Et le Seigneur lui apparut et lui
nature ardente : la vie calme de son aïeul et de son père ne lui convenait pas. — Agricola : non pas «agriculteur », ce qui serait un contresens ; mais « homme des champs », qui errait à travers la campagne pour chasser. — Jacob... vir simplex... Do mœurs plus douces, Jacob menait une vie sédentaire, ne s' éloignant pas du cercle de la famille , et mettant son bonheur dans les travaux domestiques.
28. Autre trait plein d'intérêt, et d'une grande vérité psychologique. Souvent les prédilections naissent des contrastes. Le doux Isaac amabat Esau ; l'énergique Rébecca diligebat Jacob.
29-30. Pulmentum. Un plat de lentilles, d'après le vers. 34. — De agro lassus : comme le sont les chasseurs, après une journée de marches et de contremarches. — De coctione hac rufa. L'hébreu est tout à fait expressif : Min ha'adôm, ha'adôm hazzeh ; « du rouge, de ce rouge! » Cette ligne trahit l'appétit glouton d'Esail. n montre le potage fumant, et se borne aie désigner par sa couleur ( les lentilles cuites ont une couleur rougeâtre ). — Edom. Nous avons va plus haut une première cause de ce surnom ( vers. 25 ), nous en trouvons ici une seconde.
31-33 Dialogue rapide et dramatique. Comme Je a supplantateur » profite habilement de la situation! — *rende (l'hébr. ajoute : aujourd'hui) ... primogenita. En quoi consistaient alors les pri-
vilèges du fils aine? Peut-être avait-il droit déjà a une double part d'héritage. Cf. Deut. xxi, 15- 17. Mais surtout il était le chef de la famille patriarcale , et c'est à sa personne qu'étaient rattachées les bénédictions promises à Abraham ; et tels sont les avantages que Jacob convoitait, comme le démontrera toute sa vie. — En morior, quid mihi...? Esaii, lui, ne pense qu'à la jouissance du moment; peu lui importe le reste. — Jura mihi. Jacob prend toutes ses précautions pour rendre la cession irrévocable.
34. Lentis edulio. Mets très recherché des Sj*riens et des Égyptiens. Voy. l'Atlas archèolog. de la Bible, pi. xxn, flg. 6. — Comedit, bibit, abiit. Description très vivante, qui exprime à merveille l'indifférence d'Esau pour ce qu'il y avait de plus sacré ; de là cette réflexion finale du narrateur : parvipendens...
§ II. — Isaac à Gérara. XXVI, 1 -22.
1° Rénovation des promesses divines, vers. 1-6.
Chap. XXVI. — 1. Orta famé. Voy. xn,10, et le commentaire. — Ad Abimelech. Est-ce le même que celui qu'avait connu Abraham (ch. xx)f Difficilement, car quatre-vingts ans se sont écoulés depuis lors.
2-5. Apparutt... ei Dominus. L'histoire sainte ne signale que deux apparitions de Dieu à Isaac :
Gen. XXVI, 3-12.
dit : N'allez point en Egypte, mais deincure/ dans le pays que je vous montrerai.
3. Passez-y quelque temps comme étranger, et je serai avec vous, et je vous bénirai ; car je vous donnerai à vous et à votre race tous ces pays - ci , pour accomplir le serment que j 'ai fait à Abraham votre père.
4. Je multiplierai vos enfants comme les étoiles du ciel ; je donnerai à votre postérité tous ces pays que vous voyez, et toutes les nations de la terre seront bénies dans celui qui sortira de vous :
5. Parce qu'Abraham a obéi à ma voix, qu'il a gardé mes préceptes et mes commandements, et qu'il a observé les statuts et les lois que je lui ai donnés.
G. Isaac demeura donc à Gérara.
7. Et les habitants de ce pays -là lui demandant qui était Rébecca, il leur répondit : C'est ma sœur. Car il avait craint de leur avouer qu'elle était sa femme, de peur qu'étant frappés de sa beauté, ils ne résolussent de le tuer.
8. 11 se passa ensuite beaucoup de temps, et comme il demeurait toujours dans le même lieu, il arriva qu'Abimélech, roi des Philistins , regardant par '..ne fenêtre, vit Isaac qui se jouait avec Rébecca sa femme.
9. Et l'ayant fait venir, il lui dit : Il est visible que c'est votre femme ; pourquoi avez-vous fait un mensonge, en disant qu'elle était votre sœur ? Il lui répondit : J'ai eu peur qu'on ne me fît mourir à cause d'elle.
10. Abimélech ajouta : Pourquoi nous en avez-vous ainsi imposé? Quelqu'un de nous aurait pu abuser de votre femme, et vous nous auriez fait tomber dans un grand péché. Il fit ensuite cette défense à tout son peuple :
11. Quiconque touchera la femme de cet homme, sera puni de mort.