‹ La Sainte BibleChapitre 186 sur 1331 · Ait : Tu es filius meus Esau? Respondit : Ego sum · texte numérisé non relu

Ait : Tu es filius meus Esau? Respondit : Ego sum

25. At ille : Affer mihi, inquit, cibos de venatione tua, fili mi, ut benedicat tibi anima mea. Quos cum oblatos comedisset, obtulit ci etiam vinum; quo bausto,

26. Dixit ad eum : Accède ad me, et da mihi osculum, fili mi.

27. Accessit, et osculatus est eum. Statimque ut sensit vestimentorum iilius fragantiam, benedicens illi, ait : Ectee odor filii mei sicut odor agri pleni-, cui benedixit Dominus.

28. Det tibi Deus de rore cœli, et de pinguedine terrœ, abundantiam frumenti et vini.

29. Et serviant tibi populi, et adorent te tribus ; esto dominus fratrum tuorum, et incurventur ante te filii ma tris tuœ ; qui maledixerit tibi, sit ille maledictus; et qui benedixerit tibi, benedictionibus repleatur.

comment avez- vous pu, mon fils, en trouver si tôt? Il lui répondit : Dieu a voulu que ce que je désirais se présentât tout d'un coup à moi.

21. Isaac dit encore : Approchez -vous d'ici, mon fils, afin que je vous touche, et que je reconnaisse si vous êtes mon fils Ivaii ou non.

22. Jacob s'approcha de son père; et 1 aac, l'ayant tâté, dit : Pour la voix, c'est la voix de Jacob; mais les mains sunt les mains d'Esaii.

23. Et il ne le reconnut point, parce que ses mains, étant couvertes (h; poil, parurent toutes semblables à celles de son aîné. Isaac, le bénissant donc,

24. Lui dit : Etes-vous mon fils Esau? Je le suis, répondit Jacob.

25. Mon fils, ajouta Isaac, apportezmoi h manger de votre chasse, afin que je vous bénisse. Jacob lui en présenta ; et après qu'il en eut mangé, il lui présenta aussi du vin qu'il but.

2G. Isaac lui dit ensuite : Approchezvous de moi, mon fils, et venez me baiser.

27. Il s'approcha donc de lui, et le baisa. Et Isaac, aussitôt qu'il eut senti la bonne odeur qui sortait de ses habits, lui dit en le bénissant : L'odeur qui sort de mon fils est semblable à celle d'un champ plein de fleurs que le Seigneur a comblé de ses bénédictions.

28. Que Dieu vous donne une abondance de blé et de vin, de la rosée du ciel et de la graisse de la terre.

29. Que les peuples vous soient assujettis, et que les tribus vous adorent.

Soyez le seigneur de vos frères, et que les enfants de votre mère se courbent devant vous. Que celui qui vous maudira, soit maudit lui-même; et que celui qui vous bénira, soit comblé de bénédictions.

les doutes d'ïsaac. — Egoprimogenitustuus Esau. Malgré l'intéressante apologie de S. Augustin, on a de la peine à ne pas voir un mensonge dans cette réponse. Jacob n'était pas Esau. Voy. le Manuel bibl., I, 562, et T. Lamy, Comm. in Gènes., II, 170 et ss. — Voluntas Dei fuit... On a remarqué assez délicatement que- Jacob, en tenant ce pieux langage, sortait du rôle qu'il avait assumé; d'autre part, 11 était profane lui-même, en attribuant à l'action divine ce qui n'était qu'une œuvre très humaine. — Accède hue. Le vieillard, qui se défiait à bon droit de sa vue, et qui croyait reconnaître la voix de Jacob (vers. 22), veut faire une expérience plus concluante.

25-27». Le repas, 25, et le remerciement paternel d'ïsaac, 26-27-r maintenant que tout soup- <on a disparu.

27b-29. La bénédiction (28-29), précédée de son préambule solennel, 27b. Elle est écrite en vers, avec le rythme et le parallélisme. — Ecce od'^r... agri pleni. Les auteurs classiques, entre autres Hérodote et Pline, ont eux-mêmes noté le parfum particulier qu'exhalent les champs de la Palestine. — De rore ctsli et de pinguedine... : les deux conditions essentielles pour obtenir de riches récoltes. La rosée a une Importance spéciale en Orient, où les pluies sont si rares. — Frumenti et vini. Les deux produits principaux de l'agriculture. — Et serviant... Des richesses, la bénédiction passe au rôle personnel prépondérant de celui sur qui elle totub lit. — Populi et tribus. Ccst la préséance universelle, exercée sur les peuples d'alentour. — Dominus fratrum... C'est la préséance sur les tribus apparentées.- Qui ma ledi.

Gen. XX VU, 30-38.

30. Isaac ne faisait que d'achever ces paroles, et Jacob était à peine sorti dehors, lorsqu'Esaii entra,

31. Et que, présentant à son père ce qu'il avait apprêté de sa chasse, il lui dit : Levez -vous, mon père, et mangez de la chasse de votre fils, afin que vous me donniez votre bénédiction.

