‹ La Sainte bible polyglotteChapitre 1764 sur 5262 · CHAPITRE IIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIT

Elévation d'Aman. Sa haine contre Mardochée. Il obtient un édit du roi pour faire mourir tous les Juifs, sujets d'Assuérus.

1. Apres cela, le roi Assuérus éleva Aman, fils d'Amadath, qui était de la race d'Agag; et il mit son tróne au-dessus de tous

11. Et la fit régner, etc. On objecte que suivant Hérodote, après la mort du mage Smerdis, il fut arrété solennellement que le roi ne pourrait prendre de femme que dans la maison des sept prétendants au tróne. On objecte encore qu'il n'est nullement probable qu'Assuérus ait voulu choisir pour reine une femme juive. Mais d'abord est-il bien sür que l'obligation de n'épouser qu'une femme appartenant à la maison des sept prétendants ne regardait pas uniquement le successeur de Smerdis? Il n'est pas plus sûr que, lors méme que la convention eût été générale et sans restriction, les princes qui vinrent après lui la crurent obligatoire pour eux et consentirent à s'y soumettre. Enfin on sait que les souverains d'Asie, entièrement plongés dans la volupté, ne consultaient que leurs passions et que, par conséquent, ils ne pouvaient étre qu'indifférents sur leur famille et leur religion. Cette considération explique encore comment Assuérus a pu épouser une Juive, d'autant plus qu'Esther cherchait elle-méme à cacher son extraction, ainsi que le lui avait prescrit Mardochée, son oncle (vers. 20).

1. * Aman. Quelque temps aprés l'élévation d'Esther à la dignité de reine et le service rendu au roi par Mardoché, Assuérus choisit pour premier ministre un Mède nommé Aman, originaire de la province d'Agag. « On a longtemps cru que Haman, fils d'Hamadátha, dont le uom a recu une si triste célébrité, était Amalékite, car l’un des rois d'Amalec s'appelait Agag. Et puisque déjà dans l'antiquité les noms d'Esaü, d'Amalec, étaient pris comme les désignations des paiens d'Europe, les Septante tra-

les princes qu'il avait auprès de lui.

9. Et tous les serviteurs du roi qui étaient à là porte du palais, fléchissaient les genoux et adoraient Aman ; ainsi, en effet, leur avait ordonné le souverain. Le seul Mardochée ne fléchissait point le genou devant lui et ne l'adorait point.

3. Les serviteurs du roi qui gardaient la porte du palais, lui dirent : Pourquoi n'observes-tu pas comme les autres l'ordre du roi?

4. Et comme ils le lui disaient très souvent, et que lui ne les écoutait pas, ils en avertirent Aman, désirant savoir s'il persisterait dans sa résolution, car il leur avait dit qu'il était Juif.

5. Lorsqu'Aman l'eut appris, et que, par expérience, il eut reconnu que Mardochée ne fléchissait point le genou devant lui et ne l'adorait point, il fut tres irrité.

6. Et il compta pour rien de porter ses mains sur le seul Mar-

ESTHER

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dochée; car il avait appris qu'il était de la nation juive, et il aima mieux perdre toute la nation des Juifs qui étaient dans le royaume d'Assuérus.

7. Au premier mois (dont le nom est Nisan), la douzième année du regne d'Assuérus, le sort qui en hébreu se dit phur, fut jeté dans l'urne devant Aman, auquel jour et auquel mois la nation des Juifs devait étre exterminée; et le douzieme mois, qui est appelé Adar, sortit.

8.EtAman ditauroi Assuérus:ll yaunpeuple dispersé dans toutes 165 provinces de votre royaume, divisé lui-méme, ayant des lois et des cérémonies nouvelles, et de plus méprisant les décrets du roi. Or vous savez très bien qu'il importe à votre royaume quil ne devienne pas plus insolent parla licence.

9. S'il vous plait ainsi, décrétez qu'il périsse, et je peserai dix mille talents aux trésoriers de votre épargne.

duisent l'hébreu Agagi par Μαχεδῶν, le Macédonien. Néanmoins, le nom de Haman, ainsi que celui de son père, trahit une origine médo-perse. Nous savons maintenant, par les inscriptions de Khorsabad, que le pays d'Agag composait réellement une partie de la Médie. Or, voilà done une nouvelle circonstance qui montre, jusque dans ses moindres détails, la valeur historique du livre d'Esther. » (Ορρ ΒΒ 1.) — On voit par là que l'objection faite contre Esth., xvi, 10, et tirée de ce que, dans ce passage, Aman est qualifié de Macédonien, est sans valeur. Ce passage ne contredit pas, comme on le prétendait, riu, 1, 10; vir, 3; 1x, 6, 24. Le mot de Macédonien, dans le ch. xvr, vient de ce que les traducteurs grecs, d’après lesquels a été faite la version de ce ch. xvi, ont rendu à tort, ici comme 1x, 23 (24), le mot Agagite par Macédonien.

2. * Le seul Mardochée ne fléchissait point le genou, sans doute parce qu'il considérait cette prostration comme un acte d'idolàtrie. Les Spartiates refusèrent de rendre à Xerxés un hommage semblable.

1. Le mois de Nisan commencait à la nouvelle lune de mars, et le mois d'Adar, à la nouvelle lune de février. — PAur; mot persan qui a été adopté par les Hébreux. Compar., 1x, 24. — On tirait douze sorts, pour les douze mois de l'année.

9. Je péserai; c'est-à-dire je donnerai le poids, je payerai. — Dix mille talents. Si c'étaient les talents d'argent des Hébreux, ils feraient environ 44,145,000 fr.; mais s'il s'agissait des talents babyloniens, les dix mille donneraient tout au plus 21,000,000. Quoi qu'il en soit, Aman espérait recueillir de la confiscation des Juifg mis à mort la somme qu'il promettait.

fen. 1v.]

10. Le roi tira donc de sa main l'anneau dont il se servait, et le donna à Aman, fils d'Amaaath, de la race d'Agag, ennemi des Juifs,

41. Et lui dit : Que l'argent que tu promets soit pour toi; fais de ce peuple ce qui te plaira.

12. Et les scribes du roi furent appelés en Nisan, premier mois, le treizieme jour du méme mois, et l'on écrivit, au nom du roi Assuérus,comme l'avait commandé Aman, à tous les satrapes du roi, aux juges des provinces et des diverses nations, avec une variété de langage telle que chaque nation pouvait lire et entendre; et les lettres, scellées de l'anneau du roi,

19. Furent envoyées par les courriers du roi à toutes les prcvinces, afin qu'on tuât et qu'on exterminát tous les Juifs, depuis l'enfant jusqu'au vieillard, les petits enfants et les femmes, en un seul jour, c'est-à-dire le treizième jour du douzième mois qui est appelé Adar, et que leurs biens fussent pillés.

14. Or la substance des lettres était que toutes les provinces sussent son intention, et se préparassent pour le susdit jour.

15. Les courriers qui avaient été envoyés se hätaient de remplir l'ordre du roi. Et aussitót l'édit fut affiché dans Suse, le roi et Aman célébrant un festin, et

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tous les Juifs qui étaient dans la ville pleurant.

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