‹ La Sainte BibleChapitre 2 sur 1331 · DE VIVE RECONNAISSANCE ET DE FILIAL DÉVOUEMENT · texte numérisé non relu

DE VIVE RECONNAISSANCE ET DE FILIAL DÉVOUEMENT

Cher et vénéré Maître,

La Providence vous plaçait il y a vingt- cinq ans sur ma 'oute, pour donner à ma vie morale et à mes études, par votre ntermédiaire, une direction décisive.

Je n'ai oublié ni votre premier regard, ni votre première larole; ni ces commentaires allemands de la Bible que je pus ire, grâce à vous, pour la première fois, et qui ouvrirent à mon '.gnorance naïve des horizons si nouveaux, si séduisants; ni jos cours d'Écriture sainte et d'hébreu, pour lesquels vous iemblez avoir adopté la devise du célèbre professeur hollandais: Vlijn leeren is speelen, a Mon enseignement est une récréation ».

Quand j'eus quitté le séminaire, vous avez encouragé mb* premières compositions bibliques, qui devaient, me disiez-vous

avec bonté, contribuer à développer mes goûts naissants.

Quand le moment fut venu pour moi d'enseigner à mon tour l'Écriture sainte et la langue sacrée, vos conseils, non moins sages que dévoués, ne me firent jamais défaut.

Puis, un jour, votre autorité paternelle, à laquelle je ne sais rien refuser, plaçait sur mes épaules un fardeau tout à la fois bien pesant et bien doux : voiis me demandiez de commenter successivement les quatre Évangiles.

Enfin, avant même que cette tâche importante fût terminée, vous vous entendiez avec mes éditeurs actuels pour m'en imposer une autre, plus considérable encore, puisqu'elle consistait à interpréter toute la Bible. Vous vous souvenez de mes hésitations, et de la manière dont vous en avez triomphé. Mais je n'acceptai qu'à la condition expresse de vous dédier cette œuvre, qui sera la principale de ma vie.

Elle est vôtre, du reste, à tous les points de vue, puisque vous l'avez préparée de longue main en faisant mon éducation scripturaire, directement provoquée, constamment aidée. En effet, ce n'est pas seulement au frontispice du premier volume que Von trouvera votre nom: presque chaque page le redira à mes lecteurs, puisque sans cesse, — et ce sera mon grand bonheur, — je devrai les renvoyer à vos savants ouvrages : La Bible et les découvertes modernes, le Manuel biblique, les Mélanges bibliques, Les Livres saints et la critique rationaliste, qui ont fait et qui feront encore tant de bien.

Durant les dernières heures que nous avons passées ensemble, vous m'avez dit gracieusement: « Puisse votre commentaire durer autant que celui de Ménochius! i> Je désire en effet qu'il dure de

longues années, non seulement pour qu'il fasse connaître et aimer les saintes Écritures, — si je réussis à atteindre mon idéal, — mais encore pour qu'il soif un monument de ma vive reconnaissance et de mon affection filiale à voire étjard.

Page 1