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Avant que le soleil s'obscur

cisse, ainsi que 18 lumiere, la lune et les étoiles, et que retournent les nuées après la pluie :

3. Lorsque les gardes de la maison seront ébranlés, et que chancelleront les hommes les plus forts; que celles qui ont accoutumé de moudre seront oisives et en petit nombre, et que seront couverts de ténèbres ceux qui regardaient par les trous ;

4. Et qu'on fermera les portes sur la rue, àlafaible voix de celle

qui moud ; et qu'on se lèvera à la voix de l'oiseau, et que deviendront sourdes toutes les filles du chant.

Ne pas attendre la vieillesse pour servir le Seigneur. Enigme de la vieillesse.

Vanité des choses du monde. Craindre Dieu et observer ses commandements.

9. Qu'heureuz soit; littér. et par hébraisme, dans le bien, le bonheur soit. 10. Ta chair; hébraisme, pour {on corps, ta personne, toi.

4. Avant que vienne, etc. Cette phrase et les suivantes, jusqu'à la fin du vers. 4, sont sous la dépendance de la proposition Souviens-toi de lon Créateur, dont elles forment l'apodose. — Le temps de l'affliction ; c'est-à-dire de la vieillesse.

2. Le soleil, la lumière et les étoiles; c'est-à-dire l'entendement, la mémoire, le raisonnement; en un mot, les différentes facultés de l'esprit humain. — Avant que les nuées, etc.; ces paroles marquent une suite de maux qui se succèdent les uns aux autres.

3. Les gardes de la maison, etc. Le corps de l'homme est comparé ici à une maison, de méme que dans Job, 1v, 19, et dans saint Paul (II Corinth., v, 1). Or, les gardes sont les bras et les mains. — Celles qui, etc.; signifient les dents qui, chez les vieillards, sont ordinairement en petit nombre, et ne peuvent plus mâcher, ni mordre les aliments, et sont, par conséquent, oisives. — Ceux qui regardaient ; c'est-à-dire les yeux. L'hébreu et les Septante portent celles qui regardaient; ce qui se conçoit d'autant plus aisément que, dans la langue hébraïque, le mot yeux est féminin. — Par les trous; par les orbites, les cavités du crâne où les yeux sont placés.

4. Et qu'on fermera, etc: Ces portes sont apparemment les lèvres que les vieillards ferment en mangeant, étant obligés de serrer leurs máchoires et leurs gencives, pour mácher avec elles, à défaut de leurs dents. — La rue ou la place publique (platea) désigne vraisemblablement ici le creux de la bouche. — 4 /a faible voix; littér. et par hébraisme, à la faiblesse de la voix. — Celle qui moud, peut s'entendre de la bouche elle-méme, ou d'une des dents molaires. Compar. verset précédent. — Qw'on se lèvera, etc. Le sommeil des vieillards est court et souvent interrompu; le moindre chant d'un petit oiseau les réveille. — Les filles du chant, sont proprement les organes de la voix, tels que les poumons, l'épiglotte, les dents, les lévres, etc., comme aussi

$. On craindra aussi les lieux élevés, et on s'épouvantera dans la voie. L'amandier fleurira, la sauterelle engraissera, le cáprier se dissipera; parce que l'homme ‘s’en ira dans la maison de son éternité, et les pleureurs parcourront la place publique.

6. Souviens-toi de ton Créateur, avant que le cordon d'argent se

L'ECCLÉSIASTE

rompe, et que 18 bandelette d'or se retire, et que 18 cruche se brise sur la fontaine, et que la roue se rompe sur la citerne;

