Or, répondant, Eliphaz, le Thémanite, dit
13. La mort est souvent appelée dans l'Ecriture un sommeil, pour nous rappeler le souvenir de la résurrection future.
14. Les consuls; les conseillers des rois, les grands. — Bátissent de vastes soliludes ; c'est-à-dire de superbes mausolées, où ils sont ensevelis seuls, ou bien ils bátissent de magnifiques palais dans de vastes solitudes.
18. Enchainés ensemble. On enchainait deux ensemble les esclaves fugitifs et indociles. — Job ne nie point ici les jugements que Dieu doit exercer contre les méchants aprés leur mort; mais il parle un langage humain et conforme à la maniére ordinaire de regarder la mort, c'est-à-dire comme la fin de tous les maux de la vie.
91. Qui attendent la mort, et la recherchent avec autant d'ardeur que s'ils creusaient la terre pour trouver un trésor.
23. À un homme; c'est le complément de pourquoi lu lumière ou la vie a-t-elle été donnée, du verset 20. — Dont la voie est cachée. Le sentier dans lequel il doit marcher est tellement couvert, qu'il ne sait où poser le pied.
1. * Après le monologue de Job, ses trois amis vont paraître successivement en scène. Ils défendront tous la même thèse : que l'on n'est malheureux que par sa faute et en punition de ses péchés. 19 Eliphaz, vrai scheik patriarcal, grave, digne, plus calme et plus réfléchi que ses deux amis, est nommé le premier et prend lc premier la parole, parce qu'il est le plus âgé de tous, xv, 10, et peut-être aussi parce qu'il est de Théman, dont la sagesse est célèbre, Jér., xux, 7; Αδα., 8; Ba-
2. Si nous commençons à te parler, peut-étre le supporterastu avec peine; mais qui pourrait retenirles parolesqu'ilaconeues?
3. Voilà que tu as instruit un grand nombre de personnes et fortifié des mains affaiblies.
4. Tes discours ont affermiceux qui vacillaient, et tu as fortifié les genoux tremblants.
9. Mais maintenant 18 plaie est venue sur toi, et tu as perdu courage; elle t'a touché, et tu es troublé.
6. Où donc est ta crainte de Dieu, ta force, ta patience, la perfection de tes voies?
Cherche dans ton souvenir, .ד je t'en conjure ; qui a jamais péri innocent? ou quand des justes ont-ils été exterminés ?
8. Mais plutôt j'ai vu que ceux qui opèrent l'iniquité, sement des
JOB
[cu. 1v.] 9. Ont péri au souffle de Dieu, et que par le vent de sa colère ils ont été consumés.
10. Le rugissement du lion, e la voix de la lionne et les dents des petits lions ont été brisés.
|t. Le tigre ἃ péri, parce qu'il n'avait pas de proie, et les petits du lion ont été dissipés.
12. Gependant une parole secrete m'a été dite, et mon oreille a saisi comme furtivement la suite de sa susurration.
13. Dans l'horreur d'une vision nocturne, quand le sommeil a coutume de s'emparer des hommes,
14. L'effroi me saisit, et un tremblement; et tous mes os furent glacés d'épouvante.
15. Et comme un esprit passait, moi présent, lespoils de ma chair se hérisserent.
douleurs et les moissonnent, 16. Il s'arrêta quelqu'un dont
ruch, 11, 22-23. Il témoigne d'abord à Job, dans son premier discours, plus d'affection et de sympathie que ses deux compagnons, mais, trompé par une foi aveugle à une opinion qu'il n'a jamais entendu contester, savoir que l'on ne souffre jamais que parce qu'on l'a mérité, il ne croit pas à l'innocence de celui qu'il est venu consoler, et ne tarde pas à se montrer dur et injuste à son égard. La vérité qu'il s'attache le plus à faire ressortir dans son langage, c'est la majesté et la pureté de Dieu, 1v, 12-24; xv, 12-16. — Eliphaz ouvre la discussion avec la confiance qu'inspire l'expérience et sur le ton d'un prophéte. C'est dans son premier discours qu'il parle avec le plus d'assurance. Le fond de son langage est vrai d'ailleurs; il n'est faux que dans l'application exagérée qu il en fait au cas présent Tout se lie trés bien dans ce que dit Éliphaz; au point de vue de la disposition oratoive et de l'arrangement des parties, ce discours est le plus parfait du poème. La révélation et l'expérience, les habitants du ciel et ceux de la terre lui ont appris à quoi s'en tenir sur le probléme de la souffrance : 4° Job ne doit pas oublier qu'il a consolé autrefois des malheureux en leur disant que ce ne sont que les méchants, non les justes, qui périssent, 1v, 9-11, — 9» Une vision nocturne lui a appris à lui-même que personne n'est juste devant Dieu, rv, 12-21. — 3» Le chagrin qui empêche Job de recourir à l'intercession des anges est la cause de la ruine des insensés, v, 1-7. — 49 Il doit se tourner vers Dieu, le juge équitable du juste et de l'impie, v, 8-16. — 5» Heureux celui que Dieu chátie! Dieu, par ce châtiment, veut lui préparer un grand bonheur, v, 17-27. Chacune de ces cinq pensées est tout à la fois une thése et un reproche contre Job.
1. Qui a jamais péri, etc. On peut être innocent et périr en cette vie; on peut être éprouvé par des malheurs et cependant étre juste et innocent. Plusieurs prophétes et les martyrs en offrent un exemple sensible. ἢ
12. La suite; littér. les veines. 1| paraît certain que saint Jérôme a donné ici au mot latin vena le sens qu'on lui trouve dans le moyen âge, celui de, série, ordre, ordo, series.
je ne connaissais pas le visage, un spectre devant mes yeux, et j'entendis sa voix comme un léger souffle :
17. Est-ce qu'un mortel, comparé à Dieu, sera trouvé juste, ou un homme sera-t-il plus juste que son créateur?
18. Voilà que ceux qui le servent ne sont pas stables, et méme dans ses anges il a trouvé de la dépravation.
19. Combien plus ceux qui habitent des maisons de boue, qui ont un fondement de terre, seront comme rongés de vers!
90, Du matin au soir, ils seront moissonnés ; parce que nul n'a lintelligence, ils périront éternellement.
21. Ceux mémes qui sont restés d'entre eux seront emportés; ils mourront, mais non dans la sagesse.