‹ La Sainte BibleChapitre 10 sur 1331 · LE PENTATEUQUE · texte numérisé non relu

LE PENTATEUQUE

Nom.3 et division. — Dans le canon des Juifs, les cinq premiers livres de l'Ancien Testament sont appelés, d'après leur sujet principal, Séfer hattôrah, «le livre de la Loi, » ou simplement Tôrah, «la Loi1. » Les rabbins les désignent assez souvent par un nom bizarre qui fait allusion à leur nombre : « les cinq cinquièmes de la Loi. » Le mot Pentateuque, dérivé du grec hIvte, « cinq, » et TEû-/oç, « volume, » a également pour base la division du livre de la Loi en cinq parties distinctes.

Cette division est très ancienne, et vraisemblablement antérieure à l'époque de la traduction des Septante. Elle est aussi d'une parfaite exactitude, car chaque tome ou volume a réellement une physionomie à part, et correspond à des périodes diverses de la législation théocratique. La Genèse est une introduction, le Deutéronome une récapitulation. Dans les trois livres intermédiaires, les lois divines sont promulguées peu à peu, et rattachées aux événements historiques qui les virent paraître; mais le Lévitique se distingue à son tour de l'Exode et des Nombres, parce que seul il contient une masse de décrets formulés sans interruption notable.

Quant aux titres spéciaux dont on se sert pour désigner chaque partie, ils viennent directement du grec2, et sont empruntés à l'idée dominante ou initiale du livre. Les mots hébreux placés dans la Vulgate au-dessous de ces titres sont ceux mêmes par lesquels débutent les « volumes » : on les mentionne parce que les Juifs les emploient en guise de titres.

Noms Juifs. Noms grecs. Noms latins.

B'rësit, révscr:; (origine), Gencsis.

V^elleli s'mot, "EçoSo; (sortie), Exoclus.

Vayykera\ Ae-j£tixov ( lévitique ) , Leviticus.

Vayy'dabber, 'Aptô^ot (nombres), Numeri.

'Elleh haddebarim, AeuTEpovôtnov (seconde Loi) , Deuteronomium.

La Genèse commence par le récit de l'origine du monde et de l'humanité; l'Exode raconte longuement la sortie d'Egypte; le Lévitique est en grande partie consacré à la promulgation des lois relatives au culte juif et à la tribu de Lévi; le livre des Nombres débute par le recensement des Israélites; le Deutéronome réitère et inculque de nouveau la Loi.

1 Dcut. xxxi, 26; III Reg. il, 3; IV Reg. I comptant, dans le Pentateuque, jusqu'à G 13 pré> xxiii, 25; Ps. xvin (hébr. xix), 8 , et en coptes, dont 365 sont négatifs, et 248 positifs, d'autres nombreux passages. Cf. Luc. xxiv, 44, 2 A part celui de Nombres, qui est une trs-

6 vÔuloç. Les anciens écrivains Israélites ont rendu j ductlon de àp:0(iot.

cette dénomination plus significative encore, en I

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Lfc fENTATEUQDE

Le sujet traité. — Ainsi qu'il ressort de ces indications sommaires, an fond , t dan .< parti< i ssentielle, le Pentateuque a pour but d'exposer les origines .t la fondation du royaume théocratique. Tous les détails qu'il renferme connt ven ce grand fait: l'alliance, la législation du Sinaï, qui devait faire du peuple hébreu la nation privilégiée de Jéhovah en vue du Messie promis. Le vrai poinl de dépari de l'établissement de la théocratie, c'est la création; la morl de Moïse en est le dernier terme; les événements intermédiaires en forment tel est le contenu du Pentateuque.

De là l'importance capitale de ce livre aux cinq tomes. Véritable «océan de théologie , Belon la parole de saint Grégoire de Nazianze. Vraie base de l'Ancien Testament, dont Imites les autres parties le supposent; fondement de l'édifice religieux du judaïsme, qui s'écroulerait avec lui; fondement de la Bible entii re et de l'édifice religieux du christianisme, puisque tout se tient dans le plan divin de la Rédemption. Le Pentateuque est donc à l'ancienne Alliance ce que les Évangiles sont à la nouvelle.

Authenticité et intégrité. — C'est précisément à cause de son importance (pie le Pentateuque a été, depuis un siècle, le point de mire des plus violentes attaques de la part des incrédules. Pour l'ensemble comme pour les détails on a nié, malgré la tradition, qu'il fut l'œuvre de Moïse, et l'on a osé affirmer que ses portions législatives et juridiques auraient été composées seulement à l'époque des derniers prophètes1.

Mais 1° Moïse a pu écrire le Pentateuque. Il était doué, les plus sceptiques sont bien obligés de le reconnaître, d'une vaste intelligence, et quoi de plus naturel en soi, indépendamment de l'inspiration, qu'il tînt à préserver et à transmettre aux générations futures la législation dont il avait été le médiateur?

