assumptaque parabola sua, dixit
De Aram adduxit me Balac, rex Moabitarum, de montibus Orientis. Veni, inquit, et maledic Jacob; propera, et detestare Israël.
8. Quomodo maledicam, cui non ma ledixit Deus? Qua raitione détester, quem Dominus non detestatur?
9. De summis silicibus videbo eum , et de collibus considerabo illum : populus solus habitabit, et inter gentes non reputabitur.
10. Quis dinumerare possit pulverem Jacob, et nosse numerum stirpis Israël?
Moriatur anima mea morte justorum, et fiant novissima mea horum similia!
11. Dixitque Balac ad Balaam : Quid est hoc quod agis? Ut malediceres ini-
vrai qosem (voyez la note de xxn, 5), puisqu'il va chercher des présages à la manière des devins du paganisme. Cf. vers. 15 et xxiv, 1. Et pourtant c'est de Jéhovah (Dominus) qu'il attend l'inspiration. — Velociter (vers. 4). L'hébr. s'fl désigne plutôt une hautcurdénudéc (Onkélos,eto.), où rien ne gênerait la perspective.
7-10. L'oracle. — Axsumpta parabola. La même formule servira d'introduction aux autres prophéties. Cf. vers. 18; xxrv, 3, 15, 20, 21, 23. Par mâsal il faut entendre ici un langage qui procède par sentences et par images, comme celui des poètes (note de xxi, 17), et qui voile, sous des figures, des vérités d'un ordre supérieur. La diction poétique se manifeste en outre par le parallélisme des membres, ainsi qu'il arrive pour de nombreux passages des prophètes Juifs. Les vers. 7b et 8 forment un prélude rapide; 9-10 contiennent le corps même de l'oracle. — De Aram. C -à-d. de la Mésopotamie. Cf. xxn, 5, et le commentaire; Deut. xxm, 4 , etc. — Quomorlo maledicam.. ? Motif pour lequel Balaam ne peut maudire les Israélites : ils forment un peuple saint, béni de Dieu. — De svmmis silicibus,... de montibus. Allusion à la situation matérielle et physique du prophète. Cf. xxn, 41. — Videbo..., considerabo. Mieux : Je vois, je contemple; au temps présent. De même au vers suivant : il habite , il n'est pas compté. — Solus... Fait exté-
rieur, qui, pour le prophète divinement éclairé, figurait nettement la position d'Israël a l'égard des autres peuples (inter gentes non...). Telles étaient bien les volontés de Jéhovah à l'égard de sa nation sainte et séparée. Cf. Ex. xix, 5-6; xxm, 32-33, etc. — Grande prospérité réservée au peuple aimé de Dieu : quis... pulverem...* Mots qui rappellent les promesses du Seigneur à Abraham, Gen xm, 16. Au lieu de nosse numerum..., l'hébreu porte : « et le nombre di quart d'Israël. » On ne pourra pas même compto le quart de cette multitude innombrable. Hyperbole devenue réalité pour l'Église du Christ, qui a succédé à Israël. — Moriatur anima mea... Beaucoup d'interprètes ont vu dans ces paroles une preuve de la croyance à l'immortalité de l'âme. — Justorum (hébr. : y'sârim) désigne évidemment tout le peuple hébreu , envisagé dans ses relations intimes avec le Seigneur, et appelé ailleurs par antonomase T'surûn le Juste (Deut. xxxn, 15; xxxm, 5, 2G ). On meurt si doucement quand on est juste et qu'on partage les espérances d'Israël I Frappant contraste entre ce souhait de Balaam et sa mort. Cf. xxxi, 8.
11-12. Conclusion du premier oracle. Elle consiste en un court dialogue entre Balac, stupéfait, et le prophète, fidèle malgré lui. — Tu « contra benedicis... Dans l'hébreu : « Tu as béni.
Nom. XXIII, 12 21.
mici moi v ravi te; et tu e cont< l>. edici
11'. Oui îlie re8pondit : Num aliud mi loqui, ni.-i quod jusserit Dominus?
: Veni mecura in alteruin looum, unde partem Israël viit totum videre non possis; inde maledicito ei.
1-1. Cumque duxisset eum in locuin Bubliraem, super verticem montis Phas^a, œdificavit Balaam septem aras, et impo silis supra vitulo atque ariete,
1;"'. dixit ad Balac : Sta hic juxta holocaustum tuuiii, donec ego obvius pergam.
16. Oui cum Dominus occurrisset, posuissetque verbum in ore ejus, ait :
Revert ero ad Balac, et hœc loqueris ei.
