CHAPITRE XIII
Amnon, fils de David, commet un inceste avec Thamar, sœur d'Absalom. Son amour se change en haine contre elle.
Absalom fait tuer Amnon, et se sauve chez Tholomai, roi de Gessur.
1. Or, il arriva apres cela, qu'Amnon, fils de David, s'éprit d'amour pour 18 sceur d'Absalom, fils de David, femme très belle, du nom de Thamar;
2. Et il l'aimait éperdument, à un tel point, qu'à cause de son amour il était malade, parce que comme elle était vierge, il lui paraissait difficile de rien faire déshonnétement avec elle.
3. Or, Amnon avait un ami, du nom de Jonadab, fils de Semmaa, frère de David, homme très prudent,
4. Lequel lui demanda : Pourquoi, fils du roi, maigris-tu ainsi
96. * Rabbath-Ammon. Voir Deutéronome, ut, 11 et plus haut, xr, 1.
(cu. χα.
21. * La ville des eaux, la partie basse de Rabbath-Ammon qui était sur le bord du Nahr-Amman.
30. Pesant, etc. ; littér. : talent d'or par le poids. Le mot talent est un appositif de diadéme et par conséquent représente l'accusatif, comme complément du verbe óta. Ce genre de construction n'est pas rare dans la Vulgate. Il est probable qu'il s'agit ici, non du talent hébraique, mais du syriaque, qui avait cours à Rabbath, ou Rabba, capitale des Ammonites, et qui pesait tout au plus le quart du premier. On sait généralement d'ailleurs que chez les anciens le poids du talent était différent selon les divers pays où l'on s'en servait. Ainsi ce diadéme qui fut mis sur la tête de David pendant la cérémonie de son sacre pouvait ne peser que 22 livres; ce qui, certes, ne surpassait pas les forces de ce prince. Les savants ont fait d'autres hypothèses plus ou moins probables pour expliquer cette difficulté. — * L'une de ces hypothéses les plus vraisemblables, c'est que le diadéme n'avait pas le poids matériel d'un talent, mais avait une valeur d'un talent, étant orné de pierres précieuses (environ 130,000 francs), le mot qui est traduit par poids dans la Vulgate signifiant aussi valeur.
31. Dans le moule des briques; c’est-à-dire, selon la plupart des interprètes, dans des fours à briques. " ia
[cu. xum.) chaque jour? pourquoi ne me le dis-tu point? Et Amnon lui répondit : J'aime Thamar, la sœur de mon frère Absalom.
5. Jonadab lui dit : Couche-toi sur ton lit et feins une maladie ; et lorsque ton pere viendra pour te visiter, dis-lui : Que Thamar, ma sœur, vienne, je vous prie, afin qu'elle me donne de la nourriture, et qu'elle me fasse un mets, pour que je mange de sa main.
6. C'est pourquoi Amnon se coucha, et commenca à feindre d'étre malade; et lorsque le roi fut venu pour le visiter, Amnon dit au roi : Que Thamar, ma sœur, vienne, je vous conjure, afin qu'elle fasse sous mes yeux deux petits bouillons, et que je prenne de la nourriture de sa main.
7. David donc envoya à la maison de Thamar, disant : Venez à la maison d'Amnon, votre frère, et faites-lui un mets.
8. Et Thamar vint à la maison d'Amnon, son frère ; celui-ci était couché; et elle, prenant de la farine, 18 pétrit, et la délayant, elle fit cuire sous ses yeux deux petits bouillons.
9. Et prenant ce qu'elle avait fait cuire, elle le versa et le posa devant lui, et il ne voulut pas en manger; et Amnon dit: Faites retirer tout le monde. Et lorsqu'on eut fait retirer tout le monde,
10. Amnon dit à Thamar : Porte le mets dans lachambre, afin que je le mange de ta main. Thamar
donc prit les deux petits bouillons qu'elle avait faits, et les porta à Amnon son frère dans la chambre.
11. Et lorsqu'elle lui eut présenté le mets, il la saisit, et dit :
Viens, repose avec moi, ma sceur.
12. Thamar lui répondit : Non, mon frere, ne me fais pas violence; car cela n'est pas permis en Israël ; ne fais pas cette folie.
13. Car moi, je ne pourrai supporter mon opprobre, et toi, tu seras comme un des insensés en Israël ; mais plutôt parle au roi, etil ne me refusera pas à toi.
14. Or, il ne voulut point acquiescer à ses prières, mais plus fort, il lui fit violence, et il reposa avec elle.
15. Aussitôt Amnon la prit en très grande haine, de sorte que la haine dont illa haissait était plus grande que l'amour dont il l'avait aimée auparavant. Aussi Amnon lui dit: Lève-toi et va-t'en.
16. Thamar lui répondit : Le mal que tu fais maintenant en me chassant, est plus grand que celui que tu as fait auparavant. Et il ne voulut pas l'écouter ;
17. Mais, ayant appelé le jeune homme qui le servait, il dit : Eloigne celle-là de moi, fais-la sortir, et ferme la porte après elle.
18. Thamar était vétue d'une robe trainante, car c'est de cette sorte de vétements que les filles du roi, qui étaient vierges, faisaient usage. C'est pourquoi son serviteur la mit dehors, et ferma la porte derriere elle.