2" I He tradition universelle, qui remonte à plusieurs milliers d'années sans interruption aucune2, et à laquelle ont pris part soit les juifs, soit les samaritains, soit les chrétiens, nous certifie que Moïse est l'auteur du Pentateuque. Or un tel témoignage, portant sur uu fait si grave et si facile à constater, présente toutes les garanties désirables; au contraire, avoir inventé après coup ce livre et l'avoir placé tardivement entre les mains de tout un peuple comme l'œuvre de Moïse, serait un phénomène historique unique au monde, et d'une complète impossibilité.

3° L'évidence interne, comme l'on. dit, vient s'associer de la façon la plus énergique aux preuves extrinsèques, pour démontrer l'authenticité du Pentateuque. Et sous le rapport des idées, et sous celui du style, nous trouvons à toutes les pages de ce livre admirable le sceau et comme la signature de Moïse: archaïsmes, grandeur et simplicité, connaissance étonnante des choses de l'Egypte et de l'ancien monde, parfaite unité, etc., tout prouve que ce n'est pas une main de faussaire qui a composé les lignes suivantes : Scripsit autem Moyses universos sermones Domini, Ex. xxiv, 4; Postquam ergo scripsit Moyses verba legis hujus atque complevit, Deut. xxxi, 24 3. Moïse, assurément, a pu utiliser et incorporer à sa narration des documents plus anciens que lui; de même, il est visible çà et là que des notes archéologiques et géographiques ont été ajoutées à son texte: mais il n'en demeure pas moins l'auteur réel et principal du Pentateuque.

1 Voy. dans le Man. MU., nn. 248-255, l'histoire des attaques contre le Pentateuque , l'exposé et la réfutation des objections. Les preuves de l'aulhenticité sont développées ibid., nn. 238-247.

2 Le livre de Josué en est le premier chaînon.

3 Cf. Ex. xvii, 14; xxxiv, 27; Num. xxxm. ; Deut. xvn, 18, etc.

LA GENÈSE

Le sujet et le but. — La création, l'introduction du péché sur la terre, Phictoire des premières familles humaines et de leur prompte corruption, le déluge envoyé par Dieu comme un terrible châtiment, la dispersion des peuples, Abraham clioisi pour être le père d'une race privilégiée de laquelle naîtra le Rédempteur promis aussitôt après la chute, les débuts historiques de cette famille sacrée : voilà le thème bien connu qui est si noblement développé dans la Genèse, et qui couvre un espace d'environ 2 300 ans1.

Si le Pentateuque raconte les origines de la théocratie, la Genèse, remontant tout à fait aux principes, décrit les premières démarches entreprises par le Seigneur pour établir ici-bas son royaume. Quoique Abraham, le père des croyants, soit visiblement la figure principale et comme le héros de la Genèse, de même' que le pays de Chanaan, la future Terre sainte, est le théâtre sur lequel se déroulent les principaux événements du livre, néanmoins les annales de la théocratie seraient demeurées très incomplètes , si Moïse n'eût placé en tète de sa narration un résumé rapide de la vie des premiers humains. Pourquoi, en effet, une nation choisie entre toutes les autres? C'est parce que la grande masse des peuples s'était éloignée du vrai Dieu. Mais quelles étaient les relations de l'humanité avec Dieu, et comment s'était opérée celte séparation funeste? Il était nécessaire de le dire tout d'abord, afin de mieux montrer la nécessité des institutions théocratiques, et aussi pour mettre le plan divin sous son vrai jour: Jéhovâh, qui appela Abraham, ne diffère pas d"£ïo/um, le Dieu ciéateur. La création et la rédemption sont des actes intimement unis: un abîme, il est vrai, s'est ouvert entre Dieu et l'homme, sa créature d'élite; mais le Seigneur prend immédiatement des mesures pour réparer la chute. Un seul peuple est choisi; mais, en Israël, l'humanité entière sera bénie et rachetée, car toutes les nations sont solidaires et proviennent de la même source.

Plan et division. — Le plan est très simple et en même temps des plus harmonieux, dévoilant une œuvre bien proportionnée et réglée minutieusement. « La Genèse est en réalité un vaste tableau généalogique accompagné d'un texte explicatif, un tableau généalogique où les événements de l'histoire primitive et de l'histoire patriarcale viennent s'intercaler dans les intervalles de la ligne principale et des lignes secondaires, selon les personnages qui y jouent les rôles prépondérants, et dans lesquels les faits ainsi distribués reço;went un développement proportionné à leur importance dans l'ensemble i. •»

1 De la création à la mort de Joseph. I Tleruè des Questions historiques , 1876, n° de

s Delattre, le Flan de la Genèse, dans la I |uillet, p. 8-43.

Comment. — 1 2

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