32. Isaac lui dit : Qui êtes-vous donc ? Esau lui répondit : Je suis Esaii votre 61a aîné.

33. Isaac fut frappé d'un profond étonnement; et, admirant au delà de tout ce qu'on peut croire ce qui était arrivé, il lui dit : Qui est donc celui qui m'a déjà apporté de ce qu'il avait pris à la chasse, et qui m'a fait manger de tout avant que vous vinssiez ? et je lui ai donné ma bénédiction, et il sera béni.

34. Esaii, à ces paroles de son père, jeta un cri furieux; et, étant dans une extrême consternation, il lui dit : Donnezmoi aussi votre bénédiction, mon père.

35. Isaac lui répondit : Votre frère m'est venu surprendre, et il a reçu la bénédiction qui vous était due.

36. C'est avec raison, dit Esaii, qu'il a été appelé Jacob ; car voici la seconde fois qu'il m'a supplanté. Il m'a enlevé auparavant mon droit d'aînesse ; et présentement il vient encore de me dérober la bénédiction qui m'était due. Mais, mon père, ajouta Esaii, ne m'avez-vous point réservé aussi une bénédiction?

37. Isaac lui répondit : Je l'ai établi votre seigneur, et j'ai assujetti h sa domination tous ses frères. Je l'ai affermi dans la possession du blé et du vin; et après cela, mon fils, que me reste- 1- il que je puisse faire pour vous ?

38. Esaii lui repartit : N'avez -vous donc, mon père, qu'une seule bénédiction ? Je vous conjure de me bénir aussi. 11 jeta ensuite de grands cris mêlés de larmes.

30. Vix Isaac sermonem impleverat, et egresso Jacob foras, venit Esau,

31. Coctosque de venatione cibos intulit patri, dicens : Surge, pater mi, et comede de venatione filii tui , ut benedicat mihi anima tua.

32. Dixitque illi Isaac : Quis enini es tu? Qui respondit : Ego sum filius tuus primogenitus Esau.

33. Expavit Isaac stupore vehementi, et ultra quarn credi potest, admirans, ait : Quis igitur ille est qui dudum captam venationem attulit mihi, et comedi ex omnibus priusquam tu venires? benedixique ei, et erit benedictus.

34. Auditis Esau sermonibus patris, irrugiit clamore magno ; et consternatus, ait : Benedic etiani et mihi, pater mi.

35. Qui ait : Venit germanus tuus fraudulenter, et accepit benedictionem tua m.

36. At ille subjunxit : Juste vocatum est nomen ejus Jacob : supplantavit enira me in altéra vice ; primogenita mea ante tulit, et nunc secundo surripuit benedictionem meam. Rursumque ad patrem :

Numquid non reservasti, ait, et mihi benedictionem?

37. Respondit Isaac : Dominum tuum illum constitui, et omnes fratres ejus servituti illius subjugavi ; frumento et vino stabilivi eum, et tibi post hœc, fili mi, ultra quid faciam?

38. Cui Esau : Num unam, inquit, tantum benedictionem habes, pater? mihi quoque obsecro ut benedicas. Cumquç ejulatu magno fleret,

xerit... Jacob sera, comme Abraham, xn, 3, source de bénédiction ou de malédiction, suivant l'attitude qu'on prendra à son égard et à l'égard de sa race.

5° Esaii est béni à son tour. XXVII, 30-40.

30-33. Début d'une autre scène non moins graphique que la précédente. Il consiste pareillement en un interrogatoire. — Expavit... stupore vehementi... La vigueur des expressions est remarquable. Mais , malgré sa stupéfaction , Isaac ne songe nullement à s'irriter, ou a retirer la bénédiction accordée par surprise ; il la confirma, au contraire, erit benedictus, reconnaissant la main de Dieu en tout cela.

34-38». Efforts d'Esatt pour obtenir d'être béni à son tour. — Irrugiit... consternatus. On reconnaît, à ces traits, sa nature passionnée. Il semble, mais trop tard , comprendre tout ce qu'il a perdu. Cf. Hebr. xn, 17. — Eliam et mihi. Au moins cela, pour rétablir l'égalité rompue. — Juste... Jacob ; supplantavit... Cf. xxv, 2G, et le commen taire. La paronomase est frappante en hébreu ; Ta'aqôb, vayya'çfbèni.

38M0. Motus Isaac. Tout en demeurant ferme sur le point principal (vers. 37), Isaac ne peut résister aux manifestations de plus en plus violentes du chagrin d'Esati, Mais les faveurs qu'il

Gen. XX Vil, 39-40.

39. Motus Isaac, dixit ad eum : lu pinguedine terrre, et iu rore cali desuper erit benedictio tua.

40. Vives in gladio, et fratri tuo servies; tempusque veniet, cura excutiae et 6olvas jugum ejus de cervicibus luis.

41. Oderat ergo semper Esau Jacob pro benedictione qua benedixerat ei pater; dixitque in corde suo : Ve nient dies luctus patris mei, et occîdam Jacob iïatreui meum.

