ANCIEN TESTAMENT
I. La division de la Bible. — « L'Écriture, comme une haute montagne qui serait le phare du monde, se partage en deux versants : le versant de l'antiquité et celui des temps modernes; l'un qui regarde l'occident, et l'autre l'orient de l'humanité. Tous les deux portent le nom de Testament, parce que tous les deux renferment le témoignage de Dieu et la charte de son alliance avec l'homme; mais, par le côté qui regarde la préparation de cette alliance, le testament prend le nom d'ancien; par le côté qui en regarde la consommation, il prend le nom de nouveau. L'un et l'autre, considérés dans leur distribution intérieure, se composent des mêmes éléments : l'histoire, qui dit le passé; la prophétie, qui dit l'avenir; la théologie, qui unit le passé à l'avenir dans le sein de l'éternelle vérité '. »
Telle est, en effet, la grande division de la Bible : l'Ancien Testament, qui prépare , qui montre en quelque sorte du doigt le Nouveau et veut se transformer en lui; le Nouveau Testament, qui se rattache constamment à l'Ancien, qui l'éclairé et le transfigure, l'élevant à des hauteurs sublimes2. Mais la préparation est si parfaite, la succession des événements et des concepts si régulière, grâce à l'idée centrale dont il vient d'être question, que l'on pourrait supprimer la division extérieure, puisque tout se suit et s'harmonise si admirablement. Seulement, d'une part, on annonce et l'on attend la venue du Rédempteur; de l'autre, on adore le Verbe incarné, l'Homme-Dieu qui «a dressé sa tente 3 » parmi nous.
II. Le mot Testament. — Ce nom a sa racine, comme ceux de Bible et d'Écriture, dans les livres sacrés eux-mêmes. Saint Paul, Il Cor. ni, 14, appelle les écrits de l'ancienne Alliance ^ uaXaià 8ia8YJx7], ou «le vieux Testament». Dans le texte grec du premier livre des Machabées, i, 57, on mentionne aussi le pi6Xîov StaOVixYiç, liber testamenti. Dès le temps de Moïse, Ex. xxiv, 7, il est parlé du volumen fœderisi, qui contenait la législation du Sinaï; et telle est probablement l'origine directe de cette belle dénomination. Le substantif hébreu &'r££*torrespond au français « alliance »; mais le mot grec Jtaô^xïi, par lequel l'ont traduit les Septante, peut signifier fœdus ou testamentum : les anciens écrivains latins ont adopté de préférence cette seconde acception, qui est aussi devenue la plus usitée dans les langues européennes.
1 Lacordalre, Lettres à un jeune homme sus i 3 Joan. i, 14 : 'Ecx^vwagv. la vie chrétienne, p. 177 et ss. " Sêfer habb'rit.
7 Matth. v, 1T.