‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 9 sur 873 · Car la justice de Dieu y est révé · texte numérisé non relu

Car la justice de Dieu y est révé

ignorare... (vers. 13). Encore une foi-mule faA'^orite de saint Paul. Cf. xi, 25; I Cor. x, 1 et XII, 1; II Cor. I, 8; I Thess. iv, 13. — Sœpe proposui... L'apôtre revient sur son ancien désir de venir à Rome. Il y avait vingt ans qu'il évangélleait le monde ; comment n'avait - il point encore visité les Romains? — Prohibitus sum... Plus loin, XV, 22-23, il dira ce qui l'avait empêché d'exécuter son dessein : son apostolat en Orient lui avait enlevé toute liberté. — Ut aliquem fructum... Expression bien modeste, pour désigner les résultats spirituels que saint Paul attendait de sa visite aux Romains. L'image est empruntée à la moisson. — Les mots sicut et in ceteris... prouvent que la plupart des chrétiens de Rome étaient des convertis du paganisme. — Grsecis ac Barbaris... (vers. 14). L'humanité entière se partageait entre ces deux catégories sous le rapport du langage : ceux qui parlaient le grec et ceux qui ne le parlaient pas. Sur la signification étymologique du mot Barbare, voyez Act. xxviii, 4 et les notes, — Debitor sum. En tant qu'apôtre des Gentils, Paul se devait à tous sans exception. Cf. I Cor. IX, 16-17. — Sapientibus et... L'humanité est divisée en deux autres catégories, cette fois sous le rapport de la civilisation : d'une part, les sages et les savants; de l'autre, les hommes Bimplea et sans instruction. — Quod in me (vers. 15). Périphrase qui équivaut au pronom Moi. — Promptum est. Le grec 7tpdOu[j.ov exprime une disposition ardente, généreuse. — Et vobis...: puisqu'ils étaient, eux aussi, ses créanciers sous le rapport de l'évangile.

3« Thème de l'épître. I, 16-17.

16-17. La justification par la fol. — Non... erubesco... La particule enim sert de transition, rattachant ce passage à la pensée qui précède. Prêcher l'évangile , c'était en réalité prêcher Jésus crucifié (cf. I Cor. i , 18 et ss.) ; or, porter ce message dans la capitale du monde civilisé pouvait paraître, au point de vue purement humain, une humiliation pour le prédicateur. Mais Paul ne connaissait pas un tel sentiment. — Evangelium. Les mots toO ^ptCTOu, ajoutés par quelques manuscrits, Bout ti'ès probablement

apocryphes. — Virtus enim... Raison pour laquelle Paul ne rougissait pas de l'évangile, et belle définition de ce message céleste, qui est véritablement une force divine, une manifestation admirable de l'énergie du Seigneur, en vue de la rédemption des hommes : in salutem... Cf. I Cor. I, 1-18, 23-24; il, 4; iv, 20, etc. L'évangile n'est donc pas une lettre morte, ui.e simple théorie ; il ne se compose pas de phrases sans vie, à la façon de la philosophie païenne. C'est une parole vivante et créatrice; c'est un instrument très efficace pour nous sauver. Le mot c( salut » doit être pris dans son acception spirituelle la plus générale : c'est, au négatif, la delivran^^.e de la damnation éternelle, grâce à Notre - Seigneur Jésus -Christ, et, au positif, la communication de la vie éternelle , également par Jésus - Christ. — Omni credenti. Deux mots fortement accentués, qui expriment la condition h laquelle nous est accordé le salut. Pour l'obtenir, la foi en Notre - Seigneur Jésus - Christ est absolument nécessaire ; mais quiconque aura cette foi pouira être sauvé, quels que soient ses antécédents. Voyez Marc, x , 30 ; Joan. m , 15-16; Act. IV, 12; xiii, 26, etc.; le concile de Trente , Sess. vi , de Justifie, cap. 8. Saint Paul développera et démontrera ce fait durant toute la première partie de l'épître. — Judseo... et Graeco. Ces mots désignent aussi le genre humain tout entier, envisagé sous le rapport de la religion. — Primum marque non seulement l'ordre historique d'après lequel la rédemption fut présentée aux hommes par Jésus- Christ, mais aussi le droit spécial que les Juifs , par suite de leurs relations avec Dieu et avec le Messie, avaient à cette rédemption. Ils possédaient vraiment la priorité sous ce rapport, et ce n'est pas sans raison qu'ils furent appelés les premiers auprèa de la crèche du Sauveur. Cf. Luc. ii, 8 et ss. Saint Paul leur concédait volontiers ce privilège. Voyez ui, 1; ix, 1 et ss. ; xi, 16 et ss,; Act. xiii, 46, etc. — Justitia... (vers, 17). Un troisième enim (comp. le vers. 16) marque l'enchaînement étroit des pensées. Cette fols, l'écrivain sacré va indiquer brièvement pourquoi l'évangile est « une force de Dieu pour le salut de quiconque croit »x

24 Rom. I, 18.

ex fide in fidem, sîcut scnptum est :

Justus autem ex fide vivit.

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