17. Reversus invenit eum stantem juxta holocaustum suum, et principes Moabitarum cum eo. Ad qucm Balac :
Quid, inquit, locutus est Dominus?
18. At ille, assumpta parabola sua, ait : Sta, Balac, et ausculta; audi, fili Sephor.
19. Non est Deus quasi homo, ut mentiatur; nec ut filius hominis, ut mutetur. Dixit ergo,et non faciet? locutus est, et non implebit?
20. Ad benedicendum adductus sum ; benedictionem prohibere non valeo.
21 . Non est idolum in Jacob, nec videtur simulacrum in Israël. Dominus Deus
nir pour maudire mes ennemis, ei an contraire vou le : bén
11'. Balaam lui répondit : Puis je dire que ce que le Seigneur m'aura
commandé?
13. Balac lui dit donc : Venez aveo moi en un autre lieu, d'où vous apercenez une partie d'Israël sans que
le puissiez voir tout entier, afin que de là
VOUS I il'/..
14. Et lorsqu'il l'eût mené en un lieu foi l élevé, sur la rime du muni Ph i >, Balaam y dressa sept autels, mit sur chaque autel un veau et un bélier,
15. et dit à Balac : Demeurez ici auprès de votre holocauste, jusqu'à ce que j'aille voir si je rencontrerai le Seigru ur.
16. Le Seigneur, s'étant présenté devant Balaam, lui mit la parole dans la bouche, et lui dil : Retournez à Balac, et vous lui direz ces choses.
17. Balaam, étant revenu, trouva Balac debout auprès de son holocauste, avec les princes des Moabites. Alors Balac lui demanda : Que vous a dit le Seigneur?
18. Mais Balaam, commençant à prophétiser, lui dit : Levez -vous, Balac, et écoutez; prêtez l'oreille, fils de Séphor.
19. Dieu n'est point comme l'homme pour être capable de mentir, ni comme le fils de l'homme pour être sujet au changement. Quand il a dit une chose, ne la fera -t- il pas? Quand il a parlé, n'accomplira -t- il pas sa parole?
20. J'ai été amené ici pour bénir ce peuple; je ne puis m'empécher de le bénir.
21. Il n'y a point d'idole dans Jacob, et on ne voit point de statue dans is-
bénlr, " et la forme réduplicatlve (piel) : locution pleine d'emphase pour marquer une bénédiction sans mélange.
2» Second oracle. XXIII, 13-26.
13-18. Introduction, analogue à celle de l'oracle %ui précède (xxn, 41-xxiii, 6). — Veni.,. in altcrum locum. Idée toute païenne, qui faisait dépendre la bénédiction de circonstances de lieu, rie temps, etc. — Partem... et totum non piossis... Auparavant, xxi, 41, Balaam n'avait pu contempler que l'extrémité du camp israélite ; de sa station nouvelle, il en devait apercevoir une partie plus considérable : mais Balac réservait la vue totale pour une dernière expérience. Cf. xxiv, 2. -- In locum sublimera. Hébr. : s'deh sôjim , le champ des gardiens. Les mots suivants, super... Ci.rticem Phas'ja , déterminent l'emplacement
exact de cette localité : c'était vraisemblablement le sommet du Nébo. Voyez la note de xxi, 20, et Deut. ni, 27 ; xxxi, 4. Là, Balaam se trouvait beaucoup plus rapproché du camp hébreu. — Au vers. 17, Balac lui-même désigne à son tour le Dieu d'Israël par son nom caractéristique de Jéhovah (Dominus).
18-24. L'oracle. — De nouveau un court prélude, 18-20 : Sta Balac... — Non... quasi homo. Les hommes sont mobiles d'esprit et de cœur ; Dieu est immuable dans ses résolutions : toute tentative pour obtenir qu'il maudisse alors qu'il veut béidr est donc inutile. — Corps de l'oracle , vers. 21-24 : la force invincible d'Israël lui vient de son Dieu, auquel il demeure si étroitement attaché. — Non idolum..., simulacrum. D'après l'hébreu : Il ne contemple pas d'iniquité Çavinj
Num. XXIII, 22-30.
BiëL Le Seigneur son Dieu est avec lui, et on entend parmi eux le son des trompettes, pour marquer la victoire de leur Koi.
22. Dieu l'a fait sortir de l'Egypte, et sa force est semblable à celle du rhinocéros.
23. Il n'y a point d'augures dans Jacob, ni de devins dans Israël. On dira en son temps à Jacob et à Israël ce que Dieu aura fait parmi eux.
