‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 10 sur 873 · Revelatur enim ira Dei de cselo · texte numérisé non relu

Revelatur enim ira Dei de cselo

lée par la foi et pour la foi, ainsi qu'il est écrit : Le juste vivra par la foi. ., 18. En effet, la colère de Dieu se ré-

C'est, en somme, une nouveUe définition qu'il donne de la bonne nouvelle. L'expression « justice de Dieu » (ôixaioouvT) 0£Otj) est employée sept fois encore dans cette épître. Cf. m, 6, 21, 22, 25, 26; x, 3 (deux fois). Voyez aussi II Cor. V, 21. Ici elle ne désigne pas une qualité subjective de Dieu, sa justice personnelle (elle a ce sens aux passages m, 6, 26, 26), mais une qualité que l'homme reçoit de Dieu. C'est donc comme s'il y avait : « justitia ex Deo », la justification dont Dieu est l'auteur, qui tire de lui son origine, moyennant certaines conditions. En effet, d'après la doctrine que l'apôtre va bientôt développer, tous les hommes sans exception sont aôtxot, injustes, profanes (a natura fllii irae», Eph. ii, 3). Ils ne peuvent sortir par eux-mêmes, par leur « propre Justice » (cf. X, 3), de ce triste et terrible état. La loi juive elle - même était incapable de les en tirer ; mais Dieu a daigné les sauver par son Christ, à condition qu'ils croiraient en lui. — L'apôtre revient sur le mode de cette justification : revelatur... Le verbe est au temps présent, pour dénoter un fait qui se reproduit sans cesse. Il est fort bien choisi : jusqu'à Jésus - Christ , la nature de la justification avait été un secret divin, que Je Sauveur a lui-même dévoilé, manifesté. — Ex fide in fidem (èx TrtaTeco; eîç 7ii(TTtv). Ces mots, qu'on a rattachés tantôt à « justitia Del », tantôt à « revelatur », ont été Interprétés de manières bien différentes. Les uns y ont vu la révélation en question, ayant pour point de départ la foi des prédicateurs de l'évangile, et aboutissant à la foi des auditeurs (Sedulius, etc.). D'autres ont pensé à un progrès dans l'objet même de la foi : « ex flde Legis in fldem Evangelii » (TertuUien, saint Jean Chrys.). D'autres ont supposé que l'apôtre veut parler ici du passage d'un foi subjective imparfaite à une foi plus parfaite (Théophylacte, Bstius,etc.). Pour d'autres encore, l'expression « ex fide » serait à l'abstrait et équivaudrait à « per fidem »; les mots « in fidem », au contraire, seraient au concret et désigneraient tous ceux qui croient, « In omnem credentem ». Comp. le passage parallèle m, 21-22, qui favorise grandement cette interprétation, à laquelle nous donnons notre assentiment (Œcumenius , Beelen, Cornely, etc.). Non que la foi seule soit suffisante ; mais elle est la condition essentielle sans laquelle la « justice de Dieu » ne peut être obtenue. D'où il suit que l'évangile est réellement une force divine pour le salut de tout croyant, puisqu'il révèle que la justification, sans laquelle l'homme serait incapable d'arriver à la vie éternelle , a sa source dans la foi en Jésus-Christ et n'est accordée qu'aux seuls croyants. — Saint Paul démontre, par un texte de l'Ancien Testament, l'incontestable vérité de son affirmation: Sicut scriptMwes^ Formule de citation employée par Jésuç-Cbriflt lui-même. Cf. Matth. rv, 4,7,

10. — Jnstus... ex fide... Comp. Habacuc, ii, 4, où on lit, d'après l'hébreu : Le juste vivra par sa foi. L'apôtre cite librement, d'après les Septante. « Axiome concis, mais profond. » Le prophète oppose aux Chaldéens orgueilleux , impies, dont il prédit la ruine, les humbles et pieux Israélites, auxquels il promet la vie spirituelle, le salut, à cause de leur foi en Jéhovah. Cf. Gai. m, 11.

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