Et ascendcrimt super latitudinem
période non encore ouverte, mais réservi'e pour le dernier âge du monde, et durant laquelle l'Égli.-e de Jé&us, qui avait beaucoup souffert du monde, de l'Antéchrist et de Satan, jouira de la paix, du bonheur, et exercera une influence puissante sur les peuples, manifestant dès ici-bas « tout ce dont l'Église est capable ». Quant h l'opinion de Bossuet, d'après laquelle ces mille ans correspondraient aux dix premiers siècles du christianisme, elle est tout à fait arbitraire.
— Ceteri... non... (vers. 5). C'est une autre catégorie de morts. Seuls, d'après le vers. 4**, les martyrs et les confesseurs (« qui non adora verunt... nec... ») appartiennent à la première catégorie. — Les mots hsec est... se rattachent directement au même vers. 4, la phrase « cetei 1... non... donec... » étant une sorte de parenthèse.
— Resurrectio prima : par opposition à la seconde, décrite dans les vers. 12-13, et qui ne diffère pas de la résurrec ion générale. On ne trouve nulle part ailleurs cette expiession, sur le sens de laquelle les commentateurs ne s'entendent pas complètement. Comme on ne saurait admettre qu'il y aura deux résurrections distinctes et successives, la première pour les martyrs et pour les autres saints qti'a mentionnés le vers. 4'\ la seconde pour le re»te des hommes, il est probable que saint Jean n voulu parler ici non de la résurrection des corps, mais de l'entrée des âmes dans le bonheur éternel. En effet, i\ n'cît pas possible d'admettre qu'il y aurait en (jiôme temps sur la terre un nombre considé- •ible de saints, déjà re-suscités et glorifiés, et les hommes ordinaires (coiup. le vers. 7), formant la masse de la population. — Beatus et... (vers. 6). Raison de cette béatitude : in his secunda... La seconde mort, c'est certainement, d'après XXI, 8, la damnation éternelle, telle Qu'eUe existera pour les méchants Elle est appelée seconde, par contraste avec la première, c.-à-d. la mort physique. Cf. ii, 11. Ceux qui auront participé à la première résurrection , dans le sens indiqué plus haut, seront sûrs de leur sa-
lut éternel. — Sed erunt,.. Bien loin d'être damnfs comme les impies, les élus jouiront d'immenses privilèges : ils seront tout ensemble prêires et rois dans le ciel. Voyez i, 6 et v, 10. — Dei et ChrisH. La Juxtaposition de ces deux noms démontre aussi clairement que possib.e, surtout après la mention du sacerdoce, la divinité de Jésus -Christ.
7-10. Le dernier effort et la défaite suprême de Satan. ~* Solvetur : seulement pour un temps très court, d'après le vers. 3*'. — Seducet... : par ses brillants prodiges, ses fallacieuses pr< -messes, etc. Jusqu'au bout les moyens de séduction auront de la prise sur les hommes. — Gentes quse... Ces peuples sont censés coexister avec les Saints, mais loin c'eux. aux extrémités de la terre. Sur la locution quatuor angulos..., voyez VII, 1 et Is. XI, 12. — Les mots Gog et Magog sont une apposition au substantif « gentes », qu'ils déterminent; ils dépendent aussi du verbe « seducet ». C'e-t un emprunt à Ézéchlel, xxxvrii, 2 et ss. (voyez le commentaire), passage où l'on voit Gog prince de Magog, attaquer Israël avec une extrCme violence à la fin des temps, et périr lui même avec ton peuple dans un horrible carnage. Ici, les deux noms symboli-ent les nations qui tenteront une dernière lutte contre Dieu à la fin du monde; d'où il suit encore que les mille ans ne sauraient représenter une époque durant laquelle toute opposition aura cessé couiie l'Égli.-e et contre le Christ. Aucune période de ce genre n'existeia, puisque, d'après la paiole de Jésus, il y aura des bons et des méchants sur la terre, et même dans son royaume, jusqu'ji la consommation des siècles. Cf. Matth. xiii, 47-50. — Congregabit eos... Cf. xvi, 14. L'image quorum numerus... rappelle Gen. xxxii, 13. — Et ascenderunù (vers. 8). Du futur, saint Jean revient tout à coup au temps passé; comme eu d'autres endroits de son livre, le langage prophétique succède à celui de la vi*Ion. — Svfer latitudinem... C.-à-d., sur toute la surface de la teri*e, puisque i'É:,'lise, selon la remarque de
Apoc. XX, 9-11.
terrae, et circiiievunt castra sanctorum et civitatem dilectam.
9. Et descendit ignis a Deo de ceelo, et devoravit eos ; et diabolus , qui seducebat eos, raissus est in stagnum ignis et sulphuris, ubi et bestia
10. et pseudopropheta cniciabuntur die ac nocte in saecuîa sseculorum.