24. Ce peuple s'élèvera comme une lionne, il se dressera comme un lion; il ne se reposera point jusqu'à ce qu'il dévore sa proie, et, qu'il boive le sang de ceux qu'il aura tués.
25. Balac dit alors à Balaam : Ne le maudissez point, mais ne le bénissez pas non plus.
26. Balaam lui répondit : Ne vous ai -je pas dit que je ferais tout ce que Dieu me commanderait?
27. Venez, lui dit Balac, et je vous mènerai en un autre lieu, pour voir s'il ne plairait point à Dieu que vous le maudissiez de cet endroit -là.
28. Et après qu'il l'eut mené sur le sommet du mont Phogor, qui regarde vers le désert #
29. Balaam lui dit : Faites -moi dresser ici sept autels, et préparez autant de veaux et autant de béliers.
30. Balac fit ce que Balaam lui avait dit, et il mit un veau et un bélier sur chaque autel.
ejus cum eo est, et clangor vietorise régis in illo.
22. Deus eduxit illum de iEgypto, cujus fortitudo similis est rhinocerotis.
23. Non est aùgurium in Jacob, nec divinatio in Israël. Temporibus suis dicetur Jacob et Israeli quid operatus Bit Deus.
24. Ecce populus ut lesena consurget, et quasi leo erigetur; non accubabit donec devoret prsedam, et occisoriim sanguinem bibat.
25. Dixitque Balac ad Balaam : Née maledicas ei, nec benedicas.
26. Et ille ait : Nonne dixi tibi, quod quidqu.d mihi Deus imperaret, hoc facerem?
27. Et ait Balac ad eum : Veni , et ducam te ad alium locum, si forte placeat Deo ut inde maledicas eis.
28. Cumque duxisset eum super verticem montis Phogor, qui respicit solitudinem ,
29. dixit ei Balaam : ^Edifica mihi hic septem aras, et para totidem vitulos, ejusdemque numeri arietes.
30. Fecit Balac ut Balaam dixerat ; imposuitque vitulos et arietes per singulas aras.
dans Jacob, et 11 ne volt pas de misère {'amal; le mal physique , en châtiment du mal moral ) dans Israël. — Clangor Victoria régis... Littéralement : une acclamation (fiu'ah) de roi est en lui. Manière énergique de dire que les Hébreux étaient tout dévoués à leur divin roi, et constamment joyeux de sa présence au milieu d'eux. — Deus eduxit... La tournure hébraïque (« ducens lllos ») exprime un acte encore inachevé, mais qui persévère. — Fortitudo... rhinocerotis. « Comme des élans de r"êm. » Belle et vigoureuse comparaison. Le r"êm, objet de discussions 6ans (in , n'est certainement pas le buffle, et probablement pas le bubale, mais plutôt l'aurochs ( « Bus unis » des naturalistes , dont le bison américain est une variété peu distante). Les monuments assyriens le représentent souvent, toujours sous des traits qui dénotent sa force et sa nature farouche. Voyez VAU.d'hist.nat., pi. lxxvti, flg. 2, 7 ; pi. xci, flg. 4 ; pi. xen, flg. 2 ; pi. xcm, fig. 4; pi. xerv, flg. 4. On ne pouvait mieux exprimer la vigueur avec laquelle Israël , soutenu par Bon Dieu, s'élançait par bondt k 1» conquête
de la Palestine. — Non est auyurium (naliuS, l'avenir pronostiqué par la nature, les animaux, etc.), nec divinatio (qèsem, les révélations faites directement par les faux dieux, c.-à-d. par le démon)... Les Hébreux n'avaient nul besoin de ces choses, puisque Jéhovah leur annonçait luimême ce qu'il voulait d'eux ( temporibus suis dicetur...). — Ecce... ut leœna... Autres comparaisons pleines de noblesse. Cf. Gen. xlfx, 9.
25-26. Conclusion du second oracle. — Nre maledicas... Balac voudrait que Balaam observât au moins la neutralité. Cf. vers. 11.
3» Troisième oracle. XXIII, 27 -XXIV, 14.
27-30. Rites préparatoires. — Ad alium locum, si forte... La ténacité de Balac est remarquable ; il est vrai qu'à ses yeux l'existence même de son royaume était en jeu. — Montis Phogor (hébr.: P"ôr). Cette cime, placée à l'ouest du Nébo (AU. gèogr., pi. vu), était plus rapprochée encore da camp israélite, qu'elle surplombait directement (respicit solitudinem ; hébr. : Y°èimôn). Voyea xxi, 20, et l'explication.
Num. XXIV, 1 7