42. Nuntiata sunt hœc Rebeccœ, quss, mittens et vocans Jacob filium suum, dixit ad cura : Ecce Esau f rater tuus rainât ur ut occidat te.

43. Nunc ergo, fili mi, audi vocem meam , et consurgens i'uge ad Laban fratrem meum in llaran ;

44. Habitabisque cura eo dies paucos, donec requiescat furor fratris tui,

45. Et cesset indignatio ejus, obliviscaturque eorura quae fecisti in eum ; postea mittam, et adducam te inde hue; cur utroque orbabor filio in uno die?

46. Dixitque Rebecca ad Isaac : Taedet me vitae ruea? propter filias Heth; si acceperit Jacob uxorem de stirpe hujus terras, nolo vivere.

39. El I aac, en étant touché, lui dît : Votre bénédiction 6era dans la graisse de la terre ei dans la rosée du ciel qui i ient d'en haut.

40. Voue vivrez de l'épée; vous serviras votre frère, et le temps viendra que vous

ferez son joug, et que vous vous eu délivrerez.

41. Esaii haïssait donc constamment Jacob, a cause de cette bénédiction qu'il avait reçue de son père; et il disait en Lui-même : Le temps de la mort de mon père viendra, et aiors je tuerai mon frère Jacob.

42. Ce qui ayant été rapporté à Rebecca, eile envoya chercher son fils Jacob, et lui dit : Voilà votre frère Esaii qui menace de vous tuer.

43. Mais, mon fils, croyez-moi, hâtezvous de vous retirer vers mon frère Laban, qui est à llaran.

44. Vous demeurerez quelques jours avec lui, jusqu'à ce que la fureur de votre frère s'apaise,

45. Que sa colère se passe, et qu'il oublie ce que vous avez fait contre lui. J'enverrai ensuite, pour vous faire revenir ici. Pourquoi perdrais -je mes deux enfants en un même jour ?

46. Rébecca dit ensuite à Isaac : La vie m'est devenue ennuyeuse à cause des filles de Heth qu Esaii a épousées. Si Jacob épouse une fille de ce pays -là, je ne veux plus vivre.

promet au fils afné sont inférieures, de toute manière, à celles qu'il avait prédites à Jacob. — In pinguedine... et in rore. On abandonne aujourd'hui assez généralement cette traduction, et à bon droit, car elle cadre mal avec le contexte (vers. 37, 40), et accorde à Esaii ce qui a déjà été donné à son frère. Ici, le màm hébreu a un sens privatif : « Loin de la graisse de la terre et de la rosée du ciel sera ta bénédiction. » Ajoutons que l'Iduniée, occupée durant tant de siècles par la race d'Esaii, est une contrée arldo et pauvre dans son ensemble ; aussi ses habitants ont -ils surtout vécu in gladio, de guerre, de rapine et de meurtre. — Fratri... servies. Les Edomites furent successivement domptés par Saùl , I Reg. xrv, 47; par David, II Reg. vm, 14, et par les rois suivants Jusqu'au temps d'Achaz, IV Reg. xrv, 22 ; domptés davantage encore par Jean Hyrcan, et finalement amalgamés avec les Juifs. — Tcmjms...ut excutias. Cette unique consolation donnée à Esaii s'est pareillement réalisée à divers Intervalles des règnes signalés plus haut ; le dernier roi qui s'assit sur le trône de David, Hérode le Grand, était de race iduniéennç.

6' Départ de Jacob pour la Mésopotamie. XXVII, 41 —XXVIII, 6.

41. Oderat ergo. Triste résultat, qui n'était que trop a prévoir. — Dies luctus... Il escompte le peu de vie qui reste à son père, et déjà il jouit par avance de ses cruels projets : occidam...

42-45. Nuntiata sunt... Esaii n'avait pu garder longtemps «in corde suo > (vers. 41) sa résolution sauvage ; il dut la divulguer, et la nouvelle en parvint bientôt a Rébecca. Cette femme intrépide prend sur-le-champ son parti en face du danger : 11 faut éloigner son flls bien -aimé, et c'est lui qu'elle avertit d'abord. — Dies paucos. Délicat palliatif. Peut-être espérait-elle que la colère d'Esaii serait prompte à se calmer. En réalité, l'exil de Jacob dura 40 années, et sa mère ne le revit plus. — Utroque orbabor... De Jacob par la main criminelle d'Esaii : de celui-ci par la main de la justice vengeresse (Cf. Gen. ix, G).

46. Rébecca, pour faire accepter à Isaac la fuite de Jacob, allègue un tout autre motif : la nécessité de marier leur second fils en dehors du pays de Chanaan. Elle ne voulait pas trop effrayer le vieillard. Son langage est ému, passionné : Tadet me.., nolo vivere. Cf. xxvi. 34-35.

Gen. XXVIII, 1-11.

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