11. Et vidi thronum magnum candidum, et sedentem super eum, a cujus conspectu fugit terra et caelum, et locus non est inventas eis.
terre, et ils environnèrent le camp des saints, et la cité bien -aimée.
9. Mais un feu, lancé par Dieu, descendit du ciel et les dévora ; et le diable qui les- séduisait fut jeté dans l'étang de feu et de soufre, où la bête
10. et le faux prophète seront tourmentés jour et nuit dans les siècles des siècles.
11. Alors je vis un grand trône blanc, et celui qui était assis dessus ; devant sa face le ciel et la terre s'enfuirent, et il ne se trouva plus de place pour eux.
saint Aiigustin, de Civ. Del, xx, 2, « sera toujours répandue en tous lieux » et que « ses ennemis seront aussi partout ». — JEt circuicrunt castra... Les Saints se sont rassemblés de leur côté, et ils forment une puissante armée, protégée par un camp retranché. « S'il fallait prendre ici au pied de la lettre une ville où Jésus-Christ viendrait régner avec ses martyrs ressuscites , glorieux en corps et en âme , on ne saurait plus ce que voudraient dire ces nations qui viendraient assiéger la ville où 11 y aurait un peuple immortel et un Dieu qui régnerait visiblement au milieu d'eux. Il faut donc entendre ici une ville spirituelle, telle qu'est l'Église; un camp spirituel, qui est la société
Dieu Riir son' trône. (D'après une sculpture antique.)
des enfants de Dieu encore revêtus d'une chair mortelle et dans le lieu de tentation ; par conséquent aussi une guerre et un combat spirituel, ... qui se redoublera à la fin des siècles avec
un nouvel acharnement » ( Bossuet , h. l.). — Civitat'im dilectam. Il y a des articles dans le grec : la ville, l'aimée. C.-à-d., la .Jérusalem idéale, l'Église, chérie de Dieu comme l'ancienne. Cf. Ps. Lxxxvi, 2 ; Is. liv, 1 et ss.; Gai. iv, 25-26, etc. — Descendit ignis... (vers. 9). Les mots a Deo ont été ajoutés par la Vulgate. Le ciel intervient directement cette fois, sans qu'il y ait de combat proprement dit. Cf. Ez. xxxviii, 22 et xxxix, 6. — L'auteur principal de la révolte (qui seducebat ..) n'est pas oublié dans le châtiment : misses est. .. — In stagnum. . . Comme ci-dessus, xiv, 10. Sur le trait ubi et bestia et..., voyez XIX, 20. Les trois grands coupables sont ainsi à jamais associés dans l'enfer. — Die ac nocte (vers, 10) : sans relâche.
— In saecula... D'après le grec : dans les éons des éons.
« Le langage biblique n'a pas d'expression plus forte pour dé-igner une continuité sans fin.»
§ III. — La consommation de toutes choses. XX, 11- XXII, 5.
l» La résurrection des morts et le jugement général. XX, 11-15.
11. Le souverain juge. — Vidi thronum. Les deux épithètes magnum et candidum (Xeuy.ov, blanc) montrent que ce trône était encoi-e plus riche que celui de iv, 2. Comme d'ordinaire, la couleur blanche est l'emblème de la sainteté, de la gloire. — M sedentem... Dieu le Père. Sa présence aux grandes assises de la fin des temps ne contredit en rien les passages où Jésus- Christ est dé-igné comme le juge suprême. Voyez Act. xvn, 51 ; Rom. II, 16, etc. — Fugit terra et...: ne pouvant supporter l'éclat de la divine présence. Voyez un fait analogue, xvi, 20, 12-13. La résurrection et le jugement. — Vidi mortuos : tous sans exception, {magnos et..,;
Apoc. XX, 12 — XXI, 2.
12. Et je vis les morts, grands et petits, debout devant le trône. El des livres furent ouverts ; on ouvrit aussi un autre livre , qui est celui de la vie ; et les morts furent jugés d'après ce qui était écrit dans ces livres, selon leurs œuvres.
13. Et la mer rendit les morts qu'elle renfermait ; la mort et l'enfer rendirent aussi les morts qu'ils renfermaient, et chacun d'eux fut jugé selon ses œuvres.
14. Puis l'enfer et la mort furent jetés dans l'étang de feu. C'est là la seconde mort.
15. Et quiconque ne fut pas trouvé inscrit dans le livre de vie fut jeté dans l'étang de feu.
12. Et vidi mortuos, magnos et pusillos, stantes in conspectu throni ; et libri aperti sunt, et alius liber apertus est, qui est vifge, et judicati sunt mortui ex his quse scripta erant in libris, secundum opéra ipsorum.
13. Et dédit mare mortuos qui in eo erant, et mors et infernus dederunt mortuos suos qui in ipsis erant, et judicatum est de singulis secundum opéra, ipsorum.
14. Et infernus et mors missi sunt in stagnum ignis. Haec est mors secunda.
15. Et qui non inventus est in libro vitae scriptus, missus est in stagnum ignis.