7. Et que la poussière retourne dans 18 terre d'où elle était sor£ze, et que l'esprit revienne à Dieu qui l'a donné.

8. Vanité des vanités, dit 186 clésiaste, et tout est vanité.

les oreilles, qui, dans la vieillesse, n'entendent plus et, par conséquent, sont entièrement insensibles à toute espèce de chant et d'harmonie. L'Ecriture nous en offre un exemple dans la personne du vieillard octogénaire Berzellaï (II Rois, xix. 35). Nous ferons observer, à cette occasion, qu'en hébreu l'expression fils ou fille d'une chose se donne à tout ce qui dépend de cette chose, à tout ce qui lui appartient, à tout ce qui a un rapport avec elle. — * L'image tirée de la faible voix de celle qui moud est trés naturelle en Palestine. Le bruit dela meule qui écrase le grain caractérise les lieux habités en Orient, comme le bruit des voitures caractérise les grandes villes de l'Occident. On l'entend. encore aujourd'hui quand on passe dans les rues des villes et des villages et prés des campements arabes. — Les figures et les métaphores employées dans cette description de.la vieillesse peuvent nous paraître bien recherchées, mais elles sont. tout à fait dans le goût des Orientaux. A la fin d'un manuscrit syriaque de la Sainte Ecriture, le copiste a écrit cette prière : > Daigue, Seigneur, ne pas nous priver de la récompense des cinq sœurs jumelles qui 56 sont fatiguées à travailler, et des autres sceurs qui leur ont prété le secours du regard pour semer, avec la vertu de 1 Esprit Saint et les ailes d'un oiseau, leur semence dans un champ paisible. » Les ciuq sœurs jumelles sont les cinq doigts de la main qui a écrit; les deux autres sœurs jumelles sont les deux yeux qui ont In le manuscrit copié; les ailes del'oiseau ont fourni les plumes pour écrire, le champ est le papier ou le parchemin et la semence, ce sont les pensées.

5. On craindra aussi, etc. Les vicillards craindront de monter, parce que leurs jambes ne sont plus flexibles, ni leur poitrine et leur respiration libres et dégagées ; et dans le chemin méme, ils marcheront avec peine, et toujours dans l'appréhension de trébucher, de rencontrer un sentier raboteux et inégal. — L'amandier fleurira; c'est-à-dire que les cheveux des vieillards paraitront comme la fleur de l'amandier, qui fleurit blanc. — La sauterelle engraisseru; c'est-à-dire, comme porte l'hébreu, deviendra lourde et pesante; en sorte qu'elle ne pourra plus ni voler, ni sauter; autre image de l'homme parvenu à la vieillesse. — Le cáprier se dissipera. Cet abrisseau, s'entr'ouvrant, produit une fleur blanche qu: tombe bientôt, et qui découvre une espèce de gland oblong. Or, celle Îeur représente assez naturellement les cheveux blanes qui tombent de la téte des vieillards, et qui la leur laissent toute peléo et toute chauve. — La maison de son élernilé ; c'est-à-dire le tomibeau, οὐ il demeurera jusqu'à la fin du monde.

6. Souviens-tor de ton Créateur. Ces mots du 1% verset sont évidemment sousentendus; sans eux, le sens des versets 6 et 7 resterait suspendu et serait incomplet, — Le cordon d'argent, et la bandelette d'or figurent probablement les liens qui altachent à la vie. — La cruche qui se brise sur la fontaine peut signifier le cœur qui se brise à la source de la vie, et a roue qui se rompt sur la cilerne, les poumons qui n'aspirent plus l'air.

7. Ce verset suffit pour venger l'auteur de l'Ecclésiaste du reproche de matérialisme ; il est impossible de s'exprimer d'une maniére plus claire sur le dogme de la survivance de l'àme au corps.

8. * L'épilogue xu, 8-14, contient la solution du probléme énoncé dans le prologue. Tous les efforts de l’homme pour obtenir la félicité complète sur la terre sont vains, xn, 8; l'expérience de. Salomon, le plus sage des hommes, qui a essayé de tout, en

[cu. xn.]

9 Et comme l'Ecelésiaste étai:

très sage, il enseigna le peuple, et raconta ce qu'il avait fait; el dans ses recherches, il composa un grand nombre de paraboles.

10. H chercha des paroles utiles, et écrivit des discours tres justes et pleins de vérité.

11. Les paroles des sages sont comme desaiguillons, comme des clous profondément enfoncés, lesquelles, avec le conseil des maîtres, ont été données par un seul pasteur.

L'ECCLÉSIASTE, 1385

12. Ne recherche rien de plus, mon fils. Il n'y a point de fin à multiplier les livres : et une fréquente méditation est l'affliclion de la chair.

