LIVRE I L'histoire du ciel et de la terre. II, 4 — IV
Cette section se subdivise en trrls paragraphes: 1° l'iStai d'innocence, n, 4-25; 2° la chute, ni, 1 24; 3 le schisme dans la première famille humiimc, iv, 1-28.
§ I. — L'état d'innocence. II, 4-26.
Beau récit, qui nous montre l'homme installé dans son domaine, entouré par le Créateur des soins les plus touchants, vivant heureux et pur au sein du paradis terrestre. Un divin précepte lui fournit l'occasion de mettre en œuvre ses facultés morales, la plus haute partie de son être.
1° Titre du livre, vers. 4.
4. Ce verset contient, en effet, le titre de la 1" section. Voy. l'introduction a la Genèse, p. 18. — Ist<e sunt generationes. L'hébr. toldôf (de yalad, il a engendré) signifie génération, postérité; puis généalogie, et histoire des développements d'une famille, d'une race, etc. On ne veut donc pas raconter ici une seconde fois l'origine du ciel et de la terre, mais leur histoire subséquente en tant qu'elle confine à celle des premiers humains. Moïse revient seulement sur quelques détails de la création pour les compléter, et pour mettre en saillie le rôle prépondérant de l'homme. — In die quo... : l'hexaméron tout entier.— Dominus Deus. T'hovah 'Élohim. Le nom sacré de Jéhovah (i"ll!"P) apparaît ici pour la première fois. Sa prononciation primitive est perdue ; on disait probablement Tahveh. La racine est hayah , il a été , et la Vulgate en donne une excellente traduction : « Ego sum qui sura, i> Ex. m, 14. En l'associant fréquemment, dans cette section, à l'autre nom divin, 'Élohim (note de i, 1), le narrateur indique que le Dieu créateur ne diffère pas du Dieu de l'alliance et de la rédemption, qui se manifesta plus tard en s'appelant Jéhovah, Gen. xv, 7. Comp. !e Ps. xvin. Sur les fausses déductions que l'on a tirées de l'emploi alternatif de ces deux noms en divers passages de la Genèse, comme s'ils témoignaient contre son authenticité ou son unité, voy. le Man. bibl., t. I, nn. 252-253. — Cœttnn et terrarn. Hébr. : la terre et le ciel, inversion due à l'importance capitale que la terre a désormais dans la narration.
2° L'homme placé dans le paradis terrestre, 5-17.
6. Omne virgultum... antequarn... Hébraïsme, pour : « Nullum virgultum agri adhuc aderat, nullaque herba agri adhuc germinaverat. » Ce qui peut s'entendre de deux manières : 1» en général, de toutes les plantes; on nous ferait remonter au troisième jour, pour expliquer les motifs qui avaient empêché jusque-là toute végétation ; 2» en particulier, des végétaux plus utiles è l'homme et cultivés par lui. L'expression nouvelle et limitée « agri » (èadeh) et la mention de l'homme qui operaretur, favorisent davantage la
Gen. II, G-10.
6. Mais il s'élevait cU la terre une fontaine qui en arrosait toute la surface.
7. Le Seigneur Dieu forma donc l'homme du limon de la terre ; il souffla sur son visage un souffle de vie, et l'homme devint vivant et animé.
8. Or le Seigneur Dieu avait planté dès le commencement un jardin délicieux, dans lequel il mit l'homme qu'il avait formé.
9. Le Seigneur Dieu avait aussi produit de la terre toutes sortes d'arbres beaux à la vue, et dont le fruit était agréable au goût ; et l'arbre de vie au milieu du paradis, avec l'arbre de la science du bien et du mal.