au loin. Les tentes, les pares
6. leurs detneures, on y mit 16 feu et on les brüla dans les flammes.
Tous les rapprochements que nous venons de faire ne sont pas certains, mais il est impossible de ne pas les trouver trés frappants.
La vigueur avec laquelle Holopherne mena cette campagne contre les nomades, qui habitent la lisiére des pays cultivés de l'Asie occidentale, remplit de terreur leurs voisins, et ils s'empressérent de rompre la ligue qu'ils avaient formée contre l'Assyrie pour courber de nouveau le front sous le joug, ce qui n'empécha pas cependant le général ennemi de les traiter avec dureté, mr. Il ne rencontra de résistance que devant Béthulie, contre laquelle il fit sa quatriéme et derniére campagne.
IIIe section : Terreur d'Israél, qui s'appréte néanmoins à la résistance, rv. — Holopherne était maitre de la Syrie et de la Phénicie; il menacait maintenant les Israélites. Ceux-ci, abandonnés de tous leurs alliés, privés de leur roi Manassé, qui était alors, croyons-nous, prisonnier à Babylone, ne voulurent point cependant se rendre sans combat. Ils occupérent fortement les défilés qui conduisent de la plaine de Jezraél dans l'intérieur du pays, et en particulier la ville de Béthulie. Béthulie n'est nommée que dans le livre de Judith ; de là, la difficulté de l'identifier. Il est certain qu'elle était voisine de Jezraél et de
Dothaïn, 1v, 5; vir, 3; sur une montagne, au pied de laquelle il y avait une source, vi, 13-16; l'aire dans laquelle on doit rechercher ses ruines est par conséquent assez circonscrite; on croit assez communément que c'est le Sanour d'aujourd'hui. En méme temps qu'ils prenaient ces mesures dé précaution, les enfants d'Israël priaient et jeünaient afin d'obtenir la protection de Dieu contre leurs ennemis.
175 section : Histoire d'Achior, v-vi. — Holopherne, surpris de la résistance des Israélites, demande au chef des Ammonites, Achior, leur voisin, dont il avait incorporé les forces dans son armée, 11, 8, quels sont ces téméraires qui osent ainsi s'opposer à sa marche. On a souvent trouvé invraisemblable qu'Holopherne ignorât ce qu'était Israël; rien n'est cependant plus naturel; avant le Christianisme, Israél n'occupait qu'une place imperceptible, aux yeux des étrangers, dans l'histoire du monde. L'Assyrie avait vaincu Samarie, il est vrai, et fait la guerre à Juda, mais d'aprés les inscriptions cunéiformes, ce pays était insignifiant, la 22° partie seulement des royaumes de l'Asie occidentale. De plus, Holopherne était, comme l'indique son nom, d'origine aryenne et non sémitique, et, par c nséquent, encore moins au courant que le reste des Assyriens de ce qui touchait aux Israélites. Achior lui fit un résumé de leur histoire et lui déclara qu'il ne pourrait les vaincre que si Dieu était irrité contre eux par leurs iniquités. Un tel langage remplit d'indignation le général assyrien, qui fit conduire Achior à Béthulie, afin de le châtier aprés la prise de cette place.
Ve section : Dieu suscite Judith pour délivrer Béthulie, vir-virr. — Holopherne assiège Béthulie, coupe toutes les conduites d'eau et réduit la ville à l'extrémité. Les habitants, mourant de soif, veulent se rendre. Une pieuse veuve, nommée Judith, d'une vertu et d'un courage extraordinaires, suscitée de Dieu pour faire lever le siége, ranime la confiance de ses compatriotes et concoit le projet d'aller dans le camp ennemi tuer elle-méme le général assyrien.
VIe section : Judith réalise son projet et tue Holopherne, ix-xir, 10. — Judith, aprés s'étre préparée par la priére à l'exécution de son projet, se rend au camp des Assyriens, accompagnée d'une servante. Là, elle gagne les bonnes grâces d'Holopherne, et, aprés un grand festin, dans lequel il s'enivre, elle lui coupe la téte.
L'Ecriture Sainte loue l'héroisme de Judith, malgré la maniére dont elle trompa Holopherne. S. Thomas fait observer à ce sujet qu'elle « n'est, point louée à cause de son mensonge, mais à cause du dévouement qu'elle eut pour son peuple, en faveur duquel elle s'exposa au danger. » Quant au meurtre du général assyrien, les peuples de l'antiquité ont toujours considéré la mort d'un ennemi comme licite.
VIIe section : Victoire d'Israël sur les Assyriens, à la suite de la mort d'Holopherne, xim, 414-xvr. — Judith s'empressa de porter à Béthulie la téte de son ennemi, qui fut reconnue par Achior. Le peuple éclata en aclions de grâces et sa joie n'eut d'égale que l'abattement des Assyriens, quand ils connurent 18, mort de leur général; lorsque ces derniers furent attaqués par les assiégés, ils ne songèrent qu’à s'enfuir, laissant derrière eux un riche butin. L'héroine célébra sa victoire par un cantique, et tout le peuple remercia Dieu par des sacrifices solennels à Jérusalem; elle mourut pleine de jours dans la ville qu'elle avait sauvée.
JUDITH