13. Ecoutons tous pareillement la fin de ce discours. Crains Dieu, et observe ses commandements:

car c'est là tout l'homme;

14. Quant à toutes les choses qui se font, Dieu les appellera en jugement, pour tout ce qui aura été commis par erreur, que ce soit bien ou mal.

est la preuve, xi, 9-10. Les livres sacrés, qui nous apprennent la vraie sagesse, conduisent à la vraie félicité, xir, 11-12 : ils nous apprennent qu'il y a un juge équitable qui, au grand jour du jugement, nous rendra selon nos œuvres. La règle de la vie, c'est donc de le craindre et de garder ses commandements, c'est-à-dire de pratiquer fidèlement la religion, xit, 13-14. C'est par conséquent Dieu, la pensée de Dieu, qui résout le probléme de la destinée de l'àne que s'est posé l'Ecclésiaste. Si Dieu n'intervient pas personnellement dans ce livre, comme dans celui de Job, avec lequel il a tant de ressemblance par le sujet, c'est lui du moins qui donne la solution comme dans Job. Dieu est toujours présent à Salomon; il ne le nomme pas moins de 31 fois dans douze chapitres; c'est bien le crains Dieu qui est le devoir de l'homme, v, 6; xir 13, d'où dépend sa félicité, viir, 12, et son sort définitif, vir, 18 (Vulg., 19); xi, 9; xii, 14. Telle est la pensée dominante de l'Ecclésiaste et l'explication du livre.

CANTIQUE DES CANTIQUES

1. L'expression Cantique des cantiques est un idiotisme hébreu qui signifie : ' le plus beau, le plus excellent des cantiques. Ce cantique, vrai chant d'amour, exprime les sentiments tout à la fois les plus ardents et les plus tendres, et respire toutes les douceurs de cette affection. C'est l'entretien d'un époux et d'une épouse qui s'expriment leur amour. L'un parait tour à tour sous les titres de berger, de roi, et sous le nom de Salomon, et l'autre alternativement sous ceux d'une bergère, d'une épouse, et elle porte le nom de Sulamite, quiest trés vraisemblablement le féminin de Salomon. L'auteur introduit de jeunes vierges qui accompagnent l'épouse, et qui prennent plusieurs fois la parole, et de jeunes amis de l'époux; mais ceux-ci ne sont que des personnages muets.

9. Nous regardons comme plus probable que ce cantique est purement allégorique, et qu'il doit étre entendu uniquement de l'amour mutuel de Dieu et de son Église. C'est le sentiment de Théodoret, qui cite comme le partageant, non seulement Eusébe, Origéne, saint Cyprien et les Péres qui touchaient aux temps apostoliques, mais encore ceux qui sont venus aprés ces trois illustres docteurs. On a prétendu, il est vrai, que Salomon avait décrit d'une maniére obscene les parties du corps de l'épouse; mais, pour se convaincre du contraire, il suffit de remarquer : 1? que la simplicité du langage est toujours en proportion avec la simplicité des mœurs, et que, par conséquent, un peuple simple parle simplement et sans détour. Or, le peuple hébreu, qui était incontestablement dans cet état de simplicité naturelle, ne s'offensait nullement de certaines descriptions qui frappent et blessent nécessairement notre imagination corrompue ; 2? que dans l'Orient les hommes, ne vivant pas avec les femmes, s'expriment très librement entre eux, et ne connaissent pas cette réserve que nécessite, chez les Occidentaux, le mélange des deux sexes. Cette observation est aussi applicable aux femmes, qui, de leur cóté, ne sont pas moins libres entre elles. De méme que dans ces climats la nudité presque entiére ne choque pas les yeux, de méme aussi la plus grande liberté dans les expressions n'offense nullement les oreilles; 3° que les descriptions qui nous paraissent trop libres ne sont pas mises dans la bouche des personnes étrangéres, mais dans celle de l'époux et de l'épouse ou de ses compagnes, ce qui fait que le decorum est observé ; 4? que la plupart des peuples de l'Orient dépeignent l'amour mutuel de Dieu et de ses plus fidéles adorateurs sous des images empruntées de l'amour sensuel ; 5? enfin que, comme les personnages réels du Cantique sont Dieu et son

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