr. i, 16. Dans toutes les
Rome dominatrice du monde.
(Musée du Louvre.)
religions anciennes, on tenait à n'immoler que des victimes sans défaut. Cf. Lev. xix, 2, etc. — Dec placentem. Ce corps vivant et saint ne saurait manquer d'être pour Dieu une hostie d'agréable odeur. — Les mots rationabile obsequium... servent d'apposition à « corpora vestra hostiam... » Dans le gi-ec : ty^v Xoyixv^v Xarpet'av ■u(xu)v, votre culte rationnel, c.-à-d. , un culte conforme à la raison, un culte spirituel; par conséquent, un sacrifice qui ne soit pas purement matériel et extérieur, comme l'était l'offrande d'un animal sans raison. Comp. I Petr. n, 2, où l'adjectif Xoyix-/i est employé dans le même sens. — Au vers. 2, la recommandation
de mener une vie sainte est réitérée sous une autre forme. — Nolite conformari... Il faut que le chrétien transfigure continuellement son être intérieur, et se conforme à la volonté de Dieu. — Huic saeculo. Locution fréquemment employée par les écrivains sacrés du Nouveau Testament (de même l'expression synonyme « ce monde »), pour représenter l'humanité déchue et livrée au péché. Cf. I Cor. i, 20; ii, 6, 8; m, 18; II Cor. IV, 4; Gai. i, 4; Jac. i, 27, etc. A coup sûr, ce n'est point parmi les hommes entachés de l'esprit de ce siècle que le chrétien doit chercher un modèle de sa vie morale. — Après le type à éviter, Paul indique le modèle à réaliser : sed reformamini... Plus exactement, d'après le texte original : Transformez - vous par le renouvellement de votre esprit. Il est nécessaire que le chrétien change en quelque sorte de forme ( [xsTafj.opqsoucrôe), qu'il dépouille le vieil homme, comme il est dit ailleurs, et qu'il se revête du nouveau, Notre -Seigneur Jésus- Christ. — Manière dont aura lieu cette transformation : in novitate...; c.-à-d., par ie renouvellement de la partie la plus relevée de notre être, le voue isensus vestri). — Vt probetis... En vertu de cette transformation, l'intelligence, « qui est le siège du jugement moral, » devient capable de bien connaître la volonté de Dieu, et par là même de l'accomplir avec fidélité. — Bona,et...,et... D'après la traduction de la Vulgate, ces trois épithètes caractérisent la volonté divine, qu'elles représentent comme l'opposé du mal , comme justement admirée des hommes lorsqu'ils savent la comprendre, enfin comme l'idéal de la perfection. Mais le grec a une signification un peu différente : (Afln que vous sachiez apprécier quelle est la volonté de Dieu, à savoir) le bien, l'agréable et le parfait. Les trois adjectifs , pris substantivement et précédés de l'article (t6 àyaôov, to...), marquent donc en quoi consiste d'une manière générale la volonté de Dieu. Le Seigneur veut que nous fassions ce qui est bon en soi, ce qui lui est agréable et ce qui est parfait.
2» Comment doivent se comporter les chrétiens dans leurs rapports mutuels. XII, 3-21.
Saint Paul insiste spécialement sur les deux grands devoirs de l'humilité , vers. 3 et ss., et de la charité, vers. 9 et ss.
3-8. Ne pas s'enorgueillir des dons qu'on a reçus, mais en faire humblement le profit de tous. — Dico enim per... L'exhortation (comp. le vers. 1) devient un ordre, intimé par saint Paul au nom de son autorité apostolique, que
Rom. XII, 4-6.
est mihi, omnibus qui sunt in ter vos, non plus sapere quara oportet sapere, sed sapere ad sobrietatem , et unicuique sicut Deus divisit mensuram fidei.
4. Sicut enira in uno corpore multa membra habemus, omnia autem membra non eumdem actum habent,
5. ita multi unum corpus sumus in Christo, singuli autem alter alterius membra.